ANGERS, BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE, MS. FRANC
Sainr AuGusrTIN, LA Cité DE Dieu.
Trapucrion er CommenraAIREs DE RAOUL DE PRAELLES.
VOIR PLANCHE XI, « et c.
Description générale. — Un vol. in-fol. Beau vélin. Dimension des ff. : H. 0",485 X0",340. Justification : 0,325 <0°,225. 2 colonnes avec 0",018 d'intervalle : 44 lignes.
Mutilé.
Il contient les dix premiers livres du traité, précédés du chap. xzim du Liv. II
des Aétractations, et comprend 285 ff. Un ancien numérotage, antérieur à la mutilation, en compte coamr en chiffres romains. Il faut en conclure qu’on a enlevé 19 feuillets. Le fol. 1, qui devait porter une grande miniature, manque. Le fol. 1 à sa partie supérieure découpée, et sa partie inférieure décorée d’un écusson surchargé. Le fol. u1 (2) commence par ces mots : « ne pas attribuer ces maux ». Le fol. rv (3) est enlevé. Le fol. cocnn (285) commence ainsi : « comme celles qui les auoyent
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toutes oubliées ». Le verso de ce folio comprend le texte du chapitre xxx du Liv. X, mais finit avec les mots : « et telz par les quelz fust demonstré que touz », ce qui prouve qu'il y avait encore un folio contenant le reste de ce chapitre, l'exposition du translateur, l’explicit et probablement la signature du duc de Berry, comme nous le verrons tout à l'heure. On voit par ce relevé que nous n'avons pas le commencement
des feuillets 2 et dernier et que, par conséquent, nous sommes dans l'impossibilité de nous référer à un des anciens inventaires.
Collation. — Cahiers de 12 ff., avec réclames en lettres cursives. Reliure. — Moderne. Cartonnée avec dos veau fauve. Écriture. — Très belle écriture, en Zttre de forme, très claire et très régulière.
Titre courant en chiffres romains de couleur. Les mots : Aueusrin et TRANSLATEUR, ainsi que le nom des auteurs cités, sont reportés en rouge dans la marge, dans des cartouches bleus et rouges, et, comme dans le Ms. 220912-13 de la Bibl. Nat. et celui de la collection Thompson, il y a des renvois par omission en marge dans des compartiments géométriques bleus et rouges.
nitiales. — Dessinées sur un fond d’or, les grandes initiales contiennent un semis de fleurs bleues et rouges. Les petites, plus simples, sont également rouges et bleues. Les têtes des livres et des chapitres sont en rouge.
Bordures. — Elles n'existent qu’en tête des livres. Elles sont formées de filets de 0",005 de largeur, rouges, bleus et or, d'où s'échappent des brindilles de lierre avec des petites fleurs, au milieu desquelles on distingue des oiseaux et des papillons qu'une main barbare a souvent découpés. Le bas du fol. 11 existe encore; au centre, on aperçoit un motif à entrelacs qui remplace un ancien écusson. Un lion à senestre le supporte encore, l’autre a été découpé". (Planche XI, c.)
Provenance. — I] n’y à ni armes, ni signature, ni explicit, ni aucune désignation de possesseur, et il est bien regrettable que les feuillets de tête et de fin aient été enlevés, car ils nous eussent probablement donné des indications précieuses?. Cependant, nous pouvons poser une hypothèse intéressante dont nous mettons les éléments sous les yeux du lecteur. Si on compare attentivement ce présent premier volume au tom. IT de la collection Thompson (voir la description ci-dessus), on a toutes les raisons de croire que nous avons affaire à un exemplaire dépareillé, en un mot que le manuscrit d'Angers est le frère de celui du grand amateur anglais. En effet, les dimensions des feuillets et de la justification, le nombre de lignes, le numérotage ancien en chiffres romains, le nombre des feuillets, par cahier, avec réclames, le caractère de l'écriture, les dispositions des noms répétés en marge, les bordures avec leur décoration et leurs ornements, enfin la dimension, l'encadrement et le style des miniatures, tout contribue à faire ressortir une ressemblance qui ne peut être l'effet du hasard. L’écusson du manuscrit Thompson est de même dimension que celui du manuscrit d'Angers, mais dans ce dernier il a été surchargé et altéré. Il devait porter comme au tom. II les armes du duc de Berry. Enfin, les deux miniatures qui subsistent au Ms. 162 (154) se rapportent bien, comme choix des sujets, à la même Famille n° 1. (Voir le Tableau, page 193). Cette réunion de preuves doit, il nous semble, faire partager notre opinion à ceux qui voudront bien examiner la question de près.
1. Comparer avec le bas du fol. 2 de l'exemplaire de M. Yates Thompson, Descript. 7. 2. M. Léororn Deusie, Recherches sur la librairie de Charles V, tom. I, p. 411. Le savant écrivain pense que ce manuscrit a appartenu au roi Charles V.
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Miniatures. — Ce manuscrit a été très mutilé. Il y avait autrefois des miniatures en tête des livres, mais on les a enlevées, entre autres le folio de tête, soit en les découpant, soit en arrachant tout le feuillet qui les portait. Elles consistaient en vignettes de la largeur d’une colonne et d’une hauteur de 8 à ro centimètres, encadrées d'une bande en couleur avec losanges d’or aux angles. Il n’en reste plus que deux qui peuvent nous donner une faible idée de l’art qui les a inspirées.
Les personnages sont en camaïeu avec les visages et les mains rosés et les barbes jaunâtres. Les têtes, coiffées de bonnets, sont expressives et quelque peu maniérées dans leur recherche de grâce. Les attitudes sont légèrement contournées. Le sol est verdâtre; les fonds sont mosaïqués. Ces deux scènes rappellent l’art du dernier quart du x1v° siècle et font penser à un artiste plus réaliste, mais moins fin et moins habile que celui qui a décoré l’exemplaire du Ms. 22912-13, que nous avons décrit plus haut.
Voici la description des deux miniatures qui subsistent :
LIVRE VIT. — fol. CCIX v° (193 v°). —H. 0",087 Xo",og1. — De la nature des Dieux. — (Planche XT, a). Vignette dans un encadrement avec fond mosaiqué rouge. Cinq païens sont agenouillés devant deux colonnes à chapiteau qui supportent deux idoles d’or. A droite, quatre philosophes discutent en comptant leurs arguments sur les doigts.
LIVRE VIII. — fol. CCXXXVII (220). —H. 0”,089 X<0",091. — De la nature des démons. — Vignette assez abimée dans un même encadrement à fond mosaïqué bleu. Six païens à genoux semblent épouvantés par l'apparition de diables noirs qui voltigent audessus d’eux. Cinq philosophes, debout, à droite, discutent sur la nature des démons.
N° 9. PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MS. FRANG. 170-191, c. 1380