‹ Les manuscrits de Léonard de VinciChapitre 13 sur 22 · ALLANT DE I493 A I494, COMPOSÉ DE 284 PAGES · texte numérisé non relu

ALLANT DE I493 A I494, COMPOSÉ DE 284 PAGES

l.a seconde pagination du manuscrit II finit au folio 94 (46 r.).

On la continue jusqu'à 95.

La troisième pagination commence au recto 95.

En 14OJ, 8 décejnbre, Léonard organise les fêtes pour les noces de Blanche-Marie Sforza avec l'empereur Maximilien ; à cette occasion, la fameuse statue équestre est exposée sur la place de Milan.

1494. Léonard se trouve à l'entrée de Charles VIII à Rome.

Il travaille à la décoration du château S/orza.

I et 2 r. et v.

Ecrit à Vigevano.

Conjugaison : verbe a m are.

Pour former un encastre, une écluse.

Fi)^ures indistincies, eau et sable.

Conjugaisons, latines.

A moiirdela vertu ( i ) . — La calandre (l'alouette), si on l'apporte en face d'un malade, qui va mourir, lui tourne le dos et ne le regarde jamais. Si le malade doit guérir, elle ne le perd pas de vue et elle est cause que sa maladie s'en va.

Ainsi, l'amour de la vertu se détourne d'une chose vile et triste et contemple les choses honnêtes et vertueuses. Elle a sa patrie dans les nobles cieux, à l'instar des oiseaux dans les vertes forêts, sur les branches fleuries; et cet amour se montre mieux dans l'adversité, comme la lumière qui brille d'autant plus qu'elle est dans les ténèbres.

(i) Quoique cette bestiaire symbolique soit en maieure partie tirée d'un ouvrage édité à Venise en 1474, elle reproduit les idées du moyen âge et on la trouverait mise en œuvre dans les sculptures du douzième et du treizième siècle. Peutêtre le Spéculum naturale de \'incent de Reauvais, lecteur de saint Louis, fournirait-il la plupart des traits bizarres et si amusants que le Maître a extrait de Fiore di vertu che traita vtlii huinani, et comme si dev: acqui&tare la virlie, réimprimé en 1 740, à Rome.

LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI lÔ^

Paix. — On dit que le castor poursuivi, sachant que c'est pour la vertu médicinale de ses testicules et ne pouvant fuir, s'arrête, puis après avoir fait la paix avec les chasseurs, il se détache avec ses dents tranchantes les testicules et les laisse à ses ennemis.

Colère. — On dit que l'ours, quand il va aux ruches prendre le miel et que les abeilles le lardent, il laisse le miel et, voulant se venger de toutes, il ne se venge d'aucune ; il enrage et se roulant à terre, exaspéré, il agite en vain ses pattes.

Envie. — On dit du milan que lorsqu'il voit dans le nid ses petits trop gras, il leur donne par envie des coups de bec aux côtés et les laisse sans manger.

AUéayresse. — L'allégresse est incarnée par le coq qui se réjouit de la moindre chose et chante avec des mouvements vifs et joyeux.

Tristesse. — La tristesse se compare au corbeau, qui, lorsqu'il voit ses enfants naître tout blancs, les quitte avec les plaintes d'une

l66 LES MANUSCRITS DE LEONARD DE VINCI

grande douleur et ne les alinaente pas tant qu'il ne leur voit pas quelques plumes noires.

Gratitude. — La reconnaissance est le propre des huppes. Elles reconnaissent le bienfait de la vie et des soins reçus en faisant un nid pour leurs vieux parents ; elles les couvent, les nourrissent, leur ôtent avec le bec les vieilles et mauvaises plumes, et, avec certaines herbes, leur rendent la vie et les' remettent en prospérité.

Avarice. — Le crapaud se nourrit de terre et reste toujours maigre, parce qu'il ne se rassasie pas, tant est grande sa crainte que la terre lui manque.

Ingratitude. — Les colombes, dès qu'elles sont en âge de se nourrir, commencent à combattre contre leur père et ce combat ne finit que lorsqu'ils l'ont chassé et ils prennent alors leur mère pour femelle.

Cruauté. — Le basilic est si cruel que lorsqu'il ne peut pas tuer les animaux par

son aspect empoisonné, il se tourne vers les herbes et les plantes, et, les fixant, il les dessèche.

Libéralité. — On dit de l'aigle, que quelle que soit sa taim, il laisse une partie de sa proie aux autres oiseaux : ceux-ci ne pouvant trouver de pâture pour eux-mêmes, font cortège à l'aigle, pour se nourrir.

Correction. — Quand le loup va autour de quelque étable et qu'il pose la patte à faux, de manière à faire du bruit, il se mord le pied pour se punir de sa maladresse.

