‹ Les manuscrits de Léonard de VinciChapitre 12 sur 22 · DE 126 PAGE (21-14) DATÉ DE I · texte numérisé non relu

DE 126 PAGE (21-14) DATÉ DE I

Léonard s'occufait du tiburio du dôme de Milan, de la décoration du palais Sjorza, du Cenacolo et de la statue équestre de François Sforza : son académie pouvait avoir déjà huit ans d'existence.

Ce manuscrit, quatrième livre de la donation d'Arconati, troisième de l'évéque Bonsignori et A. de Venturi, est in-4° décrit ainsi par Ravaisson « il est composé de cahiers assemblés par i6 feuillets et relié en velin blanc, en forme de portefeuille, avec un petit fermoir aussi en velin blanc. Sur la couverture, un A écrit par Venturi et répété à l'intérieur sur page blanche accolée à la couverture. D'après la donation de lôjy, ce manuscrit avait 144 feuillets, il eti manque ^ i, le fcxiillet S4 a été arraché. La pagination est de la main du maître.

En 14Q0 Léonard s'occupe encore du tiburio, i7 dirige la décoralHon de plusieurs salles au palais Sforza.

Recette pour préparer les panneaux pour la peinture.

Optique. — Le soleil, en pénétrant dans la maison par la fenêtre ab, agrandit la fenêtre et rapetisse l'ombre de l'homme ; de sorte que celui-ci approchant cette pénombre de l'ombre qui porte la dimension réelle de la baie, il verra les ombres perdues et confuses, par la puissance de la lumière s'opposer au passage des rayons solaires...

[La lumière diffuse, réduit l'ombre de l'homme placé devant la fenêtre].

Pour reproduire un nu, au naturel ou autre chose, tenir en main un fil à plomb, pour saisir la rencontre des lignes.

Mesure et division de la statue.

Divise la tête en 12 parties et chacune en degré, et chaque degré en 12 points et chaque point en 12 minutes, et chaque minute en seconde, et chaque seconde en demi seconde.

Degré — minute — point — seconde — demie seconde.

Trois théorèmes de poyideribus.

Tout mouvement est ou naturel, ou violent, ou naturel-violent, c'est-à-dire mixte, comme on le voit clans le plateau de la balance qui s'abaisse.

Mode de } cprcscnler un relief, la nuit. — Mets un papier, pas trop transparent entre l'objet et la lumière et tu auras une bonne silhouette.

Paroi de verre. — La perspective n'est rien autre que de voir un objet qui se trouve derrière un verre lisse et transparent où se reflète tout ce qui se trouve derrière le verre ; tout se rend au point de l'œil par diverses pyramides et ces pyramides se coupent sur le verre.

Figures d optique.

L'amplification du corps lumincu.x vient de l'air traversé.

I-e corps oiubreu.w vu par la ligne d'incidence, ne picscnlcra à l'tcil aucune partie saillante. Lxemple : [fiourc démonstrative).

Il6 LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

Théorème sur la qualité de la lumière.

Tout corps remplit l'air ambiant de sa ressemblance qui est toute dans toute et toute dans la partie.

L'air est plein de lignes droites rayonnantes qui s'entrecroisent et se mêlent, sans que l'une occupe la place de l'autre, ces lignes représentent pour un objet quelconque, la vraie forme de sa cause.

Quatre théorèmes de pesanteur.

Dessin : un gentil profil au trait dans un cercle., un arc coupe du bout du nez en passant par le creux de l'oreille : recherche sur la division de la tête en segments, comme ailleurs on trouvera une tentative de division en carrés.

La peinture est fondée sur la perspective qui nest que l'art de bien figurer l'office de l'œil, c'est-à-dire la ressemblance des objets telle qu'elle parvient à l'œil.

Cet art consiste à prendre par pyramides, les formes et les couleurs des objets contemplés. Je dis par pyramide, car il n'y a pas

d'objet si petit qui ne soit plus grand que la rétine où aboutissent ces pyramides ; donc, si tu prends les lignes aux extrémités de chaque corps et que tu les continues jusqu'à un point unique elles affecteront le sens pyramidal [plusieurs reynaniements de la définition).

[.a perspective est une raison démonstrative par laquelle l'expérience confirme que tout objet envoie à l'œil sa propre ressemblance par lignes pyramidales.

Et les corps d'égale grandeur feront un angle plus ou moins grand à leur pyramide, selon la distance existante entre eux.

Le point, indivisible par sa petitesse, est l'endroit où convergent toutes les pointes des pyramides.

Les forces séparées n'agissent pas toutes en môme temps et au même oirice.

— Cette vertu et cette autorité qui résulte de l'union.

— He petits bruits simultanés s'entendent de plus loin que perçus séparément.

Des forces et de leur union.

Il8 LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

Des supports. — Un grand nombre de petits supports soutiendront un plus grand poids par leur réunion que chacun pris séparément.

Des lumières. — La réunion de petits corps lumineux augmentera la puissance de chacun d'eux. Pose des lumignons sur une ligne droite et mets-toi en face, aune certaine distance ; si tu observes la qualité de la lumière produite par ces lumignons et que tu les réunisses, tu verras l'endroit où tu t'étais placé, mieux éclairé que d'abord.

