ELU
Be, Bi Bé, Bi Bé Bu, Bü, rw v. 11316 11316 11316 11316 11317-26 I-VI I-VI I-VI I-VI 11321-22 11321-22 11321-22 11321-22 11317-20 (4) 11317-20 (4) 11317-20 (4) 11323-26 11323-26 11327 11327 11327 11327 (11323-26 omis) (rien omis) (11317-20 omis) (11317-20 en double)
Des fautes communes à B et à C, qui seront discutées plus loin, sans fournir plus que les précédents témoignages une preuve décisive que B manquait déjà d'unité, contribuent cependant avec eux à le rendre très suspect.
En présence des cas fréquents de vers déplacés dans les mss. de B, on se demande si tous ces mss: n'ont pas été l'objet de remaniements ; la même question se pose devant certaines interpolations des mêmes mss., mais surtout devant les lacunes très nombreuses et souvent très importantes de plusieurs d’entre eux.
De l'étude qui va suivre des mss. de 3 au point de vue des omissions, j'ai dû exclure Bé, parce qu'il s’est visiblement attaché à compléter l'un par l’autre ses originaux. Mais j'ai eu l’occasion déjà de montrer qu'il a connu une version de B fortement abrégée.
Les omissions qui sont;communes à Ba, Bä, Be, Bi ne portent le plus souvent que sur de petits groupes de deux vers, rarement de
(1) Bé: Etens.e.; Bi:E.lese.
(2) Bi, Bi: de l’u.
(3) Bi: L. o.vos q. nus.
(4) Les v. 11317 et 11320 sont ainsi modifiés : Qu'il ne doie, pour Poissans; ons doit, et S’il n'a propre dont p. (Bi, Bà, Bi, Bu), Se iln'a d. il p. (Be), pour S'ilna dont il sep.
six : elles ne sont pas extraordinairement nombreuses, une soixantaine environ: elles pourraient être, pour la plupart, accidentelles ; on en trouve d'analogues, en plus ou moins grand nombre, dans les mss. des autres familles.
Outre les omissions communes à tous les mss. et qui remontent sûrement à leur ancêtre, chacun d'eux en a naturellement qui lui sont propres. Celles qui sont spéciales à Ba sont rares, courtes et ne présentent rien d’intéressant. Celles de Z4 n'offrent pas plus d'intérêt. L'une d’ellès est très étendue, comprenant les v. 14975-15347; mais elle ne peut être que le résultat d'un accident, car il n'existe aucun rapport de sens entre les deux vers qu'elle rapproche : le v. 15348 termine une phrase dont le début manque; il se trouve privé de rime et la ligne suivante a été laissée en blanc pour qu'on puisse y placer un vers rimant avec lui. Il manquait sans doute un cahier dans le ms. suivi par le copiste ; la lacune (571 vers) remplirait en effet un cahier de 8 feuillets à deux colonnes de 35 ou 36 vers chacune. L'omission des v. 17130-55, qui prive de sens le passage et de rimes les v. 17129 et 17154, est de même certainement accidentelle. Les lacunes de Be et celles de Bi méritent au contraire un examen spécial.
Le poème de Jean de Meun, qui, dans la présente édition, comprend environ 17000 vers, n’en a guère plus de 3600 dans Zi. Les suppressions dans Be sont beaucoup moins importantes, mais nombreuses encore. Les passages, très souvent de deux vers, mais parfois beaucoup plus étendus, qui manquent dans ce ms. et qui existent dans Ba et Bä, sont au nombre de plus de 150 ; beaucoup de ces lacunes coïncident avec des coupures plus vastes de Bi; d'autres se retrouvent exactement dans ce ms.; d'où l'on peut conclure que la plupart existaient déjà dans un ancêtre commun à Be et à Bi. Une quinzaine d'omissions spéciales à Be, presque toutes de deux vers seulement (une de 4 et deux de 6), n’infirment en rien cette hypothèse. Mais en constatant qu'aux omissions parfois très étendues, certainement volontaires, qui se trouvaient déjà dans l'original commun aux deux mss., Bi en ajoute beaucoup d'autres, du même caractère, on est amené de prime abord à admettre, soit que Be représente un abrégé de B, et Bi un abrégé de Be; Soit que Bi représente une version directement abrégée sur B, et qu'une partie de ses coupures ont été
rétablies dans Be à l'aide d'un autre ms. qui serait encore de la famille B. Chacun des termes de ce dilemme suppose une coïncidence également curieuse ; les rédactions abrégées du poème étant extrêmement rares, on sera surpris d'en voir deux réunies dans de telles conditions; il n'est pas moins étonnant que l’auteur de Be se soit précisément servi de deux copies d’une même famille dont les représentants ne sont pas très nombreux. Ges coïncidences ne constituent cependant pas une objection sérieuse. En fait, on a vu que deux versions de la famille B ont bien été utilisées pour l’établissement du texte de Be; on verra d'autre part que très probablement 32 a augmenté l'étendue et le nombre des lacunes qu'il trouvait déjà dans son original.
L'omission que l'auteur de Be a voulu réparer en substituant une version à une autre correspond à une lacune de Bi; mais l'omission de 2; et celle de la 1"° version de Be, quoique visiblement inspirées par le même motif, n’ont cependant pas la même étendue, et l’une n’a pu procéder directement de l’autre, du moins sans l'intermédiaire d'une tierce version, chacun des mss. ayant, dans le passage abrégé, des vers qui manquent à l’autre, sans compter que leurs vers de raccord ne sont pas les mêmes. D'autre part, à l'endroit où Be a juxtaposé deux leçons, Bé en a fait autant, et la coupure de sa 1° version, tout en ayant des rapports certains avec celle de Bé, en diffère encore considérablement (voir ci-dessus, p. 373). Il est donc évident qu’il ne suffirait pas d'adopter l'un des termes du dilemme posé plus haut pour résoudre complètement le problème. En fait, il est certain que, dans un cas au moins, Be a cherché à réparer une omission de son original, il n’en reste pas moins possible que 25 ait élargi les coupures du sien.
Mais si Be s’est efforcé de combler les omissions d’une version à l'aide d'une autre version, pourquoi ne les a-t-il pas comblées toutes? du moins pourquoi en a-t-il tant laissé? La réponse à cette objection paraît très simple : les deux versions que nous avons pu retrouver à la base du texte de Be avaient toutes deux des lacunes, et l’arrangeur n'a pu combler que celles qui ne se trouvaient pas à la fois dans ses deux originaux. Si, en effet, la 2 version de Be n'avait pas la grande lacune qu'elle a été appelée à réparer, elle en avait d’autres, car évidemment toutes celles qui se trouvent dans le ms. entre les v. 5847 et 7298 lui appartiennent.
Si Bi ne peut pas descendre directement de la °° version de Be, il y a de même des empêchements à le considérer comme un dérivé direct de Be; mais ces empêchements ne sont pas nombreux ; ce sont des fautes de Be auxquelles Bi oppose la bonne leçon, et quelques variantes de la famille B qui se trouvent dans Bÿ et pas dans Be. On peut fort bien imaginer ces variantes et l'absence de ces fautes chez un ancêtre de Be, dont descendrait B:. D'autre part, il est certain que Bi a utilisé plusieurs leçons. Dans ces conditions, il devient possible de considérer les lacunes de Bi comme dérivées de celles de Be, et la vraisemblance accentue son caractère de probabilité lorsqu'on compare certaines de ces lacunes dans les deux mss. En voiei quelques exemples.
Le v. 10508, Puis que Tibullus m'est failliz, qui prévoit les suivants, tout au moins ceux qui se rapportent à la mort de Tibulle, est remplacé dans Bi par celui-ci : Or convient qu'il soit assailliz, et les v. 10509-674 sont omis. Dans Be, le v. 10508 n'a pas été modifié, et l'omission ne commence qu'au v. 10521; en outre le v. 10520 est relié au v. 10675 par les deux suivants : Tant perdismes bon consillier, Qui me puel fors vous consüllier (1), qu'ont inspirés deux vers du passage supprimé : Por ce m'en vueil ci conseillier, Car tuil estes mi conseillier. L'auteur de Bi, supprimant le passage relatif à Tibulle, a dû aussi supprimer les deux vers de raccord et modifier le v. 10508.
Dans Bi les v. 10689-718 manquent, c'est-à-dire tout le passage relatif à Richesse; dans Be le passage existe, mais les vers 10691- 98 sont condensés en deux vers : Que ci ne vuet pas sa main metre. N'est nus qui l'en face entremetre (2). La coupure dans Bi, d'après Be aussi bien que d’après tout autre ms., était très facile; si, au contraire, Be avait voulu combler la lacune de B3 à l’aide d’un autre ms., pourquoi ne l’aurait-il pas fait tout simplement, au lieu de modifier les v. 10691-98 ?
Be et Bi omettent les v. 10891-91416 ; mais les v. 10889-90 peuvent difficilement se passer du v.10891 : dans 25, ils sont également sup-
(1) Bu et B@ ont à la fois les v. 10509-674, et à leur suite les deux vers qui dans Be remplacent les v. 10521-674. Il en est de même dans Jo et Ju, qui cependant ont modifié le premier des deux vers de Be pour l'adapter à sa nouvelle situation : Tant par estes bon conseillier.
(2) Voir ci-dessus, p. 367.
primés; et en outre, peut-être à cause du futur vowdroiz rimant avec droiz, les v. 11817-18 sont remplacés dans B1 par deux autres : Or aut si com aler vourra (1), Car ja autrement n'en sera. En tous cas, si la lacune de Bÿ était antérieure à celle de 2e, l'auteur de ce dernier manuscrit ne se serait pas contenté d'en restituer les deux premiers vers et d’en corriger les deux qui la suivent.
Les v. 20956-61 sont omis dans Be, le v. 20955 rimant avec le v. 20962 ; à cette omission B7 a ajouté celle des v. 20952-55, et, pour la rime, a dû remplacer le v. 20951, Tant iert de contenance simple, par celui-ci, qui ne signifie rien : Pour sembler de gentil lignage.
La même impression, que les lacunes de 22 procèdent de celles de Be, ressort également de la comparaison des deux mss., qu'on trouvera plus loin, relativement aux lacunes des v. 21085-96 et 21101-2, et à une interpolation qui en est la conséquence, entre les v. 21082-83.
