‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 256 sur 354 · NOR WE · texte numérisé non relu

NOR WE

254 LA CITÉ DE DIEU. [c. 138] livre de la Cité de Dieu, escript en françoys, de lettre raonde, et au commencement du second fueillet a escript : plusieurs ont usurpé, tres richement historié au commencement et en plusieurs lieux; couvert de veluiau vermeil et fermant a quatre fermouers d'argent dorez, en chascun un tixu de soye bleue et sur chascune aïz a V clos roons d'argent dorez. [S G. n° 495; prisé IF liv. L.].

Il nous semble bien que cet article des inventaires est le seul dont la description s'applique à notre manuscrit : un seul volume; lettres de ronde; historié en plusieurs endroits".

Baillé à la Duchesse de Bourbonnais*?, Marie, fille du Duc de Berry, il dut prendre rang dans la bibliothèque de Moulins, mais il n’est pas entré à la Librairie Royale en même temps que les livres confisqués au connétable de Bourbon, en 1593, par François I“. Distrait probablement avant cette date, il passa dans les Flandres et n’arriva à la Bibliothèque Royale qu'au xvr‘ siècle, mutilé et recouvert de la disgracieuse reliure actuelle.

Miniatures. — Les six miniatures, qui ont échappé à l’œuvre de vandalisme que nous avons signalée, sont d’un art très inférieur. Aussi nous sommes-nous abstenu d’en faire faire une reproduction. Les physionomies sont sans expression, les gestes raides manquent d’aisance et de naturel. Le dessin est gauche et mal assuré, les couleurs sont plates et sans dégradé, la composition est rudimentaire. Le peintre commence par dessiner son sujet, puis il le colorie, et ensuite il renforce les visages et les plis des vêtements par un trait de pinceau noir ou brun. On retrouve le désir impuissant de représenter des visages jeunes, des têtes penchées aux cheveux ondulés et bouclés et des attitudes un peu maniérées qui étaient en faveur à l’école des miniaturistes employés par Charles V.

Cette illustration est l’œuvre, non d’un artiste, mais d’un praticien qui travaillait probablement dans un atelier de Paris vers 1482 et dont le talent était bien indigne d'attirer les regards du Duc de Berry. Qu'il y a loin de ce barbouillage à l’art des André Beauneveu, des Jacquemart de Hesdin, des Melchior Broederlam, des frères Limbourg, etc., qui furent postérieurement employés par le noble Duc à décorer tant de beaux manuscrits!

Un point doit cependant fixer notre attention. Ce volume constitue, par le choix des sujets traités, le prototype de plusieurs manuscrits que nous ferons défiler devant les yeux du lecteur et que nous avons groupés dans le tableau analogique de la Famille n° 2.

Voici la description des six peintures subsistant dans ce manuscrit :

LIVRE VI. — fol. 97 v°. — H. 0",085<0",085, — Les Idoles. — Encadrement bleu, blanc, rouge quadrilobé, inséré lui-même dans un rectangle plaqué d'or. Dans une chapelle à colonnes et à parois mosaiquées se dresse un autel supportant les statues d’or de trois divinités païennes. Au premier plan, deux docteurs, en bleu et en gris, assis, avec des assistants derrière eux, discutent sur la nature des dieux. Ce sont Varron et Apulée.

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