Flatterie. — La sirène chante si suavement qu'elle endort les nautoniers, monte sur les navires et tue les marins endormis.

Prudence. — La fourmi, par conseil naturel, pourvoit l'cté à l'hiver en tuant les semences récoltées pour qu'elles ne germent pas ; elles s'en nourrissent au temps prévu.

Folie. — Le bœuf sauvage hait le rouge ; les chasseurs couvrent de rouge le pied d'un arbre, le bœuf fonce et y enfonce ses cornes et alors les chasseurs le tuent.

l68 LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

Justice. — Elle est représentée par le roi des abeilles qui ordonne et dispose tout avec raison. Certaines vont parmi les fleurs, d'autres travaillent, d'autres combattent avec les guêpes, d'autres enlèvent les ordures, d'autres accompagnent le roi et lui font cortège.

Quand il est vieux et sans ailes, elles le portent, et si aucune d'elles manque à son office, elle est punie sans rémission.

Vérité. — Bien que les perdrix se volent les œufs, l'une à l'autre, néanmoins les enfants nés de ces œufs, reviennent toujours à leurs vraies mères.

Fidélité. — Les grues sont si fidèles pour leur roi, que la nuit, quand il dort, quelquesunes sont autour du pré, pour regarder au loin, d'autres se tiennent toujours avec une pierre dans une patte, afin que si le sommeil les dominaient la pierre tombât, et, par son bruit, les réveilleraient. Il y en a d'autres qui dorment autour du roi, et, chaque nuit, elles se relayent, afin que rien ne manque au monarque.

Fausseté. — Le renard, quand il voit une troupe d'oiseaux ou de pies se jette à terre, de manière qu'avec la gueule ouverte il paraît mort ; les oiseaux viennent lui becqueter la langue et il leur prend la tête.

Mensonge. — La taupe a les yeux très petits et reste toujours sous terre. Elle vit tant qu'elle reste cachée et aussitôt qu'elle vient à la lumière elle meurt, parce qu'elle se fait connaître.

Ainsi du mensonge.

Vaillance. — Le lion n'a jamais peur, il combat avec un esprit hardi, en farouche adversaire, contre la multitude des chasseurs, cherchant toujours à atteindre le premier qui l'a attaqué.

Crainte. — Le lièvre tremble toujours et les feuilles qui tombent des arbres en automne le tiennent en perpétuelle terreur et le mettent en fuite.

Magnaniinitc. — Le faucon ne chasse que de gros oiseaux, il se laisserait mourir plutôt

que de se nourrir de petits ou de chair fétide. Vaine gloire. — On dit que le paon y est soumis plus qu'un autre animal, il contemple sans cesse la beauté de sa queue, l'élargissant en forme de roue, et il attire à lui, avec son cri, les animaux d'alentour. C'est le dernier vice qu'on puisse vaincre.

Constance. — Le phénix attendant sa rénovation par instinct, supporte les cuisantes flammes qui le consument pour sa renaissance.

Inconstance. — Le martinet est inconstant, toujours en mouvement pour ne pas supporter la plus petite gêne.

Tempérajice. — Le chameau, le plus luxurieux animal, irait à mille milles derrière une chamelle : mais s'il vivait continuellement avec sa mère ou ses sœurs, il ne les toucherait jamais, tant il sait se tempérer.

Intempérance. — La licorne ou unicorne ne sait pas vaincre son goût des donzelles et oublie sa férocité et sa sauvagerie, et sans soupçon va à la donzelle assise, s'endort en son giron et les chasseurs la capturent.

Humililé. — On en voit la plus grande expérience dans l'agneau qui se soumet à tout animal. Quand on le donne pour pâture aux lions captifs, ils se soumettent à ceux-ci comme à leur propre mère, de sorte qu'on a vu les lions ne pas vouloir les tuer.

Orgueil. — Le faucon veut surpasser les autres oiseaux de proie ; il veut être seul et maintes fois on la vu assaillir l'aigle, roi des oiseaux.

Abstinence. — L'âne sauvage, quand il va à la fontaine et qu'il trouve l'eau troublée, quelle que soit sa soif, il s'abstient de boire jusqu'à ce que l'eau s'éclaircisse.

Gourmandise. — Le vautour est si vorace qu'il irait à mille milles pour manger une charogne c'est pour cela qu'il suit les armées.

Chasteté. — La tourterelle ne fait jamais défaut à son compagnon et, si l'un meurt, l'autre observe une perpétuelle chasteté et ne se pose jamais sur une branche verte et ne boit jamais d'eau claire.

l'Ja LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

Luxure. — La chauve-souris, avec sa luxure effrénée, n'observe aucune loi naturelle ; le mâle avec le mâle, la femelle avec la femelle, ils pratiquent la copulation, comme ils se rencontrent, au hasard.

