‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 206 sur 272 · De casu nobilium virorum et feminarum, Ms. franc · texte numérisé non relu

De casu nobilium virorum et feminarum, Ms. franc

de Mâcon et venant aussi de Chaumont. Les Chabanne, ayant eu des alliances avec les La Guiche, cette provenance serait encore à envisager. Quant à Jean d’Auxy, comme il est mort aux environs de 1470 et que notre manuscrit a été exécuté, ainsi que nous le verrons plus loin, après 1478? il ne saurait être question de lui pour notre exemplaire.

La question d’origine reste donc pendante et il est nécessaire d’attendre qu’un document d’archives vienne nous éclairer sur ce point.

La bibliothèque des Minimes de La Guiche, qui renfermait notre manuscrit, fut soigneusement conservée par ces Religieux, qui l’appréciaient à sa juste valeur et qui en dressèrent en 1740 un dernier catalogue qui servit aux provinciaux de l’Ordre, au cours de leurs visites annuelles, jusqu’en 1789, à assurer le recolement des richesses qui s’y trouvaient'.

Nous relevons sur ce catalogue, au fol. 12 1, parmi les « Livres qui étoient à Chaumont et donnés à la Bibliothèque par la libéralité de M. Madame la Duchesse d’Angoulesme, nostre illustre fondatrice » , cet article : 7-8. Cité de Dieu par S‘ Augustin par Raoul , in-folio , en vélin, de 1371 , tom. 1 et 2.

A l’époque de la Révolution, le 19 décembre 1793, le citoyen P. Cossard informa la ville de Commune-Affranchie (Lyon) de l’existence d’une belle collection au Monastère de La Guiche. Des instructions furent données et le i5 pluviôse an II (3 fév. 1794)5 “ le directoire du département accusa réception à celui du district de l’envoi d’une caisse contenant vingt-deux manuscrits ».

L’administration ne montra pas à les conserver un zèle bien remarquable. En effet, peu de temps après, cinq de ces manuscrits, parmi lesquels les deux volumes de la Cité de Dieu % se retrouvèrent dans une collection locale, celle qu’avait formée un ancien député de Chalon à la Convention, M. F.-M. Moreau, qui exerça de 1799 à 1814 les fonctions de trésorier général à Mâcon et se retira ensuite à Charbonnières (Saône-et- Loire) où il mourut en 1 833. La vente de cette collection eut lieu en 1 834 et5 en 1 835, M. Barjaud, conservateur de la Bibliothèque, inscrivit sur le registre d’entrée, les cinq manuscrits, achetés par la ville pour la somme de 3oo francs.

Depuis cette époque, nos deux volumes n’ont pas quitté la Bibliothèque de Mâcon et cependant ils n’étaient pas au bout de leurs épreuves. En effet, entre 1846 et 1860, ils furent l’objet d’un vandalisme inqualifiable. « Neuf feuillets furent coupés et volés, probablement par un seul et même criminel dont la manière de faire était uniforme, car, chaque fois, le coup de canif a été donné assez violemment pour que plusieurs feuillets de suite fussent atteints1 2 3. » Les miniatures enlevées de ce chef étaient celles qui décoraient le commencement des Liv. I, II, III, IV, VI, VII, IX, X et XXI.

M. L. Lex a raconté tout au long4 les efforts dépensés pour récupérer ces peintures. La part personnelle qu’il y prit est digne des plus grands éloges. Trois d’entre

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