‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 9 sur 354 · XVIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVIII AVANT-PROPOS

vanité habituelle de tous les collectionneurs, des princes et de grands seigneurs, comme Charles le Téméraire, son frère Antoine, Grand Bätard de Bourgogne, Jacques d’Armagnac, Tanneguy Du Châtel, Philippe de Comines, Louis de Bruges, Philippe de Clèves et quelques autres, pour ne citer que les plus notables, ont employé les mêmes artistes et ont cherché à s'attacher ceux qui s'étaient fait remarquer par un travail particulièrement réussi? Ne durent-ils pas se rencontrer dans leurs commandes et posséder chacun dans leurs collections des ouvrages des artistes les plus en vogue?

Nous sommes convaincu qu'en examinant les livres ayant appartenu à ce groupe d'amateurs, on trouverait des manuscrits de même art et de même main et qu’on pourrait suivre à travers les livres de bibliothèques différentes la trace d’un artiste employé tour à tour par ces bibliophiles avisés.

C'est ce que nous avons essayé de faire au cours de notre travail (voir pp. 405- 406), mais très sommairement, pour Maitre François, et nous pensons avoir discerné la main de cet artiste dans des ouvrages échelonnés sur une période d’une vingtaine d'années et destinés à des bibliophiles de marque tels que Charles de Gaucourt, Philippe de Comines, Jacques d’Armagnac, Antoine de Chourses et Tanneguy Du Châtel. Mais nous voudrions faire davantage (voir p. 376, note 3), et nous appliquer à une étude systématique des collections de ces bibliophiles, en groupant les œuvres de même facture et en les inscrivant sous le vocable de Maitre de tel ouvrage. Plus tard quelque document d'archives viendrait sans doute nous permettre d'attribuer une illustration à un peintre déterminé et nous aurions ainsi constitué une partie de son œuvre. Ces études de comparaison et de groupement nous semblent à l'heure actuelle

réaliser la meilleure méthode offerte à notre activité.

Il nous reste maintenant un devoir, mais un agréable devoir, à remplir : c’est celui d'adresser nos remerciements à tous ceux qui ont bien voulu prêter leur concours à l'élaboration de cette étude.

Tout d'abord à M. Léopold Delisle, qui nous a autorisé à faire usage des trois planches qu'il avait fait graver à propos du manuscrit de la Bibliothèque de Mäcon'. Le savant académicien a droit en outre à toute notre gratitude, puisque c’est lui qui, le premier, a soulevé les questions d’analogie que nous avons étudiées dans ce présent travail.

Nous devons aussi, et tout particulièrement, notre reconnaissance à notre

éminent collègue, M. Émile Picot, membre de l’Institut, qui nous a guidé dans nos

recherches bibliographiques, en nous assistant de ses précieux conseils et en voulant bien relire nos épreuves.

Nous remercions également M. Paul Delalain, ancien Président du Cercle de la

1. Parues dans : Origine de trois feuillets... Paris, Imprimerie Nationale, 1899, in-fol. et reproduites dans La Cité

de Dieu, de M. Léonce Lex, Paris, Picard, 1906, in-fol.

Page 1