Modération. — L'hermine ne mange qu'une fois par jour, elle se laisse prendre par les chasseurs plutôt que de tacher en fuyant, sa gentillesse, dans la tanière fangeuse.

Aigle. — Quand il est vieux, il vole si haut qu'il brûle ses plumes : la nature consent à ce qu'elles se renouvellent en tombant dans un peu d'eau.

Si ses petits ne soutiennent pas la vue du soleil, il ne les nourrit pas. Qu'aucun oiseau qui tient à la vie, n'approche de son nid. Les animaux le craignent mais il ne leur nuit pas, il leur laisse les reliefs de sa chasse.

Linnerpa. — Celle-ci naît dans la grande Asie et brille si fort qu'elle enlève ses ombres. En mourant, elle conserve cet éclat et les plumes ne lui tombent jamais ; la plume qui se détache ne brille plus.

Pélicxn. — Il porte un grand amour à ses petits ; s'il les trouve tués dans le nid par un serpent il se pique mu cœur devant eux et, les mouillant avec une pluie de son sang, il les ramène à la vie.

Salamandre. — Elle affine dans le feu son écorce — Pour la vertu.

Elle n'a pas de membres nourriciers et ne prend pas souci d'autre aliment que le feu où elle renouvelle son écorce.

Caméléon. — Il vit d'air et est en proie aux oiseaux. Pour être sauf, il vole sur les nuages, et si haut, que nul oiseau ne peut le suivre.

A cette hauteur ne va que celui doué pour les cieux.

Alepe. — Poisson ; il ne vit pas hors de l'eau.

Autruche. — Pour les armées, nourriture des capitaines ; elle change en fer sa nourriture et couve les œufs avec la vue.

Cygne. — Blanc, sans aucune tache, il

chante suavement en mourant, et ce chant termine sa vie.

Cigogne. — Celle-ci se guérit en buvant de l'eau salée ; si elle trouve sa compagne en faute elle l'abandonne.

Quand elle est vieille, ses enfants la couvent et la nourrissent jusqu'à sa mort.

Cigale. — Son chant fait taire le coucou ; elle meurt dans l'huile et ressuscite dans le vinaigre ; elle chante par les étés ardents.

Chauve-souris. — Pour le vice qui ne peut rester où est la vertu ; celle-ci perd la vue, là où la lumière a le plus d'éclat et d'autant qu'elle regarde le soleil.

Perdrix. — Elle se transforme de femelle en mâle et oublie son premier sexe. Elle vole par envie les œufs aux autres et les couve, mais les petits suivent leur vraie mère.

Hirondelle. — Avec la Chélidoine elle rend la lumière à ses petits aveugles.

Huître pour la trahison. — Elle s'ouvre à la pleine lune, et le crabe lui jette une pierre

OU un fétu, elle ne peut se fermer et devient la pâture du crabe. Ainsi en soit-il pour la bouche qui livre un secret et se fait la proie de qui l'écoute.

Basilic. — Les serpents le fuient; la belette, au moyen de la rue, combat avec lui et le tue (la rue pour la vertu).

L'Aspic. — Il porte dans ses crochets la mort subite, et, pour ne pas entendre les enchantements, il se bouche les oreilles avec sa queue.

Dragon. — 11 lie les jambes à l'éléphant et celui-ci tombe sur lui. et l'un et l'autre meurent. (En mourant, il se venge).

Vipère. — Celle-ci, dans son coit, ouvre la bouche et à la fin serre les dents et tue le mari, puis ses petits grandissent dans son corps, déchirent son ventre et tuent leur mère.

Scorpion. — La salive crachée sur le scorpion, à Jeun, le tue.

A la ressemblance de l'abstinence, la gourmandise enlève et tue les malades qui dépendent de cette gourmandise.

Pages blanches.

La mémoire des bienfaits apprit l'ingratitude.

Reprends l'ami en secret et loue-le devant autrui.

Qui craint les périls ne périt pas par eux.

Ne pas être menteur pour le passé.

Crocodile. — Hypocrisie.

Il saisit l'homme, le tue et le pleure avec une voix lamentable et beaucoup de larmes. Ses lamentations finies, il le dévore.

Ainsi fait l'hypocrite qui, pour chaque chose légère, s'emplit le visage de larmes avec un cœur de tigre, il se réjouit du mal d'autrui et son visage est en pleurs.

Crapaud. — Il fuit la lumière du soleil. S'il y est maintenu par force, il se gonfle tant qu'il se cache la tête en bas et se prive de ses rayons,

Ainsi fait l'ennemi de la claire vertu qui ne peut se tenir devant elle, si on ne l'y force, avec un esprit gonflé.

Chenille. — De la vertu en général.

La chenille qui tisse autour d'elle, avec un art admirable et un subtil travail, sa nouvelle habitation, en sort avec des ailes peintes et belles et par elles s'élève vers le ciel.