On sait que les étoiles ont une clarté pareille à celle de la lune ; réunies elles donneront plus de lumière que la lune, mais comme elles sont dispersées, même avec un ciel serein et étoile, notre partie du monde reste obscure, si la lune n'est pas dans notre hémisphère.

Supporîs. — Deux colonnes séparées qui peuvent porter chacune loo livres, réunies en supporteront 300.

De la pression du poids. — Un support étant chargé debout d'un poids équidistant à son centre ne peut ni se tordre ni se rompre mais seulement s'enfoncer, mais si le poids porte davantage sur une partie, le support se ploiera du côté le plus pressé par la charge.

LBS MANISCRITS DE LEONARD DE VINCI IIQ

La réunion de petits corps pesants produit un plus grand poids que celui qu'ils ont chacun séparément : pèse de la rapure de plomb ou de verre pilé, fonds-la ensuite, tu verras que le poids a augmenté.

Des coups sur une feuille de plomb.

De la juite. — Si une arbalète d'une livre lance la flèche à loo brasses, une arbalète de 10 livres ne lancera pas la sienne à mille brasses. 11 en est ainsi chaque fois qu'un mouvement violent en engendre un second, ce dernier étant fait par la chose que pousse cet instrument.

De la fuite. — La pierre jetée avec iurie changera la ligne de sa course à moitié chemin.

Autres théorèmes sur les coups de marteau.

Encore du coup sur une verge de plomb avec un marteau de poids détermine.

Figure d'une vis à levier.

La fuite est causée par le mouvement, le mouvement naît de la force et la force du poids et du mouvement réunis.

Du -poids {irois théorèmes sur la balance). — Si une poutre porte mille livres, combien porteront quatre poutres placées l'une sur l'autre.

Si tu veux trouver la racine d'un nombre quelconque par voie de géométrie fais ainsi :

Pour carrer la surface d'un corps à surfaces planes, il te faut carrer les triangles et la chose sera faite.

Si tu veux mesurer une hauteur avec l'ombre du soleil, prends un bâton d'une brasse, plante-le et attends que le soleil double son ombre et aussitôt mesure l'ombre de la tour, et si elle est de loo brasses, la tour sera de 50, c'est une bonne règle.

Trois théorèmes de mensurations géométriques.

Le mouvement fait au tiers d'un bâton quelconque entrera trois fois dans le mouvement de la tête, et le mouvement du milieu entre deux fois dans celui de l'extrémité.

Le coup frappé sur un corps sonore se ressent dans tout le corps à chaque angle.

Si un objet dur frappe une matière également dure, la percussion tend à rebondir en arriére.

Des poids égaux, de force égale, mais de course inégale jettent a terre leur (jbjet.

Mention de? principes qu'on doit m. iccoidcr; c'est sur eux que j'ai basé ma perspective. Je demande que l'on m'accorde que les rayons

visuels et les rayons lumineux, tous les rayons passant par un air de subtilité uniforme arrivent en ligne droite de leur cause à l'objet ou percussion.

De la diminution des objets à diverses distances.— Perspective. L'objet petit, vu de près, et l'autre grand, vu de loin, paraîtront égaux de grandeur, vus sous un angle égal.

Perspective. — Je demande combien l'œil peut parcourir de distance et voir un corps non lumineux comme une montagne : elle se verra mieux, si le soleil est au-delà, et sa distance apparente dépend de laplace du soleil dans le ciel.

Perspective du mouvement. — Deux choses de pareil mouvement, mais à une distance différente ne te paraîtront pas semblables ; et autant la première distance entre dans la seconde, autant la seconde chose te paraîtra plus lente que la première.

Théorèmes de poids et de mouvement. — Le concours des lignes pyramidales formées et

Les manuscrits de i.eonaku de vinci 12-?

causées par des objets et aboutissant à l'œil doit nécessairement se faire par des lignes droites.

De même que la pierre, jetée dans Teau, se fait centre et cause de divers cercles, et que le son dans l'air se répand en ondes circulaires, ainsi tout corps placé dans l'air lumineux se répand en mode circulaire et projette des reflets innombrables, dans la zone environnante et apparaît tout en tout, et tout en la moindre partie.

La perspective est cette méthode démonstrative où l'expérience affirme que tout objet envoie à l'œil son rellet par lignes pyramidales, c'est-à-dire par les lignes qui partent des extrémités superficielles des objets et aboutissent à un seul point, lequel est placé dans l'cicil, juge universel de tt)us les corps. Ce point étant si peut qu'on peut le dii'c indivisible; aucun objet ne sera perçu par 1(1:11 qui ne soit plus grand que ce point. Il faut donc que les lignes qui parlent de l'objet finissent en pyramides.

(Démonstration que le point noir de la pupille ne contient pas la vertu visuelle).

[Théoréjnes de perspective).

Démonstration. Si tu regardes par un petit soupirail, tu apercevras lachoselaplus grande, entourée et limitée par les bords du soupirail : si tu bouches cette ouverture, ce que tu auras mis pour la boucher occupera toute la place de la grande chose.

Manière de diviser un cercle en beaucoup de parties égales.

