‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 72 sur 272 · Bibliothécaire de 1673 à · texte numérisé non relu

Bibliothécaire de 1673 à

6. Kohler, Catalogue des Mss. de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris, i8g3, in-8°.

rochers du fond se présentent sous un aspect vert foncé avec des ombres bistres. Le dessin est très sim et très soigné et les détails architecturaux ressortent avec un relief étonnant dans une atmosphère très limpide et très méridionale. Cette miniature nous rappelle les fresques de Benozzo Gozzoli qui venait de travailler à ce moment au monastère de Saint-François de Montefalco et qui allait retracer, dans l’église de Saint- Augustin de San Gimignano, l’histoire du saint évêque d’Hippone.

Cette miniature de Polano, peut-être son élève, est beaucoup plus fine que celle du Ms. de la Vaticane, Regin. 1882, due peut-être au pinceau de Giacomo. Elle est presque aussi riche en monuments et, par la transparence de son atmosphère et le coloris de ses détails, elle nous donne une sensation de Rome plus pittoresque que celle de l’artiste de Fabriano. Il y a lieu de remarquer que les deux peintres ont exagéré la topographie montagneuse de Rome, l’un comme décor, l’autre comme point d’appui de ses monuments. C’est que, pour le public d’alors, Rome était la Ville aux Sept Collines et qu’il fallait accuser le relief du terrain pour justifier et rendre sensible cette dénomination.

M. A. Geoffroy', loin de croire à une vue arbitraire de la Ville Éternelle, y voit au contraire, et avec juste raison, une représentation exacte et du plus haut intérêt de la Rome de 1459. Il y distingue des monuments aujourd’hui disparus et d’autres, qui sont arrivés intacts jusqu’à nous. Il nous promène, les textes à la main, devant la colonne de Marc-Aurèle, la colonne Trajane, le Panthéon, le Château Saint-Ange, les murs du Vatican et la Meta ou Sepulcrum Romuli ou Neronis. Selon lui, notre petit tableau offre le premier aspect incontestable et authentique de la statue de l’ange sur le tombeau d’Adrien dans son attitude traditionnelle, c’est-à-dire remettant l’épée au fourreau1 2 3.

Il ne nous appartient pas d’entrer dans une discussion archéologique sur ces monuments si connus des voyageurs. Pour l’étude comparative des édifices qui figurent dans les deux miniatures des manuscrits de la Vaticane et de la Bibliothèque Sainte- Geneviève, nous renvoyons à l’article du R. P. Ehrle, que nous avons cité plus haut et qui énumère les vues qui nous ont été conservées de cette époque. Nous nous contentons de donner de nos deux miniatures deux planches qui, pour la première fois, présentent une bonne reproduction de ces deux peintures.

Pour compléter son œuvre et assurer l’opposition de la Cité céleste et de la Cité terrestre, Polano a dessiné, dans un petit médaillon, la ville de Satan où l’on distingue des colonnes surmontées de divinités païennes. Ce petit sujet est tracé en menus traits jaunes sur fond bleu.

Il est difficile d’affirmer que le personnage de saint Augustin de la grande initiale soit de la même main que la vue de Rome; cependant nous trouvons dans ces deux miniatures bien des traits communs et un égal souci de précision.

Nous n’avons pas besoin d’insister sur l’intérêt de ces deux manuscrits, qui renferment tant de renseignements documentaires. Si le lecteur veut bien consulter le Tableau synoptique que nous avons dressé aux pp. 193-201 de cette étude, il verra

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