Arai'onée. — L'araignée enfante la toile artistique et magistrale qui lui rend pour bénéfice la proie promise.

Aucune chose n'est plus à craindre que la mauvaise renommée.

La F'atigue fuit avec la Renommée dans ses bras, presque cachée.

Lion. — Cet animal éveille avec un cri tonnant ses petits, le troisième jour de leur naissance et leur apprend l'usage de leurs sens engourdis et les bêtes de la forêt s enfuient.

On peut les assimiler aux enfants de la

vertu qui s'éveillent au cri des louanges ; par leurs études ils croissent honorablement, s'élevant toujours davantage et les méchants fuient à ce cri, se retirant des vertueux.

Le lion encore couvre sa piste pour ne pas laisser d'indice de son passage à ses ennemis. Ceci s'adresse aux capitaines de celer les secrets de leur esprit, afin que l'ennemi ne connaisse pas leurs desseins.

Tarentule. — La morsure de la tarentule maintient 1 homme dans l'état où il était quand il fut mordu.

Duc et Chouette. — Ceux-ci châtient ceux qui s'escriment contre eux en les privant de

vie, ainsi l'a ordçnné la Nature, pour qu'ils se nourrissent.

U Eléphant . — Il est naturellement probe, prudent, équitable et observateur de la religion, ce qui est rare parmi les hommes.

Quand la lune se renouvelle, ils descendent au fleuve et se purifient solennellement et

s'y lavent ; ayant ainsi salué la planète, ils retournent aux forêts. Quand ils sont malades, se tenant à la renverse, ils jettent les herbes vers le ciel, comme s ils voulaient sacrifier.

Ils enterrent leurs dents quand elles tombent de vieillesse. De leurs défenses, une sert à arracher les racines pour se nourrir, ils conservent la pointe de l'autre pour combattre-

Quand ils sont vaincus et que la fatigue les accable, les éléphants frappent leurs dents et, s'étant enlevés celles-ci, se rachètent par elles.

Ils sont cléments et ils connaissent les périls.

S'ils trouvent l'homme seul et égaré, ils le remettent dans son chemin. S'ils aperçoivent les traces de pas humains, croyant à une embûche, ils s'arrêtent et soufflent et les montrent aux autres, puis ils se mettent en troupe et marchent avec prudence. Le plus âgé ouvre la marche, le second d'âge la ferme. Ils sont pudiques et ne s'accouplent que la nuit, en secret, et ne reviennent pas de leurs amours avant de s'être lavés dans le

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fleuve; ils ne se battent pas pour les femelles comme les autres animaux. Si cléments, que par instinct, ils ne font aucun mal aux plus faibles. S'ils rencontrent un troupeau de brebis, ils les écartent avec leur trompe pour ne pas les fouler. Ils ne nuisent jamais, si on ne les provoque. Quand l'un d'eux tombe dans un fossé, les autres remplissent le fossé avec des branches, de la terre et des pierres, de façon à élever le fond de manière à ce qu'il puisse sortir. Ils craignent le cri du porc; s'ils fuient, ils ne font pas moins mal aux leurs qu'aux ennemis avec leurs pieds ; ils aiment les fleuves et errent sur leurs bords ; leur grand poids les empêche de nager. Ils dévorent les pierres, les troncs d'arbres. Ils détestent les rats. Les mouches aiment leur odeur et se posent sur eux. ils froncent leur peau et les écrasent dans les plis.

Quand ils passent les fleuves, ils envoient leurs petits vers le bas de l'eau et restent, eux, en amont ; ainsi ils rompent le courant.

Le Dragon. — Ils vont de compagnie, se tressent en façon de racines et passent les

LES MANUSCRITS DK LEONARD DE VINCI ibl

marais la tête levée et nagent pour atteindre la meilleure pâture ; s'ils ne s'unissaient pas ainsi, ils se noiraient.

Serpent. — Très grand animal. Quand il voit quelque oiseau en l'air il aspire si fort que l'oiseau tombe dans sa gueule.

MarcusRegulus, consul de l'armée romaine, fut assailli, ainsi que son armée, par un semblable animal et pensa périr. Une machine murale le tua ; il avait 125 pieds, c'est-à-dire 64 brasses et demie, dépassant de la tête tous les végétaux d'une forêt.

Ce grand serpent s'enroule aux jambes de la vache et puis reste ainsi et la tête, jusqu'à la dessécher. De cette espèce, au temps de Claude, empereur, sur le mont Vatican, il en mourut un. On trouva dans son ventre un enfant entier, qu'il avait avalé.

L'Ochlis: (l'élan), est vaincu par le sommeil ; il naît aux îles Scandinaves : de la forme d'un cheval, le cou et les oreilles plus longs ; il paît

l'herbe tout droit, tellement ses lèvres sont longues qu'ainsi il la touche.