Pour diviser un carré en huit faces.

Note sur les lunettes.

Triangles et cercles et carrés.

t.ES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI 12^

L'étendue de tout cercle contient 4 cercles égaux entre eux.

L'étendue de tout carré contient 4 carrés égaux.

Où il y a le plus de contact, se trouve la plus grande résistance et la vis à dents carrées parcourt plus d'espace que celle à dents triangulaires ; il est vrai que la vis à dents triangulaires obéit plus aisément, ayant moins de contact et partant plus de résistance.

i6r. — 16 V. — lyr. — 17 v. (Triangles et pentagones).

Chez les anciens auteurs, on ne trouve que deux noms d'angles autres que celui de droit "• l'aigu et l'obtus. Cela n'établit pas les degrés, comme ont fait les musiciens pour les voix humaines : voyant qu'il était nécessaire de trouver des noms dilïércnts pour la diversité des angles plus grands ou plus petits que le

i 20 LES MANUSCRitS DE LÉONARD DE VINCI

droit, j'ai figuré ci-dessus les degrés d'angles aigus et obtus.

En b seront les sommets de tous les angles obtus ; de même en b arriveront tous les angles aigus de l'arc de. Je partagerai les obtus en 12 degrés, je ferai de même pour les aigus et l'angle droit se trouvera au milieu.

Mesure d'une corde qui pend.

Il est possible de connaître avec l'oreille la distance d'un coup de tonnerre, en voyant son éclair, par la ressemblance de la voix avec l'écho.

Le coup frappé ressaute, en arrière, par un

angle égal à celui de la percussion.

L'oreille reçoit les voix diverses par des lignes droites, courbes et brisées et aucune torsion ne peut empêcher son office.

Tout corps incolore se colore, en entier ou en partie, de la couleur la plus proche car il

fait miroir. Et le corps qui se teinte en partie c'est le blanc, qui dans une partie éclairée en rouge paraît rouge.

Tout corps opaque sans couleur participe à la couleur qu'il a pour objet : ce qui arrive pour un mur blanc.

Si tu suis la rive d'un fleuve et que le soleil s'y réfléchisse, aussi longtemps que tu marcheras, le soleil semblera faire le chemin avec toi parce qu'il est tout en tout, et tout dans la partie.

Du froid.

Le froid a deux causes : l'absence de chaleur et le mouvement de l'air. Par lui-même l'air est froid et sec, et s'il est privé de vapeurs, il s'assimile volontiers la nature et la ressemblance des choses qu'il touche, c'est ainsi qu'en passant sur une chose odoriférante, comme du musc ou du soufre, il s'en imprègne aussitôt ; et encore, si on place dans l'air un corps lumineux, tout l'airenvironnant s'éclairçira.

Maintenant, pour revenir au froid, Je dis que comme les rayons réunis en un miroir concave dégagent une extrême chaleur, un grand nombre de soufflets, soufflant en un même point feraient un froid extrême.

Manière de mesurer la distance entre la surface de la terre et son centre.

Manière de savoir la vraie hauteur du soleil.

{Théorèmes sur le moiiverrient et le 'poids).

Contre le mouvement perpétuel.

Aucune chose inorganique ne se peut mouvoir par elle-même ; si elle se meut ce sera l'effet d'une force inégale, dans son temps, son mouvement ou son poids; et le tour du premier moteur ayant cessé, aussitôt le second cessera-

Comment le peintre doit se placer par rapport à la lumière avec son relief.

En quelque partie que se tienne le peintre il sera toujours bien, pourvu que l'œil soit entre la partie obscure et la partie lumineuse du corps qu'il s'agit de reproduire.

La lumière grande, élevée et modérée, est celle qui met le mieux en valeur les différentes parties des corps.

De l'erreur qui se commet dans le jugement des membres. — Le peintre qui aura les mains grossières les fera telles dans ses tableaux et cela arrivera pour tout autre membre, si une constante étude n'y veille. Envisage donc, peintre, ce qu'il y a de laid en ta personne et par l'étude veille à t'en garantir. Car si tu es bestial et sans esprit, tes figures te ressembleront, et semblablement ce que tu as de bon et de mauvais en toi se retrouvera clans tes figures.

Sur le cours des lleuves.

L'eau qui court à la surface ne se dclcurnc

pas de sa ligne directe, quoique les ondes inférieures aient un cours transversal.

Le courant supérieur qui confine à l'air a plus de force que l'opposition du courant inférieur ; on en voit la preuve dans les objets légers et flottants.

Admirable justice que la tienne, premier moteur. Tu n'as permis à aucune chose créée de manquer à l'ordre et aux qualités de ses effets nécessaires, puisque si une force doit pousser à 100 brasses une chose vaincue par elle, et que celle-ci en lui obéissant se trouve heurtée, tu as ordonné que la puissance .du choc déterminerait un nouveau mouvement qui par différents bonds, recouvrirait la totalité du parcours qu'elle devait faire.

(Sur le mouvement de l'eau).

(Sur la pression des liquides).

