‹ Les manuscrits a miniatures de la bibliotheque de SoissonsChapitre 1 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Lorsque j'écrivis mon Étude sur les Manuscrits a miniatures de la Bibliothèque «le Laon lsr> :>-<;:> . mon l>ut était clairement indiqué et défini par mon Introduction a la première partie.

A mon avis, le livre suc la décoration «les manuscrits, du vit siècle au milieu du

\\T. date a laquelle disparut il tout jamais le bel art de l'ecn\ain et de l'enlumineur.

est encore a faire malgré quelques essais heureux, si beaucoup de détails sont connus, hien d'autres restent a découvrir et a noter. L'étude «le la peinture dans les manuscrite ne doit pas, ne peut pas se faire dans une seule collection, quelle que soit son importance, serait-ce même la Bibliothèque Impériale. Il serait bon que chaque dépôt de manuscrits lût étudie sur place et que «les études localisées. oonBciencieusement écrites et dessinées, continssent le fruit «les observations «le détail sur l'art «lu miniaturiste au moyen âge, sur les diverses manifestations de la peinture religieuse, symbolique «'t décorative, «mi tant qu'elle touche à l'ornementation des livres. C'est ainsi que se préparerait convenalilement un travail d'ensemble, l;i synthèse d'un art charmant, pom me servit des expressions heureuses (lu rapport sur le Concours ouvert en L86A a l Académie

«les inscriptions et belles-lettres.

lie «pu avait été si bien lait a Cambrai par M. Durieu, Je le tentai a Laon. on les matériaux d'une élude tort ample, puisqu'elle me menait sans interruption de la naissance

a la mort de l'illustration des manuscrits, étaient sous ma main. Prenant l'art des Initiales ornées à son début, j'ai pu le conduire d'étape, en étape, de siècle en siècle, jusqu'au moment où je l'ai vu expirer, vaincu par la typographie à laquelle il s'était allié un instant1. A Laon, les livres étaient nombreux, les manifestations importantes, certaines vraiment typiques; mais les principaux jalons d'une élude sur la matière étaient- ils posés? On a bien voulu le dire avec trop d'indulgence. Je n'ose le croire.

En me restreignant aux ressources de la seule collection, quelque complète qu'elle put paraître, que le temps et ma volonté me permissent d'étudier tout d'abord, je ne pensais qu'indiquer mon idée, ma méthode et mes tendances, montrer ce qui peut se faire partout et avec autant d'utilité. Je savais d'avance que, dans les pages de cinq cents manuscrits dont le quart à peine était décoré de miniatures, il n'était pas possible d'espérer trouver tout ce que l'art de l'enlumineur avait inventé de prototypes à chaque siècle et chaque fois que la mode ou l'habitude de main avait modifié le dessin, le style et le goût. Tous les systèmes de décoration, tous les procédés du coloriste ne pouvaient être là. Tout au plus étais-je autorisé à affirmer certaines influences d'époque. Par exemple, il était certain d'avance que le xne siècle, si inventif, si varié, si abondant, n'avait pas dit là son dernier mot.

J'ai donc pensé qu'il fallait aller chercher ailleurs non pas ce dernier mot, mais d'autres manifestations paléographiques et décoratives qui affirmeraient ou détruiraient, mais contrôleraient toujours les déductions que je m'étais cru autorisé à tirer de ma première étude. La ville de Soissons possédait aussi un certain nombre de manuscrits que l'administration municipale mit à ma disposition avec une complaisance bienveillante dont je ne puis trop m'applaudir, et j'y cherchai avec fruit ces initiales peintes qui tiennent une place si considérable dans l'histoire des arts du dessin, dit M. Darcel avec tant de raison.

Ce que j'avais prévu s'est vérifié. Je m'étais soigneusement abstenu de toute tendance à généraliser; je n'avais pas voulu, dans un livre sur les seuls manuscrits de Laon, poser de principes et de règles, tirer mes conclusions d'ensemble, et j'avais bien fait, car la collection de Soissons devait, dans une époque donnée et circonscrite, me

I. Darcel, des Lettres initiales dans les manuscrits du moyen âge, étude sur les Manuscrits à miniatures de la Bibliothèque de Laon, (Cazette des Beaux- Art*, nn du 1" septembre 18(H.)

fournir des modèles inconnus, des exemples nouveaux de la lettre tournure que le xne siècle a variée à l'infini, avec une merveilleuse habileté qui se joue de toutes les difficultés de plume, avec un goût qu'il faut admirer toujours. Un manuscrit de Soissons aussi m'a permis de restituer un seriptorium à peu près incontestable, celui de Prémontré, à une contrée qui s'honore d'avoir tenu parfaitement son rang, et honorable, au milieu des efforts tentés par l'intelligence à tous les siècles.

Ne pouvant toujours varier mes formules, je ne veu\ aujourd'hui, comme dans mon Introduction à la première partie de mon livre sur les .Manuscrits a miniatures de Lion, que répéter cette phrase que je crois vraie : n Les manifestations de l'art dans la même contrée, aux mêmes dates, seront intéressantes par leur comparaison. Parfois, elles se contrôleront, se compléteront et se corrohorcront. <le >onl déjà deux pierre> d angles d'un même édifice auquel d'autres travailleurs seront peut-être lentes d'apporter de nouveaux matériaux. »

L'étude et l' expérience ont d'ailleurs modifié ce que l'isolement et peut-être trop

d'amour pour mon sujet avait pu donner d 'absolu et d'excessif a la pensée que les peintures d'un manuscrit pouvaient à elles seules sullire a bien poser et à préciser SOU âge, en dehors des renseignements fournis par son écriture. La paléographie connaissant bien plus de monuments dates des écritures archaïques que de peintures portant leur date certaine, la miniature, si parfois elle BSl affirmative d époque et ne permet pas la négation, est donc moins probante dans la majeure partie des cas douteux, bien qu'il faille admettre aussi que souvent elle peut fournir des éléments utiles et très-puissants

de conviction.

Je n'ai plus, mais je dois le faire avec effusion, qu'à remercier les savants juges du Concours de L86A qui, sans tenir compte de ce que mou étude avait d'imperfections, m'ont, par leur sympathie, encouragé a en poursuivre le cours.

Paria le SS février 1805,

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