Il a la jambe d'un seul morceau et pour dormir il s'appuie à un arbre ; les chasseurs scient l'arbre, il tombe et on le prend ; il n'y a pas d'autre moyen, car il est d'une incroyable vélocité à la course.

Bonase (bison). — Le bison naît en Péonie. Il a les crins du cheval et pour le reste ressemble au taureau, sauf que ses cornes sont placées en arrière et qu'il ne peut foncer. En fuyant, il jette de la fiente toutes les quatre cents brasses et, si on touche cette fiente, elle brûle comme du feu.

Les félins tiennent les ongles dans leurs gaines et ne les sortent que pour la chasse ou la défense.

Lionne. — Elle défend ses petits. Pour ne pas s'efFrayer des épieux, elle baisse les yeux à terre, afin qu'en sa fuite ses petits ne soient pas prisonniers.

Lion. — Ce terrible animal ne craint rien autant que le bruit des charrettes vides et le chant des coqs : leur crête aussi l'effraye.

Panthère, en Afrique.

Elle a la forme de la lionne, plus haute sur pattes, plus minces et longues, de robe blanche à rosettes noires : tous les animaux se plaisent à la voir, ils resteraient autour d'elle si son visage n'était pas si terrible.

Sachant cela, elle cache sa figure et les animaux d'alentour se rassurent et approchent pour mieux jouir de tant de beauté ; elle saisit le plus proche et le dévore.

Chayncaux. — Les Bactriens ont deux bosses, les arabes une. Ils sont rapides en bataille et résistants aux fardeaux. Cet animal, observateur de la règle et de la mesure, ne se lève pas s'il est trop chargé, et, si l'étape est trop longue, il s'arrête, et les marchands doivent camper là.

Le Tigre — naît en Hycarnie, semblable à la panthère par les diverses taches de sa peau. Il est d'une étonnante vélocité. Le chasseur, quand il trouve ses petits, les prend, en posant des miroirs dans le lieu d'où il part, et, sur un cheval rapide, il luit. Le tigre, en revenant, se regarde dans les miroirs posés à terre, et, s'y voyant, il lui paraît voir ses petits.

Grattant avec la patte, il découvre la tromperie, et, à l'odeur, il suit le chasseur. Celui-ci lâche un des petits et le tigre l'emporte et revient sur le chasseur jusqu'à ce que ce dernier monte en barque.

Catopleas. — Natif d'Ethiopie, près de Negrepont, le catopleas est un serpent moyen et paresseux, il a une tête si grosse qu'il la porte avec peine et la laisse pendre. Sans cette paresse il serait une peste pour l'homme, car, qui rencontre ses yeux, tombe mort.

De la province Arénaique, pas plus long que douze doigts, il porte sur la tête une tache blanche semblable à un diadème.

Comme le sifflement chasse tout serpent, par sa ressemblance de forme il ne se meut avec sinuosité, mais reste immobile.

On dit qu'un basilic mort du coup de lance d'un cavalier, le venin courant sur la lance, non le cavalier mais le cheval mourut. Il gâte les blés et non seulement ceux qu'il touche, mais là où il souffle, il sèche l'herbe et brise les pierres.

Dellclte. — Celle-ci, trouvant le repaire du basilic, le tue, avec l'odeur de son urine, odeur qui maintes fois la tue elle-même.

Céraste. — Us ont quatre petites cornes mobiles : pour se nourrir, ils se cachent sous les feuilles ; ils remuent alors leurs petites cornes qui semblent aux oiseaux de petits vers qui jouent : les oiseaux descendent pour les becqueter, et les cérastes les enveloppent et les dévorent.

Amphisbœna. — Il a deux têtes, dont une à la queue, comme s'il ne suffisait pas de lancer le venin d'un côté.

Saculum. — Il se tient sur les arbres, se lance comme un dard et tue les bêtes sauvages.

Aspic. — Sa morsure n'a pas de remède sinon de couper la partie mordue. Cet animal pestiférant adore sa compagne et ne la quitte jamais. Si l'un meurt, l'autre suit le meurtrier, et, si attentif, s'applique à la vengeance, qu'il vient à bout de toute difficulté.

Passant à travers une armée, il cherche à blesser son seul ennemi ; on ne l'cvite quen passant l'eau par une fuite rapide. Il a les yeux en dedans, de grandes oreilles, et l'ouie le guide plus que la vue.

l86 LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

Ichneumon. — Le mortel ennemi de l'aspic : il vit en Egypte. Quand il voit un aspic, il court se rouler dans la boue du Nil et se sèche au soleil, il se revêt ainsi de trois ou quatre couches de limon comme d'une cuirasse, ensuite il assaille l'aspic, lui saute à la gorge et l'étrangle.