L'eau par sa pesanteur est le second élément entourant la terre ; et la partie de cette eau qui se trouvera hors de sa sphère s'efforcera d'y retourner. Plus elle s'élèvera au-dessus de sa situation d'élément circulaire, plus elle y redescendra vite. L'eau cherche les lieux bas où elle parvient sans obstacle ; ou bien elle s'élève en vapeurs, en brouillard et retombe en pluie, parce que les menues parties du brouillard s'assemblent et forment les gouttes. Suivant les différences d'élévation, il se produit divers effets savoir : eau, neige ou grêle. L'eau est combattue par le mouvement de l'air, elle s'y attache dans les corps où le froid a le plus d'action, elle prend facilement les odeurs et les saveurs.

{Pcti'/c fÎQurc sans beauté, sur les bombardes).

Tout corps qui se meut avec rapidité semble teinter son parcours de sa propre coloration. Lorsque l'éclair déchire les nues obscures, la rapidité de sa course serpentante fait ressembler tout son sillon à une couleuvre lumineuse.

De même, si tu donnes à un tison embrasé, un un mouvement giratoire, son parcours formera un cercle de feu. Ici l'impression devance le jugement.

Aussitôt que l'air s'éclaire, il se peuple d'images innombrables générées par les différents corps, couleurs, images, dont l'œil se fait le but et l'aimant.

(Sur le mouvement).

Balistique. — Si le boulet frappe une tour ronde l'air qui se trouve de l'autre côté résiste, et la tour s'ouvre par les flancs.

Si tu te trouves dans une barque sans un point d'appui en dehors d'elle, tu ne saurais la faire bouger. De même si tu es tout ramassé dans un sac, tu ne pourras changer de place, tandis que si tu tires un pied hors du sac et que tu t'en serves pour faire effort contre terre, tu avanceras.

Ainsi fait la flamme en voulant s'étendre dans la bombarde : quand cette flamme frappe et pousse l'air résistant elle est cause que la bombarde recule, la partie de la flamme que frappe l'air ne pouvant avoir ce subit passage fait efTort du côté opposé.

{Minuscules bonshommes en marge, démonsiratijs du centre de gravité che:^ V homme).

Celui qui est assis ne peut se lever sans le concours des bras, si la partie en avant du point d'appui ne porte pas davantage que celle en arrière du dit point.

Celui qui monte doit faii^e porter son poids en avant de son pied le plus élevé; donc l'homme portera toujours son poids dans le sens de son mouvement.

Celui qui court penche vers son but. il porte donc son pied en avant. Celui qui descend une pente a son équilibre dans les talons et celui qui la monte, en courant, dans la pointe. Celui qui court en j)laine va d'abord sur les talons et pui.s ?ur les pomles de.^ pieds.

Quand tu dessines les nus. fais-le en entier.

tu finiras ensuite le membre le meilleur et mets-le en pratique avec les autres : sinon tu t'habituerais à ne pas attacher les membres ensemble.

Se garder de tourner la tête du même côté que la poitrine et de faire aller le bras comme la jambe. Si la tête est tournée vers l'épaule droite, fais ses parties plus basses du côté gauche; si tu fais saillir la poitrine avec la tête tournée à gauche, que les parties du côté droit soient plus hautes.

Autant la partie de l'homme nu décroit du côté où il s'appuye, autant celle opposée augmente : mais le nombril et le membre viril ne changent jamais de hauteur.

L'abaissement vient de ce que la figure porte sur une jambe qui se tait centre de gravité, et ainsi le milieu des épaules correspond, en sortant de la ligne perpendiculaire qui s'infléchit sur le cou de pied.

[Croquis d'une arbalète double).

[Pourquoi la balle est chassée plus loin par l'arc que par l'arbalète de grande longueur ?

Quand l'arbalétrier à cheval tend son arme, il donne du pied au cheval, avance avec promptitude la poitrine et tend les bras avec l'arbalète. Quatre mouvements se combinent ainsi pour le mouvement d'une flèche, celui du cheval, celui de la poitrine, celui des bras qui se jettent en avant de la poitrine et celui de la corde.

Autant tu mettras de force à bander ton arbalète, autant elle en aura à la détente.

De la torce de l'homme.

L'homme tirant un poids en équilibre avec lui ne peut tirer que selon son propre poids.

La plus grande force que l'homme puisse déployer, est ce qu'il obtiendra en mettant ses pieds sur un plateau de la balance et en s'arcboutant des épaules à un mur, il soulèvera autant que son propre poids.

136 LES MANUSCRITS DE LEONARD DE VINCt

Le coup que frappe une pierre dans l'eau, tuera tous les poissons qui sont dessous ou à côté.

Le coup donné sur la corde de la potence redouble le martyre du pendu.

Règle expérimentale.

Je te rappelle de faire tes propositions de telle sorte que tu prouves les choses écrites déjà par des exemples et non par des propositions, ce qui serait trop simple.

Expérience comme modèle de démonstration.

Nombreuses formules de rédaction concises sur le moiive7?ient.

Pourquoi l'on a plus de force en poussant par secousses que par effort continu.

Pourquoi celui qui saute sur la pointe des pieds fait moins de bruit et autant de poids que l'autre sautant sur les talons.

En tirant une fronde, si le mouvement était continu, la pierre ne volerait pas, il faut une secousse pour la lancer.

