Voir description n
2. M. Léoroun Deursue, Recherches sur la librairie de Charles F, om. I, p. 59.
3. Dans le Journal des savants de juillet 1901, p. 457, M. Léopold Delisle a établi les rapports des manuscrits de la Famille n° 1.
dans chacune d'elles, nous ne l’avons déterminé que par la date antérieure occupée par le manuscrit dans chaque série, mais cette date est souvent approximative et nous n'affirmons pas que nous n'ayons pas interverti l’ordre de la production. Pour les première et cinquième familles, il n’y a pas de doute que les prototypes ne soient les Mss. 22912-13 et 18-19, tous deux à la Bibliothèque Nationale, car chronologiquement, ils occupent bien le premier rang du groupe. Pour les autres, comme on le verra, nous avons établi leur antériorité par des raisons solides, mais cependant révisables.
Chacune de ces familles, en plus de la concordance si précise dont elles font preuves, sont caractérisées par un sujet qu'on ne rencontre traité que dans les manuscrits qui font partie de chacune d'elles.
Famizze 1 : Liv. XIX, Justice humaine.
Fame 2 : Liv. Il, Enlèvement des Sabines.
Famrzze 3 : Liv. VIII, Le vaisseau d’Aristippe et Liv. XIX, Les genres de vie.
Fame 4 : Liv. III, Prise de Troie par Fimbria et Liv. XIV, L'homme tenté dans l'arbre de la vie.
Faire 5, d'une homogénéité absolue : Liv. III, 4/exandre et les Bragmaniens, Liv. VII, Les fêtes temporales et terminales, Liv. XVIII, Belus et Romulus.
Remarquons que chaque groupe de manuscrits comprend des exemplaires commandés par des personnages contemporains appartenant au même milieu social et s'étant adressés par esprit de mode à un même peintre ou à un même atelier. En voici un exemple 18-19 de la Bibliothèque Nationale (Famille 5) a été peint par maître
manifeste. Le N François pour Charles de Gaucourt, chambellan du roi Louis XI, et deux copies en ont été faites par des artistes du même atelier pour Mathieu Beauv it receveur des finances du Roi, et pour Philippe de Comines, conseiller du Roi.
Le manuscrit d’ Édimbourg, exécuté aux frais du cardinal Georges d’Amboise, archevèque de Rouen et possesseur du château de Gaillon, semble avoir été inspiré par l’exemplaire 23-24 de la Bibliothèque Nationale, qui était depuis le milieu du xv° siècle conservé à Rouen à la Bibliothèque des Échevins.
On voit donc que ces tableaux ne sont pas inutiles, car ils nous permettent de discerner, étant connu le prototype, quelles ont été les raisons pour lesquelles il a servi de modèle aux autres exemplaires du même groupe. C’est ainsi que nous avons découvert que le graveur sur bois des vignettes de l’incunable d’Abbeville de 1486, avait eu sous les yeux un des manuscrits de la Famille 4, dont il a copié exactement les sujets avec une technique différente, et que ce manuscrit a dû être précisément celui du Grand Bâtard Antoine de Bourgogne, conservé aujourd’hui à Turin et présentant des particu-
larités déterminées. De plus, si, à la suite de la présente publication, d’autres exemplaires de la Cité de Dieu se retrouvent, il sera probablement facile de leur faire prendre place à leur rang déterminé dans les familles dont ils ont fait partie.
Remarquons enfin que les possesseurs de ces manuscrits de la Cité de Dieu se mouvaient à chaque époque dans le même milieu social, fréquentant le même entourage ou formant le même groupe princier. Avant 1410 et après 1460, il faut les chercher à la cour de France et, intermédiairement, pendant les tristesses de l'occupation anglaise, chez les ducs de Bourgogne, en Flandre et à l'étranger. Nous relevons les noms de Charles V, Jean de France, duc de Berry, Louis de France, duc d'Anjou, Jean Galeas Visconti, Hugues Aubriot, Jean de Montaigu, Jacques de Créquy, Charles VI, Pierre Salmon, la duchesse de Bourbon.