Mais l'hypothèse que 23 a multiplié ét allongé les lacunes de Be n’en exclut pas une autre, qui expliquerait parfaitement l'existence dans une même famille de ces multiples rédactions abrégées dans un même esprit, quoique différemment (les deux rédactions qu'on retrouve dans Be, celle qui a laissé des traces dans Bé, celle même de Bï et d’autres peut-être que je ne connais pas) : j'inclinerais donc volontiers à croire, sans préjudice des remaniements que ces rédactions ont pu subir ultérieurement, qu'elles sortent toutes du même atelier, ou d'un même original dont les corrections, additions ou suppressions étaient indiquées en marge.
Pour les lecteurs que les conclusions précédentes laisseraient sceptiques, je me crois obligé de discuter ici une question que je me suis posée après la premiere lecture des textes de Be et de Bi, et que d’ailleurs ces conclusions ne suppriment qu'en partie.
Les omissions de Be et de Bi portent généralement sur des développements plutôt nuisibles à la marche de l'action, sur des digressions, sur ce que l’on pourrait appeler des hors-d'œuvre, si l’on estime que Jean de Meun devait se maintenir dans le plan conçu
(1) La rime du remanieur était bonne; il avait écrit : s. c.-il vos plera, leçon de Bu, B@, qui ont ces deux vers placés après le v. 1U888, et suivis des v.10889- 918 de la leçon commune. La a les deux vers tels qu'ils sont dans B;, mais placés entre 10888-89 (10827-886 étant reportés entre 10948-49) ; il a en même temps 11817-18 à leur place.
Univ. de Lille. Traw. et Mem. Droit-Lettres. Tome VII. — 25.
par G. de Lorris. Ces omissions ont pour effet de ramener le poème à ce que son premier auteur voulait qu'il fût exclusivement : un traité d'amour en action. Ainsi allégé, sa composition gagne singulièrement en unité, en simplicité, et se conforme mieux aux lois de l'esthétique classique (1). A la lecture de ces textes abrégés, un esprit non prévenu remarquerait difficilement des suppressions et pourrait ne pas imaginer une rédaction plus étendue. D'où cette question : les textes de Bi et de Be ne représentent-ils pas des versions primitives, auxquelles l’auteur aurait ensuite, par des additions successives, donné les dimensions que le poème a dans les autres mss.?
Je discuterai cette hypothèse en l'appliquant successivement à Bi et à Be.
Omissions de Bi. Les principales omissions de Bi, sans tenir compte, sauf exceptions, de celles qui ne portent que sur quelques vers, sont les suivantes : v. 4203-24, 4263-66, 4281-88, 4343-50, 4311-644 (remplacés par deux vers), 4653-58, 4663-78, 4681-84, 4689-746, 4769-5370, 5405-20, 5435-6900 (remplacés par 40 vers), 6903-12, 6927-7228 (réduits à #4 vers) (2), 7609-718, 7719-90, 8236-10043, 10089-14110, 10341-92, 10509-674, 10689-718, 10783- 816, 10821-86, 10889-918 (remplacés par 2 vers), 10943-11168, 119293-2%6, 11392-406, 11409-10, 11495-96, 11599-640, 11717-86, 11849-94, 11953-68, 12541-14759, 14765-15107 (remplacés par 4 vers), 15153-302, 15563-92, 15745-64 (remplacés par 4 vers), 15805-96, 15829-20710 (remplacés par 4 vers), 21347-590, 21597-641, 21644-732.
En examinant, d’une part, si les vers qui semblent tenir la place de certaines omissions peuvent être de Jean de Meun; d'autre part, si dans le texte le plus court on ne constate pas des inconséquences résultant de coupures faites sur le texte le plus étendu, je réunirai deux séries de preuves attestant que Bi ne représente qu’un résumé du texte fourni par les autres mss.
Les vers qui suppléent à certaines lacunes sont les suivants :
1° A la place des v. 4371-644 de la leçon commune :
(1) En réalité, l'intention de Jean de Meun n'a pas été de continuer l'œuvre de Guillaume de Lorris, mais de profiter de la vogue dont elle jouissait pour vulgariser des idées et des connaissances que des traités didactiques auraient plus difficilement et moins largement répandues.
(2) Ces vers n’ont sans doute pas été écrits pour remplacer les vers omis: les deux premiers se trouvent dans les mss. de B qui n'ont pas cette omission.
Si croi qu'a grant tort me blasmez Dont Amours est par moi amez.
20 À la place des v. 5435-6900, quarante vers, dont quatre seulement appartiennent en propre à Bt, les autres se retrouvant, avec ou sans variantes, dans la leçon commune. Ce groupe de 40 vers se décompose ainsi :
Ja voler ne t’en convendra, Mais voloir, et chascun voudra (1),
v. 5811-12, 5802, 5801, 5797-800, Lors ameras et si garras Ne jamais nul leu ne charras (2), V. 0729-34, 5741-46, 5749-62, 5843-44.
3° A la place des v. 10508-674 :
Or convient qu’il soit assailliz.
4° A la place des v. 10889-918 :
Or aut si com aler pourra, Car ja autrement n’en sera (3).
50 À la place des v. 14765-15107 :
Mais il n’iert pas de tel sanblant Si liez d’assez comme devent, Un po, ce croi, troublez estoit.
Paours ausiment s’aparçoit.
6° A la place des v. 15829-20710 :
Et prie que consoil i meste :
« Volez que je m'en entremeste,
Biau filx ? — Oïl, ma mere chiere. »
Venus l’otroie a bele chiere,
Les leçons de 27 et Bu permettent de rétablir dans la plupart des cas les rimes trop pauvres de 27 ; mais il n'en est pas de même pour le 5e groupe, que je n'ai pas retrouvé dans d’autres mss. et auquel il me semble difficile de donner la rime qu'eût exigée Jean de Meun.
(1) Bt a ces deux vers, avec vendra au lieu de voudra, ei les fait suivre, comme Bi, des v. 5811-12, tous quatre placés entre 5434-35. Bt répète les v.5811- 12 à leur place et intercale entre 5812-13 deux vers : Lors ameras el si garras Ne jamais nullui ne garras.
(2) Voir la note précédente.
(3) Voir page 385, n. 1.
Les vers féminins du 6° groupe ne présentent rien de particulier dans leur technique, mais leur sèche concision prouve suffisamment qu'ils ne sont pas de Jean de Meun.
Je crois donc que ces deux derniers groupes ne peuvent être de l'auteur du poème, mais sont d’un abréviateur qui les a fabriqués pour servir de ponts entre les deux rives des fossés qu'il creusait lui-même. Et à l’auteur de ces deux lacunes on pourrait attribuer les autres. Cependant 2, qui a connu un texte semblable à celui de B5, auquel il a emprunté les vers de raccord que j'ai cités, n'y trouvait pas toutes les lacunes de 7; du moins, c'est ce que semble indiquer la particularité suivante :
De 42 vers qui se trouvent interpolés dans Z/ entre 7228-29, B a les quatorze premiers à la même place (1), etles vingt-six qui suivent entre 6916-17 (2), mais ne connaît pas les deux derniers : Car je ne vous en Croirai pas Or avez gasté vostre pas ? Bi a bien les vingtsix vers de B entre 6916-17, mais il supprime les v. 6921-24 et 6927- 1228, et donne, immédiatement avant 7229, quatre vers : Tant me saussiez bien fiater Ne je ne voit plus disputer Ne je ne vous en croirai pas Or avez gaslez lous vos pas. Les deux premiers de ces vers sont les 11e et 12e des quatorze qui sont dans B entre 1228-29, avec une faute, flater, qui fausse la rime, pour fleüler ; cette faute se retrouve dans B?; les deux derniers vers de Bï sont, avec de légères variantes, ceux qui terminent l'interpolation dans 25, et qui, comime dans Bt, y précèdent immédiatement le v. 1229. Je suppose qu'un ancêtre de Bÿ avait intégralement les deux interpolations de B, rapprochées l’une de l’autre par la suppression des v. 6921-24 et 6927-7228, ce qui a pu faciliter la réunion de ces deux interpolations dans 37, et qu'il avait en outre les deux vers spécialement communs à Biet Bf (3).
Un examen attentif des lacunes de Bé confirme absolument ces conclusions relativement à leurs origines.
Par suite de la lacune des v. 4203-94, les quatre premiers vers du passage où Jean de Meun annonce l'apparition de Raison se
(1) Dans Bu entre les v. 1222-23; Bû ne les a pas. (2) Dans Bu entre 6920-21, dans B@ entre 6916-17. (3) Je ne puis pas ici invoquer le témoignage de Be, qui est dans B le plus proche parent de Bt: il est en cet endroit très abrégé et réduit à 36 les v. 5641-
trouvent supprimés ; or cette apparition est empruntée soit à Boëce, soit à Alain de Lille, et le texte correspondant aux quatre vers omis se trouve chez ces auteurs. L’omission des v. 4689-746 supprime les deux derniers vers d'une définition de l'amitié; cette définition est empruntée à Cicéron et les deux vers omis traduisent les trois derniers mots du texte latin ef caritate consensio. Les v. 1119-90, omis, sont traduits de l'Art d'Aimer d'Ovide, et font suite à d’autres vers traduits du même poème sur le même thème : prévenances de l'amant pour sa dame. Il est bien évident que dans ces trois cas les mots omis par Bi avaient été traduits en même temps que le reste du texte, et que si Jean de Meun les avait laissés de côté dans une première édition de son poème, l'idée ne lui serait pas venue de les introduire dans une seconde édition.
Après avoir entendu la définition de l'amour que lui a donnée: Raison, en traduisant Alain de Lille (v. 4293-358), l'amant fait une réponse (v. 4361 et suiv.) qui a évidemment pour but de réclamer des définitions plus claires, que Raison s’empresse en effet de donner. Ces définitions sont omises (lacune des v. 4371-644) dans Bi.
Au v. 4680, Bi, aussi bien que les autres mss., annonce que Amours sontde pluseurs manieres;et cependant, de ces manières, il n'en connait plus qu'une par la suite; il a donc supprimé les passages qui, dans la leçon commune, se rapportent aux autres espèces
d'amour.
Par suite de la lacune des v. 10509-674 dans Bi, des v. 10521-674 dans Be, le discours adressé par Amour à ses barons n’a plus que 18 vers dans un ms. et 38 dans l’autre, tandis qu'il en a 154 dans la version commune. Dans les trois leçons, il est annoncé comme une «brieve parole», mais, étant donné l'idée que Jean de Meun se faisait de la « brieveté » en littérature, cette expression peut tout aussi bien s'appliquer au discours le plus long qu'aux deux autres. Par contre, le vers suivant, qui, dans toutes les versions, vient après le discours, s'applique beaucoup mieux à la rédaction la plus longue : Quant il ot sa raison fenie .. (v. 10681).