La corde qui a été le plus violemment arra-

chée à sa nature est celle qui y retournera le plus impétueusement dès qu'elle sera libre : la corde de l'arbalète.

Nombreux exemples de balistiques.

Une vingtaine de propositions sur le mouvement d'après iarbalèlerie.

Celui qui joute, lorsqu'il met la lance en arrêt, transporte le centre de son poids vers la partie inférieure du cheval.

Fais que les moindres parties soient en rapport avec les plus grandes et ces dernières avec le tout.

La chose jetée en l'air avec furie si elle est légère, comme une balle ou une vessie, fera moins de chemin que jetée doucement.

Tout corps qui ploie diminue sa longueur.

Il n'y pas de force sans mouvement, ni de mouvement sans force.

Force.

Je dis que la force est une violence, une vertu spirituelle, une puissance invisible, qui, par une violence accidentelle, extérieure, est générée par le mouvement, introduite et infuse dans les corps qu'elle détourne de leur être, les douant d'une activité merveilleusement puissante. Elle contraint toute chose créée à changer de forme et de place, s'élance avec furie à son extinction, et va, se diversifiant selon les causes. La lenteur l'accroît et la vitesse l'épuisé ; elle naît par violence et meurt de sa liberté et plus elle est grande plus elle meurt vite. Elle repousse furieusement ce qui s'oppose à sa destruction, elle peut vaincre et tuer la cause qui lui fait obstacle, et victorieuse, elle meurt. Sa puissance s'accroît par les obstacles ; elle renverse furieusement tout ce qui s'oppose à sa mort. Toute chose cherche à durer, toute chose contrainte contraint à son tour. Rien ne se

meut sans la force. Le corps où elle s'incarne ne change ni de volume, ni de poids. Aucun de ses mouvements n'est durable, elle s'accroît dans l'effort et disparaît dans le repos. Le corps qu'elle possède n'a plus de liberté. Souvent elle s'engendre elle-même ; par la force acquise nait une nouvelle force.

La force naît du mouvement, elle est infuse dans le poids ; et de même le coup vient du mouvement infus dans le poids. La force cause le mouvement et le mouvement cause la force.

La force a trois offices qui se subdivisent à l'infini ; tirer, pousser, immobiliser.

Elle se manifeste de deux façons : par l'accroissement subit d'un corps rare dans un corps dense (multiplication du feu dans la bombarde). Ainsi l'eau et le vent chassent tout ce qui s'oppose à leur cours, par la condensation comme dans les corps plies et tordus (l'arbalète) qui tendent à se redresser et à rejeter la chose qui s'opposait à leur course.

Le coup naît de la mort du mouvement et le mouvement naît de la mort de la force.

La violence se compose de quatre choses

poids, force, mouvement et coup; la plus puissante est celle qui a le moins de durée.

Le poids est tout dans toute son opposition perpendiculaire.

L'opposition oblique ne fera pas résistance à la descente du poids.

Tout poids désire descendre au centre par la voie la plus courte : moins l'opposition est oblique, plus la résistance est grande. La nécessité l'attire et l'opulence la chasse. Dans son office de comprimer et d'alourdir, il ressemble à la force. Le poids est vaincu par la force, comme la force par le poids. On peut voir le poids sans la force, mais on ne voit pas la force sans le poids. Le poids désire la stabilité, la force est toujours active, le poids ne se fatigue pas, la force peine sans cesse. Plus le poids tombe, plus il augmente, plus la force tombe, plus elle diminue. Le poids est naturel et éternel, la force est morbide et accidentelle, le poids désire durer, la force aspire à finir.

Avec très peu de retouches^ on tirerait de semblables pages des chejs-d'œuvre de lyrisme scientifique. Léonard considère le poids, la force, le mouvement, le coup comme des per-

sonnages, il décrit de façon dramatique leur caractère et ainsi fait singulièrement sentir le mystère de la science : car la science consiste à voir, d'un peu plus près, le mystère.

Le poids est de moindre puissance que les trois autres passions qui sont en lui : force, mouvement et coup. l>a force, plus puissante que le poids est moins durable ; le mouvement naît de la force ; le coup est fils du mouvement et petit-fils de la force, et tous naissent du poids.

Théorèmes de pesanteur.

Plus la force s'étend, de roue en roue, de levier en levier, de vis en vis, plus elle est à la fois puissante et lente.

Théorèmes du mouvcmcn/.

Un petit poids tombe de haut, endommage autant son sujet qu'un poids médiocre tombé de bas.

Si le bruit fait par la lombarde a lieu dans

l'âme ou dans la bouche ou dans le choc du feu avec l'air ?

Perspective. — Toutes les choses envoient à l'œil leur image par des pyramides; plus celles-ci seront coupées près de l'œil, plus l'image de leur réalité sera petite. Tu couperas donc la pyramide avec une paroi qui touche la base de la pyramide.

37 r. et v.

Théorème de perspective.

La chose la plus proche de l'œil paraît toujours plus grande qu'une chose pareille mais plus éloignée,

La perspective est de telle nature qu'elle fait paraître en relief ce qui est plan et planée qui est en relief.

Figures géométriques sans texte.

