‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 31 sur 354 · DUT · texte numérisé non relu

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11. Entre temps, il avait été chargé de certaines affaires avec la cour de Rome. Nous en trouvons la trace à la Bibl, Nat. dans le Ms. franç. 4411, Registre de la Chambre des Comptes de Paris, fol. 209 : « Partes Privilegiorum impetra-

« torum seu Renovatorum per dominum summum Pontificem pro Regina, liberis, et caeteris eorumdem pro quibus

mourir entre 1325 et 1330. Il est probable que son décès eut lieu vers 1328, car les écoliers du collège de Praelles, après quelques contestations, prirent un arrangement en 1329 pour payer les obits de Raoul de Praelles, décédé à ce moment.

C’est lui qui fonda, de concert avec son intime ami Guy de Laon, chanoine de Laon et de Saint-Quentin et trésorier de la Sainte-Chapelle, le collège de Laon pour les boursiers des diocèses de Laon et de Soissons'. On voit par les actes que les deux fondateurs dirigeaient les deux classes qui n'avaient de commun que l'habitation. Mais des difficultés ne devaient pas tarder à surgir de cet état de choses et, en 1323, Guy de Laon et Raoul de Praelles, craignant de voir s'élever entre les écoliers des divers diocèses des contestations et des conflits, procédèrent au partage de leurs collèges, sous l'arbitrage de Thomas de Marfontaine.

Les écoliers de celui de Presles choisirent la partie la plus considérable de la maison, celle où était la chapelle, située devant l’église des Carmes, et laissèrent au collège de Laon la partie du côté du clos Bruneau ou Saint-Jean-de-Beauvais.

L'acte de séparation fut passé au Châtelet le lundi avant la Chandeleur, par Guy de Laon et Raoul de Praelles. C'était le 8 février 1324 (n. st.). On dédoubla l'établissement, qui forma dès lors deux collèges distincts, celui de Laon, où en 1324 il y avait neuf écoliers, et celui de Praelles ou de Soissons, dans lequel on comptait quatre religieux et onze écoliers. Ils étaient tous deux contigus et situés entre la rue du Clos-Bruneau, devenue rue Saint-Jean-de-Beauvais, et la rue des Carmes, alors appelée rue Saint-Hilaire, « inter vicum sancti Hilarii et vicum Clausi Brunelli°. »

Nous ne savons si l’on divisa aussi les livres, peut-être peu nombreux, jusquelà possédés en commun; mais il est certain qu'à la fin du x siècle le collège de Presles avait au moins un commencement de bibliothèque, puisque le duc Louis d'Orléans lui empruntait des volumes. On voit, en 1398, ce zélé bibliophile ordonner de payer aux écoliers de ce collège une somme de 10 francs « pour le prest et le « louage d’un livre en francois, nommé le Livre de la Cité de Dieu, qu'ils preterent « a monseigneur le Duc pour certain temps, pour y estudier et d’icelui faire sa « volonté’. » Il n’est pas étonnant que le collège de Presles ait été un des premiers à posséder un exemplaire de la traduction de l'ouvrage de saint Augustin, faite par Raoul III, fils naturel de son fondateur, comme nous le verrons plus loin.

Ainsi que les actes du temps nous l’ont montré, Raoul I" avait épousé Jeanne de Chastel, dame de Montglat, et, n'ayant pas eu d’enfants légitimes, il laissa à sa mort de grandes sommes d'argent en fondations pieuses.

Jeanne de Praelles ne mourut que beaucoup plus tard. Son testament fut passé devant deux notaires au Châtelet, le 5 septembre 1347‘. Elle désigna ses exécuteurs testamentaires et voulut être enterrée dans l’église paroissiale de Presles, auprès de son mari. L'inventaire de ses biens avec estimation pour le linge fut dressé à la

« magister Radulphus de Prailüs coepit et fecit impensas pro Rege quae capiuntur super Regem per computum Thesau- « riorum Regis ad S. Johannem, CCCXVIIT. » Suit la liste de ces privilèges.

1. Les lettres de fondation, émanées de Philippe le Bel, sont datées de Paris, du mois de janvier 1313 (v. st.) (Arch. nat, K. 183, liasse 3, n° 7).

2. CF. Aurrun Faaxkun, Les anciennes Bibliothèques de Paris, Paris, Imprimerie Impériale, 1863-1873, pp. 405 et 4ar. Ce collège, dans lequel fut massacré Pierre Ramus à la Saint-Barthélemy, porta le nom de Presles jusqu'à son absorption dans le collège Louis-le-Grand, en 1763.

3. Le Cowre pe Lasorpe, Les Ducs de Bourgogne, Paris, Plon, 1849-1852, tom. III, p. 166, art. 5859.

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