ITALIE
Du XIe au XIVe siècle.
L’Italie est, après la France, le pays qui a fourni le plus de manuscrits enluminés à la bibliothèque de sir Thomas Phillipps.
[LXXXIX]. La série chronologique s’ouvre par un monument d’une extrême importance au point de vue paléographique et archéologique. C’est un livre des Quatre Évangiles (n° 3500), comptant 106 feuillets de 0m332 sur 0m225, qui a été donné, à la fin du xie siècle ou au commencement du xiT, au monastère de Saint-Benoît de Padolirone, dans le diocèse de Mantoue, par la grande comtesse Mathilde. Indépendamment de lettres ornées et d’encadrements aux canons, il est orné, en tête de chacun des quatre Evangiles et après le dernier, de cinq séries de grands dessins au trait, exécutés à la plume, avec applications partielles d’or, figurant des scènes de la vie du Christ. Les manuscrits de luxe de cette époque, pouvant être attribués à des ateliers de la Péninsule, sont tous précieux par leur rareté, et celui-ci est, dans son genre, un des plus remarquables qu’on puisse voir. Mais il appartient à une période où les pauvres dessinateurs italiens sont encore bien inhabiles et bien gauches , malgré certaines promesses d’un talent que leurs successeurs doivent porter à un si haut degré de perfection. Des plus intéressants à étudier pour l’archéologue ou pour l’historien des origines de l’École italienne, les images du livre d’Évangiles laissent, il faut l’avouer,