LIÎS MAGASINS DES LAINES ET DES SOIES
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OU dix-huit cents tons différents, on reconnaîtra que les trois teinturiers de la manufacture ont encore fort à faire.
Jus(jLi’ici, les Gohelins ont résisté à l’emploi des couleurs d’aniline et des autres dérivés de la houille, non par hostilité systématique, mais parce que les expériences tentées dans le laboratoire n’ont produit que des résultats peu concluants ou défavorahles.
Les laines et les soies se conservent dans deux magasins; Fun
Le magasin des laines et des soies.
contient les laines destinées au tapis; l’autre les laines et les soies de la tapisserie. Le cercle chromati(|ue de Clievreul a présidé au classement des magasins, et les tapissiers familiarisés avec ces notations savent exactement ce que signiüent les termes ; 1®‘' rouge à 2, ou 2® vert bleu à zéro. La conservation d’une assez grande quantité de laine exige des soins spéciaux; tout d’abord, il faut les tenir à l’abri de l’air et de la lumière. Les matières insecticides ne donnent pas toujours le résultat espéré ; la naphtaline, longtemps recommandée, ne protège pas efficacement des insectes. On emploie aux Gobe-
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LA MANUFACTURE DES GOBELINS
lins l’essence de serpolet et le camphre, ou plutôt la carnphrosine en poudre, plus commode à étendre sur les tapisseries en magasin.
Depuis un certain nombre d’années, notre manufacture trouve difficilement dans le commerce les laines dont elle fait usage. L’intro-
Les armoires des laines.
duction de toisons exotiques, importées d’Australie ou de l’Amérique du Sud, a compliqué singulièrement la question de la teinture. Jadis, les laines indigènes, provenant surtout de la Champagne, bien homogènes, prenaient facilement une teinte unie ; elles conservaient de plus, en sortant de la cuve, un aspect brillant et soyeux. On a beaucoup de peine aujourd’hui à éviter les inégalités de ton, les
L’ATELIER DE RENTRAITURE
jaspures causées par le mélange de laines de diverses provenances.
Un atelier de couture et de rentrai lure a toujours existé aux Gobeiins. Il était indispensable pour coudre les relais des tapisseries quand elles quittent le métier et pour procéder aux réparations sommaires. Depuis quelques années, le Parlement a voté un crédit spécial poui’ la réparation des tentures appartenant à l’Etat; ce subside
a permis de développer considérablement l’atelier de réparation ou de rentraiture. Il compte aujourd’hui une quarantaine d’ouvrières. S’agit-ii de boucher un trou, de reconstituer un morceau manquant, il faut d’abord assujettir de nouveaux fils de chaîne sur le tissu encore solide, puis, sur ces fils, imiter le travail de la haute lisse à l’aide de Taiguille. Des ouvrières habiles parviennent à refaire des morceaux entiers sans que rien trahisse la réparation : mais il arrive à la longue que ces parties nouvelles pâlissent sensiblement et ne sont plus enharmonie avec l’ancien tissu. Aussi, doit-on réparer le moins
Rouet servant à dévider les écheveaus.
LA MANUFACTURE DES GOBELINS
possible les vieilles tapisseries, et se borner à consolider le tissu affaibli par l’usure en appliquant à l’envers une toile pour le ralfermir et empêcher l’aggravation du mal. Quand les réparations sont exécutées consciencieusement, le prix du travail atteint des proportions énormes et dépasse toujours les prévisions. C’est ainsi que certaines pièces de la tenture des Indes, confiées aux Gobelins par le
L’atelier de réparation.
gouvernement de l’île de Malte, sont restées deux ou trois ans entre les mains des ouvrières.
En ces derniers temps, l’atelier des Gobelins a été appelé à nettoyer et à remettre en état plusieurs tentures de l’ambassade d’Angleterre, un ensemble de tapisseries décorant la sous-préfecture de Pontoise et quebjues pièces du musée de Laval. La commission des monuments historiques l’a aussi chargé de réparer certaines séries célèbres appartenant à des édifices religieux de province, telles que \'Histoire de saint Rémy, de l’église Saint-Remi de Reims,