Crocodile. — Il a quatre pieds, seul des animaux, il n'a pas de langue et mord par la mâchoire supérieure ; il atteint quarante pieds, il a des ongles et est vêtu d'écaillés, à l'épreuve de tout coup. Le jour, il reste à terre, il nage la nuit ; nourri de poissons, il s'endort sur la rive, la bouche ouverte.

Alors, le troglodyte, petit oiseau, saute entre ses dents et y becqueté ce qui est resté de nourriture, il le picote à son grand plaisir. Il s'endort, l'icheumon alors s'élance dans sa bouche et lui perce l'estomac et les intestins.

Du Dauphin. — La nature a donné aux animaux aussi bien l'instinct de ce qui leur

est favorable que de ce qui est défavorable à leur ennemi.

Le dauphin sait ce que vaut le tranchant des nageoires de son échine et que le ventre du crocodile est tendre. Quand ils combattent, il se glisse sous lui et lui fend le ventre.

Hippopotame. — Quand il se sent malade, il cherche une épine ou, à défaut, un débris tranchant de roseau, et frotte tant une veine qu'elle s'ouvre

Le sang de trop étant sorti, avec le limon il ferme la plaie. Il ressemble au cheval ; l'ongle fendu, la queue tordue, avec des dents de sanglier, le cou avec des crins. On peut tanner sa peau en la mouillant. Dans les champs, il entre à reculons afin de préparer sa fuite ; il a les yeux enfoncés, de grandes oreilles et se guide surtout par l'ouie.

Ibis. — Il ressemble à la cigogne ; malade, il emplit d'eau son jabot et se donne avec le bec un clyslcrc.

Cerf. — Quand il se sent mordu par laraignée, dite phallenge, il mange des écrevisses et se guérit.

l88 LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

Lézard. — Il mange du laiteron contre le venin des serpents.

Hirondelle. — Rend la vue à ses petits, avec le suc de la chelidoine.

Belette. — Mange de la rue avant de chasser les rats.

Sajiglier. — Celui-ci se guérit par le lierre.

Serpent. — Pour se renouveler, il quitte sa peau par la tête, en un jour et une nuit.

Panthère, — Elle combat les entrailles sorties elle se jette encore sur les chasseurs.

Caméléon. — Il prend la couleur de la chose où il se pose. II est souvent dévoré par les éléphants avec les feuilles où il se pose.

Corbeau. — Quand il a tué le caméléon, il se purge avec du laurier.

28 r. et V.

Archet de viole.

Autant sera, une fois l'an, l'eau qui monte

LES MANUSCRITS DE LEONARD DE VINCI lOQ

qu'est celle qui descend, dans les fleuves et dans l'air.

Ailes artificielles.

Cours des fleuves.

Eau des moulins.

Ondes de l'eau-

La luxure est cause de la génération.

La gourmandise maintient la vie La peur la prolonge.

Le dol est le salut de l'instrument.

FntrcLics cl palme tics.

Tout mal laisse du déplaisir dans le souvenir, sauf le mal suprême, la mort, qui abolit ce souvenir, en même temps que la vie.

tgO LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

Eau.

Vignes de Vigevano, 20 mars 1494.

Hydraulique.

F. Dynomaare : pour moi.

F'able.

Le lys se pose sur la rive du Tessin et le courant entraîne la rive en même temps que la fleur.

F. d'une tente.

45 et 46 Viole.

47 et 48 Choses portées par l'eau.

La modération réfrène tous les vices.

L'hermine préfère mourir que de se souiller.

Le coq ne chante pas, si, d'abord, il ne bat pas trois fois des ailes.

l.e perroquet, passant d'une branche à une autre, ne met pas le pied là où il n'a pas mis d'abord le bec

Le vœu naît de la mort de l'espérance.

Le mouvement suit le centre du poids.

Optique.

Un cciisson.

Fonds d'eau.

Fable.

L'huître déchargée en même temps que les autres poissons, au logis du pécheur, prie le rat de la conduire à la mer.

Le rat. qui veut la manger, lui fait ouvrir sa coquille et celle-ci le mordant, lui serre la tête et le retient ; la chatte vient et tue le rat.

Eau.

La nature a donné la souffrance aux âmes animales douées de mouvement pour la conservation des organes qui se pourraient diminuer ou gâter : les âmes végétatives sans mouvement n'ont pas à courir contre des objets opposés ; dès lors, la souffrance n'est pas nécessaire dans les plantes ; si on les brise, elles ne sentent pas de douleur comme, les animaux.

L'envie blesse avec une feinte infâme, c'est-à-dire en détractant, chose qui épouvante la vertu.

La bonne renommée vole et s'élève au ciel,

parce que les choses vertueuses sont amies de Dieu.

