LIVRE X. — fol. 242. — H
— Le vrai Dieu. — Miniature à 2 compartiments.
a) Un philosophe néo-platonicien, Porphyre probablement, est assis dans une chaire. Un pupitre chargé de manuscrits est à sa portée. Il est assailli par des diables. à) Un ange blanc, avec une dalmatique rose et des ailes vertes et rouges, montre à un homme agenouillé, vêtu de bleu, le Père Éternel, en buste, dans les nuées, entouré de la troupe rouge des Chérubins. Arbre sur un monticule; sol vert; ciel bleu.
IN 49° PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MSS. FRANC. 23 et 24. c. 1390 Saixr AucusriN, LA Cité pe Dieu.
Trapucrion Er COMMENTAIRES DE RAOUL DE PRAELLES.
VOIR PLANCHE XVII, « et b.
Description générale. — 2 vol. in-fol. Très beau vélin. Dimension des ff. :
H. 0",470 < 0",340. Justification valle. 51 lignes.
: 0",310 x 0",217. 2 colonnes, avec 0",025 d’inter- ? ? ’ ?
Le Ms. 23 contient les dix premiers livres du traité et comprend 2 ff. blancs, 294 numérotés et 2 blancs. Le fol. 2 commence par ces mots : « a present nomme » et le 294° : « j'ay promis ou premier ».
Le Ms. 24 contient les douze derniers livres et comprend 2 ff. blancs, 288 numérotés, dont le dernier blanc, et 2 blancs. Le fol. 2 commence par ces mots: « saincte cité » etle 287° (dernier rempli) : « [vac]querons nous et l’entendrons ».
Collation. — Cahiers de 8 ff., avec réclames.
Reliure. — Maroquin rouge aux armes de Colbert sur les plats avec 3 filets et à son chiffre couronné sur le dos. Titre : Cité | DE Dev | Tome I. /dem. : Tome II.
Écriture. — Réglée noire, en lettres de forme, très belle et très régulière. Titre courant en bleu. Au tome I, on lit (fol. 1) : Codex Colb. 265 et Regius 6715.2 et à la fin, en rouge : « Cy finent les rebriches et commence lonzième livre » et, plus bas, en rouge : « Prologue du ». Cette disposition fait penser que, primitivement, le traité ne formait qu'un volume et que le copiste n'avait pas fait la séparation d'usage entre le X° et le XI: livre. Au tome II (fol. 1) : Codex Colb. 266 et Regius 6715.8 et à la fin en rouge la mention habituelle de la date de la traduction. Un trait rouge souligne le nom des auteurs et leurs citations. La table des chapitres, avec bouts de lignes bleus et or, précède chacun des livres et les en-têtes des chapitres et des livres sont inscrits en rouge.
Nous trouvons une indication intéressante au bas du fol. 288 du tome IT, qui servait de garde : Ce livre fu a Jehan Marcel et la achesté de maistre Estienne Gaultier et luy couste en premier achat quatre vins et dix sallus d’or et la donné a cest hostel. Signé plus bas: Xeryel.
278 LA CITÉ DE DIEU. [c. 1390]
Tnitiales. — Les grandes sont en rose sur fond bleu ou réciproquement. Leur intérieur est rempli de petites feuilles de lierre sur fond or. Les petites en couleur et en or, en tête des chapitres, se détachent sur un réseau de traits noirs ou rouges.
Bordures. — Elles n'existent qu’au commencement des livres et sont formées d’un montant bleu et rouge d’où s’échappent des brindilles de lierre multicolores. Au commencement des deux volumes, celles qui entourent les deux grandes miniatures sont décorées dans le même style, mais plus riches et plus brillantes.
Provenance. — La mention du fol. 288, que nous avons citée plus haut, ainsi que les recherches de M. Léopold Delisle' et de M. Ch. Richard* nous permettent de donner quelques renseignements sur les origines de ce manuscrit.
Il avait été exécuté, vers 1390, pour un personnage dont le nom est resté inconnu. Il passa entre les mains d’Estienne Gaultier‘, qui parait avoir eu des manuscrits en sa possession, quelques débris peut-être de la collection de Jehan, duc de Berry. Il le vendit, au prix de 90 saluts d’or”, à Jehan Marcel, riche changeur de Rouen, qui en fit don à l’hôtel de ville. Ce n’était pas le premier témoignage d’affection et de dévouement de ce personnage. En 1449, lorsque Rouen sortit ruinée des mains des Anglais, ce fut lui qui préta aux échevins la somme de trois cents saluts d’or pour leurs besoins les plus pressants. Ce fut encore Jehan Marcel qui, en 1454, lorsqu'on représenta, sur le Marché-aux-Veaux, où il demeurait, le Mystère de sainte Catherine, ouvrit son hôtel aux officiers de la ville, afin qu'ils pussent jouir à leur aise de ce curieux spectacle. Enfin, et ceci est plus significatif, nous le retrouvons plus tard envoyant de Paris, où il était venu s'établir, un autre livre comme souvenir de son attachement à la Bibliothèque des Échevins®.
L'époque à laquelle Jehan Marcel avait donné à la ville le manuscrit de la Cité de Dieu est suffisamment indiquée par la stipulation en saluts d’or qui nous permet de fixer avec certitude la date de ce don entre les années 1420 et 1449. Le nom anglais de Keryel ne peut aussi se placer qu'entre ces deux dates qui marquent le commencement et la fin de la domination anglaise à Rouen.
Notre exemplaire ne quitta la Bibliothèque des Échevins que deux siècles plus