‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 112 sur 272 · Le Quinle-Curce, de Copenhague · texte numérisé non relu

Le Quinle-Curce, de Copenhague

I I. L Apocalypse de Dresde. Dans le manuscrit conservé à Dülmen (Voir la note plus haut), il y a encore : Tecum habita Villerval.

12. Schultz, Beschreibung der Breslauer Handschrifl des Froissarl, Breslau, 1869, in-4°.

13. A moins que cette dénomination ne s’applique à son fils naturel, Antoine 11 de Bourgogne.

Envisageons maintenant ce qu’on a appelé l’emblème du Grand Bâtard.

Il apparaît, sur tous les manuscrits qui lui ont appartenu, comme une sorte de volet ou d’auvent faisant saillie hors de la muraille et laissant passer à son ouverture inférieure des matières enflammées. On l’a appelé successivement: machine infernale , pavillon ou standard , appel de cheminée , entonnoir renversé , hotte d' artillerie, hachette et cassette. Le premier qui lui ait donné son vrai nom est Jubinal1. Plus tard, Labitte, M. Montague Rhodes James et M. A. Boinet ont employé ce mot en concordance avec les textes contemporains où cette machine est décrite2. En effet, Jean de Haynin3, dans son récit de la bataille de Montlhéry, parle de l’étendard d’Antoine de Bourgogne « qui était jaune à une grande barbecane bleue dedans et son mot de lettres bleues pareillement, et ses archers avoient paltoz rouges a tout le croix de sainct Andrieu blanche et une barbecane au milieu de le croix » . Et encore : Les gens dudict Bastard, signamment les archers, eurent tous paltoz de jaune a une barbecane bleue en la poitrine et une au milieu du dos ». Olivier de La Marche nous donne des renseignements identiques. Parlant du Pas d’armes de V Arbre d’Or , tenu à Bruges en 1468, lors du mariage de Charles le Téméraire avec Marguerite cfYork, il dit : « .... son cheval couvert de velours tanné, à grans barbacanes de fil d’or en brodure et lettres de mesme, a sa devise; et d’icelles barbacanes yssoient flammes de feu.... » Et ailleurs : « Au siégé d’Audenarde, il portoit pour enseigne un grand estendart blanc a une barbacanc de brodure moult bien accompaignee4 ». On trouve, enfin, la barbacane mentionnée dans les relations de Y Entrée solennelle de Louis XI a Paris , le 3i août 1461 5. Cet emblème, ainsi décrit par les chroniqueurs, est représenté de la façon la plus fidèle dans certains manuscrits. Nous retrouvons les varlets portant la livrée du Grand Bâtard dans son Missel , conservé au Bristish Muséum6. Aux feuillets 69 v°7, 72 v° et 142 v°, est peint un jeune damoiseau, revêtu d’une cotte jaune à parements noirs et à manches rouges, avec une barbacanc brodée sur la poitrine et dans le dos.

Qu’était-ce donc que cette barbacane?8 Il semble qu’elle ait été employée dans la fortification9, sous le nom de huchettes , pour garantir les créneaux. En 1410, la ville de Rouen passa un marché avec un hucher « pour des houchettes pour les créneaux des murs10 11 ». En 1421, un compte de Nevers, cité par M. Frédéric Godefroy” et relevé par M. Boinet, accuse des dépenses faites pour des « barbecanes et manteaulx es creneaulx des murs ». Son emploi est clairement indiqué dans un manuscrit du

1. Jubinal, Lettre à M. le Comte de Salvandy sur quelques-uns des Manuscrits de la Bibliothèque Royale de La Haye, Paris, 1848, p. 7 : « A la première page se trouve posée, sur une barbacane d'or sortant des flammes, cette devise : nul ne s'y frotte ».

2. A descriptive Catalogue of fifly manuscripts from the collection of Henry Yates Thompson, et Boinet, op. cil., p. 14. Cf. également Victor Gay, Glossaire archéologique , Paris, 1887, in-4°.

3. Mémoires de Messire Jean, seigneur de Haynin et de Louvegnies , Mons, Société des Bibliophiles belges, 1842, pp. 3i et 67.

4. Mémoires dl Olivier de la Marche, Société de l’Histoire de France, Paris, i883, tom. II, p. 236.

5. Publiées par M. Camille Couderc, Paris, 1896, Extrait des Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de V Ile-de-France, tom. XXIII.

6. Ms. Harley, 2967, Missale ad usum Romanae ecclesiae cum calendario.

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