‹ Les Manifestations Oculaires de la LèpreChapitre 43 sur 60 · CANGE · texte numérisé non relu

CANGE

OBSERVATION [I (publiée en 1927, par Montpellier, Soc. de Path., 1919 et 1921). — Femme de 62 ans, atteinte de lèpre maculo-tubercuieuse. Depuis quatre ou cinq ans, coups de sang répétés au niveau des yeux, durant six semaines environ. À droite, la vision a baissé progressivement en même temps qu’apparaît une petite peau blanche envahissant la ornée de haut en bas. A gauche, sensation d’un voile som- ##e Sur les objets.

À droite, à l’œil nu, la cornée est le siège d’une infiltration diffuse grisâtre parsemée d’ilôts plus opaques, irrégulièrement distribués, plus fréquents près du limbe, kératite interstitielle diffuse, avec vascularisation profonde, fine et

discrète en certains endroits, alors que de gros vaisseaux rampent au niveau du limbe.

L'iris paraît terne, décoloré, la pupille contractée et irrégulière avec des adhérences et des exsudats.

À gauche, lésions identiques, mais moins prononcées, permettant de mieux voir l'iris qui présente des lésions analogues à celle de l'iris droit.

Rien, dans l’allure de ces lésions ne permet d’en établir la spécificité.

Au biomicroseope, on constate, en outre, qu’il y a, dans les couches superficielles de la cornée, de petites taches d’un blanc éclatant, analogues à de minuscules taches de bougies.

Sur l'iris gauche, on voit, disséminés sans ordre, des nodules arrondis, d’un blanc neigeux, surtout près du bord hbre, ayant l'aspect d’un grain de tapioca cru nettement en relief et comme déposés à la surface de l'iris.

OBSERVATION II. —— Jeune fille de 18 ans, fille et nièce de lépreux, atteinte depuis 1918, de lèpre maeculo-tuberculeuse.

Depuis six ans, la malade accuse des troubles oculaires avec sensation de brouillard. En juin 1919, on constate:

A l’œil droit, nébulosité diffuse de la cornée; vers 11 h., près du limbe, se trouve une tache arrondie, gris foncé, de la dimension d’une petite tête d’épingle. L’iris terne et atrophique réagit mal à la lumière. Dans la région maculaire, ilôt de choriorétinite à bords irréguliers, de teinte ardoisée avec quelques fines traînées blanches. V. O. DPvOT.

A l’œil gauche, la cornée est plus infiltrée, surtout dans la moitié supérieure, il y a des signes d’irido-choroïdite chronique ancienne: légère injection ciliaire, quelques synéchies postérieures, trouble du vitré gênant l’examen du-fond d'œil. V. O. G. =°0,1:

Au biomicroscope, outre ces lésions, on constate, sur la cornée, surtout à droite, des points brillants semblables aux bavures d’une bougie qui a coulé. À Ia surface des deux iris se trouvent de véritables petits grains blancs arrondis, saillants; l’auteur donne la reproduction des deux yeux.

CHAILLOUS. — 1924.

Irido-cyclite bilatérale évoluant pendant plus d’un an; le traitement par mercure et bismuth, non plus que la tüberculinothérapie n’eurent aucun résultat, le diagnostic de lèpre envisagé est confirmé par lexamen de laboratoire après biopsie d’un tubercule du menton, les lésions cutanées étant apparues bien après le début des lésions oculaires.

Mile D’AUTREVAUX. -- 1925 (même malade).

L'examen d’un lambeau irien montre un endothélium normal, le Lissu propre est infiltré de nombreux plasmacytes et de nombreux bacilles agglomérés dans des centres clairs du protoplasma cellulaire, constatations analogues à celles faites par Morax (Ann. d’Oc., novembre 1924). Les vaisseaux sont normaux. Il n’y a pas de cellules géantes ni de tubercules.

L’épithélium pigmentaire ne paraît pas renfermer de bacille, mais quelques globi disséminés.

CHARAMIS. — 1934.

Homme de 24 ans, qui, en 1925, présente des lésions cutanées au niveau des articulations, et dont la sécrétion nasale renferme de nombreux bacilles de Hansen et qui est traité régulièrement par l'huile de Chaulmoogra. En 1931, sa vue baisse et il devient pratiquement aveugle. Aux deux yeux, on constate du madarosis, de l’épisclérite diffuse, de la kératite nébuleuse, de liritis avec synéchies et exsudats, une cyclite intense avec trouble de l'humeur aqueuse et hypotonie, VOD 01/50

Il n’y a pas de bacille dans les larmes alors qu’on en trouve dans les voies lacrymales et sur la muqueuse nasale.

Au biomicroscope, l’épithélium cornéen est œdématié, les lésions siégent au niveau de la membrane de Bowmann:

il y a des dépôts par cyclite à la face postérieure de la cornée.

DUPUY-DUTEMPS et MAWAS. — 1922.

Homme de 64 ans, lépreux depuis l’âge de 40 ans, atteint de lèpre mixte: double kératite interstitielle avec synéchies iriennes.

L'examen anatomique montre de nombreux amas de bacilles dans l’intérieur de la cornée.

FAVA. — 1922.

Homme de 48 ans, qui présente, à l’œil gauche, puis à l’œil droit, une tumeur de la cornée. L’ablation de la tumeur de l’œil sauche montre des bacilles de Hansen et des cellules lépreuses.

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