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LE MAGASIN DES MODÈLES. LA BIBLIOTHÈQUE

La plupart de ces vues de villes, soigneusement encadrées, sont exposées dans la cliapelle, les bureaux, les escaliers; le public les voit ainsi sans dérangement pour les employés. La même préoccupation de mettre à la portée des visiteui's tous les souvenirs de l’ancien temps offrant quelque intérêt a fait répartir entre les divers ateliers nos beaux modèles du xvm° siècle, autrefois entassés dans un magasin obscur et bumide. Si plusieurs de ces modèles ont souffert

Le bac servant à laver les tapisseries.

jadis de la négligence de leurs gardiens, ils viennent d’être rentoilés, remis sur châssis et encadrés; leur conservation est maintenant assurée. Nous avons déjà signalé l’intérêt de ces fleurs de Tessier et de Jacques, dessinées et peintes avec tant de conscience et d’habileté.

Une bibliothèque, considérablement augmentée depuis quelques années, renferme, à coté d’ouvrages de littérature, de revues, de livres classiques mis à la disposition des tapissiers et des employés, tout ce qui se publie, en France et à l’étranger, sur l’bistoire de la tapisserie et sur le tapis, avec une collection de plusieurs milliers de gravures et de photographies relatives à tous les genres de tissus.

LA MANUFACTURE UES GORELINS

Cette bibliothèque possède aussi certaines publications étrangères dont il n’existe que ce seul exemplaire à Paris. Aussi, elle est parfois mise à contribution par les chercheurs et les savants. Est-il besoin d’ajouter que toutes facilités leur sont données pour consulter les collections techniques des Cobelins? Avec une dépense modique, cette collection spéciale arrive à se tenir au coui'ant de tout ce (jui paraît de nouveau sur l’art de la liaute et de la basse lisse.

Les Archives de la manufacture, bien classées, présentent des séries complètes pour l’époque moderne. Elles possèdent sur les xviP et xvnP siècles une série de copies de documents, réunies j>ar MM. Lacordaire etDarcel, consultées parfois par les chercheurs; on y rencontre aussi quelques j)ièces oi'iginales acquises à des ventes ou olfertes par des amateurs. Quelques-unes, notamment un contrat d’apprentissage portant la signature de Colbert, sont exposées dans les ateliers.

L’Ecole des Gobelins fut instituée surtout pour préparer les élèves et les apprentis tapissiers à la pi‘ati([ue de leur métier. L’enseignement y vise spécialement ce but. Le cours supérieur, le seul qui intéresse sérieusement l’avenir de la manufacture, embrasse l’étude du modèle vivant et les diverses applications de la décoration à la tapisserie. Pendant (juatre mois d’hiver, de novembre à mars, le cours du soir réunit les élèves pour la copie de la nature, alternée avec celle de l’anti(jue. Ce cours a joui naguère d’une véritable réputation; de vieux tapissiers, aujourd’hui professeurs de la Ville de Paris, aiment à rappeler les médailles remportées par eux dans les concours trimestriels de l’école des Beaux-Arts.

Il existait jusqu’ici un cours élémentaire dont les élèves étaient recrutés sui'tout parmi les enfants du quartier. La multiplicité des écoles municipales de dessin a rendu ce cours à peu près inutile.

Les terrains des Gobelins s’étendent sur les deux rives de la Bièvre. La petite rivière, dont le cours est empoisonné depuis longtemps parles industries voisines, avait provoqué, dès le xviiP siècle, les plaintes des riverains et des habitants du faubourg Saint-Marcel. Resserrées dans un ravin profond, au pied de la Butte aux Cailles, ses eaux devenaient torrentielles après les pluies d’orage et causaient de temps en temps de désastreuses inondations dont le souvenir a

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