‹ Les manifestations vésicales et urétrales dans les prolapsus génitauxChapitre 12 sur 37 · IL — LES ANTECEDENTS · texte numérisé non relu

IL — LES ANTECEDENTS

Il existe un antécédent majeur qui se trouve pratiquement dans tous les cas : c’est la puerpéralité. Potocki a bien mis ce fait en évidence, et attribue à ces lésions pelviennes la valeur d’un stigmate de la maternité. Toutes nos observations se rapportent à des femmes ayant eu une ou plusieurs grossesses ; c’est donc là le facteur étiologique essentiel à l’origine des troubles qui nous occupent.

C’est, en règle générale, à un accouchement que la malade fait remonter ses souffrances ; l'accouchement dont elle se souvient fort bien et qu'elle décrit avec précision, a été bien souvent dramatique ; l'accouchement dystocique est fréquent, surtout avec application des iorceps. Mais, le traumatisme du travail, en dehors de toute dystocie, est à lui seul un facteur suffisant dans la production des lésions originelles, La répétition des accouchements à intervalles rapprochés, a aussi une grande influence, c’est pourquoi nous avons souvent affaire à de grandes multipares.

De temps à autres, on ne trouve pas d’accouchements dans les antécédents, mais alors il est rare de ne pas découvrir un ou plusieurs avortements, suivis ou non de manœuvres intra-utérines. C’est le cas de deux de nos malades. La grossesse, en effet, en

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dehors du travail, crée, au niveau du pelvis, des perturbations trophiques, d'autant plus qu’il s'agit de grossesses nombreuses et répétées à courts intervalles, ainsi que l’a fait remarquer Auvray.

D'une façon tout à fait exceptionnelle, les femmes que nous examinons, n'ont jamais été enceintes. On a décrit depuis longtemps les prolapsus des vierges et des nullipares qui semblent dus à des malformations congénitales, en particulier au niveau du péritoine et du diaphragme pelviens (Frélat).

Notons, pour terminer, que lon retrouve bien souvent dans l’'anamnèse, des efforts répétés et violents, et que beaucoup de ces femmes exercent des professions pénibles.

Mais ce n'est pas tout ; l'étude des antécédents permet de retrouver chez ces malades d’autres affections d’un intérêt certain. Souvent, ces lemmes ont subi des interventions gynécologiques : cautérisations du col, ablation de polypes, des dilatations du vagin, voire des hystérectomies par voie basse, et ces interventions peuvent ne pas être étrangères à la production des lésions que nous étudions. Des maladies générales, telles que le diabète, lhypertension artérielle, se rencontrent aussi. Il faut faire une place à part aux affections rénales (albuminurie, azotémie) qui sont plus souvent la conséquence que la cause des troubles observés. Sans vouloir faire jouer à ces affections un rôle aussi important qu’à la puerpéralité, il faut voir en elles la signature du mauvais état général que présentent, la plupart du temps, ces malades.

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