‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 47 sur 272 · Les Antiquités judaïques , pp · texte numérisé non relu

Les Antiquités judaïques , pp

et i5o3 date de la mort de ce dernier. D’autre part, l’écusson peint en surcharge au fol. 8 v°, porte les armes de Bourbon avec la brisure. Ce sont celles de Pierre de Beaujeu avant qu’il ne fût duc de Bourbon, c’est-à-dire avant 1489. Il possédait donc le manuscrit avant la note d’Alard qui peut être considérée comme un recolement. Comme conclusion, nous pensons que notre manuscrit, établi, vers i43o, pour un possesseur de marque, dont les armes ont été effacées, arriva par achat ou par don dans la librairie de Jacques d’Armagnac, et qu’il passa ensuite dans celle de Pierre de Bourbon-Beaujeu, soit par cadeau de Louis XI à sa fille, soit comme pièce du butin fait sur le rebelle.

Quant au nom d ’ Alart qui parait désigner le bibliothécaire ou le trésorier du Duc de Bourbon, il a besoin de quelques explications. Nous connaissons bien Anthoine Alart, trésorier de la Marche, secrétaire de Bernard d’Armagnac en 1 44^- Il mourut à Guéret en 1 4y5, ainsi que le prouve la note détaillée que M. Ant. Thomas lui a consacrée dans un article sur les Archives du Comté de la Marche, paru, en 1881, dans la Bibliothèque de l’École des Chartes , p. 36. Il ne peut donc s’être occupé des livres du duc de Bourbon, Pierre II. Il s’agit probablement de son fils, Pierre Alart' qui aurait été, de concert avec François Robertet, employé par le duc Pierre, et qui vivait encore en 1 494-

Le Duc de Bourbon, qui avait deux exemplaires de la Cité de Dieu (un complet, le Ms. franc. 20-21 de la Bibl. Nat., et un autre incomplet, le présent Ms. 22) les conservait dans sa bibliothèque de Moulins. Échus par héritage au Cardinal de Bourbon, ils arrivèrent tous deux à la Bibliothèque Royale, comme nous l’avons expliqué plus haut1 2.

Miniatures . — Elles sont, en effet, ainsi que l’indique le compte transcrit cidessus au nombre de douze, une grande en tête du prologue du Liv. XI et onze très petites au commencement des autres livres. Elles sont de trois mains différentes et semblent avoir été exécutées par de véritables artistes, flamands, travaillant vers i43o et appartenant à l’école de Bruges.

Elles sont jolies, très soignées et d’un aspect très agréable. Le dessin est juste et d’une finesse extrême. Les ombres sont obtenues par un quadrillé noir et le coloris est très brillant. Les visages sont surtout très étudiés et il est impossible de ne pas songer à de véritables portraits. Ceux de saint Augustin et de Marcellin, dans la grande peinture de tête, sont particulièrement remarquables. Les détails du paysage, des vêtements et des constructions sont relevés de traits dorés et donnent une apparence de richesse. Les lointains marquent un progrès évident dans la représentation du paysage.

Ce manuscrit ne se rattache à aucune famille particulière, en ce qui concerne l’illustration. Certes, nous retrouvons certains sujets traités dans les manuscrits précédents, mais ils sont quelquefois intervertis et quelquefois nouveaux. (Liv. XVIII).

1. M. Antoine Thomas, membre de l'Institut, a bien voulu nous donner sur ce personnage les renseignements suivants dont nous lui marquons ici toute notre gratitude. Cour des Aides , Arch. nat. Z'Aôg, fol. 126 v" [avril 1 485.] Pierre Alart fils et héritier de feu Maître Anthoine Alart, en son vivant grenetier du grenier à sel de Saint-Florentin.

Compte rendu du Congrès archéologique et des assises scientifiques de Guéret (Guéret, 1866), p. 55 : Pierre Alard, seigneur de Monnayroux et de la Prugue, près Guéret, fils d’Antoine et de Marguerite Boinchaude [il faut lire : Bonichauche] s’allia à une des familles les plus considérables de la province en épousant Marie Barthon. Il ajouta au château la petite chapelle qui termine l’aile de l’ouest et, par acte du 12 avril i4g4. il y fonda deux vicairies. (Article de Bosvieux, sur l’hôtel connu à Guéret sous le nom d’Hôtel des Comtes de La Marche.)

Était-il parent de Jacques Allart, serviteur de Mgr du Bouchage, qui mourut à Toulouse en 1 484 ? Cf- Bernard de Mandrot, Yrnbert de Batarnay, Paris, 1886, p. 118.

2. Description n° a3 du Ms. franç. 20-21, de la Bibliothèque Nationale.

Prologue du LIVRE XI. — fol. 8 v°. — H. om,2o8 Xom,i9°- — Saint Augustin et les deux Cités. — En haut, la Trinité, dans les cieux, représentée, enveloppés dans le même manteau bleu, par le Père, vieillard avec la tiare, le Fils, tête nue, et le Saint-Esprit, colombe dont les ailes réunissent les lèvres du Père et du Fils. Tout autour, les archanges, les anges et les séraphins. Au-dessous de la Cité céleste, des anges déchus, figurés en diables noirs, rehaussés d’or, sont précipités sur terre dans un lac aux eaux bouillantes environnées de flammes. A gauche, saint Augustin explique à Marcellin l’origine des deux Cités. Le saint est nimbé et porte les habits épiscopaux, robe noire, dalmatique rouge à fermoir d’or et mitre blanche. Marcellin, vêtu d’une robe bleue, nu-tête, est à genoux devant lui dans une attitude de recueillement. Leurs visages, d’une finesse et d’une perfection achevée, indiquent que ce sont de véritables portraits que le peintre a dessinés avec un talent remarquable. L’expression des yeux, clignant légèrement, est caractéristique. Le paysage, aux teintes pâles, grises, vertes et bleues, s’étend vers l’horizon par une succession de rochers qui se terminent tous à pic sur la droite. Le ciel, presque blanc à l’horizon, est bleu foncé au zénith et parait traversé longitudinalement par des petits nuages d'or. Il est probable que cette peinture est due au pinceau du chef d’atelier, car elle accuse une technique que nous ne retrouvons pas dans les miniatures suivantes.

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