AVANT-PROPOS XVII
française de Raoul de Praelles, complétée par les sources d’érudition qui ont donné lieu à ses Commentaires, donne la raison du nombre considérable de copies de ce livre renommé. Ainsi, c'est en faisant l'historique de l’ouvrage que nous avons pu déterminer la nature de l'inspiration qui a animé les artistes des xiv° et xv° siècles.
D’autres trouveront le format de cette publication encombrant et de trop d’importance. Nous les prions de considérer que les planches, qui contiennent souvent quantité de personnages, ont été réduites autant que possible et qu'au-dessous de cette mesure elles n'auraient pu conserver le degré de visibilité suffisant, Cette nécessité commandait donc le format in-folio. 11 nous aurait été possible, il est vrai, d'imprimer le texte en in-8° et d'y joindre un album de gravures, Mais cette disposition est incommode dans les bibliothèques publiques et même particulières, où le classement sépare le plus souvent les livres de format différent et amène des erreurs et des pertes de temps, regrettables pour les travailleurs. D'autre part, la Société des Bibliophiles françois se devait à elle-même de produire un livre qui, en respectant l'unité typographique et en n’employant qu'un papier capable de résister aux injures du temps, ne s’affranchisse pas des règles posées si judicieusement par nos anciens.
Parmi les planches que renferme le tome III de la publication, exécutées avec succès par M. Dujardin en héliogravure, par M. Berthaud en phototypie et par M. Fernique en zincogravure, on regrettera sans doute de ne pas trouver de planches en couleur. Nous avons fait copier, il est vrai, par un artiste de talent, M. Ernest Duval, la miniature du Liv. XII du Ms. fr. 19 de la Bibl. Nat. (Planche LIII), et ce patron est de tous points parfait. Mais, quand il s’est agi de le faire reproduire mécaniquement, nous avons rencontré tant d’imperfections dans la vivacité et le fondu des couleurs et surtout dans le brillant des ors, que nous avons renoncé à ce genre de gravures. Aussi bien, cette publication, tirée à petit nombre, n'est-elle destinée qu'à
des amateurs et à des érudits, dont les yeux, habitués à admirer des originaux,
n'auraient pas goûté une reproduction qui, dans l’état de la science industrielle, s oigne par trop du modèle.
Enfin on nous critiquera peut-être d’avoir trop insi
é sur les provenances et sur l'historique de certaines bibliothèques; mais on réfléchira que ces questions de bibliophilie ne pouvaient nous laisser indifférent et que, du reste, ces renseignements ont plus d'importance qu’on ne le suppose. Bien plus, nous pensons que la méthode comparative, que nous avons déjà préconisée, pourrait s’exercer avec profit à propos des Librairies formées par des amateurs ayant vécu à la même époque.
Prenons, par exemple, les grands bibliophiles du temps de Louis XI et de Charles VIIT et imaginons ce qui devait se passer quand ils avaient le désir de se constituer des exemplaires de choix de certains ouvrages. N'’est-il pas probable que, vivant dans la même société en rapports constants, possédant de grandes fortunes,
animés de la même passion pour les beaux livres et apportant dans leur rivalité la