‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 234 sur 354 · LIVRE XII. — fol. 26. — H. o · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — fol. 26. — H. o

— La chute des Anges. — Le Seigneur, avec le nimbe

1. Nigidius Figulus, un des Romains les plus savants après Varron. Saint Augustin, au chap. nt du Liv. V, parle

de l'argument de la roue du potier, allégué par ce mathématicien, dans la question des jumeaux. Le sujet de cette miniature devant revenir dans plusieurs manuscrits de la Famille n° 3, il nous a paru utile d'en donner ici une explication détaillée.

Les philosophes qui tiennent des sphères au-dessus de leurs têtes, étaient, comme Possidonius d'Apamée, des savants qui, adonnés à l'astrologie, pensaient que la destinée des hommes dépendait de la position que les astres occupaient au moment de leur conception. Cependant, quelques-uns ne pouvaient s'expliquer les fortunes différentes qui traversaient la vie de deux jumeaux, conçus, comme ils le croyaient, sous la même constellation. C'est alors que Nigidius, se faisant apporter une roue de potier, lui imprima un vif mouvement de rotation et la pointa avec un stylet de deux coups immédiatement répétés. Quand il eut arrêté la roue, il démontra que ces deux marques étaient très éloignées l'une de l’autre, et il en tira cette conclusion que la conception de deux enfants, quoique paraissant simultanée, était en réalité séparée par des espaces de temps considérables par rapport au mouvement des astres. (Voir Samr Aucusrin, De Cipitate Dei, Liv. V, chap. mr; Auzu-Geue, De noctibus atticis, Liv. XIX, chap. x1v, et Lucain, Pharsale, Liv. I, v. 639 sq.).

crucifère, est assis bénissant, sur un trône, dans une auréole bleue, orangée et bleue. Huit anges déchus sont précipités dans les espaces inférieurs au milieu des flammes. Paysage vert. Fonds mosaïqués rouges.

LIVRE XIII. — fol. 45 v°. —H. 0",084><0",113. — Le péché originel. — Deux scènes. À gauche, le Seigneur recommande à Adam et Eve de ne pas manger du fruit défendu en leur indiquant l'arbre de la vie. Nos premiers parents semblent faire un geste de dénégation. A droite, Adam et Eve mangent des pommes rouges, très grosses, car ils viennent d’être tentés par le démon figuré dans un arbre, avec un visage de femme blonde, un corps d’oiseau et une queue de serpent. Les arbres ressemblent à des turbans ou à des champignons verts. Fonds mosaïqués or et bleus.

LIVRE XIV. — fol. 62 v°.— H. 0",080%X<0",115. — Chute d'Adam et d'Eve. — Répétition à gauche de la scène de tentation sans le démon. Eve, avec un sourire engageant, présente la pomme à Adam qui hésite en faisant une grimace. Ils sont entraînés ensuite par des démons dans la gueule enflammée de l'Enfer. Ils en sortent à droite par une porte monumentale, guidés par la main du Rédempteur, au nimbe crucifère, portant la croix et laissant voir les stigmates de la Passion. Des démons furieux s’agitent sur les créneaux. Fonds mosaïqués rouges.

LIVRE XV. — fol. 91 v. —H. o",o81>x<0",115. — Homicide. — (Planche VIT, c). À gauche, Caïn assomme Abel avec une grosse bêche, dans une campagne parsemée d'arbres. A droite, près de la ville de Rome, aux toits rouges et bleus, qu’entoure le Tibre, représenté par des bandes bleues et bleuâtres, Romulus enfonce son glaive dans la poitrine de Rémus. Ils sont tous deux revêtus d’armures du Moyen Age. Fonds bleus à dessins d’or. On remarque au-dessus de la porte de Rome une barbacane dont l'ouverture est nettement dessinée.

LIVRE XVI: = fol. 1381%. — 0H. 0",078 X0",115, — Abraham. — À gauche, trois anges, aux visages juvéniles, viennent trouver Abraham qui est assis au pied d’un arbre et lui prédisent la destruction de Sodome (Gen., XVIII, 2). A droite et au fond, Sodome s'écroule au milieu des flammes en écrasant ses habitants. Une pluie de sang tombe du ciel. Les anges assistent au départ de Loth, de ses filles et de sa femme qui se retourne pour voir la ville.

LIVRE XVII. — fol. 186 v. — H. o",085 >Xo",115. — Les Prophètes et les Rois. — (Planche VIII, c). Sous un arbre, un envoyé vient annoncer à Héli la victoire des Philistins (Roës, Liv. I, 1v, 13). Le prophète, apprenant la défaite d'Israël, trébuche sur son siège et se brise le crâne. A droite, David, réfugié dans une caverne de l’Engaddi, avec des Israélites, aperçoit Saül entré dans cette retraite pour y soulager la nature (Roës, Liv. I, xxtv, 4). Il empêche ses soldats de massacrer Saül, l’oint du Seigneur, et lui coupe par derrière le pan de son manteau, montrant ainsi qu'il le tenait à sa merci. On aperçoit de chaque côté de la montagne les lances et les casques

bleus des deux troupes de guerriers. Terrain verdâtre, fonds mosaïqués bleus et or. Cette scène grossière de Saül et David se retrouve au xv° siècle dans une Bible Historiée, en allemand, fol. 150, conservée à la Bibliothèque du couvent des Capucins de Klagenfurt. (Franz Wicxmorr, Beschreibendes Verzeichnis der illuminierter Handschriften in Oesterreich, Leipzig, Karl W. Hiersemann, 1907, in-fol., III. Band, p. 58.)

LIVRE XVIII. — fol. 225. — H. o",075 ><o",118. — Les idoles. — (Planche IX, c). Deux statues en or, Mars et Vénus, sont fixées sur un piédestal en marbre. À droite, cinq païens les adorent. Trois docteurs, à gauche, discutent sur le culte. Paysage montueux avec des arbres. Fonds mosaïqués bleus.

Page 1