PE LE SUJET
Il s'agit de femmes d’Âge très variable. Dans nos observations, l'âge varie entre 25 et 63 ans, ce qui, étant donné le petit nombre de ces observations, montre qu'il n’est pas exceptionnel d’avoir affaire à de très jeunes femmes. Cependant, l'âge moyen se situe aux environs de la ménopause, quoique, dans la grande majorité des cas, ces femmes soient encore réglées, et que, comme nous le verrons plus loin, les règles aient une influence sur lintensité des symptômes.
L'aspect de ces femmes est assez caractéristique au premier abord. Tufñier en a dressé un tableau très exact. Ces femmes, atteintes d’une maladie générale à manilestations multiples, se présentent à nous les traits ridés, la peau flasque malgré un certain embonpoint, la paroi abdominale relâchée, l'estomac ptosé, le rem mobile, l'intestin ptosé et atone. Que cet aspect soit dû au ralentissement de la nutrition, comme le pense Tufier, à un déséquilibre nerveux musculaire et vasculaire, selon lPavis de Doléris, ou encore ne soit qu'une manilestation du neuro-arthritisme (Richelot), peu nous importe : il nous suffit que le fait soit exact dans le plus grand nombre des cas.
Il arrive pourtant que nous ayons à examiner des femmes maigres. Leur amaigrissement, succédant à une maladie générale,
a été alors souvent rapide, et suivi d’une véritable atrophie du plancher pelvien.
Enfin, dernier fait caractéristique, ces malades présentent toutes, à de rares exceptions près, une constitution névropathique, ce qui nous explique les erreurs de diagnostic si souvent commises. Si l'on ne prend la précaution de les examiner à fond, on risque de mettre les troubles urinaires sur le compte de l’état névropathique, et de se tromper ainsi lourdement. En dehors des troubles urinaiïres et des douleurs pelviennes, qui sont réels, ces malades se plaienent d'une foule de maux, variés à l'infini, et dont le nombre et la complexité risquent également d’'égarer le clinicien. Les unes accusent des céphalées, des vertiges, des bourdonnements d'oreilles ; les autres, des troubles digestifs : vomissements, douleurs gastriques, constipation ; d’autres enfin, sont sujettes aux idées noires. Il faut savoir ne pas insister sur ces troubles, et sans négliger leur importance pour le psychisme de la patiente, ne leur attribuer que la valeur qu'ils méritent. D'ailleurs, le traitement rationnel des lésions génitales les supprime ou, du moins, les atténue considérablement.