Les deux vers qui font suite immédiatement dans Bÿ à la lacune des v. 12541-14759 sont, sauf pour un mot, identiques aux vers correspondants des autres mss. : Sus (pour Quant) cele porte que j'ai dile Vi ainsi prise et desconfite. C’est une allusion au v. 14731 : Zluec vi sa porte quassee. Ge dernier vers n’existant pas dans B4, on peut
reporter l’allusion au v. 12374, quoique probablement oublié : Sans defense la porte quassent; maisiln’est plus dit où l'amant a vu cette porte cassée, détail exprimé dans les autres mss. Par la même omission se trouve subitement et complètement supprimé le rôle de la vieille, si longuement préparé. Ce qui a été dit d'elle précédemment devient à peu près inutile. En outre, on ne voit pas comment sans elle l'amant peut pénétrer dans l'enceinte où Bel-Accueil est enfermé.
De même après la lacune des v. 14763-15107, «le tornoiement, qui commença trop asprement », est raconté sans avoir.été ni annoncé ni préparé. Par suite des suppressions précédentes, on ignore que l’armée du dieu d'Amour à pénétré dans la place, et, d'autre part, que les portiers de la tour font de l'opposition à l'amant.
La comparaison exposée plus haut de la lacune des v. 20956-61 ‘ dans Be avec celle des v. 20952-61 dans Bÿ; celle d’autres lacunes des deux mêmes mss., qui sera donnée plus loin, révèlent dans le texte de Bi d’autres inconséquences, dont quelques-unes à elles seules suffiraient à prouver que, loin de représenter l'édition primitive du poème, il n’est qu’un remaniement d’un texte déjà fort altéré, remaniement d’ailleurs très ancien, puisqu'il existait dans le ms. dont provient le fragment Bi, qui paraît être de la fin du X[ITTe siècle.
Omissions de Be. Il n’y a aucune raison d'accorder plus de considération aux omissions de Be.
Remarquons d'abord que dans la plus abrégée des versions qui ont servi de base à ce ms., parmi les vers qui forment soudure entre les deux bords d'une lacune, se trouve une rime de la région normanno-picarde, faches : saches (voir p. 369, n. 1).
Plusieurs des autres lacunes présentent nettement le caractère d’un abrégé.
Celle des v. 10341-992, qui se retrouve également dans B2, a été opérée par la fusion de la première moitié du v. 1034,
Et fis mon lais, bien m’en souvient, avec la seconde du v. 10393,
A bon port et jel te pardon, fusion dont est sorti ce vers :
Mon lais fis. Et jel te pardon (1).
(1) Be : jel repardon.
Or, le système d'abréviation qui consiste à fondre le vers qui ouvre une lacune avec celui qui la clôt est d’un usage courant: ila été précisément employé par l’auteur picard ou normand de la coupure qui vient d’être rappelée (voir p. 369) ; un autre exemple en a été signalé précédemment (p. 377). Intercaler au contraire une interpolation entre les deux moitiés d'un même vers est un procédé compliqué et tout-à-fait insolite.
La même observation s'applique à l’omission des v.20956-61 : ici, ce ne sont pas deux moitiés de vers qu’on a réunies en un tout, mais deux vers qui ont été rapprochés pour rimer ensemble. Le procédé est le même.
Avec les v. 10679-80 disparait le nom d'Amour, auquel se rapportait, dans le v. 10681, le pronom 7, qui, par suite de cette suppression, devient obscur.
L'omission des v. 12079-80 retranche l'écharpe de l'équipement d’Abstinance ; cependant, au v. 12077, ce personnage porte le bourdon des pèlerins, et les deux objets vont de pair. Après la suppression des v. 21067-68, le pronom Za du v. 21069 se rapporte au mot pensée du v. 21066, au lieu du mot ymage du v. 21068 omis, et c'est un non-sens. À la vérité, dans les trois cas qui précèdent, on peut considérer l'omission, qui ne porte que sur deux vers, comme purement accidentelle. Ils méritaient pourtant d'être signalés, d'autant plus qu'ils sont communs à Be et à Bi.
A Be et à Bi manquent les v. 11599-640 ; les v. 11599-636, qui forment une parenthèse, empruntée. à Guillaume de Saint-Amour, et plutôt malintroduite, pouvaient être omis sans inconvénient ; mais non pas les v. 11637-40, qui sont une transition, sinon nécessaire, au moins très utile, pour amener les v. 11641 et suivants. En outre, les deux vers qui précèdent immédiatement la lacune ont été modifiés dans Be et Bi :
Et il aussi trestout le croient (Be a. tost renoioient), Que rien dou (Bi ou) monde n’i mescroient,
au lieu de
Et il aussi tout me revelent,
Que rien dou monde ne me celent (v. 11597-98). Si, comme cela paraît vraisemblable, cette modification est du même auteur que l'omission, celle-ci ne peut être de Jean de
Meun, car les deux vers modifiés, dénués de sens, ne sont pas de lui.
! L'omission des v. 15313-16 dans les deux mss. a privé de sens le v. 15312, qu'il a fallu remplacer par un vers de remplissage : Et que lout a (Bi: par) lerre n'eslende, po Et que cil veincuz ne se rende.
L'omission des v. 21085-96 et 21101-108 supprime totalement l'invocation à Vénus et le serment fait par Pygmalion de rompre avec Chasteté. La prière de Pygmalion, réduite à six vers, ne s'adresse plus qu'aux dieux en général (v. 21083-84, 21097-100). Or, c'est dans un temple de Vénus, à l’occasion d’une fête de cette déesse, que Pygmalion adresse sa requête. C’est Vénus qui l'exauce, très heureuse de voir que le jeune homme
| Chasteé laissoit Et d2 li servir s’apressoit, Com ons de bone repentance, * Prez de faire sa penitence, Touz nuz entre les braz s’amie (v.21111-15).
L'invocation à Vénus et le serment de ne plus vivre chastement sont dans Ovide, à qui Jean de Meun à emprunté tout l'épisode. Il est done évident que les vers omis devaient se trouver dans la première rédaction de cet épisode. Leur omission, d'autre part, n peut être accidentelle, d'autant moins qu’elle est en corrélation certaine avec une interpolation, entre les vers 21082-83 (1), de 6 vers dans Be, de 4 dans Bi, interpolation dont les deux derniers vers, supprimés par Bi, apparaissent dans Be comme une absurdité à qui connait la légende de Pygmalion, et Jean de Meun la connais-
sait bien :
Car maintes foiz les ot (2) serviz, Li valez au soutief cerviz (3), Qui mout (4) iert bons ouvriers et sages, Fait leur avoit maintes ymages (5), Et avoit trestout son eé Usé en droite chasteé (6).
(1) Bu a à la fois cette interpolation, et les v. 21085-96, 21101-108.
Be ras
(3) Be : de soulieus servis.
(4) Be : Car m.
(5) Bi: L. a. f. mains biaus y.
(6) Ces six vers Se trouvent dans Mar avec les variantes suivantes : v. 1-2
intervertis, v. 4 mains beaux servaiges, v. 6 Vescu e. d, c. Ils sont aussi dans Za avec Vescu au v. 6.
Il est évident que ces six vers ont été introduits dans l'original commun de Be et Bi en même temps que la suppression des v 21085-96 et 22101-108, et qu'ensuite Bi a supprimé les deux derniers.
La réduction, dans les deux mss., des v. 21187-96 à deux vers (1) : Cimaras (Be : Et Marrus) en fu conceüs, Li rois qui puis fu deceus, est une faute de toute évidence. Dans Be, le vers qui suit cette lacune est ainsi modifié : Qwe tel chose avenir deüst, au lieu de Lez le roi, senz que mot seust. Ge vers et le suivant, devenus obscurs, ont été ensuite omis par Bi.
L'omission dans les deux mss. des v. 21299-304 est uit une faute évidente, puisque le v. 21505 suppose les v. 21303-4.
Une preuve encore, d'un autre ordre, que ces omissions ne sont pas de l’auteur du poème, c'est qu’elles se trouvent dans les mss. d’une famille qui est caractérisée par de nombreuses autres fautes. Supposer que toutes ces autres fautes soient postérieures aux omissions, c'est-à-dire que tous les mss. de la-famille B, y compris Ba et Bä, dérivent d’un même prototype, qui, aux omissions originell es aurait ajouté toutes les fautes qui caractérisent le groupe, est impossible, car beaucoup de ces fautes ont précisément disparu dans les lacunes de Be et surtout de Bi. Quelques-unes, qui n'ont disparu que partiellement, fournissent un témoignage encore plus décisif de leur antériorité, telle l'interpolation placée entre les v. 1298-29, dont il n’est resté que deux vers dans Bi.
De toutes les discussions qui précèdent, il résulte que tous les mss. de Z, sauf peut-être Ba, ont subi des remaniements individuels, qui leur enlèvent toute autorité ; que Ba lui-même est très suspect; que, par conséquent, on ne peut attribuer de la valeur aux lecons de ces mss. que si, d'une part, la comparaison de ces mss. assure qu'elles remontent bien à leur ancêtre commun, et si, d'autre part, elles sont appuyées par les leçons d'une autre famille (2).
Bÿ La version du ms. dont provient le fragment Bt était celle de Bi,
comme le prouvent les variantes suivantes communes aux deux mss. : v. 12512 Que ja chandoïle n'i quesist (Bi: veist), pour
(1) Dans Bu et dans Mar, ces deux vers tiennent lieu seulement des v. 21187- 90: ils sont done suivis du v. 21191 et le sens est satisfaisant.
(2) On verra plus loin une interpolation commune à B et à C, Eb, He, qui paraît avoir été empruntée par B à l'un de ces groupes ou à leur ancêtre.
Mais que la tune n'i luisist; omission des v. 12513-14, 12521-24, 19329-30 : v. 43501 assordie (Bi), assorde (Bi), pour estovrdie ; omission des v. 13502, 15504. Les v. 12537-15496 sont réduits à 240 dans Bi; or, ce chiffre correspond exactement à 12 pages de 20 lignes chacune, c'est-à-dire aux 6 feuillets qui devaient se trouver intercalés entre les deux parties du fragment B£.
