Bibl. Nat., Ms. franç. 2o685, fol. 58g
9. Bibl. Nat., Ms. franç. 765, ff. 32i et 323, 11 et 21 janvier i5oo.
io- 11 esl probable qu’un amateur tel que Mathieu Beauvarlet s’était constitué une librairie de choix, et cependant nous n’avons pu trouver aucun livre lui ayant appartenu. M. Antoine Thomas, membre de l’Institut, a bien voulu nous signaler un volume de la Bible Hisloriale que Samuel Berger, dans La Bible française au moyen âge, Paris, lmp. Nat., 1864, p. 38 1 , mentionnait comme portant la souscription de Beauvarlet. Ce volume, qui contient la traduction de la Biblia scholaslica, est, en effet, conservé à la Bibliothèque de Reims sous le n° 56, et M. Henri Jadart, le distingué conservateur de ce dépôt, a eu l’obligeance de nous faire calquer la mention qui nous intéressait : Hervy de Fresnoy. N Beauvarlet. Mais ces deux noms ne semblent pas des signatures; ils sont de la même main et de l’écriture du scribe qui a
Du reste, il était en relations avec tout un monde de lettrés et de bibliophiles. En 1468, nous le voyons tenir sur les fonts baptismaux Guillaume Budé', avec la tante de l’enfant et Guillaume de Corbie, président au Parlement de Paris, et nous savons par M. Léopold Delisle1 et par M. Omont3 que Jean Budé, son ami et peut-être son parent, avait, librorum emacissimus , des manuscrits de théologie et de médecine4. Remarquons en passant que Jean Budé était le beau-frère de maître Estienne Chevalier5, pour lequel Jehan Foucquet de Tours venait de travailler si somptueusement.
D’après ses comptes, nous le voyons fréquenter Charles de Gaucourt, Robert Gaguin, Jean Bourré, Malet de Graville, Wolfart de Borssele, Tanneguy Du Chastel, le cardinal Balue, Jacques d’Armagnac, Louis de Bruges, Philippe de Comines, qui tous possédaient des exemplaires de la Cité de Dieu richement décorés, maintenant dispersés dans les différentes bibliothèques de l’Europe.
La devise, qu’il avait composée avec les lettres de son nom, constituait une marque de propriété, un véritable ex-libris. C’était, du reste, pour les bibliophiles de ce temps, une coutume dont nous connaissons plusieurs exemples. Jehan Le Bègue, greffier de la Chambre des Comptes sous Charles VI, avait pris la suivante : A rele Viegne, anagramme de son nom0 II en était de même d’un collègue de Mathieu Beauvarlet, Laurens Gyrard, notaire et secrétaire du roi Charles VII, contrôleur de la recette générale des Finances, qui avait adopté la devise : Sur ly na regard, inscrite dans les marges du Boccace conservé à la Bibliothèque de Munich7.
Enfin, il semble que Mathieu Beauvarlet ne se soit pas contenté, à défaut d’armoiries, de faire inscrire sa devise sur la bordure de son exemplaire de la Cité de Dieu. Il a demandé au peintre de l’y placer lui-même en effigie. En effet, au fol. 1, miniature de présentation ( Planche XX IX, b .), nous le voyons figuré très en évidence, à droite, sous les traits d’un personnage portant le costume des gens de finances, bonnet, cheveux longs, robe rouge et bourse bleue. Or, cette particularité manque à la miniature correspondante du Ms. 18-19 de la Bibl. Nat. (Ms. de Gaucourt), qui a servi de modèle et sur celui du Musée Meermanno-Westreenianum de La Haye, qui constitue un troisième exemplaire de même facture (Ms. de Comines), aussi copié sur ce Ms. 18-19. Comment expliquer, autrement que par un désir formulé par l’amateur, la présence de cette unique modification dans trois miniatures copiées les unes sur les autres ?
Que devint notre manuscrit après la mort de Mathieu Beauvarlet? Marie, dame d’Esternay, épouse de Jean Raguier, trésorier des guerres, en hérita-t-elle8? Fut-il
ajoute ces mots : Adesl Deo gracias. Cette remarque, ainsi que la lettre N qui figure dans la boucle du B, nous font douter qu'il s'agisse ici de notre Mathieu Beauvarlet, dont le nom est assez fréquent en Champagne.
1. Voici la note où son père avait inscrit la mention de sa naissance : « Le XXVI“C jour de janvier mil 1111e LXVII |a. st.] fut né a Paris, Guillaume Budé, et fut tenus sur fons de maistre Guillaume de Corbie, de maistre Mathieu Beauvarlet et de ma sœur Marie, femme de maistre Jehan Picart. » Cf. M. Louis Delaruellb, Guillaume Budé, Paris, Champion, 1907, p. 63.
2. M. Léopold Delisle, Le Cabinet des Manuscrits, tom. I, p. 181, et tom. III, p. 353.
3. M. Henri Omont, Notice sur les collections de Manuscrits de Jean et Guillaume Budé, Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris, 1 885 , p. 100, et 1886, p. 112.
4- Voir plus haut, p. 106, au chap. V, Bibliographie des Manuscrits , ce que nous avons dit du Ms. lat. 1094 de la Bibl. de l'Arsenal.