‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 169 sur 272 · LIVRE XX. — fol. igo. — H. om,2i5xom · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — fol. igo. — H. om,2i5xom

— Le Jugement dernier. — Saint Augustin, au chapitre premier de ce livre, établit la certitude du Jugement dernier contre les impies et les incrédules. Dans ce beau tableau, établi de la façon traditionnelle, mais d’une si belle clarté, on remarquera l’anatomie toute française du corps des humains. Les tailles élancées, les attaches fines et élégantes montrent bien que l’artiste a cherché ses modèles dans des types de notre race.

L’ordonnance de la composition est magnifique. Elle n’est pas tirée de X Apocalypse, mais du texte de saint Mathieu. Elle est intéressante, car on peut étudier dans cette miniature combien l’art du Moyen Age est une écriture sacrée. L’artiste s’est inspiré des traditions de l’Église et chaque personnage aussi bien que chaque symbole se trouve à sa place définie, comme aux vitraux de nos églises et aux porches de nos cathédrales*.

En haut, le Christ, dans un manteau rose avec le nimbe crucifère et l’auréole, est assis sur les nuées, les pieds nus posés sur le globe du Monde. Entouré par les Chérubins, il montre les plaies de la Passion. Il a voulu paraître aux yeux des hommes tel qu'il fut parmi nous et il s’est revêtu de son humanité*. Les cicatrices de son flanc et ses autres plaies témoignent de la vérité de l’Évangile. De sa bouche partent deux appels; à dextre, côté des élus : Venite, benedicti patris mei ° ; à senestre, côté des réprouvés : Ite maledicti in ignem

ETERNUM7.

Près de lui, deux anges placés selon la tradition

dans les Chroniques de Jean de Courcy, manuscrit conservé au Musée Meermanno-Westreenianum de La Haye et illustré par un artiste de l’école de Tours, peut-être Maître François.

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