On voit par ce pa temps de Charles V elles ét
ge que ce n'est pas Charles VI qui a fait la réduction des fleurs de lis à trois, puisque du
aient déjà représentées ainsi concurremment avec les fleurs de lis sans nombre. Au Ms. français 22913 de la Biblioth. Nat. (Cité de Dieu) sur douze miniatures il ÿ en a huit qui portent les trois fleurs de lis et quatre qui nous montrent l'écu aux fleurs de lis sans nombre.
4. Montjoie, mons gaudiü, petits tertres sur lesquels s'élevaient des croix (Voir Paris et ses Historiens, pp. 140, 230 et planche).
5. M. Paul Meyer a déjà cité ce passage dans une note du Débat des hérauts d'armes de France et d'Angleterre, 1877 p. 132. La source de la légende n'a pas été découverte.
TRADUCTION DE RAOUÛUL DE PRAELLES. 65
« son eseu et feist metre en ce lieu les trois fleurs de lys, et en ycelle se combatist et il avroit « victoire contre le roy Caudat, le quel le revela a la reine Clovis, qui repairoit oudit hermitage « et apportoit souvent audit hermite sa recreacion, la quele les emporta et deffaça les croissans «et y mist les trois fleurs de lys, fu fondé un lieu de religieux qui fu et encore est appellé « l’abbaye de Joie en val’, en la quelle l'escu de ces armes a esté par lonc temps en reverence « de ce.
« Et si portez seul roy et singulierement l'oriflamme: en bataille, c’est assavoir un « glaive tout doré ou est atachiee une baniere vermeille la quelle vos devanciers et vous avez « acoustumé a venir querre et prendre en l’eglise de monseigneur saint Denis a grant sollempnité, « reverence et devocion si comme vous le savez. ‘
« Car premierement la procession vous vient a l'encontre jusques à l'issue du cloistre, et « après la procession sont atains les benois corps sains de monseigneur saint Denis et de ses com- « paignons* et mis sur l’autel en grant reverence, et aussi le corps saint monseigneur saint Loys, « et puis est mise ceste baniere ployee dessous les corporaux ou est consacré le corps de Nostre « Seigneur Jesus Christ le quel vous recevez dignement après la celebracion de la messe, si fait « celui au quel vous l'avez esleu a baillier comme au plus preudomme et au plus vaillant « chevalier.
« Et ce fait le baisiez en la bouche et li bailliez et la le tient entre ses mains par grant « reverence, afin que les barons assistens le puissent baisier comme relique et chose digne, et en « li baillant pour le porter li faites faire serement solempnel de la garder et porter en grande « reverence et a l’onneur de vous et de votre royaume.
« Ainsi le prist ce souverain protecteur et deffenseur singulier de l'Eglise monseigneur saint « Charles, jadis empereur et roy de France quant il ala a secours a l’empereur Constantin qui estoit « empereur de Constantinople, pour delivrer son pays des Sarrazins qui l'occupoient et aussi la « terre sainte de Jerusalem, et lequel empereur de Constantinople le manda par la vision‘ que il « avoit veue devant son lit qui fu tele selon les croniqueurs et anciennes hystoires.
« Cest assavoir que devant yceli empereur au piez de son lit il se apparu un chevalier armé « de toutes armes et monté à cheval tenant une hante toute doree du bout de la quelle hante « yssoit flambe a merveilles grande. Et comme il fust en grande perplexité de savoir quelle « signification c’estoit et que tele chose signifioit, un angle s'apparut a li qui li dist que celi qu'il « avoit veu cestoit celi qui deliverroit le pays des Sarrazins. Si cognut Constantin par ce qu'il « avoit veu que c’estoit le roi Charlemaine a present nommé monseigneur saint Charles, et tantost « le manda qui entendit le mandement et la vision, tantost ala à saint Denis, et prist la baniere « vermeille en tele reverence, comme vous m'avez oy raconter, mist la coronne sur l'autel, laissa « le royaume de France en la protection de monseigneur saint Denis, et, ceste baniere vermeille « ainsi reveremment prise et en tele devocion, se parti et ala à Constantinople et vainqui les Sar- « razins et en delivra le pays.
« Et en ceste reverence tant de la sainte vision comme de la noble victoire qu'il ot, l'ont aussi
1. Joie en Val. D'autres Manuscrits porte jode, qui sous la forme gode, rappelle la racine gaudium. L'abbaye de Joyenval, à deux lieues à l'ouest de Saint-Germain, appartenait à l'ordre des Prémontrés. ». Oriflamme. Raoul de Praelles ré
édite ce qu'il avait d
à relaté dans son opuseule intitulé : L'Oriflamme, en décrivant le cérémonial qui accompagnait la levée et la remise de cet étendard. La description de l'oriflamme et des cérémonies dont cette bannière était l'objet se retrouve près d'un siècle plus tard dans le Ms. 193 de la Bibl. Nat., Le Jardin des Nobles (Voir Guveserr ve Merz, Description de la Ville de Paris sous Charles VI, et Paris et ses Historiens, pp. 149 et 257, avec la représentation en couleurs).
Pour l'Oriflamme, consulter : Paris et ses Historiens, pp. 12 et 149. A la page 257, les éditeurs ont consacré un appendice à l'histoire de la célèbre bannière. Ils en ont reproduit trois types en couleurs, celui du vitrail de Chartres, celui d'un manuscrit des Célestins et celui d'un manuscrit de Froissart. C'est le type du manuscrit des Célestins,
dont le dessin nous a été conservé par Montfaucon et Gaignières, qui se voit au prologue des Manuscrits de la Cité de Dieu.