‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 305 sur 354 · M. Léororr Deusue, ébid., tom. I, p · texte numérisé non relu

M. Léororr Deusue, ébid., tom. I, p

286 LA CITÉ DE DIEU. [c. 1392]

Ces miniatures sont médiocres et d’un art très secondaire, probablement de la main d’un ouvrier appartenant à un atelier français, car la décoration générale et les types des personnages accusent la technique des artistes qui travaillaient pour la cour de Charles VI ou pour son entourage. Il date des environs de 1392.

Au point de vue des sujets traités, il appartient à la Famille n° 2 dont nous avons tracé le Tableau pp. 194 et 195. Dans les manuscrits de cette famille, les peintres ont montré quelques hésitations dans la représentation de la Théologie et de la Philosophie aux Liv. VIIT et IX, et les ont confondues. Les uns ont pris la Théologie dans le sens de Varron, c’est-à-dire l'étude de l’idée de divinité, et les autres l'ont envisagée sous la forme de la foi chrétienne et lui ont fait rendre hommage par le Pape et les hauts dignitaires de l'Eglise.

Notre présent manuscrit a été copié sur le Ms. Y. 390 de La Haye et sur le Ms. franc. 174 de la Bibl. Nat. dont il rappelle la technique et la disposition. Au Liv. XVIII, on aperçoit une scène des Prophètes au lieu de la Nativité et la miniature du Liv. XX est, dans les deux cas, une réduction de celle du Liv. XI. Remarquons enfin que le Ms. 174 a été exécuté pour Jean de Montaigu et que le Ms. 173

semble être l’œuvre d'artistes de la même école.

Voici la description des miniatures :

Toxe I. PRoLOGuE. fol. 1. — H. 0",090 ><0",087. — Présentation du manuscrit. — Le roi Charles V, barbu, couronné et vêtu de violet, est assis dans un fauteuil en bois jaune. Trois conseillers, en rouge, vert et bleu, se tiennent debout derrière lui. Il reçoit le manuscrit, recouvert de soie rouge, des mains de Raoul de Praelles, à genoux, nu-tête, devant lui, vêtu d’une robe bleue et d’un manteau rose à collet rouge. Sol vert avec des fleurs plus claires. Fond échiqueté à carreaux bleus, rouges et or.

LIVRE I. — fol. 5. — H. 0",231><0",205. — é céleste — Sur un fond d’or à dessins festonnés se détachent, aux quatre coins, les quatre Pères de l'Église latine, assis dans leurs chaires et écrivant leurs œuvres, saint Ambroise en rose, saint Grégoire en violet, saint Augustin en bleu et saint Jérôme en rouge, avec leurs attributs ecclésiastiques. Au milieu ressort une large auréole bleu sombre, au centre de laquelle on voit Dieu le Père, barbu, au nimbe crucifère d'or, robe rouge et manteau bleu doublé de vert, bénissant de la main droite et tenant le globe d’or de la main gauche. Il est assis sur une étoffe grise qui tapisse un vaste trône à dossier et à balustrade. Derrière lui, en éventail, la cohorte rouge vif des Chérubins dont on distingue les visages et les ailes. Devant le trône, un dallage noir et jaune. Fond échiqueté à carreaux bleus, rouges et or.

LIVRE II. — fol. 27. —H. 0",067><0",087. — Enlèvement des Sabines. — A gauche, Rome aux murailles roses avec toits rouges et verts. Deux habitants regardent du haut des créneaux. A droite, un Romain, en robe rose et cuirasse bleue, entraine vers la ville deux Sabines vêtues de bleu et de vert,

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