Bt
Bt est, dans la famille 3, plus spécialement uni à Bi; il a de ce ms. des variantes qui ne se retrouvent pas chez les autres représentants de la famille. J'en ai cité plusieurs dans l'étude de B (p. 387, n. 1, p. 388) ; on en trouvera d'autres plus loin; je noterai ici seulement la suivante : les v. 7871-14 dans Bi sont remplacés par ceux-ci : Par mon Chief je vouroie bien Dès qu'il ne vous vuelent nul bien Mais que si sagement eüst Esté fait que nus nel seust ; ces quatre vers, avec quelques variantes aux deux premiers : Æési le ÿ. je b. Puis qu'il ne vuelent vostre b., se retrouvent dans B6, non pas à la place de 7871-74, mais à leur suite (1). La juxtaposition de deux leçons est ici évidente; j'en ai noté d’autres exemples déjà en étudiant 3. Ces juxtapositions expliquent pourquoi la plupart des omissions de B ou de Bi seul ont disparu dans Bÿ, tandis qu'il reproduit la plupart de leurs autres variantes; c'est ainsi que Bf a les vers suivants qui manquaient à l'ancêtre de Be-Bi: v. 5361-62, 10783-816, 11323-26, 11561-64, 11599-600, 11657-58, 11699-700, 11703-4, 11709-19, 11717-46, 11833-34; 4 vers entre 11844-45; v. 12066-74, 12379-80, 12413-16 (réduits à deux vers dans B), 12423-96, 12479-80, 12521-24, 12529-30, 15775-16 ; il a cependant omis avec B les v. 11665-66, 12455-56 (2).
Le cas peut se présenter aussi, bien entendu, mais il est rare, où à des variantes de B autres que des omissions B£ oppose la bonne leçon: v. 4246, 10825, 11935, 11291-99, 11827-28, 12091, 15719, etc.
Bi n’a de B que les variantes qui se trouvaient chez un ancêtre de Bi; quelques exceptions apparentes disparaissent devant un examen attentif : le v. 4157 est dans B, y compris Be, Bien m'avroil maufez esbahi, pour M. m'a. b. envaï; Bt a connu la leçon de 2,
(1) On trouvera plus bas d’autres variantes spéciales à Bi et Bt. (2) Les v.11237-38, déplacés dans B, sont omis dans Bt.
puisqu'il l'a combinée avec une autre : B. m'a. m. envay ; cependant, Bi a la leçon des groupes de IT : Maufé m'avroient envahi, mais cette leçon n'était pas celle de l'ancêtre de Be-Bi, comme l’atteste l'accord de Be avec B. Dans le tableau que j'ai donné (p. 381) des variantes de Z entre les v. 11316-27, B£ parait suivre B& (Ba fait ici défaut), plutôt que Be-Bi, mais c'est parce qu'il a comblé, comme il l’a fait en main'ts autres endroits, une lacune de Be-Bi, en empruntant les v. 11323-96 à la leçon commune. La même explication rend compte du cas suivant : B tout entier remplace au v. 11596 Les secrez as genz par Les confessions, et ajoute deux vers entre 11596-97 : Ou par paroles bien ouvertes (Bi: couver- Les) Ou par autres (Bf: aucuns) signes couvertes (Bi : ouvertes); en outre Be-Bi modifient les v. 11597-98 (1), puis suppriment les v. 11599-640 ; B7 a les deux vers interpolés dans tout B, mais il ne change pas les v. 11597-98, ni ne supprime les v. 11599-640 ; je crois que le ms. de B suivi par B avait bien ici, comme dans les cas précédemment signalés, les variantes de Be-Bi, mais des quatre vers qui y tenaient la place des v. 11597-640, le compilateur n’a emprunté que les deux premiers, les deux autres ne différant que par la rime des v. 11397-98 de la leçon commune, et d'ailleurs n'ayant pas de sens (2).
Ce n’est pas une autre version seulement qui se trouve combinée dans B{ avec celle de B ; plusieurs groupes y sont représentés ; je ne donnerai que quelques exemples de ces emprunts : variante de J : v. 4801-92 (3; ; variantes de J, À : v. 5441-42 omis; v. 8711 a fin (Bi), enfin (J, K), pour enclins ; variantes de Z, dont la plupart, mais pas toutes, se retrouvent dans M: v. 8256, 8654, 10066, 11311, 11936, 14003-4 (omis), 14134, 14169-74, 14260, 14516, 14452, 14667, 14924, 15015-16, 15043, 15462, 15488, 15554, 15573, 15579, 16018, 16156, 16493, 16750, 16761-62 (omis), 16858, 17018, 17308, 17818 ; variante de M, N : v.15804 Et engins de maintes manieres Grans caîllous de plaisans pierres Qui valoient miex que pierres, pour Granz chaillous de pesanz prieres ; variantes de Æ : v. 17346, 17382, 17412, 17538 Qui si est toujours terminee (Bf), Qui ainsi
(1) Voir ci-dessus, p. 391.
(2) L'auteur de Ju a procédé de même.
(3) Voir, plus loin, l'étude de J. Dans Bu, ces deux vers sont ajoutés à la leçon commune.
soit determinee (K), pour Ainsi otroi je destinee; variantes de K, M:4 vers entre 15764-65 ; v. 16484, 17345, 17386. Bu, Bu Ces deux mss. sont unis l'un à l’autre, entre les v. 8015 et
42030 environ, par des traits spéciaux dont je citerai quelquesuns seulement; on en trouvera de plus importants dans la comparaison de ces mss. avec d’autres : v. 8015 Non neës a poi que vestir, . pour Ne que chaucier ne q. v.; v. 8083 Que se ses oùlz bien i (Bu), Et quis. ieus b. t(Bu), pour Que linæ se s. 1. 1; omission des vers 8189-90 ; v. 8654 aloit, pour saveit; v. 9330 Et tisse chate a maqueresse (Bu : quate m.), pour Maquerele et charaïeresse ; v. 9563- 614 omis; v. 9918 Qui par verluz font granz aumosnes, pour Q. seur ©. fondent leur bones ; x. 10160 espesses lees (1), pour espes semees ; V. 10168 Jaunes, pour Joues ; v. 10565 Thopinel, pour Chopinel; v. 10934 Et noz anemis, pour Æt que ja nul n'en; \. 11081-82 placés après 11064; v. 11079-80 intervertis ; recommandation de ne pas lire à tout le monde les v. 11223-980. Ce conseil est placé dans Bu entre les v. 11229-93 (2) :
Ce qui s’en suit trespasseroiz a lire
Devant genz de religion et
Mesmement devant ordres
Mendiens, car il sunt sotif et
Artilieus, si vous porroient
Tot grever ou nuire ;
Et devant genz du sicle, que l’en les
Porroit mestre en erreur,
Et trespasseroiz juques a ce chapistre
Ou il commance ainsi :
Faus Semblant dit Amours a moi.
Dans Bu, l'avis est placé entre les v. 11227-98 :
Istud sequitur.
Ubi vides volucrem cornutam,
Transeas te totum,
Karissime amice ; propter nefandissimos Peccatores terre, ministros
Parisienses Antichristi, usque ad locum illum :
(1) Aussi dans Jo.
(2) C'est à tort que Méon, qui l'a reproduit d'après ce ms., sans le désigner, dit que les vers visés sont omis. | \
Faus Semblant dist Amors di moi,
Ubi similiter invenies volucrem similem ; Nec confideas in aliquem, quia nec
In fratre quolibet confidendum est (1).
Un avis semblable précède dans zw, comme dans Bw, le v. 11998 :
Isto loco, scilicet : Ci se vielt
taire Faus Semblant, etc,
usque ad locum illum : Faus
Semblant, dist Amours, di moy,
ete., ubi tu invenies hoc signum (2),
quidquid interim continetur,
nulli communices ; quicquid
verê (sic) precedit et sequitur, potes quibus volueris communicare secure.
Les derniers mots «quicquid vero precedit.…. potes quibus volueris cCommunicare secure » ne sont évidemment pas à leur place à la suite du chapitre interpolé, le plus dangereux de tous. Lorsque la recommandation a été introduite pour la première fois dans un manuscrit, on n’a pu la placer immédiatement devant le v. 11993 que si le chapitre interpolé ne s'y trouvait pas ; si ce chapitre existait, c'est devant lui que l'avis a dû être inséré. Bu, ou l’un de ses ancêtres, a supprimé le chapitre interpolé (cf. Ac, p. 358), et l’avertissement de ce fait s'est trouvé devant le vers 11293; : ou l'un de ses ancêtres, en reprenant le chapitre apocryphe, a eu le tort de le placer avant cet avertissement.
Entre les v. 11480-81, Bu et Bu reproduisent, sans aucun dessin, les mentions des mains corporelle et spirituelle (3).
Après le v. 12030, les rencontres de Bu avec Bu sont plus rares, et peut-être fortuites : v. 13202 s’es{ pointe, pour l’apointe ; v. 14235 En court, pour En teil (4).
Toutes les variantes communes à Bu et à Bw qui viennent d'être notées, sauf celle du v. 10934, correspondent à des passages qui
(1) Le signe annoncé dans Bû (volucrem cornulam) ne se trouve ni au début, ni à la fin du passage visé; cette note est donc reproduite d'après un ms. antérieur. La disposition de ces notes, introduites dans les colonnes du texte sous forme de vers, attirait moins les yeux de ceux qu'on craignait. L'avis de Bà a été connu du copiste de Ac (voir ci-dessus, p. 358).
(2) Aucun signe dans le manuscrit.
(3) Voir p. 354, n. 2.
(4) Jo, Jl : En four.
manquent dans Zi; les passages correspondant à celles des v. 10160, 10168, 10365 manquent aussi dans Ze. Il est donc impossible de dire sile texte de 25, à qui Zu et Bù sont apparentés, n'avait pas, avant de subir des coupures, un certain nombre de ces variantes.
Dans l'étude de Z, j'ai noté des variantes de cette famille adoptées par Bu et Bù et mêlées aux leçons d’une autre version; tantôt un texte est substitué à un autre, tantôt deux textes d’origine différente sont juxtaposés. Entre les v. 8015-12030, les relations de Bu et celles de Zù avec B sont naturellement les mêmes. Des exemples de juxtaposition de deux leçons, dont celle de Z, dans Buw-Bù sont signalées p. 360, n. 3, 4,5, p. 366, n. 2, p. 367, n. 5, p. 381 (tableau), p. 384, n. 1, p. 385, n. 1. J'en mentionnerai encore un; dans Be-Bi, les v. 10141-92930 sont remplacés par deux vers : Car Se le chemin voulez sivre, De lout bien vous verrez delivre, qui relient habilement le v. 10140 au v. 10931; Bu et Bu ont à la fois les v. 10141-230 et les deux vers de Be-Bi, qu'ils ont intercalés entre les v. 10232-33, au milieu d’une phrase qu'ils coupent. Un de leurs ancêtres, qui avait les v. 10141-930, a reçu en marge les deux vers de Be-Bi; ensuite, un scribe les a incorporés au texte sans leur donner exactement la place qui leur était primitivement assignée (1).
