‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 151 sur 272 · LIVRE IV. —fol. m. — H. ora,3o5xom · texte numérisé non relu

LIVRE IV. —fol. m. — H. ora,3o5xom

— Sodome , Loth et Phaélon. — (Planche XLVII.) Trois registres.

i° A gauche, la ville de Sodome, à droite celle de Gomorre, toutes deux en flammes et inondées d’une pluie de sang. Elles sont séparées par un chemin empierré et bordé d’herbes, qui fuit dans la campagne bleuâtre. Dans Gomorre, on aperçoit les habitants terrorisés par le fléau, et dans Sodome, on assiste à la scène de Loth. Les Sodomites réclament la remise des deux jeunes gens. Preduce juvenes quos introduxisti, s’écrient-ils. Loth protège les deux anges, vêtus de longues robes blanches et tâche de satisfaire les furieux en proposant ses propres filles. Celles-ci sont revêtues de robes rouge et or et portent leurs cheveux nattés dans le dos. Loth ajoute : Domini nolite facere peccatum hoc arade0; ecce duas filiasmeas, abutimini illis. Puis, poussant les deux jeunes gens devant lui, il leur conseille de chercher un abri dans sa maison : Domini mei, declinate in domum pueri vestri. A gauche, hors de la ville, le philosophe Apuleyus, en bleu, calotte rouge, considère l’incendie et dit : Omnia terrena

MUTANTUR, MORIUNTUR ET FINIUNT8.

2° Les trois autres villes de la Pentapole sont la proie de l’incendie. A droite, [S] eboym, à gauche, Segor et dans le fond Adam a. Sur elles tombe une pluie de cendres, couleur lie de vin. Les deux anges conduisent Loth vers la montagne boisée en disant : In monte salvum te fac. Edith, restée en arrière, se retourne. Elle est changée en statue de sel, monument d’une âme incrédule7. L’artiste l’a représentée nue et blanche, et,

1. Les Brahmanes, selon saint Jérôme, au Prologue de la Bible, constituaient une peuplade de l’Inde qui se vouait aux sciences et à la contemplation des étoiles. Ils vivaient de la façon la plus paisible, dans la pauvreté, avec leurs femmes et leurs enfants, au milieu de bestiaux dont ils tiraient leur subsistance. Cette histoire de leur chef Didyme se trouve dans Vaierius Julius et est reproduite par Solinus, dans son Polyhistor, et par Jean de Salisbury, dans son Policraticon. C’est d après le Ve Livre du Miroir historial de Vincent de Beauvais que Raoul de Praelles a établi son commentaire qui a inspiré le peintre.

2. Les Gymnosophistes, dont parle également saint Jérôme, habitaient l’Éthiopie et vivaient dans des cavernes. L’anecdote est prise par Raoul de Praelles dans le Livre des Merveilles ef Orient.

3. Secte qui tirait son nom de Récab, père de Jonadab, son fondateur. Ils vivaient en pasteurs et s’abstenaient rigoureusement de vin. Dernièrement, un vénérable sénateur des États-Unis a tenté de rénover la secte des Réchabites en interdisant formellement à ses adeptes l’usage du vin.

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