‹ Les Manifestations précoces du Génie MusicalChapitre 17 sur 39 · API · texte numérisé non relu

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brillant particulier de ses regards, des inflexions de sa voix qui lui donnaient l’apparence d’un illuminé.

On n’ignore pas non plus que CHoriN eut une sensibilité intime exquise et discrète, éprise des nuances et amoureuse des « demi-teintes ».. Chopin représente le vrai type des « candidats à la tuberculose ». Cette sensibilité, naturellement affinée fut rendue plus pénétrante par son état maladif. La souffrance l’ai- guisa et la fit se manifester par des exaltations et des pfostrations subites, des enthousiasmes suivis de désespoir.

Liszt eut, dès l’âge le plus tendre, une impressionnabilité extrême qui s’accentua avec l’âge, au point d’inquiéter sa famille. Notre grand BERLIOZ était doué, lui aussi, d’une émotivité intense jusqu’à la violence, que Romain Rolland n’a pas manqué de signaler.

De pareils exemples pourraient être multipliés à l'infini. Il semble même que cette nervosité et cette émotivité spéciales aux musiciens se soient accrues, en même temps que se développait l’art musical, surtout au cours du xx° siècle, si bien que le public des amateurs, s’adaptant à cette évolution d’un art qui devenait plus subtil dans ses conceptions, de plus en plus complexe, dans ses combinaisons et ses procédés d'expression, a subi lui-même une transformation dans sa sensibilité qui s’est, en quelque sorte élargie en devenant à la fois plus réceptive et plus exigeante de sensations nouvelles et variées.

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