‹ Les manifestations vésicales et urétrales dans les prolapsus génitauxChapitre 32 sur 37 · IV. — LES RESULTATS · texte numérisé non relu

IV. — LES RESULTATS

Nous pouvons dire que, dans l’ensemble, nos résultats sont très satislaisants. Nous r’avons eu, en effet, à déplorer aucun décès. Il est vrai que le nombre de nos cas est limité, aussi les résultats que nous apportons n’ont pas la prétention d’être une statistique. D'ailleurs, la plupart des auteurs fixent à 1 % la mortalité opératoire. La méthode employée joue un rôle important dans cette mortalité. Les interventions abdominales sont toujours plus choquantes, surtout chez ces femmes qui approchent de la ménopause. Pour diminuer le risque opératoire, il faut étudier soigneusement le fonctionnement des divers parenchymes et en particulier celui du rein qui est si fréquemment perturbé. Nous nous sommes astreints à ne pas opérer les malades dont le taux de l’urée sanguine dépasse 0,50 cg par litre, avant de les avoir mises pendant plusieurs semaines à un régime hypo-azoté strict. C'est sans doute ce qui explique les bons résultats que nous avons obtenus de ce point de vue.

De même, du point de vue fonctionnel, la série de nos cas est extrêmement favorable. L'amélioration des troubles à été assez rapide pour que, avant même de quitter l'hôpital, ces malades se trouvent guéries. L'amélioration persistait, chez certaines, un an après. Il est certain qu’il nous faudra suivre ces malades encore de nombreuses années avant de conclure à la guérison définitive.

Mais examinons de plus près ces résultats et étudions en particulier l’effet de telle ou telle intervention. La colpo-périnéorraphie avec myorraphie des releveurs nous a donné, dans lobservation IV, un bon résultat contre la pollakiurie. Mais il s'agissait

d’une femme âgée, chez laquelle le périnée était de très mauvaise qualité. Il nous a semblé, cependant, que la myorraphie des releveurs avait plutôt tendance à aggraver la pollakiurie et, dans notre observation |, une myorraphie, pratiquée quelques années avant, n'avait apporté aucune amélioration aux troubles urinaires. Au contraire, les fixations utérines, soit par ligamentopexie, soit par hystéropexie, donnent toujours de bons résultats. Contre la pollakiurie, nous avons employé une fois la ligamentopexie associée à une colporraphie antérieure (Obs. D, car il s'agissait d’un prolapsus léger avec grosse cystocèle. Une autre fois, nous dûmes recourir à l'opération de Lefort, chez une femme âgée et dont l'utérus pendait en battant de cloche (Obs. ID). Dans l'observation IE, le traitement médical nous suffit.

Contre l'incontinence, nous n'avons utilisé que les fixations : une lois la ligamentopexie (Obs. V) et deux fois l'hystéropexie (Obs. VIet VID. Chaque fois le résultat fut satisfaisanc. Norons que, dans ce dernier cas, la malade avait déjà subi une myorraphie des releveurs à la suite d’une déchirure obstétricale du périnée, et que cela n'avait pas empêché les troubles urinaires de faire leur apparition, malgré le peu d'importance du prolapsus. Enfin, c’est une ligamentopexie qui guérit la dysurie de notre malade de lobservation VIII.

De cette étude des résultats, il faut donc retenir les bons effets des pexies utérines, quel que soit le symptôme en cause, à condition que l'indication opératoire soit convenablement posée, comme nous l'avons montré au paragraphe précédent. Sans vouloir diminuer le mérite de la colpo-périnéorraphie, nous voulons mettre en garde contre l'usage trop exclusif de cette méthode qui comporte, en ce qui concerne plus particulièrement les troubles urinaires, quelques inconvénients.

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