L'infamie doit se figurer sens dessus dessous ; toutes ses œuvres sont contraires à Dieu et se dirigent vers les enfers.

61 V. 62 Hydraulique.

11 y a une religieuse, à la Colombe, à Crémone, qui travaille bien les cordons de paille et aussi un frère de Saint-Provins.

Pourquoi les Hongrois portent la croix double ?

Hydraulique.

Le chardonneret donne le tithymale à ses petits en cage : la mort plutôt que de perdre la liberté.

Comptes de 1494.

Canal de Martesana.

Escaliers de la Sforzesca, en 1494

Eau.

Vaoîie architecliire.

De l'âme.

Le mouvement de la terre contre la terre foulant celle-ci, les parties frappées se meuvent peu.

L'eau frappée par l'eau fait des cercles autour du lieu frappé, à longue distance, la voix dans l'air va plus loin.

Dans le feu plus lumineux, l'esprit va dans tout l'univers, mais, parce qu'il est fini, il ne s'étend pas dans l'infini.

67 à 70 Eau,

Mécanique.

Optique. Eau.

71 à 73 Mécanique.

74 !■• Poids.

74 V. et 76

Eau.

L'eau qui sourd de la montagne est le sang qui la vivifie. Si une de ses veines s'ouvre sur ses flancs, la Nature qui aide ses vivants, empressée à réparer le manque de l'humidité écoulée, y abonde avec une curieuse course, de même qu'à l'endroit frappé chez l'homme. On voit alors, par ce secours, le sang se multiplier sous la peau en manière de dégonfle-

ment, pour assainir la plaie ; pareillement la vie étant tranchée à la cîme du mont, la nature envoie son humidité des plus basses racines au sommet de l'endroit ouvert, et cette humidité ne laisse pas l'endroit manquer de l'humidité vitale.

L'eau qui court près du fond, entre les rocs, sera plus lente que l'autre, à cause des percussions que font les courants.

L'air est d'azur par les ténèbres qu'il a audessus de lui, parce que noir et blanc fontazur.

Les mouvements violents s'affaiblissent à mesure qu'ils se séparent de leurs causes.-

Toi qui achètes l'eau à l'once, sache que tu peux fortement te tromper. En effet, si tu prends une once en eau morte et une once en eau courante, contre le trois de ton once, une once près de la surface, une prés du fond, une en travers du fil de l'eau.

Autant le mouvement naturel se sépare de sa course, autant il se fait plus rapide.

Eau — pavillon de Vigevano.

LES MANUSCRITS DE LEONARD DE VIN'Cl 197

Aucune surface ne se montrera parfaite si l'œil n'est pas également distant des extrémités.

81 à 85 et 86 r.

Tout paraît plus grand à minuit qu'à midi, et le matin qu'à midi.

La pupille du hibou est plus grande que celle de l'homme et il voit davantage que l'homme la nuit ; à midi, il ne voit rien, et la nuit il voit les choses plus grandes que de jour.

Mécanique et eau.

Le More avec les lunettes et l'Envie peinte avec la fausse infamie et la justice noire pour le More (i).

La partie du visage la plus voisine de l'œil paraîtra plus rapide que la plus haute : de là

(i) Que signifie la justice noire .-

les mouvements contraires, en apparence, des nuages.

Nous faisons notre vie avec la mort d'autrui.

En la chose morte reste une vie sensible qui rejointe aux estomacs des vivants, reprend une vie sensitive et intellectuelle.

Rappelle-toi, en commentant les eaux, d'attester d'abord l'expérience et puis la raison.

90 V. 91, 93 Hydraulique.

Moulins de Vigevano.

Glossaire latin.

Chiliarque : chef de mille.

Légion six milles 63.

Calculs.

L'hermine avec la fange.

Galéaz entre temps tranquille et fuite de fantôme.

L'or en barres s'affine dans le feu.

99 V. 100 F. informes et bribes de phrases.

D'une cause légère naît une grande ruine.

loi r.

Constance. — Ce n est pas ce qui commence mais ce qui persévère.

lOI

Eau.

102, lO"?

Tige d'arbalète.

Manque.

15 sept. 1494 Jules commença la serrure de mon cabinet de travail.

106 à 116 Mécanique.

F. Voiture couverte.

ii8 r.

Le mur tombe sur qui le sape.

Qui coupe la plante subit la chute.

Evite la mort au traître, afin que les autres châtiments au moins ne le réhabilitent pas.

Demande conseil à qui se dirige bien.

Qui ne punit pas le mal commande qu'il se fasse.

Qui prend la couleuvre par la queue est mordu.

La fosse s'écroule sur qui la creuse.

Qui ne refrène la volupté se ravale à l'animal.

On ne peut avoir ni moindre ni plus grande seigneurie que la seigneurie de soi-même.

