‹ Les manifestations catatoniques dans les pyélonéphrites à colibacille des petits enfantsChapitre 9 sur 17 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

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(publiée par P. Nobécourt: « Les pyélonéphrites des petits enfants », in Gazette des Hôpitaux, 13 mars 1935.) Régine …

Née le 3 juin 1933 de parents bien portants, élevée à l'allaitement mixté jusqu’à six mois, puis à l’allaitement artificiel. À un et quatre mois, elle pèse habillée 12 kgr. 200. Elle est habituellement constipée.

Vers le 9 novembre 1934 apparaît une diarrhée très fétide et qui persiste malgré les changement de régime. L'enfant n’a pas de fièvre.

Le 24 novembre brusquement la température monte à 40°3. Il se produit une diarrhée verte abondante ‘et quelques vomissements. L'enfant est agitée et crie sans cesse. La température reste à 39-40.

Le 29 novembre, sa température est de 40°. Elle est très agitée. L’examen reste négatif. Je pense à la possibilité d’une pyélonéphrite et demande un examen des urines. Celui-ci n’est pas fait.

Le 4 décembre, Régine est amenée à la salle Parot. Elle est maigre et pâle, ses yeux sont cernés, les selles sont liquides et vertes. Par sondage de la vessie, on obtient une petite quantité d’urine. Elle est trouble, contient des traces d’albumine, beaucoup de polynucléaires altérés et de très nombreux bacilles Gram —. La culture donne des colibacilles.

Après l’entrée, la température tombe en lysis, puis des cend au-dessous de 38°. Depuis, l’apyrexie persiste, la diarrhée disparaît rapidement.

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L'enfant demeure immobile comme figée, les yeux ouverts, fixes, indifférents à tout. Au bout de quelques temps, les yeux deviennent plus vifs mais l’immobilité per- . siste. Les membres restent soulevés dans des attitudes

catatoniques. L'enfant refuse tout ce qu’on lui donne; elle

ne veut ni boire ni manger; si on insiste, elle vomit. Pour un adulte on parlérait de négativisme...

Actuellement, au 50° jour de la maladie, la température est normale, l’état général est meilleur, l’appétit revient, le regard est encore fixe, le visage et les membres sont toujours immobiles, mais les attitudes catatoniques ont disparu.

OBsERVATION III

(Publiée. par Ribadeau-Dumas et J. Chabrun: Formes graves des colibacilloses urinaires chez le nourrisson,

in Archives de Médecine des Enfants, 1938).

Madeleine.

Née de parents bien portants, elle a été nourrie au lait de vache et s’est développée normalement. Le 14 février 1936, l'enfant a été prise brusquement de fièvre, d’agitation, de convulsions. Le 16 février, 48 heures après le début des accidents, la malade est envoyée dans le service avec le diagnostic de méningite.

À l’examen, on est en présence d’un enfant bien déve- loppée : âge 5 mois, poids, 6 kilos 525 ; taille, 0 m. 64.

A) Troubles nerveux. — Ils sont au premier plan du tableau clinique. Sévères et inquiétants, ils se sont prolon-

oe gés de longues semaines, du 16 février au 10 avril environ; ils ont été polymorphes.

Au point de vue moteur, on a noté de la raïdeur et des contractures ; les membres étaient raides, difficiles à mobiliser. Assez souvent les extrémités prenaient les attitudes tétanoïdes du spasme carpopédal (poings fermés, pieds en hyper extension, orteils fléchis). Pourtant, le signe de Chvostek a toujours été négatif et le dosage de la calcémie au plus fort de ces troubles, était de 0 gr. 126. Les réflexes tendineux étaient vifs. Cette raideur allait souvent de pair avec une grande immobilité, l'enfant restait dans son berceau sans bouger, comme avare de ses mouvements.

Elle était en outre nettement cataleptique. Elevait-on ses bras, l’enfant les conservait indéfiniment dressés dans la position où on les avait abandonnés. Cette catalepsie était beaucoup moins nette aux membres inférieurs.

Pourtant l’inimobilité était parfois entrecoupée de mouvements involontaires et stéréotypés.

Parmi les mouvements involontaires, nous avons noté un tremblement de la tête, un tremblement rapide des mains dans leur egsemble, des convulsions partielles, iocalisées aux membres supérieurs et à la face.

Parmi les mouvements stéréotypés, nous avons observé un tremblement de la tête, un tremblement rapide des mouvements de mâchonnement.

Les troubles psychiques sont d’une in délicate chez ce nourrisson. Notre malade était le plus souvent plongée dans la torpeur avec le regard fixe et le visage immobile.

Le syndrome neurologique se complétait par l’existence de troubles vaso-moteurs, le visage était pâle, sur les mains apparaissait et disparaissait un piqueté de fines taches roses ou rouges. Enfin, notre malade avait par moment de

DO EE la polypnée : à plusieurs reprises, «nous avons noté 60 à 72 respirations par minute en dehors de toute poussée thermique importante et de toute lésion pulmonaire.

Pour en terminer avec ces troubles nerveux, nous devons signaler leur mobilité, leurs variations, leur dissociation fréquente. Dans la période initiale de la maladie, en février, prédominaient la raideur, le tremblement, les convulsions, les mouvements stéréotypés. On était en présence d’un véritable syndrome pseudo-méningitique. Au contraire, en mars et avril, l’hypertonie s’accompagnait d'immobilité et de catalepsie.

Quelques signes négatifs méritent d’être notés : il n’y eut jamais de troubles oculaires, et trois ponctions lombaires pratiquées montrèrent chaque fois un liquide nor-

mal sans leucocytose ni albuminose.

B) Syndrome infectieux. — Etat fébrile, pyélonéphrite à colibacille : dans les urines, présence d’albumine, présence de pus, quelques cylindres, très nombreux coliba-

cilles.

C) Troubls digestifs. — Anorexie vomissements alimentaires et muqueux. Les selles prenaient des caractères différents suivant les multiples alimentations essayées successivement.

D) Evolution. — Amélioration grâce au sérum anticolibacillaire, aux antiseptiques urinaires, au régime alimentaire. Guérison.

E) Reprise. — A 21 mois, avec un syndrome cérébelleux: tremblement, dysmétrie, hypotonie, coïncidant avec une reprise de la pyélonéphrite. Guérison après douze jours.

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