LES MANUSCRITS DE LtONARD DE VINCI I43

Si tu veux figurer de près une chose qui fasse le même effet que les choses naturelles, il faudrait faire une fenêtre de la grandeur de ton visage ou bien un trou par lequel tu regarderais. Ainsi ton oeuvre ayant une bonne distribution d'ombre et de lumière fera l'effet du naturel. Autrement, ne te mêle pas de représenter quoi que ce soit, à moins de prendre ton point de vue, de 20 fois la plus grande largeur et hauteur de la chose que tu peins.

Suit une démonstration.

Théorèmes de perspectives.

Des statues. — Figure explicative de la caisse sous-mcnlionnée.

Si tu veux faiic une figure de marbre, fais-ià d'abord en terre; une fois finie, place-là dans une caisse capable, la terre retirée, de recevoir le marbre dans lequel tu veux découvrir une figure semblable à celle en terre. La ligure en terre mise dans la caisse . prends des ba-

guettes qui entrent Juste par ses trous, pousse-les pour qu'elles touchent la figure en divers endroits ; teinte de noir la partie de ces baguettes qui sort de la caisse et fais une marque à la baguette et à son trou ; tire ensuite la figure de terre de la caisse, remplace-là par ton bloc de marbre^, et enlève au marbre ce qui convient pour que toutes les baguettes disparaissent dans leurs trous jusqu'aux marques. Et pour le mieux faire, que la caisse puisse s'enlever en laissant son fond sous le marbre ; ainsi tu pourras en élever avec des fers, facilement.

Le milieu du chemin direct que fait un corps pesant, en traversant l'air violemment, est de plus de puissance et de percussion sur l'obstacle qu'à aucune autre partie de sa course.

Théorèmes sur le choc des boulets.

Je dis que le coup est au plus haut degré

de puissance, qui frappe l'objet entre deux angles égaux.

Le coup donné sur l'objet entre des angles inégaux est faible, et le ressaut qui suivra la percussion finira par deux mouvements différents.

La détonation de la bombarde vient de la percussion de la flamme dans l'air; et plus la bombarde éclate fort, mieux elle projette le boulet, comme un homme appuyé des reins au mur et poussant avec ses mains ; il fait effort de l'échiné contre le mur, parce que le bras en se raidissant fait effort et dans l'homme et dans la chose.

Théorèmes sur la prcs!^jon de l'eau.

Théorèmes sur la résistance des suf>porls.

Tout support lait d autant plus de résistance au poids superposé que ses parties sont plus unies.

Théorèmes de statique.

Deponderibus.

Théorèmes de la Jorce des supports

Autant la plus petite corde entre dans la plus grande, autant elle est plus petite que la plus grande.

// établit des ayialogies entre la force de l'arc et celle de la colonne.

L'arc de la plus longue perpétuité sera celui qui aura un fort obstacle à sa poussée.

L'arc n'est pas autre chose qu'une force causée par deux faiblesses ; en effet, l'arc en architecture se compose de deux quarts de cercle ; chacun de ces quarts, faible par lui-

même tend à tomber, mais l'un s'oppose à la chute de l'autre; et de ces deux faiblesses qui s'opposent résulte une force.

L'équilibre de l'arc une fois assemblé est dans l'égale poussée des deux quarts de cercle.

L'arc s'écroulera, si la charge ne porte pas sur la ligne de base.

De la charge dit flei'n cùilre et de l'ogive.

Du remède contre les tremblements de terre (ce titre sculemenl).

L'arc dont le poids est perpendiculaire a sa base fera son office à l'endroit, ou à l'envers, ou couché.

Poids et leviers.

Mouvement des sphères et des cônes.

Le fracas de la bombarde tirée sur l'eau tuera tous les animaux qui se trouvent dans cette eau.

Du bruit.

Si tu prends un petit vase sonore et si tu le couvres d'un parchemin de veau mouillé, et lorsqu'il sera sec, si tu y enfonces une petite corde cirée et que tu la retires avec un gant ciré avec ce qui enduit le trou des ruches, tu entendras un bruit étrange.

La poutre plus longue de 10, 20 fois son épaisseur sera peu solide.

Souviens-toi de ne jamais faire d'ouvertures sous les intervalles des fenêtres.

De la qualité des poutres.

Je dis que le mouvement fait par le poids qui tombe équivaut au mouvement fait par la force.

54 manque.

SI un pilier est chargé d'un «eul côté il ne durera pas.

L'homme est appelé microcosme (petit monde) par les anciens et l'épithète est juste. SI l'homme est composé de terre, d eau, d'air et teu, le monde aussi; si l'homme a un système osseux sous l'armature de chair, le monde a ses rochers qui soutiennent la terre, si l'homme a un lac de sang ou croît et décroit le poumon dans la respiration ; le monde a son océan, qui lui aussi croit et décroît toutes les six heures avec la respiration de l'univers; si de ce lac de sang dérivent les veines qui se ramifient dans le corps humain, l'océan parcourt le monde en veines d'eaux. Il ne manque au monde que le système nerveux, lequel est destiné au mouvement et inutile aux choses destinées à une perpétuelle stabilité ; mais sur tous les autres points, l'homme et le monde sont semblables.

