‹ Les Manifestations Génitales de la Syphilis Héréditaire PrécoceChapitre 27 sur 30 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Diagnostic — Pronostic — Traitement.

. Quand, chez un nouveau-né ou un nourrisson, on se trouve en présence d’un testicule lésé, il est indispensable, pour affirmer qu’il s’agit bien là d’un sarcocèle, de faire un diagnostic différentiel avec certaines affections. Nous pourrons éliminer d’emblée les orchi-épididymites blennorrhagiques, ourliennes, varioliques, typhiques, filariennes, paludéennes ; nous ferons de même pour les diverses tumeurs du testicule. Le diagnostic sera à faire entre la syphilis héréditaire ou la tuberculose dans sa forme chronique. En effet, la tuberculose chronique du testicule est surtout fréquente chez l'adulte, mais elle existe aussi chez le fœtus et le nourrisson. D’après Broca, on la rencontrerait chez l’enfant surtout avant l’âge de 2 ans ; elle est cependant très rare. Les lésions sont, d’autre part, surtout unilatérales ; l’épididyme est souvent touché le premier ; les gommes, enfin, sont assez fréquentes, ainsi que le fongus bénin ;

tous ces signes sont exactement inverses dans la syphilis. On peut de plus, dans ces cas de spécificité, trouver d’autres manifestations ; on peut aussi être renseigné sur la contamination des parents.

En ce qui concerne l’hydrocèle, il faudra la différencier des autres variétés d’hydrocèles que lon peut rencontrer chez le nourrisson.

Nous avons d’abord à envisager l’hydrocèle congénitale. Elle est due à une anomalie de développement : le canal péritonéo-vaginal est resté, après la naissance, perméable, parfois en totalité, et fait communiquer les deux cavités péritonéale et vaginale. Ainsi peut se développer une hydrocèle, le plus souvent unilatérale, mais réductible ou communiquante et souvent associée à la hernie inguinale. On voit d'autre part souvent apparaître, chez des enfants bien portants, quelques jours après la naissance, une hydrocèle bilatérale, irréductible, de volume variable, qui coexiste avec des signes tels que : testicules gonflés, fermes, mais pas durs; hypertrophie mammaire ; sécrétion lactée ; développement exagéré des poils frontaux; lanugo; milium naso-facial. Cette hydrocèle, coïncidant avec la crise génitale du nouveauné, n’est pas persistante et se résout spontanément au bout de quelques semaines sans laisser aucune modification au niveau des testicules.

Bien qu’on ait invoqué, pour les expliquer, quantité de causes, on ne connaît pas encore la véritable pathogénie des anomalies de migration. C’est parce que nous les avons trouvées assez fréquemment chez des hérédo-syphilitiques que nous les avons signalées.

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Il est impossible de faire un diagnostic différentiel puisque leur étiologie nous échappe. |

On a recherché dans le sang de l’enfant et dans son liquide d’hydrocèle les réactions de Bordet-Wassermann et de Hecht, Les résultats sont très inconstants. us

À part la syphilis héréditaire, on ne trouve guère d'infection pouvant toucher le testicule, dans ces premières périodes de la vie ou même avant la naissance. Les signes que nous avons signalés peuvent être bien différenciés; ils ont donc une réelle valeur diagnostique. Mais elle n’est pas égale pour tous. Nous considèrerons comme symptômes importants : 1° le testicule, augmenté de volume ou plus petit que normalement, à surface lisse, à forme conservée, mais possédant une particuliere dureté; 2° l’hydrocèle, unilatérale, irréductible, non communiquante, et persistante. Nous avons vu assez souvent les retards et arrêts de migration du testicule chez les jeunes hérédo-syphilitiques, mais ils ont une bien moindre valeur diagnostique que les deux signes précédents.

Ces symptômes ont une réelle importance. Mais nous n’avons pas la prétention de voir en eux des stigmates constants et vraiment révélateurs. Ils n’ont pas, dans la syphilis héréditaire précoce, l'importance de la kératite ou de l’hydrathrose dans la syphilis héréditaire tardive. Mais il n’en est pas moins vrai qu’ils constituent, quand on les ren- -contre, des symptômes précieux, de valeur indicative pour certains (arrêts de migration), de valeur décisive pour d’autres (sarcocèle, hydrocèle).

Nous aurions un chapitre, que nous pressentons, à ouvrir sur le Pronostic.

Le testicule est une glande à double fonction. La sécrétion externe, due à la glande séminale, aboutit à la formation des spermatozoïdes. La sécrétion interne, due à la glande interstitielle, tient sous sa dépendance l’évolution de la sexualité. Nous avons vu que la syphilis héréditaire transformait en un bloc fibreux tout le testicule; le sarcocèle, non traité, aboutit à la destruction de tous les éléments glandulaires de l’organe; et même soigné, le testicule de l'enfant, parfois profondément atteint, est-il susceptible de récupérer une activité complète ? D’autre part, dans les cas d’ectopie testiculaire bilatérale, l'examen histologique des glandes génitales montre des lésions des tubes séminifères et parfois aussi des cellules interstitielles. Ces lésions anatomiques vont être la cause de troubles. Quels sont-ils ? Que va devenir l’enfant privé de ses testicules à un âge plus ou moins rapproché de sa naissance, c’est-à-dire à une époque où son développement n’est pas encore terminé.

L’hérédo-syphilis est une cause importante d’insuffisance testiculaire. L’individu, atteint avant la puberté, présente le syndrome connu sous le nom d’infantilisme. Son évolution est ralentie, sinon arrêtée; les proportions de son corps, sa morphologie restent infantiles; ses cartilages de conjugaison persistent ; ses muscles sont faibles et minces; un arrêt de développement des organes génitaux coïncide enfin avec

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