Liber Psalmorum, XLVIII, i
LA
— Saint Augustin et Apulée. La fuite en Egypte. — ( Planche Ll). Deux registres.
i° Saint Augustin discute avec Apulée sur la nature des démons. En haut, dans le ciel, le Seigneur, entouré des Chérubins; à droite, deux statues de divinités païennes sur leurs colonnes. Dans le ciel chrétien, quatre anges blancs volent entre le ciel et la terre. Cinq diables noirs font de même dans le ciel païen. En bas, la terre, avec des arbres et des rochers, sans autre perspective que le ciel bleu. Une troupe de Romains sont agenouillés en prière. Apuleius à droite, en bleu avec une calotte rouge, dit : Demones sunt mediatores
INTER DEOS, ANGEL0S ET HOMINES. A gauche, S. AüGUS-
tinus, en rose, se tourne vers deux docteurs et leur réplique : Mentitus est Appuleius, quia angeli sunt mediatores inter deum et homines. Lettres inscrites sur le collet d’un des Romains.
2° L’artiste s’est préoccupé ici d’interpréter les idées d’Hermès l’Égyptien, dit le Trismégiste, personnage douteux, en qui se résumaient les doctrines de l’Egypte et qui avait annoncé que les anciennes croyances de ce pays disparaîtraient. Saint Augustin, aux chapitres xxm et xxiv du Liv. VIII, interprète cette prophétie par le fait que le christianisme devait venir détruire les anciens systèmes.
La Vierge, en bleu, tient l’Enfant Jésus, rouge et or, dans ses bras et est assise sur l’âne noir que conduit saint Joseph, non nimbé, en rose, s’appuyant lourdement sur son bâton. La Sainte Famille va passer sous une grande porte qui forme l’entrée d’une ville personnifiant I’Égypte. C’est le symbole des idées chrétiennes envahissant l’Egypte, terre des anciennes conceptions religieuses, qu’elles vont détruire. C’est ce qu’exprime à la foule, prosternée devant les idoles, Hermès Trismégiste, par ces paroles : Isti dii peribunt', et plus loin: Faciàtis deos1 2. Au premier plan, S. Augustinus, contemplant le passage du divin groupe, condamne la croyance aux idoles par ces mots : Simulacra gencium