... L'océan, s'il n'est pas agité se trouve en toute surface également distant du reste de

la terre et les cîmes sont d'autant plus éloignées de la mer qu'elles s'élèvent davantage au-dessus de son niveau. Donc, si le monde ne ressemblait pas à l'homme, comment l'eau marine, tellement plus basse que les montagnes,pourrait-elle, par sa nature s'élever à leur sommet. 11 est probable que la même raison qui retient le sang au sommet de la tête de l'homme, retient l'eau au sommet des monts. Du chaud dans le monde et... — Où il y a vie, il y a chaleur et où il y a chaleur utile, il y a mouvement d'humeur. Et si le chaud meut l'humide, le froid le congèle. On voit, du reste, l'élément igné attirer à lui les vapeurs, les sombres brumes, les épais nuages qui s'élèvent des mers, des lacs, des fleuves et des vallées. Ainsi attirés, ils montent à la région froide, leur première partie s'arrête, le chaud et l'humide ne pouvant se mêler au froid et au sec : cette partie arrêtée s'augmente des autres et forme avec elles les nuées ; et portées par les vents d'une région à l'autre, leur densité les rend lourdes et elles tombent en pluie ; si la chaleur solaire agit en surcroît les nuages attirés plus haut dans la zone froide s'y congèlent et cela produit la grêle.

Le même calorique, qui retient un tel poids d'eau qu'on voit tomber en pluie, l'aspire à la base des monts et l'élève jusqu'à la cîme où l'eau trouve quelques crevasses, les creuse encore et produit les fleuves.

L'eau est comme le sang que la chaleur vitale fait circuler dans la tête de l'homme. A la mort, le sang refroidi descend aux parties basses : ainsi le soleil échauffant la tête de l'homme, le sang y afOue tellement qu'il force les veines et engendre des douleurs de tête.

Ainsi les veines se ramifient dans le corps de la terre et la chaleur naturelle attire l'eau et la maintient sur les cimes.

L'eau qui passe par un souterrain dans le corps de la montagne sera comme morte et ne s'élèvera pas parce qu'elle n'est pas échaufTée par la chaleur naturel le.

L'eau n'ira d'un endroit à l'autre que si le second est plus bas que le premier. Quant à cette partie de la mer que tu disais, avec une imagination fausse, être si haute qu'elle .<c

déverse sur les cîmes, elle serait, après tant de siècles, écoulée par les issues de ces montagnes. Tu peux bien penser que depuis tant de temps que le Tigre et l'Euphrate... {premièj-e mention de l'Asie) se sont déversés, on peut croire que toute Teau de l'Océan a passé un grand nombre de fois par les dites embouchures.

L'eau va des fleuves à la mer et de la mer aux fleuves en faisant le même circuit; et on peut conclure que toute la mer et les fleuves ont passé par l'embouchure du Nil.

Pourquoi le sang va au sommet de la tête }

Les parties spirituelles ont le pouvoir d'associer à leur mouvement les parties matérielles. Nous voyons le feu, envoj^er parmi les vapeurs et la fumée, des matières pesantes au-dessus de la cheminée, ccmme la suie qui brûle et se réduit en cendre. Ainsi la chaleur mêlée au sang, entraîne le sang qu'elle anime. La raison pour laquelle la fumée monte et enlève diverses matières est que le feu qui s'attache au bois se nourrit d'une subtile humidité.

Si on attribue à la lune, augmentatrice du froid, le flux et le reflux, cela paraît impossible. Les éléments ne s'attirent que par dissemblance ; tu ne verras pas le feu attirer à lui le sel, mais bien au contraire, il attirera le froid et l'humide; tu ne vois pas l'eau attirée par Teau.

Pourquoi la mer a plus de courant dans le détroit d'Espagne qu'ailleurs ?

Toute eau qui dans l'inondation meut sa surface dans un sens, a dans son fond le mouvement contraire.

Fiorurcs et théorèmes d'hydraulique.

Le mouvement de l'eau paraît plus rapide que celui de l'homme quoi qu'il soit plus lent, parce que le regard ne peut se fixer; efl^et semblable à celui qui a lieu pour les choses vues dans l'oml-tre, quand tu chemines ; car dans l'ombre les fétus et autres particules paraissent de rapide mouvement ; 11 semble

qu'elles soient bien plus proches que l'ombre même.

Du centre de l'Océan. — Le centre de la sphère aqueuse est le vrai centre de la rotondité de notre monde. Le centre de la terre se trouve dans le lieu équidistant au niveau de l'océan, et non au niveau de la terre.

Nous voyons le Nil, après un parcours de 3000, se jeter dans les eaux méditerranéennes, nous trouverons que le Nil est plus bas de dix mille à son embouchure qu'à sa source. Nous voyons encore le Rhin, le Rhône, le Danube" partir des contrées germaniques, comme du centre de l'Europe, pour prendre leur course vers les mers, l'un à l'orient, l'autre au septentrion, le dernier vers les mers méridionales ; si tu considères bien tout, tu verras que les plaines d'Europe forment un ensemble plus élevé que les plus hautes cîmes des monts maritimes ; or figure-toi combien leurs cîmes sont elles-méme plus élevées que les rivages maritimes.

