Idem, art. 1642 et i
LA
personnages et de les faire mouvoir aisément dans un très petit espace, et un peintre franchement flamand, dont les types sont plus lourds et plus ramassés. Le premier, qui pourrait être Rogier vander Weyden lui-même1 ou un de ses élèves, si on se réfère au triptyque des Sept Sacrements cité plus haut, peint des petits personnages roses dans une campagne très verte; l’autre dessine ses sujets à une échelle beaucoup plus grande et compose ses scènes comme dans un retable. Comme exemple de la manière du premier, nous citerons les miniatures des Liv. XIX, XX, XXI et XXII et pour le second, celles des Liv. XIV et XVII. Cet exemplaire n’appartient à aucune famille déterminée et ne peut être rangé dans aucun groupe.
Voici la description de ces peintures :
Tome I. — Prologue. — fol. 1. — H. om,i85 Xom, 188. — Histoire de Clovis. — ( Planche XXXII.) Saint Augustin, assis dans une chaire à baldaquin, en plein air, compulse un manuscrit. Il est revêtu des habits épiscopaux. Un ange plane au-dessus de lui. Onze assistants semblent écouter attentivement ses paroles en suivant sa doctrine dans des livres, ou en comptant les arguments sur leurs doigts. Ce sont des ecclésiastiques et des docteurs.
A droite, le roi Cloys, en robe rouge avec un manteau bleu brodé d’or et doublé d’hermine, la couronne royale sur la tête et le sceptre dans la main droite, semble tourner ses regards vers un ange qui descend du ciel en apportant un écu fleurdelisé. Nous voyons dans l’espace tous les attributs de la Royauté tels que Raoul de Praelles les énumère dans son discours de présentation : à gauche, l’aigle, roi des oiseaux, qui contemple le soleil sans que son regard fléchisse, la colombe qui apporte le saint chrême en tenant dans son bec la fameuse empole ou fyole , l’ange tenant l’écu aux fleurs de lis et, près du Roi, une hampe dorée, fichée en terre, au sommet de laquelle flotte l'oriflamme rouge à dessins d’or, bordée de vert. Le terrain est mouvementé pour indiquer que c’est dans une vallée que se trouvait l’ermitage près duquel s’engagea la bataille entre Clovis et les Sarrazins.
Derrière le Roi, la campagne s’étend à gauche jusqu’à des collines lointaines et à droite jusqu’aux murailles d’une ville fortifiée du nord de la France, aux toits rouges et bleus, avec sa cathédrale au centre. L’artiste, dans cette belle page, a dessiné une ville de son pays pour figurer Saint-Denis et n’a pas ménagé les jolis détails. Ciel bleu, avec petits nuages blancs.
LIVRE II. — fol. 43 v°. — H. om, 110X0“, 080. — Saint Augustin et les idoles. — Dans une chapelle, saint Augustin, en évêque, désigne à trois docteurs debout une idole qui trébuche de son piédestal. Cinq assistants, assis par terre, écoutent la parole de l’évêque. Sol carrelé blanc et jaune, petite vue sur la campagne.