Qui pense peu, se trompe beaucoup.

On s'oppose plus aisément au début qu'au dénouement.

Aucun conseil n'est plus loyal que celui qui se donne sur les navires en péril.

Il peut s'attendre au préjudice celui qui se guide par les conseils d'un jeune homme.

I 20, 122, 123 Machines.

Devis pour la décoration d'une salle :

La voussure 30.

Pour la gorge au-dessous, j'estime chaque panneau à 7 livres et en dépense, et tant pour azur que pierres, or, blanc de céruse, plâtre, indigo, colle 3 livres, en temps 3 journées.

Les histoires sous ces parois avec leurs pilastres, 12 livres.

J'estime la dépense pour émail, azur et or et autres couleurs à une livre 1/2.

J'estime les journées à 5 pour l'investigation de la composition, petit pilastre, et autres choses.

Item pour chaque petite voussure : 7 livres pour or et azur 3 livres et demi.

De temps : 4 journées.

Pour les fenêtres : i et demi.

La grande corniche : 6 sous de livre, la brasse.

Iteyji pour 24 histoires romaines : 14 liards l'une.

Les philosophes : 10 livres.

Les piliers.: une once d'azur 10 sous.

En or : 15 sous.

J'estime cet or et cet azur : 2 livres et demi.

Mécanique.

Grammaire latine.

127, 128 Tournants d'eau.

F. Voiture couverte à deux chevaux.

130, 131 Machines.

F. Cheval harnaché.

Grammaire latine.

Dessins.

(1) En 1^9^, Léonard peint au château Sforza et dirige la décoration de plusieurs salles.

En 1497, il avait fini la décoration de la salle des Asses.

Ecrit en 1497, composé de deux carnets 10-72, l'un de 182, l'autre de 96 folios.

Dixième volume d'Arconati, cahiers de i6 feuillets numérotés de i à 48, puis de 2 à çi, en tout 141 feuillets.

La couverture ne porte rien de la main de Léonard.

En 1497, Léonard a terminé la décoration de la salle des ASSES, au château de Milan.

I à 1 2 r Géométrie et mathématique, intérêl nul.

Toutes les branches des arbres, à chaque degré de leur hauteur, sont égales à la grosseur de leur tronc.

Toutes les ramifications des eaux, à chaque degré de leur longueur, étant d'égal mouvement, sont égales à la grosseur de leur principe.

I 3 r. et V.

Mathématique.

Conduits d'eau.

Si quelqu'un descend, de marche en marche, en faisant un saut de l'une à l'autre, et que tu additionnes toutes les puissances de percussion et de poids de tels sauts, tu trouveras qu'elles sont égales à la totalité de la percussion et du poids que donnerait cet homme s'il tombait perpendiculairement, la tête en bas, de la hauteur dudit escalier.

Qui n'estime pas la vie ne la mérite pas.

Mathématiques.

La nature est pleine d'infinies raisons qui ne furent jamais dans l'expérience

Variations de la pupille.

Pivots.

Vis hydrauliques, poids.

Pour forer le cristal.

24 r. et V. 25 r.

Formes héraldiques tirées des feuilles et des coquilles, recherches ■pour des formes d'écus.

Mécanique.

L'empreinte de l'ombre d'un corps quelconque, de pi-osseur uniforme, ne sera jamais semblable au corps d'où elle naît.

Conjugaison latine :

Sum.

Eram. — Manière de noyer le château de Milan.

Fui.

Fueram.

Efo.

Ajnare, docere, légère.

Toutes les choses cachées en hiver, sous la neige, resteront découvertes et manifestes en été.

Dit pour le mensonge qui ne peut rester occulte.

Déclinaisons latines, pronoms (i).

41 r. et V. 42, 43, 45 Mouvement.

Etudes de canalisation.

(i) Ludovic Sforra était grand latiniste, Léonard ne savait pas le latin.

Les couleurs obscures des montagnes, à grande distance, prennent un azur plus beau et plus simple que leurs parties lumineuses : quand le rocher de la montagne rougit, ses parties lumineuses sont liées, et plus elle sera éclairée, plus elle se fera de sa propre couleur.

Les actes pour les peintures s^'observent bien parmi les joueurs de balle, de paume ou de mail, quand ils luttent ensemble, mieux qu'en aucun autre lieu ou acte.

Autant l'objet s'approche de l'œil, autant il paraît de plus grand angle ; le reflet fait le contraire; autant on le mesure, près de l'œil autant il diminue.

L'abeille se peut assimiler à la fraude, elle a le miel à la bouche et le venin au cul.

Habit de carnaval.

Glossaire latin italien.

Quelle est la chose très désirée des hommes qu on ne connaît plus dès qu'on la possède ? Le sommeil.

Un chien sonnant une cloche.

Pour sonner les cloches.

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