De quelques-uns qui disent que l'eau est plus haute que la terre découverte.

Presque tout le monde croit que le niveau

de la mer est plus élevé que les plus hautes cimes, en alléguant de vaines et puériles raisons : je n'en alléguerai qu'une seule, moi, simple et courte.

Si on ôte ses rives à la mer elle couvrira la terre et la fera ronde : or quelle quantité de terre il faudrait enlever pour que les ondes marines couvrissent le monde : ce qu'on enlèverait serait plus élevé que les rivages.

Pourquoi les fleuves changent de place et et souvent s'élèvent et se soulèvent en divers lieux.

Ce que c'est que l'écume de l'eau.

Pourquoi il y a toujours à la surface de l'eau courante des lleuves, différentes bosses et cavités.

Les bas révèlent la lorme des jambes ainsi la surface de l'eau montre la qualité de son fond ; la partie de l'eau qui est au Icjnd rencontrant des pierres les frappe et saute, élevant tout le courant au-dessus d'elle.

Le vent est en tout semblable à l'eau dans son mouvement.

Toute chose tend à se maintenir dans sa tendance originelle. Le cours de l'eau qui coule, contourne l'obstacle et brise sa ligne droite par un mouvement circulaire et giratoire.

Au-cun niveau d'eau ne peut être originellement plus bas que celui de la mer.

Tous les tourbillons de l'eau sont larges au fond et étroits en dessus.

L'eau fait en son fond ses tournoiements par un mouvement contraire à celui de la surface.

Théorème sur les moufles.

J'appelle balance circulaire la petite roue ou poulie, avec laquelle on tire l'eau des puits,

cette poulie n'élève qu'un poids égal à celui qui la manœvre.

Théorème sur les moufles.

De l'attache d'une oreille à celle de l'autre, il y a le même intervalle que des sourcils au menton.

La bouche d un beau visage est de la grandeur de la division des lèvres au-dessus du menton.

L'oreille est égale au quart du visage.

D'une oreille à l'autre, chez le cheval, il y a une longueur d'oreille.

Deux beaux dessins, létes de cheval de projll et divisés pour la démonstration.

L'angle de la lèvre inférieure est le milieu entre le dessous du nez et le dessous du menton.

Le visage forme un carré d'un œil à l'autre et du haut du nez au-dessous de la lèvre inférieure. Au-dessus et au-dessous, un autre carré semblable.

Croquis d'une tête mûre de face avec les carrés, deux autres têtes, l'une mûre, l'autre juvénile^ toutes deux de profil, traitées en carrés.

L'oreille est de même longueur que le nez. L'espace entre les deux yeux est égal à la largeur d'un œil.

De profil, l'oreille tombe au milieu du cou.

Sur les courants.

Ce que c'est que la lune ?

Elle n'est pas lumineuse par elle-même, mais elle est apte à recevoir la lumière comme le miroir, l'eau ou autre corps luisant. Elle s'accroît à l'orient et à l'occident, comme le soleil et les autres planètes, par la raison qu'un corps lumineux s'accroît en s'éloignant. Toute planète ou étoile est plus éloignée de nous de 3500 quand elle se trouve au-dessus de notre tête. Si tu vois le reflet du soleil ou de la lune dans l'eau, leur grandeur te paraîtra la même que dans le ciel. Eloigne toi d'un ïnillç, elle te paraîtra 100 fois plus grande ; si

tu vois le soleil se refléter dans la mer, à son coucher, il paraîtra plus grand de lo milles, parce que son reflet sur l'eau occupera plus de 10 milles marins. Si tu étais dans la lune, le soleil te semblerait se refléter dans autant de mers qu'il en éclaire dans la journée et la terre te paraîtrait dans cette eau, comme les tâches obscures qui sont dans la lune, qui nous fait, vue de la terre, le même effet que notre monde à des hommes qui habiteraient la lune.

Quand tout ce que nous voyons de la lune est éclairé, elle nous renvoie toute sa lumière, les rayons du soleil rebondissant sur son océan elle nous jette moins d'humidité et moins elle luit, plus elle nuit.

Comment il se fait que les corps lumineux paraissent, vus de loin, plus grands qu'ils ne sont.

l'Jxpéricncc. — Si tu veux voir la vraie grandeur des corps lumineux, fais un trou avec un ferret d'aiguilctle sur une planchette mince, approche-le d'oeil ; en avançant et approchant vivement la planchette tu verras la lumière augmenter et diminuer.

l60 LES MANUSCRITS DE LÉONARD DE VINCI

DESSINS

Ail point de vue de la beauté le manuscrit A contient les figures suivantes :

Profil au trait coupé par des arcs pour la division par trois arcs de cercle.

Cinq figurines en marge snr le centre de gravité dans divers mouvements, chef-d'œuvre d'indication la plus cursive.

Figurine d'homme destinée à paraître double de sa réalité.

Deux têtes de cheval divisées, selon la longueur de l'oreille.

Trois têtes dont une belle, avec division du visage en carrés.

MANUSCRIT H

Ecrit de 1493 à 1494, composé de 284 pages.

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MANUSCRIT H

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