II — LA SANGLE PELVIENNE
L'examen ne doit pas se contenter d'analyser les divers degrés du prolapsus, les différentes lésions vésicales et urétrales : il doit aussi renseigner sur la valeur de l'appareil de soutènement. C’est, en eflet, des caractères de la sangle pelvienne que doivent dépendre les indications opératoires, surtout en ce qui concerne le choix du procédé.
L'inspection nous permet d'apprécier létofle périnéale : la vulve est béante et, quoique l'utérus ne dépasse pas encore lorifice vulvaire, les grandes lèvres s'écartent l’une de lautre. La commissure postérieure de la vulve atteint presque l'anus, si bien que la longueur du périnée est considérablement diminuée.
Pour examiner les releveurs, le doigt, introduit dans le vagin, explore les parois : le plus souvent les releveurs sont relâchés,
atones, écartés l’un de l’autre et les tissus présentent un tel degré de laxité que l’on arrive à toucher les parois pelviennes, comme cela se produit au cours de la grossesse. De plus, l'épaisseur du périnée est notablement diminuée.
Voici comment P. Delbet conseille d'examiner les releveurs : « Deux doigts sont introduits dans le vagin après réduction du prolapsus ; nous demandons à la malade de rapprocher les genoux pendant que nous nous opposons à ce mouvement ; les adducteurs se contractent et synergiquement les releveurs de l’anus ; on sent alors deux cordes se tendre et les deux doigts écartés sont repoussés l’un vers l’autre. Plus simplement, on peut demander à la malade de serrer les fesses avec énergie et la contraction des releveurs devient très apparente au doigt vaginal ».
Cette manœuvre révèle parlois des releveurs toniques et résistants, ce qui n'empêche pas le prolapsus du vagin et de l'utérus : c’est ce qui se voit dans le prolapsus des vierges ou des nullipares ; mais ce fait peut aussi s’observer chez des multipares.