HISTORIQUE
Les troubles mictionnels au cours des prolapsus sont connus depuis longtemps. Déjà, en 1889, Fristch les signale et les décrit dans ses études sur le prolapsus. Mais il faut arriver en 1895 pour en trouver une étude d'ensemble dans la thèse de Comar.
Par la suite, divers auteurs se sont intéressés à tel ou tel trouble, et c’est l'incontinence qui semble avoir le plus retenu l’attention des cliniciens, sans doute parce qu’elle est des plus fréquentes, et qu'en raison de ses inconvénients et de l'infirmité qu’elle représente, elle nécessite une thérapeutique active.
Au Dixième Congrès Français de Chirurgie, à la suite du rapport de Bouilly, Gérard-Marchand signale deux cas d’incontinence dus au prolapsus, et leur guérison par la simple périnéorraphie. La même année, en 1896, Boursier, au Congrès International de Gynécologie et d'Obstétrique de Genève, fait les mêmes constatations.
Parallèlement, se poursuit l’étude des lésions occasionnées par les accouchements et les prolapsus sur la musculature de lurètre. Cumstoms, en 1904, et après lui, Zangmeister, Menge et Stoekel, décrivent, au niveau de la musculature urétrale, des déchirures et des cicatrices fibreuses qu'ils rendent responsables des troubles fonctionnels.
Malgré la mise au point du traitement des prolapsus au Dixième Congrès de Chirurgie, la technique s'améliore. En même temps que la mvorraphie des releveurs est décrite en France par P. Delbet, Duval et Proust, Delanglade préconise, contre la cystocèle, la suture antérieure des releveurs. Peu après, Grove reprend son procédé, et Chaput s’en fait le défenseur à la Société Nationale de Chirurgie, en 1905. Un peu plus tard, Martin, Violet, Abadie, Pauchet, font connaître en France l’interposition vésico-vaginale de l'utérus de Wertheim-Shauta. Entre ces deux méthodes, les avis restent très partagés, car l’une et l’autre ont des inconvénients et des indications particulières.
Le Congrès de Chirurgie de 1923 n’apporta aucun fait intéressant en ce qui concerne les troubles urinaires dans les prolapsus.