Le texte de B, utilisé par l’arrangeur de Bu-Bu, est celui que représentent surtout Bi, Be. Dans les additions empruntées à ce texte, Bu, Bu introduisent des variantes qui leur sont communes et qui, par conséquent, remontent à leur ancêtre.
Hors des pages où Bu et Bu sont unis, chacun de ces mss. a encore des leçons de B. Dans B4, elles sont nombreuses ; parmi celles que j'ai relevées en étudiant 2, je signalerai surtout celles qui juxtaposent deux leçons (voir p. 366, n. 3, p. 375, n. 4, p. 392, n. 1, p. 395, n. 3). C'est toujours le texte représenté par Be, Bi, Bé qu'utilise le correcteur, mais, comme chacun de ces trois mss. a altéré le texte de 3, il en résulte que Zu peut avoir des variantes de l'un quelconque de ces mss. pendant que les deux autres ont la bonne leçon. Il arrive même que Bw a des variantes qui ne se retrouvent plus dans aucun de ces mss., mais que leur présence dans Ba prouve être de B, par exemple, la substitution aux v. 14979- 82 des deux vers suivants: En prison par Dieu me melez Vos
(1) Jo et Ju ont la même lecon que Bu-Ba.
aniaus au moins me prestez ; deux vers interpolés entre 44410-114, six entre 15004-5, six entre 15008-9, deux entre 15068-69, etc.
Bu aussi a, hors de son union avec Bu, des leçons de Z: mais elles sont beaucoup moins nombreuses que dans Bw et n'y sont pas venues par la même voie. Bx est avec B, à l'exclusion de Bu, aux v. 4599 (avec Æ, Ri, etc.) ; v. 4884 verriez, pour verreient (avec Æ); v. 15194 (avec J, X, Ri). Deux vers interpolés dans 2, X entre 5382-83 (1) se trouvent à la même place dans Zu; ils sont dans B% entre les v. 5378-79, où probablement ils n’ont été introduits qu'après coup par un correcteur. Au contraire, 26 vers interpolés dans 3, J, X, Ri entre 6916-17 se retrouvent à la même place dans B» et entre 6920-%1 dans Bu. La variante des v. 15645-46 (voir l'étude de 7) montre clairement comment Bw et Bà, suivant des voies différentes, ont pu se rencontrer par l'intermédiaire d'une leçon de B.
Voici un exemple dans Bw, indépendant de Bu, de la juxtaposition d'une leçon de B à la leçon commune, identique à ceux qu'on a déjà vus dans Bu, Bu réunis et dans Bu seul : Bi remplace les vers 15745-50 par quatre vers nouveaux et supprime les vers 15751- 64; Bu donne les vers 15745-64 de la version commune et les fait suivre (2) des quatre vers qui en tiennent la place dans Bi :
Car li (3) senglers si le frapa (4)
Que a (5) ses granz denz le hapa (6)
Adonis (7) a la clere face
Qu'il (8) demoura morz en la place.
De sorte que la mort d'Adonis est racontée deux fois, à quatorze vers d'intervalle.
Ce ne sont pas seulement des fautes de B qu'on peut relever
(1) Cités dans les variantes de A.
(2) De même dans Bi, He, Max, J, K, N, ye.
(3) Bi : El 1. — Car est la leçon de l'interpolateur, comme le prouve le vers correspondant de la bonne leçon : Car li senglers se revencha; de même aux deux vers suivants, la leçon de Bi est moins bonne que celle de 7, Æ, N.
(4) Æ : l'atrapa; Nu et y: : le hapa.
(5) Æ, Jo : Qui a; N : Et a.
(6) JT : d. sih. ; Jo : l'atrapa; Bi : lecoupa; Nu: l'agrapa; ye: le frapa; Bà : O sa g. d. sile h. Les deux premiers vers sont dans Je : Mais lamors trop tost l'atrapa Car li senglers si fort frapa.
(1) Maz: Adonyn; Bi : Oudouins; He : Abdoyn.
(8) Jo : Qui d.; K : Si d.
dans Zu-Bu réunis; en voici qui proviennent d'autres familles : les vers 8205-6, omis dans Æ et Jo, sont placés dans Bw-Bu entre 8209-83, et les v. 8203-4 sont ainsi modifiés : ZLé plusor vous aiment et croient Qui de riens ne vous forferoient, pour ZL. p. t. en moquereient Q. d. r. n.v.secourreient (1); ce déplacement des v. 8205-6, qui manquent dans des mss. apparentés à Bu-Bu, autorise à présumer qu'ils ont été rapportés ultérieurement ; v. 8936 delices (avec X, M, N), pour devices; v. 9181 mouvanz (avec X, L, M, N), pour votanz ; les v. 11987-88, omis dans B, sont placés dans Bu-Bu entre 11984-85. Dans l'étude de J, on trouvera des exemples caractéristiques de fautes communes à J, Æ et à Bu-Bu. Les avertissements qui précèdent les v. 112923-980, les citations latines placées entre les v. 11480-81 marquent entre Bu-Bû et Ac des rapports dont il a été parlé dans l'étude de ce dernier ms.
Lorsque Bu et Bu sont séparés, on relève de même dans chacun d'eux différentes leçons autres que celles de Z. C'est ainsi que Bu fait suivre les v. 4801-2 de la leçon commune des deux vers correspondants de J (2).
Bu a de nombreuses fautes qui se retrouvent dans ÆX et ses congénères M, N, souvent aussi dans J. Il en a déjà avant d'être réuni à Bu (v. 4098, 4108, 4156, 4157, 4166, 4170), il en aura encore après l'avoir quitté, et jusqu à la fin du poème.
Il arrive aussi à Bu d’avoir des fautes communes à Bu et à KX (ou À, J) : v. 15573 et 15579 chascun (Bu, AC, K, L, M, N), pour Cacus ; V.15714 Renarz (Bu, J, K, M, N), Gorpis.(Bu), pour Rengiers; \. 20539-40 omis (B%, X) ; 32 vers interpolés entre 20810-11 (Bù, KX, M, N), etc. Dans ces cas encore, c'est par des voies différentes, au moins le plus souvent, que Bu ë Bü aboutissent au même point.
By
Ce ms. a de très nombreuses variantes de 2, plus spécialement de Bu, qui fait généralement partie de B; ces variantes sont soit dans le texte même, soit ajoutées en marge par le copiste. On verra que celui-ci avait à sa disposition au moins deux mss. de différentes familles, copiant tantôt l’un, tantôt l'autre, mais emprun-
(4) Le passage est omis dans Bi.
(2) Voir l'étude de J. Il est à noter qu'ici “ leçon de J est aussi celle de B#, et que Ju réunit les deux versions exactement comme Bu.
tant toujours des leçons à celui qu'il ne suivait pas immédiatement. By a aussi des leçons de B qui ne se retrouvent pas dans Bu; iln’en résulte pourtant pas nécessairement que le copiste ait connu en mème temps Bu et un autre ms. de B; il a pu avoir un ms. parent de Bu, possédant des leçons de B que Bu n'a pas gardées.
L'interpolation de 6 vers que des mss. de B, à l'exclusion de.Bu, ont entre les v. 43045, a été transcrite, en marge de By, par le copiste ; il en est de même des interpolations que Bw, avec B, donne entre les v. 4414-15, 4420-21, etc. La preuve que le ms. d'où ces additions sont tirées était déjà entre les mains du seribe avant qu'il eût terminé sa copie est fournie par les nombreuses leçons de même origine qui sont entrées dans le corps du texte ; par exemple, par des interpolations entre les v. 6952-53, 7222-93, 10048-49, 10830-31, 11678-79, etc., qui existent aussi dans Bw et dans B.
Nombreuses sont les variantes assurant que le ms. de B connu du copiste était spécialement apparenté à Bu : les %6 vers interpolés dans B entre les v. 6916-17 se trouvent dans By, comme dans Bu, entre 6920-21 ; les 16 vers intercalés dans 2 entre 11803-4 sont dans By comme dans Bu entre 11826-27, etc. Les passages où j'ai signalé dans Bx la juxtaposition de deux leçons différentes se retrouvent tels dans By.
Ce ne sont pas seulement des interpolations que By doit à Bu, mais aussi de simples variantes de mots et même des omissions : v. 8133-34 pleins d'angoisse Qui toutes choses par art f[roisse, pour {out poissant T. c. p. a. froissant ; v. 9655 pour leur grant force, pour par quelque f., ete. Avec Bu, le copiste de By omet les v. 7495-96, 9563-614, 10513-39, etc., puis, d'après un autre ms., ajoute le premier couple en marge, les deux autres groupes sur des fragments de parchemin intercalés dans le volume. Les lacunes de ce genre, correspondant à celles de Bu, sont très nombreuses ; lorsqu'elles ne portent que sur quelques vers, et c'est le cas le plus fréquent, c'est en marge qu’elles sont remplies. Il en est une particulièrement intéressante, celle des vers 12055-56, que le copiste a comblée, non pas en marge, mais au bas de la colonne (après le v. 12081); c'est une preuve que la correction a été faite avant que cette colonne fût complètement écrite, par conséquent, que le copiste avait bien simultanément plusieurs modèles.
Dans les derniers cas qui viennent d’être signalés, le copiste sui-
Univ. de Lille. Trav. et Mém. Droit- Lettres. Tome VII — 26
vait un ms. du groupe Bu, qu'il corrigeait à l'aide d'un autre ms. ; ailleurs, c'estce dernier ms. qu'il suit, en ie Corrigeant avec un texte du groupe Bu; c’est ainsi que du v. 12571 au v. 16009, By a la plupart des fautes de Z, mais pas toutes; les unes ont pu être corrigées avant d’être transcrites, de sorte qu'il n’en reste aucune trace; dans d'autres cas, la correction a été faite après coup, et par conséquent est encore visible ; les v. 14003-4 manquent dans Z; ils manquent aussi à leur place dans By, mais le copiste les a transcrits en marge; les v. 14169-73 sont réduits à un seul dans Z, dans BZ (y compris Bu), au contraire, deux vers sont ajoutés entre 14172-73 ; le copiste de By avait d’abord écrit le vers unique de Z, ensuite il l'a gratté et remplacé par le v. 14169 de B, et a mis en marge les v. 14170-75 de B, y compris les deux vers interpolés. Les deux v. 15015-16 Que servise vous 1 faciez Bien savons que vous ne traciez sont de la leçon de B, mais remplacent deux vers effacés, qui étaient évidemment ceux de Z; les mots rives du v. 15635, z ot du v. 16769, porcions du v. 16904, remplacent des mots grattés, qui ne pouvaient être que termes, ot si, parties, de Z. Très souvent, tout en gardant la leçon de Z, le copiste v ajoute en marge les interpolations de Bu. Les fautes de Z restent donc encore très nombreuses, surtout entre les v. 12571-16009, sans compter celles du même groupe qui existent dans Bu.
B remplace les v. 5793-98 par six autres vers (voir p. 375), dont deux ne sont autres que les v. 3807-8: on a vu (p. 373, n. 1) avec quelle maladresse les deux versions sont réunies dans Bu; By a, lui aussi, juxtaposé les deux leçons, mais plus intelligemment : il a gardé les v. 5793-96 de la version commune et les a fait suivre des deux premiers vers de B : Or te dirai que tu feras Par mon Los dès or m'ameras ; pour les v. 5197-98 il a adopté la version de 2: Se tu vues metre en moi l'entente Voi me ci vierge bele et gente; mais entre ces deux couples il a supprimé les deux v. 3807-8, qui se retrouveront à leur place primitive.
Le chapitre apocryphe des privilèges de Faux-Semblant n'est ni dans Z, ni dans B, ni dans Bu (1). Il manque également dans By, mais une note au bas du feuillet dit : C4 faut li privileges des freres, qui esl à la fin dou livre escris. Gette note peut n'être
(4) Il n’est pas certain qu'un ancêtre de Bu ne l'ait pas eu. Cf. la note insérée dans ce ms. entre les v. 11222-23.
pas du copiste, bien qu'elle lui soit contemporaine, mais c'est bien le copiste qui a transcrit le chapitre à la fin du volume (1).
By à aussi, surtout au début, des variantes de X (2) qui ne se retrouvent ni dans Bu ni dans Z : v. 4098, 4137-38 (omis : ajoutés en marge de By par le copiste), 5250, 6439-62 (omis), etc. Néanmoins ce n'est pas à Æ qu'il doit le chapitre sur Faux-Semblant.
Il ressort amplement de ce qui vient d'être dit que By ne peut être d'aucune utilité pour la restitution du texte.
Bo, B6, BÔ
Bé ayant été rattaché à B, il convient d'examiner immédiatement à la suite de ce groupe Bo, B6, B6, qui sont apparentés de très près à Bé et qui, avec lui, sont souvent alliés à B.
Bo, B6, B6 ont les variantes précédemment signalées dans Z et Bê aux v. A157(3), 4170, deux vers interpolés entre 4228-29, v. 4246 (4), 4271, 4338, deux vers entre 4414-15, v. 4418, deux vers entre 4420-21, dix vers entre 6946-57, v. 7039-46 intervertis, 7841- 42 omis, 7863-66 modifiés, quatre vers entre 7876-11, v. 1893-94 intervertis, v. 8848, 9649, deux vers entre 10048-%9, quatre entre 10422-%3, v. 10425-26 omis, six vers entre 10518-19, v. 10691-98 réduits à deux, v. 10699-700 changés, v. 10769-70 intervertis, quarante vers entre 10830-31, v. 12246, v. 12369-70 intervertis.
Tous trois ont cependant la bonne leçon contre B et Bé aux v. 4183 (5), 4236, 5338, 5434, 5810, et surtout après le v. 11566: aucun d'eux n’a les interpolations de B, Bé entre les v. 11368-69, 11678-79, 11790-91, 11903-4, ni les variantes des v. 12340, 13015, 13306, 13358, 14424.
Chacun des trois mss. peut être, sans les deux autres, avec B et Bé : B6 seul est avec B et Bé aux v. 10750, 10820; Bo seul aux v.
(1) Voyez p. 430.
(2) Sans compter l'interpolation de 52 vers entre les v. 20810-11, qui existe aussi dans Bu.
__ (8) Mais Bo, B6, B6, de même que Bi, ont envai de la leçon originale au lieu de esbahi de B et Bëé.
(4) Avec Jamais, qui se trouve aussi dans Bé et Bi, au lieu de Ja tu des autres représentants de B.
(5) A la vérité, Bô change complètement ce vers : Mauvestié ce m'est vis feroie, pour Ne ferai mais (B, Bê: Plus n'en ferai) car tort avreie.
4190, 6624, 7199-200 (placés entre 7206-17), 7201-2 (omis), 8751, 40496 (4), 10722, 10747-48 (omis), deux vers interpolés entre 11254-55, v. 14996. B6, aux environs du v. 11000, abandonne définitivement le groupe, B6 le quitte momentanément après le v. 19370, de sorte qu’alors Bo se trouve souvent sans ses deux congénères avec B et Bêé : v.12413-16, 12423-926 (omis), 12448, 12452, 12455-56 (omis), 12474, 12479-80 (omis), 42304, 19505, 12508, 12513-14 (omis), 12521- 24 (omis), 12527, 12529-30 (omis), 13584, 14458. Aux v. 15711-12 (omis), 15774-76 (omis), 15719, 15803, 15805-6 (omis) (2), B6 est de nouveau avec Bo et B, Bé.
Déjà avant que B6 eût quitté Bé, Bo et B6 ont pu se trouver sans lui avec Bé et B : v. 1809, 10949-50 (omis), 11013-14 (omis), 11048.
D'autre part Bo, B6, B6, réunis ou isolément, peuvent avoir des variantes de B, pendant que Bé a la bonne leçon : c’est ainsi que tous trois ont, sans Bé, l’interpolation de B entre les v. 1390-93; de même B0,B6, sans Bé, sont avec 2 aux v. 5487-88 (omis), 6531 ; Bo, B6 au v. 12057, et encore à l'extrême fin du poème : six vers entre 21082-83, deux entre 21754-55 ; B6 seul aux v. 4300, 12055-56 (omis); B6 seul aux v. 5361-62 (omis), 6585, 6586, 10259-40, 13654.
Beaucoup plus nombreuses sont les variantes communes à Bo, B6, B6 et à Bé, qui ne se retrouvent pas dans Be. J'ai signalé en notes, dans l'étude de B, l'interpolation placée entre les v. 6900-901 (p. 371, n. 1). le rejet des v. 7133-84 après le v. 7152 (p. 380, n. 11); il serait inutile d'en donner d’autres exemples.
Bo, B6, B6 participent donc à la plupart des alliances de Bé avec différents groupes (3). Pourtant, aucun d'eux n’a, avec Bé, le chapitre interpolé des privilèges de Faux-Semblant : c'est Bé seul qui à ici quitté le groupe.
B6 semble avoir quitté Bé et Bo après le v. 19870, mais il se retrouve déjà avec eux v.15844-45 (omis), v. 18924 12 escommurent (Bo, B), li esco murent (Bé), pour E con esmurent, v. 15015-16, etc. Dans l'intervalle, B6 a omis les v. 13495-744.
2 QE BôÔ a une variante qui lui est spéciale : tourne, pour met (B, Bé, B6 : ivre).
. (2) Dans B6, les v. 15805-80 sont copiés à la suite du v. 45820, d’une écriture différente de celle du reste du ms. La première écriture reprend après le v. 15880, avec le v. 15877, de sorte que les v. 15877-80 sont répétés avec des variantes. ;
.(3) B6, ayant omis les v. 4301-4, n’a pas la variante des v. 4301-2, commune à Bé, Bo, B6 et J.
B6 est encore avec Bé, mais peut-être par hasard, au v. 41037 : escaloigne (1), pour coutel troine ; mais on a vu qu'auparavant déjà il pouvait avoir la bonne leçon contre B, Bé et Bo, B6; dans la suite, il n'aura plus qu’exceptionnellement les fautes de B, dans des rencontres où probablement il est amené par d'autres intermédiaires que Bé et Bo, B6.
Au v. 9303-4, BG est avec N. Depuis le v. 11057 jusqu'au v. 19562, où il est entré décidément dans le groupe Z, il est difficile de le rattacher à aucune famille, parce qu'il a généralement la bonne leçon ou des variantes qui lui sont personnelles : on a vu cependant que, même alors, il présentait encore quelques fautes de B; il en a aussi quelques-unes, mais peu caractéristiques, de Z : v. 11922 de nulli, pour d'ome nul; v. 16009 freuvent, pour freuve ; v. 16761-62 omis. Du v. 19562 au v. 21080, il a à peu près toutes les fautes de Z, par exempie, v. 19562, 19611, 19630, 19919, 19945, 19965, 19994, 20013, 20183, 20198, 20214, 20215-16, 20430, 20467, 20520, 205925, 20660, 20823-24, 20905, 20938, 20971, 21080; il n'a cependant pas celles des v. 20242, 20249 ; et en revanche, aux v. 19935, 20607-8, 20613, il a les variantes de X. Après le v. 21080, il cesse d'être avec Z; entre les v. 21116-17, il reproduit les v. 21109- 19, mais avec, au premier, la variante de Be, Bi; v. 21249 il remplace par nule par d'aucune avec K ; il intercale entre les v. 1752-53 deux vers avec Æ, Be et d'autres mss. altérés.
Dans le poème de Guillaume de Lorris, Bi, B?, Bu, Bo, B6, Bô formaient un même groupe G ; on vient de voir qu'ils se rencontrent souvent aussi dans le poème de Jean de Meun. Les éléments dont leur texte est composé dans la première partie sont peut-être les mêmes qui se retrouvent dans la seconGe, mais combinés dans des proportions différentes ; à eux s'est joint B#. y», qui était (sous le nom de G#) plus spécialement uni à Bu (appelé Gu), s'en est séparé : il n’a cependant pas perdu tout contact avec son ancien groupe; li se retrouve notamment avec Bo, B6 aux v. 43012, 9156-57, 15015-16.
L'accord intime qu'on a constaté pour la première partie du roman entre Ca et Ce se maintient pour la seconde partie jusqu'au
(4) Aussi dans Ca, Tou.
v. 19360 environ, puis entre les v. 12680 et 14492. J'en citerai seulement quelques preuves : v. 4060 Desesperer je (Ca), Desesperrai je (Ce), pour Desespoir las je; v. 4070 Qu’ele, pour S'e.; . 4076 De quoi, pour Dont el; v. 4103 maistire, pour malire ; v. 4106 En cui touz mes pensers, pour Qu'en trestouz m. p.; V. 4143 quant je le cruch, pour et el me crut ; v. 4188 Tant que je puisse deservir, pour Se je vueil son gré d.; v. 4189 ne soient, pour sereient ; v. 4216 À lui me voeil rendre confès, pour Senz repentir me [az e.; v. 4240 l'autre jour, pour bien le j.; entre 4258-59 deux vers interpolés : C’Amors porte le gonfanon Car plus ne me dist de son non, etc. Cette union dure jusqu'au v. 12360 environ : v. 12299 Et bien souvent, pour Et cis.; v. 19314 N'amijamais, pour J. &.; v. 12390 puet, pour poist; v. 19340 Les, pour Zi; v. 19341 sont, pour seit ; v. 19346 plus grant pec, pour plus pitié ; v. 12358 De ce, pour Et ce. Mais bientôt après le v. 12860 Ce quitte Ca pour s'unir à Be.
Déjà les v. 5685-88 sont omis dans B (1) et les v. 5685-90 dans Ce; mais une simple omission, même de quatre vers, est en général . peu significative, et dans ce premier rapprochement, tout-à-fait isolé, on peut ne voir qu'une coïncidence fortuite (2). Au contraire, à partir du v. 19363, il n’est pas douteux que Ce fasse partie de la famille B, plus spécialement uni à Be. Voici quelques témoignages de ce groupement de Ce avec B : v. 19363 Car bien vrais repentans ja îert, pour C. verais r.ja (Ca: en) t.; v. 12369-70 intervertis ; v. 12379 Dormans el ivres, pour Z. et d4.; v. 12399 Après, pour Contre ; v. 19393 Si l'assaillirent trestuit, pour Si l’assaillent tantost tuitl ; v. 12409 Ja ne vous venons nous pas prendre, pour Nous ne venons pas pour vous p.; V. 12405 ofrons, pour ofrir, etc. Dans les exemples suivants, les fautes sont spéciales à Ce, Be, à l'exclusion de Ba : v. 1213-16 réduits à deux vers : Bel Acueil de prison giler Qu'il soit renduz senz respitler (3); v. 12450 Male Bouche li fel (Be : bel) flateres, pour M. B. li fleütierres; v.12453-56 omis ; v. 12482 K{ n'i face rien, pour Ne ». n'if.; v. 12490 ci (Ce : i) venismes, pour empreismes ; v. 12499 Aïnçois prent souvent,
(1) Pour plus de simplicité, dans les lignes qui suivent, je prends uniquement Ba et Be comme représentants de B.
(2) Tou a supprimé les mêmes quatre vers.
(8) Je m'abstiens, lorsque ces variantes se retrouvent dans des succédanés de Be, de l’mdiquer.
pour Ainz p. bien ou teil; v. 19500 Zarris, pour erbiz:; v. 19304 Vous rez une eure, pour U. e. alissiez, etc. Cette situation de Ce vis-à-vis de Z et de Be dure pendant 300 vers environ ; au v. 12675, Ce a encore avec Be seul atendre, pour aprendre; entre les v. 12676-77 il intercale avec Be deux vers : Onc ne veistes si joli, Plus renvoisié ne plus poli; le v. 12677 est le dernier où se manifeste cette première union : Les fleurs en olent, pour Dont 1. f. 0. Ce revient ensuite à Ca et reste avec lui jusqu'au v. 14492 environ (1) : v. 12713 s’ele demande, pour s'el le me d.; v. 12718 El se demande bien espondre, pour Ou quelque mençonge respondre, etc. Au v. 14493, Ca et Ce ontencore en commun S% vaut, pour Si vont. D'autre part, Ce n’a pas encore les fautes de 2 aux V. 14454, 14466, 14490 ; mais entre 14498-99 il intercale, avec lui, les v. 14509-10. Depuis lors, jusqu’à la fin, Ce se retrouve avec B et plus particulièrement avec Be dans les mêmes rapports où nous l'avons déjà vu précédemment. Mais il est de plus en plus altéré par des grattages et des surcharges, au-point. qu'il finit par devenir difficilement utilisable. D'ailleurs, à partir du v. 20788, la copie est d’une seconde main, moins ancienne que la première.
En résimé Ce est avec Ca pour les v. 1-19360, 12680-14492 environ (2); pour les autres, il est avec Z, plus spécialement avec Be (3).
Si Ce quitte à certains moments sa famille pour entrer dans une autre, Ca, de son côté, en faitautant. Il n'a pas la conclusion apocryphe qui est ajoutée à la première partie dans Ce. L'ancêtre des deux mss. l’avait-il? ou est-ce Ce qui l’a empruntée à un autre ms. ? Les deux hypothèses sont également soutenables.
Min, qui a des attaches avec C, et plus spécialement, si je ne me trompe, avec Ca, a laissé en blanc la place du v. 9498 ; ce même vers est remplacé dans Ce par une banalité de copiste : Et de che point ne le faigne, pour Si con la lei les acompaigne. Si cette coïncidence n’est pas fortuite, l'ancêtre commun de Ce et de Min, par conséquent aussi de Ca, avait une lacune d'un vers, que Ca
(4) Cependant Ce est avec Be au v. 13447 Tant en engloulent et entonent (Be), T. eng. tant en e. (Ce), pour Et t. a grans gors en e., et au v. 13921 conneüe (Be), counule (Ce), pour couvoiliee.
(2) Ce, avec X, L, donne au v. 9175 felon, pour fol et.
(3) Au v. 15554, il a la variante de L, M, N.
n'a pu combler qu'en s'aidant d’un autre ms. Quelques pages plus loin, on peut constater, cette fois avec certitude, un emprunt important fait par Ca à une autre famille, celui du chapitre apocryphe sur Faux-Semblant, intercalé entre les v. 11222-23 (1). Ce ne l'a pas; comme son copiste n'avait aucune raison de le supprimer s’il l'avait trouvé dans son original, il est clair que c'est Ca qui l’a introduit dans son texte en l'empruntant à un tiers. D'ailleurs, Min ignore cette interpolation.
C'est sans doute par hasard que l'interversion des v. 12399-400 est commune à Ba et à Ca.
Lorsque Ca est séparé de C, il semble avoir gardé les relations que C'avait antérieurement avec £b, He, B, relations dont on trouvera plus loin des attestations. Ca est avec Eb, He: v. 14516 Qu'il (aussi dans Be, Ce), pour C&; v. 18003 enseller (aussi dans Be), pour ateler ; v. 18579 la majeste (aussi dans Be, Ce) (2), pour l’almageste ; v. 18609 dient, pour die. Avec Eb : v. 15320 Bendee, pour Bordee; v. 15329 en bruiere (aussi dans Be, Ce), pour en Bîere; v. 15431 tachiee (Ca), cachiee (Eb), pour chargiee ; v. 15469 use, pour ruse (He : muse); v. 15810 En la, pour Par la ; v. 19175 cercle, pour siecle; v. 19854 de felonie vanteresses, pour Des felonies vencheresses ; v. 20099 set, pour peut. Avec He : v. 19619 Zi maus (He : mais) Male Bouche ja dis, pour Feu (5) M. B. de jadis: v. 14545 consaudront, pour assaudront ; v. 14578 Que pis disoit, pour Qu'il d. plus; v. 14713 œvÿ saus ou vint, pour x livres 0.v.; v. 14714 Car adont, pour C. mout bien; v. 14716 Aw mains se donner ne peuisse, pour Neis se rendre n. p.;v. 14178 Si grant honneur que le (4), pour Tant d'o. q. vous le ; v. 1481 a ses paroles, pour a noz p.; v. 1599 de motn'en mentirai (5), pour de riens n’e. m.; v. 15590 voz armes, pour ces &.; v. 15661 et 15767 Citrion, pour Citheron; v. 15663 Cütrions (Ca), Chilrions (He), pour Citherons; v. 15671 Abdonis (Ca), Abduins (He), v. 15131 Abdonis (Ca). Abdoins (He), v. 15748 Abdonis (Ca), Abduin (He), pour Adonis; v. 151734
Eb: Fel.
Aussi dans Bû4.
5) Aussi dans Ba.
Otroioit tout, pour T. o.; v. 15808 verges pelices, pour v. pleices ; V. 15848 je les confondisse, pour toux L. c ; v. 15966 pechiés, pour pieces ; v. 15981 D'espines, pour D’espices ; v. 16084 D'alchemie, pour À /Chemie ; v. 16089 sont mises (aussi dans Bâ), pour soumises ; v. 16093 autres (Ca), autre (Ie), pour ent''eus ; v. 16195 tant, pour donc ; v. 16453 Ne sai, pour Si s.: v. 16597 resplendissant, pour refroidissant, v. 16598 adès, pour ici; v. 16964 pais, pour parz; V. 117850 defroter, pour defriper; v. 11934 cercines, pour crelines ; v. 17955 soterel, pour satirel ; v. 18034 Buchayn (Ca), Buchayn (He), pour Æuchaëïn ; v. 18334 Et tant de, pour E. a. t.; v. 18357 Cil qui, pour Ou q. ; v. 18436 carnieres, pour chatieres ; v. 18528 esquient (Ca), eskievent (He), pour estuient; v. 18550 keurent, pour euvrent; v. 187174 pooit, pour vouloit; v. 18782 bourdôn, pour baston ; v 18887 quant 1! est nices, pour s’il estoit n.; V. 19334 Tant que mes estieus (He : hostieus) retenront, pour T. com mes oustiz recevront; v. 19803 Zarrenesse, pour la revesche ; v. 20675 si fort, pour s. haut; v. 20793 encloste (Ca), encoste (He), pour reposte ; v. 21701 je li euc mout en couvent, pour j. !. mis m. e. c. Avec B : v. 15912 Ne les puet ensemble haper (Ca, Ba, Bd), Mais nes p. e. agraper (Be, Ce), pour Nes D. e. conceper. :
Les variantes communes à Ca-et à des groupes de IT sont nombreuses, surtout vers la fin du poème. Il a de Z les variantes des v. 19571-72 (intervertis), 14003-4 (omis), 16018, 17397, 20183, 20450, 20467, 20823-24 (1), qui seront données plus loin dans la liste des fautes de Z, et celles des v. 20537, 20548, 20660, 20661, 20762, 20770, 21248, 21249, qu'on trouvera au bas du texte de mon édition. En même temps, à partir du v. 19459, il est étroitement allié à Æ (et à ses congénères M, N); il en est de même d'un certain nombre de mss. de Z(2); c'est sans doute à un de ces mss. qu'il doit à la fois ses leçons de Z et celles de X.
Lorsque Ca est avec L et X, Min continue à l'accompagner dans les mêmes conditions qu'il le faisait pendant le groupement Ce-Ca.
Mais C était-il lui-même homogène ? Je considère comme fortuite sa rencontre avec Z, M dans l’interversion des rimes des v. 4213-14,
(1) Aussi dans Ac, Tou, Eb.
(2) Voir Lq, Lu, Lm2.
ains que je muire : pour lui deduire, au lieu de p. L. d. : a. q.j. m; d'ailleurs, C a au v. 4218 une variante que n'ont pas Z, M: Toutes voies, pour Et toutes veis. Dans C, les v. 5191-92 sont placés, en dépit du sens, entre les v 5196-97. Est-ce le même copiste qui les a oubliés à leur place et qui les a ensuite repris, ou bien ont-ils été restitués à C par un correcteur d'après une autre copie ? Les deux hypothèses sont également plausibles. Les mêmes vers manquent dans le groupe N; mais, comme ils forment une parenthèse facile à supprimer, on peut considérer cette coïncidence entre les deux groupes comme un effet du hasard, d'autant plus qu'elle est isolée ; il n'y a en effet aucune signification à attacher à une autre faute spéciale aux mêmes mss.: v. 5984 S> savoureuse el merveilleuse (C), Si savourees, si merveilleuses (N), pour Si savourees, si mieleuses.
Eb, He
He dans la seconde partie du roman, comme dans la première, a inséré des additions de Gui. de Mori: 150 vers entre les v. 4544-45, 132 substitués aux v. 4103-14, 310 entre 5588-89, 26 entre 111392-33, 112 substitués à 11159-62, 420 entre 11524-%5, 172 entre 14546-47; mais il semble qu'il ne lui ait pas emprunté d'autres lecons. On peut donc faire abstraction de ces additions.
Eb et He ont de nombreuses fautes communes, dont je donnerai ici seulement quelques exemples ; on en trouvera d'autres dans la comparaison de ces deux mss. avec B et C. v. 4173 Ne me plaindrai, pour Ne ferai mais; v. 4303 Sauveté, pour Caribdis ; x. 4691 par l’une, pour p. nule ; v. 5675 ouir les propres, pour 0. en p.; v. 5815 apere, pour compere ; v. T480 leur. leur, pour eus. teus ; v. 1497 glouton (Ie), larron (Eb), pour amant ; v. 1602 ouvrés, pour wsez; v. 1888 Puis je, pour Peut l'en; v. 8199 Joiaus etdeniers, pour D. e.j.; v. 8594 es tygres (He), asligres (Eb), pour es tiges ; V. 8582 avancier, pour essaucier ; v. 902 Toutes sont, pour S.4{.; v. 9199-200 omis (1); v.9937 donnés, pour prenez ; v. 10496 ivre, pour mel; v. 10995 Comment ceans îes, pour Puis que c. lies ; v. 11085 en romans, pour en rompant, etc.
Voici quelques variantes communes à £b, He et à L; j'en noterai plusieurs autres lorsque je comparerai £b, Heà Bet à C :
(1) Aussi dans Ac, Be; déplacés dans L, M, N.
Eb-Ie-L, : v. 6980 voi ore apertement, pour vois 0. apercevant v. 10144 De fain, pour Dont f.; v. 10249-50 omis ; v. 10936 Et (1), pour Mais ; v. 11754 l’orra (2), pour l’orreit; v. 19700 Or, pour Ou; v. 12733 se remire, pour Le r.; v. 17863 divers, pour devins. — Eb-L: v. 6992 De moi, pour Ne m.; v. 1108 Les veez courroucier, pour l. sentez courrouciez; v. 9218 tolu (3), pour éenu; v. 11992 de nului, pour d'ome nul. — He-L: v. 10565 Clopinel, pour Chopinel (Eb : Copinel) ; v. M311 Recevoient (4), pour Retenetent ; v. 11793 Le chief, pour La clef (5).
Eh se rencontre avec Æ au v. 4432 loe assez plus, pour L. et veul D.
Deux interpolations de Ze compliquent encore sa situation. Avec B d’une part, et d'autre part 7, À, Ri et quelques mss., il ajoute 26 vers entre 6916-17, et des variantes dans cette édition le séparent de Ba,Bd (Be fait défaut), pour l’unir à Bi, Bu, J, K, Ri. Avec J,K,N et d’autres mss., il fait suivre le v. 15764 de quatre vers provenant de Bi (voir p. 399, n.2). Il ne présente cependant pas d’autres traits communs avec les mss. ayant ces deux interpolations.
A partir du v. 18243, He fait dans le texte de nombreuses coupures, les plus courtes de deux vers, la plus longue de 740; il supprime ainsi 2446 vers dans cette dernière partie du poème. Ces coupures ne coïncident que partiellement, et par hasard, avec celles de B1.
Relations entre B, C, Eb, He
Dans C, Eb, He entre les v. 4304-5, dans Ba (et Bd) entre 4302-3, dans Be à la place de 4303-4, on lit les six vers suivants, qui ne remontent certainement pas à l'original :
C’est descordance qui s’acorde, Acordanee qui se descorde, C'est sapience sanz science,
(1) Aussi dans Bâà.
(2) Aussi dans Bû.
(8) Aussi dans Ce.
(4) Aussi dans Ac, Bd.
(5) Je noterai encore quelques variantes spéciales à Eb, La : v. 11584 cointes, pour riches; v. 12217 wueil, pour 0; v. 12928 n'ont cure (aussi dans Ba), pour n'o. garde; v. 13006 con fourmez, pour enfourmesz ; v. 13586 envair (aussi dans Ce), pour assarllir; v. 17160 de traïson, pour d’ocision ; v. 20659 souz Jolivelé, pour s. l'olivete ; à He, La : v. 10262 se peinent, pour s’esforcent.
C’est science sanz sapience,
C’est sens que nus ne puet savoir,
C’est possessions sanz avoir.
Le passage où se trouve cette interpolation est traduit du De Planctu Naturae et les six vers ajoutés n'ont pas leur équivalent dans le texte latin, dont ils interrompent la traduction littérale (1).
La divergence entre Ba et Be relativement à la place de l'interpolation peut être interprétée de différentes manières : ou les six vers nouveaux ont été introduits par un ancêtre de Be, soit comme dans Ba entre les v. 3402-58, soit comme dans C, Eb, He entre 4304-5, après quoi, dans une copie suivante, 4303-4 auraient disparu ; ou ils ont remplacé directement dans Be les deux v. 4303-4 ; ou cette substitution existait déjà dans B, et l'ancêtre de Ba-Ba aurait repris les v. 4303-4 dans un ms. d’une autre famille. La question se complique encore de ce que les v. 4305-6 sont intervertis dans Be et C seuls. Les mss. apparentés à B ne fournissent aucun renseignement: Bi et B& ont la leçon commune ; Bé, Bo, B6, Bt aussi, mais substituent deux autres vers aux v. 4301-2 ; Bu place ces deux vers entre 4302-3 ; B6 omet les v. 4301-4; By a les 6 vers de 2, C,Eb,He,mais ajoutés en marge par le copiste, pour être lus entre 4304-5 (2). Le plus simple est peut-être de supposer que l’interpolation ne remonte pas à un ancêtre commun à B, C, Eb, He; que l'ancêtre de Be, Ba l'avait reçue en marge, empruntée à l’un des autres groupes, et que les intentions du réviseur ont élé diversement interprétées par l'auteur de Ba-B&, et par celui de Be. Mais l'explication la plus simple n’est pas toujours la meilleure.
IL existe quelques autres fautes communes à B et à C, Eb, He ;
mais elles sont peu nombreuses et beaucoup sont insignifiantes. Les voici :
(1) On se tromperait en cherchant la source de ces vers dans le passage suivant du De Planctu :
Instabilis ludus, stabilis delusio, robur Infirmum, firmur mobile, firma movens,
Insipiens ratio, demens prudentia, tristis Prosperitas. .
Ces distiques sont traduits un peu plus bas, à leur propre place : C'est li gieus qui n’est pas estables Prosperitez triste et jolie (v. 131 7-24).
(2) Maz a aussi les 6 vers entre 43045; dans Tow, trois des six se retrouvent parmi d'autres à la place de 4303-4.
B-C-Eb-He : v. 10500 forment, pour griement ; v. 13542 Que fail avra faire failiz (Be, Bd, He), Qu’ele a. fait faire f. (C, Eb), pour Q. faire a. fait si f. (A) ; v. 13600 aide mout (Eb : bien) a nalure, pour aide m.n.; V. 14516 Qu'il, pour Cu, v. 18572 La majeste (2), pour l’atmageste. — Be-C-Eb-He : v. 4990 (3) acroistre, pour aquerre ; V. 9659 Pour ce, pour Que ce ; v..10318 (4) set bien, pour s. tout; v.13350 ne touche, pour n'aprouche.— B-Ca-Eb-He : v. 1384 mal, pour blasme ; V. 8327 Qu'il, pour C’onc ; v. 100584 (3) plaisant, pour poissant. — Be-Ce-Eb-H : v. 1833 A vous n'afierl (Be, Ce, He), N'a v. n’a. (Eb), pour Ne v. a. (6). — B-C-Eb : v. 5116 les gens, pour li ome ; v. 12018 s’armerent, pour s’arment tuil. — Be-C-Eb : v. 5:38 seul, pour viez ; v. 1519-90 intervertis ; v. 7618 en enchierissent, pour leur ench.; v. 8849 Pour moi, pour P. quoi; v. 8932 /or, pour les.— B-C-He : v. 4935 le meillor, pour te meien (1); v. 4316 Pechiés de pardon entechiés (8), pour D. pa. pe.e.; v. 1318 Aucune, pour Qu'a.; v. 8178 Mieuz vaut (Ba, Ca: V. m.), pour M. vient ; V. 9250 hurte (9), pour Lerce ; v. 12262 vous, pour me ; v. 13993 au temps Helene, pour avant H. — B-Ca-He : v. 5536 vivoit (10), pour regne ot. — