LIVRE XXI. —fol. 350. — H. 0",080X
— Enfer. — Sous terre, dans un gouffre, six damnés
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sont dans les flammes. Sur le sol, deux docteurs en LIVRE XXII — fol. 383 vw. — H. o",084 bleu et en rouge discutent. En haut, dans un ciel X<0",075. — Paradis. — Miniature assez semblable frangé d’or, le Seigneur et les saints se détachent sur à la précédente. En bas, des ressuscités, au centre les un fond d’or où l’on distingue, derrière, des anges deux docteurs, en haut, dans le ciel bleu, trois anges dessinés en traits noirs. Fond rouge à carreaux d'or. et trois saints.
LONDRES, BIBLIOTHÈQUE PARTICULIÈRE DE CHARLES BUTLER, ESQ., 3, CONNAUGT PLACE, W.
SAINT AuGusriN, LA CITÉ DE DIEU, EN FRANGAIS. Trapucrion Er Commenraes DE RAOUL DE PRAELLES.
M. Charles Butler, chez lequel le goût des belles choses s'allie à l’érudition la plus affable, nous a permis de pénétrer dans sa bibliothèque de Connaugt Place et d'examiner à notre aise l’exemplaire incomplet de la Cité de Dieu qui s’y trouve conservé. C’est celui qui formait le premier volume du lot 224 de la vente passée à Londres le 26 février 1900, lot qui fut adjugé au libraire J. Leighton'.
Description générale. — Un vol. gr. in-folio. Beau vélin. Dimension des ff. : H. 0°,425 <0",290. Justification : 0",275 <0",187. 2 colonnes avec 0,018 d'intervalle : 44 lignes.
Nous n’avons ici que le premier volume. Il contient les dix premiers livres précédés des prologues, de la table des chapitres et de l'extrait des Aétractations. Il comprend 3 ff. de garde de papier moderne, 332 ff. non numérotés et 3 ff. de garde comme ceux de tête. On voit la trace d’un numérotage ancien au bas de quelques pages qui ont été moins rognées que d’autres à la reliure. Le fol. 2 commence par
ces mots : « comme vous le savez »; le fol. 3 par : « voir entrepris de moi » et le fol. 322 par : « en telles manières racontées. »
Collation. — Cahiers de 8 feuillets, avec réclames.
Reliure. — Moderne, en velours vert, sans inscriptions.
Ecriture. — Réglée noire, l'écriture, en grande gothique, est superbe, très régu-
lière, de la même main et sans aucune défaillance d’un bout à l’autre. Titre courant en chiffres romains de couleur. Énoncé en rouge des livres, des chapitres et des expositions. Le manuscrit finit à la première colonne du fol. 332 v° par : « Cy fine le dixieme livre et commence le onzieme. »
Initiales. — 1] y à treize grandes initiales très richement enluminées et dorées, une en tête du discours de présentation, une au commencement du second prologue, une en tête de l'extrait des Aétractations et enfin une à la première ligne de chacun des dix livres du traité. Elles sont tracées en couleurs sur fond or et renferment dans leur intérieur un semis de petites fleurs multicolores. Elles sont toujours réunies à la bordure qui en forme le prolongement. Les petites, en tête des chapitres, sont en couleurs sur un treillis rouge et beaucoup plus simples que les grandes.
Bordures. — S'échappant de la lettre initiale et courant le long de la colonne pendant quelques centimètres, elles se composent d’un branchage léger qui se termine
1. Nous avons donné plus haut (Deser. n° 7), le texte du catalogue de cette vente et nous avons dit que le tome II de l'exemplaire dépareillé avait été acquis par M. Henry Yates Thompson.
252 LA CITÉ DE DIEU. [c. 1380] par des feuilles de lierre multicolores. Au fol. 1, la bordure encadre les deux colonnes. C’est un montant bleu, rouge et or détachant de toutes parts des branches de lierre dorées et coloriées. En bas, entre quatre petits arbres jaunes en forme de champignons, on voit à gauche deux dragons et à droite un dragon à tête de femme que lutine un lièvre. Il n’y a ni armes, ni devise, ni emblème, ni numéro d'inscription. La bordure du fol. 5 v° est la même, mais sans arbre ni dragon.
Miniatures. — Au nombre de deux, elles sont comprises dans un encadrement bleu et or et rouge et or. Sur ce fond or, se détache un second encadrement qui est quadrilobé bleu, blanc et rouge. Les peintures, de petite dimension, présentent un aspect agréable et accusent le caractère de l’art français tel qu'il était pratiqué dans les ateliers de Paris à la fin du règne de Charles V, vers 1380. Les visages, ronds et püles, sont dessinés à la plume avec les yeux noirs et les coins de bouche un peu tombant. Les couleurs, presque exclusivement rouges et bleues, sont très vives, mais nullement choquantes. La composition est facile, mais sans beaucoup de mouvement. Les attitudes classiques, jointes à la douceur des expressions, dénotent un peu de banalité.
Voici la description de ces deux miniatures :
PROLOGUE. — fol. 1. — H. 0",080>x<0",080, — LIVRE I. — fol. 5 v. — H. 0",077 x 0",078.
Présentation du manuscrit. — Charles V, barbu, robe bleue, couronné d’or, est assis sur un siège aux montants dorés, au-dessous d’un dais en forme de cloche. Sa figure est plutôt grasse et ne rappelle pas le caractère traditionnel que nous remarquons dans d’autres manuscrits où il est si souvent, après 1395, figuré sous un aspect émacié et maladif. Il est assisté de sept personnages de sa cour, mais deux seulement nous présentent leurs visages. À genoux devant lui et nu-tête, Raoul de Praelles, vêtu de bleu, lui offre le manuscrit recouvert de velours vert. Saint Augustin, en évêque,
— Culte des païens. — La scène se passe dans une chapelle d'art français, vue en coupe, construite en pierres rouges avec un toit en tuiles également rouges. Fenêtres grillagées. A gauche, sur un autel blanc, deux statues de divinités païennes. Devant, et par conséquent de profil, six païens à genoux apportent des offrandes, épis, raisins, agneaux. Ils sont vêtus de robes bleues et rouges. Figures rondes à l'aspect enfantin. Fond à fleurs bleues encadrées d’or. La tonalité générale de ces deux peintures est bleue et rouge.
crossé, mitré et nimbé, l’assiste, debout derrière lui. Sol vert; fond rouge à carrés d’or.
N° 1. PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MS. FRANC. 6271. c. 1382 Saint AuGusriN, La Crré ne Dieu.
Trapucrion er Commenraires De RAOUL DE PRAELLES.
Description générale. — Un vol. gr. in-fol. Vélin. Dimension des ff. : H. 0",400<0",282. Justification : 0°,290<0",195. 2 colonnes avec 0",022 d’intervalle; 55 lignes.
Il comprend 1 fol. blanc, 417 ff. numérotés et r fol. blanc. Mutilé en maints endroits, il ne commence qu'avec le chap. xvr du Liv. III. Les Liv. XIII et XIV font défaut ainsi qu’un grand nombre de chapitres au commencement de la plupart des livres. C’est dans le but évident d’enlever les miniatures que l’on a arraché presque tous les feuillets de tête. Nous verrons plus loin que celles qu’on a respectées ne sont qu'au nombre de six. Enfin, les neuf premiers chapitres du Liv. XX ont été reliés par erreur en tête du Liv. XXII et occupent les feuillets numérotés 389 à 394 v°, de
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telle sorte que l’on peut affirmer que la mutilation du manuscrit ne peut pas être postérieure à l’exécution de cette reliure qui date du xvm siècle et qui avait pour but de sauver ce qui restait de cet ouvrage. On peut aussi se rendre compte que ce manuscrit n’a jamais formé qu’un seul volume, car au fol. 206 v°, on trouve la fin du Liv. X, qui est immédiatement suivi par le onzième, sans aucune interruption. C’est donc un des rares exemplaires qui contienne tout le traité en un seul volume, la séparation en deux tomes ayant toujours lieu entre les Liv. X et XI.
Tel qu'il est, ce manuscrit commence au fol. 2 par ces mots : « pere publique » et au fol. 417 par : « En ce xxx° chapitre. »
Collation. — Les cahiers sont de 8 ff., avec réclames. Reliure. — Reliure du xvm' siècle, très endommagée, cartonnée et recouverte de
vélin blanc avec impression en noir de fleurs de lys sur les plats et sur le dos, sans titre. Elle ne semble pas française, mais plutôt due à un ouvrier flamand.
Écriture. — L'écriture, réglée rouge, est en bonne lettre ronde. Les en-tête des livres et des chapitres, ainsi que les explications du translateur, sont en rouge. Le titre courant est composé de chiffres romains alternés bleus et or.
Initiales. — Les grandes sont en bleu ou rouge sur fond d’or avec un dessin de fleurs multicolores. Les petites, en tête des chapitres, sont en or sur fond bleu et rouge.
Bordures. — Elles n'existent qu'au commencement des livres et se composent d’une grande branche, bleue, rouge et or, qui court le long des colonnes et dont s'échappe un joli feuillage de lierre très léger, avec des fleurs or, rouges et bleues.
Provenance. — Cet exemplaire a été exécuté pour le Duc de Berry, ou du moins lui a appartenu. En effet, au verso du fol. 417, nous voyons écrit : Ce livre est au duc de Berry, Jehan, avec le paraphe bien connu, mention qu'on retrouve sur la plupart des livres qu’a possédés cet incomparable amateur’.
Les catalogues de la Bibliothèque nationale et les ouvrages qui en découlent identifient notre Ms. 6271 avec un manuscrit décrit à l'inventaire du duc Jean, de 1401-1403’, dans un article ainsi conçu : 1060. Item, un livre appelé le premier livre de Aurelie Augustin, de la Cité de Dieu, ystorié au commencement tres richement; couvert de cuir vermeil empraint, garni de quatre fermouers de lecton; et sur chacune ays a cinq gros clos a boillons. (Datum capelle Bicturicensi, ut in compoto dicti Robineti constat).
Or, nous venons de voir que le Ms. 6271 n'avait jamais formé qu’un seul et même tome et qu'il avait été historié dans toute l’étendue du volume, en tête de chaque livre.
Par conséquent, nous ne croyons pas que cet article 1060 puisse se rapporter à notre manuscrit”.
Le Duc de Berry possédait, comme on le sait, dans sa riche librairie, six exemplaires de la Cité de Dieu : celui dont nous venons de parler‘, trois autres en 2 tomes”, un cinquième, rendu à Pierre Le Fruittier, dit Salmon, secrétaire du Duc’, et enfin un dernier dont nous donnons la description d’après l’inventaire? : 927, Jtem, un
. Par exemple, dans le Ms. fr. 380 de la Bibl. Nat., Roman de la Rose.
. Ms. franc. 11496 de la Bibl. Nat.
M. J. Guirrrey, /nventaires de Jean, Duc de Berry, tom. I, p. CLXVII, n° 30.
. M. J. Guirrney, idem, tom. Il, p. 134, art. 1060.
M. J. Guirrrey, idem, tom. I, p. 227, art. 864; p. 247, art. 942; et p. 335, art. 1247. . M. J. Guirrrey, idem, tom. I, p. 255, art. 964.
+ M. J. Gurrrney, idem, tom. I, p. 241, art. 927.