‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 73 sur 354 · Cu. 8 La Ronciène, op. cit., pp · texte numérisé non relu

Cu. 8 La Ronciène, op. cit., pp

3. Salé, 12 novembre 1631. « On commence à renouer icy le trafic discontinué depuis 15 ans qu'il y a que nostre paix fut rompue avec la France par le vol de la bibliotheque du roy du Maroc où estoit le manuscrit original des œuvres de saint Augustin, estimé tant par le prix des volumes que notamment des pierreries dont ils estoient enrichis, à 4 millions de livres, qu'avait emporté un renégat de la foy catolique et de la nation françoise en Espagne, qui le détient jusqu'à présent, quelque instance qu’on ait faite pour les ravoir, »

Belabech et prétendaient que, mort au Maroc, il avait sa sépulture à Goncet, entre les montagnes d’Atlas et de Maroc.

Que penser de toute cette histoire? En principe il n’y a rien d'impossible à ce que les Vandales se soient rendus maitres des manuscrits de saint Augustin au moment où, s’emparant de la ville d'Hippone, ils pillèrent la cité et peut-être la maison où le saint évêque venait de s’éteindre. Les livres auraient été emportés au Maroc et gardés avec soin et, comme leur auteur avait une grande réputation, il aurait été plus tard considéré, de la part des Barbaresques, comme un célèbre marabout. Mais il faut remarquer que, dans l'inventaire de charge de la Notre-Dame-de-la-Garde, il n’est fait mention que de livres mahométans, et que le rapport du Grand Inquisiteur est de nature à faire croire que les œuvres d'un Père de l'Église ne pouvaient figurer parmi ces Zvres exécrables.

En réalité, nous ne savons rien de précis, et les renseignements que nous possédons sur les dépôts littéraires du Maroc nous laissent à ce sujet dans une obscurité profonde. A l'heure où nous écrivons, le moment semble mal choisi pour y faire des recherches. Ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'en 1905, quand nous avons compulsé les manuscrits de la Cite de Dieu conservés à la Bibliothèque de l'Escorial, nous n’avons pas trouvé trace de manuscrits du v° siècle parmi ceux dont nous donnons la liste ci-après". Il y a bien à l’Escorial trois manuscrits très anciens de saint Augustin, entre autres le De baptismo contra Donatistas, mais ils sont des vi‘-vir siècles et n’ont aucun rapport avec l'ouvrage qui nous occupe”.

Enfin, il faut ajouter que l'incendie de 1671 a causé des pertes sensibles dans les collections du Château royal. La présence d’un exemplaire du De Civitate Dei en latin et en français, signalé antérieurement au désastre, n’a plus été constatée depuis*. Fautil penser que les manuscrits originaux auraient disparu dans cette malheureuse journée ?

Nous avons tenu à parler de ces légendes où il est possible que la vérité ait sa part. Avertis de l’existerce problématique de ces volumes, ceux qui plus tard pénétreront dans les mosquées du Maroc trouveront peut-être les parchemins sur lesquels le Père de l'Église a tracé de sa main le beau traité que nous étudions.

ABERDEEN (Écosse). — Collège royal. prend 160 ff. numérotés au crayon. Le Cod. 78 con- D°. 5. 38 : 1... 3. Augustinus de Civitate tient les neuf derniers livres et comprend 171 ff; Dei. h. 0",335><0",245. Vieille reliure en bois, doublée de

peau jaune avec boutons et fermoirs en laiton. Belle écriture à longues lignes d'une encre un peu rouge. Initiales assez grossières; arabesques et entrelacs rouges et jaunes, dont quelques-uns avec des animaux.

x1v°s.; parchemin.

Scmevk (H.), Bibliotheca Patrum latinorum britannica, I, mm, Wien, 1896, 3249.

ADMONT (Aurricur). — Bibliothèque du monas- Ce manuscrit date du xn s. et a été écrit sur velin tère de Bénédictins fondé au diocèse de très probablement à Admont même, On lit au bas du Salzbourg en Styrie, 1121. dernier fol. du tom. II cette mention : Hic Liber est

77 et 78. S. Augustini de Civitate Dei Libri Sancti Blasi de Admunt. XXII. Ce manuscrit est inscrit sur un vieux catalogue qui a été établi : , Re en 1380 par le père bibliothécaire Petrus de Arbona et qui se Le Cod. 77 contient les treize premiers livres et com- trouve encore aux Archives du couvent.

1. M. Rudolf Beer, de la Bibliothèque Impériale de Vienne, dont la compétence en ce qui concerne les bibliothèques d'Espagne est reconnue de tous, a bien voulu nous affirmer qu'il ne les y avait pas rencontrés,

2. Paurus Ewauo et Gusravus Lozwr, Exempla scripturae Visigoticae XL tabulis expressa.... Heidelbergae, 1883, in-fol. Tabula 1-3.

3. Renseignement que le bibliothécaire, le Père Guillermo Antolin, a bien voulu nous communiquer.

ALCOBAZA (Porrucar). — Bibliothèque du Monastère.

Page 1