Rietstap, Armorial général, au mot : Borssele
Borssele', seigneur de la Veere et de Sandenburg en Hollande, comte de Grandpré en Champagne et de Boucan en Ecosse, chambellan du Roi et maréchal de France2. Fils de Henri de Borssele, il avait épousé Marie Stuart, fille de Jacques Ier d’Ecosse et de Jeanne de Somerset, d’où la seigneurie de Bucham. Veuf, il s’était remarié, en 1468, à Charlotte de Bourbon, fille du comte de Montpensier3. Apparenté aux plus nobles et aux plus puissantes familles de son temps, il occupa les plus hautes charges et fut en grande faveur à la cour des ducs de Bourgogne et de Maximilien d’Autriche. Mais il tomba en disgrâce par les intrigues des Cabillauds , qui le perdirent dans l’esprit de ce dernier prince, et, pour échapper aux poursuites dont il était l’objet, il se retira à Gand, où il mourut en i486. Son corps fut transporté à Sandenburg, avec une magnificence quasi royale, et enterré dans la chapelle de ses ancêtres.
Il avait pour beau-frère un des plus grands bibliophiles de cette époque, Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, qui avait épousé Marguerite de Borssele, et il est à croire que ces liens étroits de parenté n’ont pas été étrangers au goût qu’il montra pour les beaux livres4. Il est à remarquer que son exemplaire de la Cité de Dieu porte les armes de sa première femme. Il y a donc lieu de supposer qu’il fut exécuté avant son second mariage, c’est-à-dire antérieurement à l’année 1468. C’est pourquoi il ne porte pas les insignes de l’Ordre de la Toison d’or, dont il ne fut nommé chevalier qu’en 1478.
Il eut un fils mort en bas âge et cinq filles, dont Anne qui épousa Philippe de Bourgogne, seigneur de Beures, fils du Grand Bâtard Antoine et de Marie de Vieville. Il est probable que c’est à ce gendre qu’il laissa sa bibliothèque, qui se fondit ultérieurement avec la belle collection que ce prince tenait de son père.
Nous ne retrouvons le manuscrit que plus tard entre les mains de Thaddée Boekhoven, qui en fit don à la municipalité d’Utrecht. Ce donateur est-il le même qu’un personnage du même nom que nous voyons mentionné de 1 755 à 1758 dans le Heerenboekjes (Livre des Seigneurs) d’Utrecht, comme commissaire du gouvernement près l’amirauté de Zeeland? C’est ce qu’il est difficile d’affirmer en l’absence de toute indication. A dire vrai, ce nom ne figure pas dans les procès-verbaux de la municipalité, et son ex-libris n’a été relevé dans aucun manuscrit ou imprimé de la bibliothèque de l’Académie5.
Miniatures. — Elles sont au nombre complet de 23, une pour le prologue et une en tête de chacun des vingt-deux livres, et ne donnent aucune indication sur leur auteur, qui nous semble appartenir à ce groupe d’artistes de l’école ganto-brugeoise qui travaillaient, vers 1465, pour les ducs de Bourgogne et leur entourage, comme Guillaume Vrelant et Alexandre Bening.
Il est très paysagiste et, toutes les fois qu’il le peut, il place ses scènes dans une campagne verdoyante, aux collines peu accusées, dont les lointains, traités en bleu à 1 horizon, vont se fondre avec l’azur du ciel plus foncé au zénith. Il dessine ses
1. J. -F. Van Sombren, De Utrechtsche Universiteitsbibliotheck. . . . vo'or 1880, Utrecht, Oosthoek, 1909, p. 47.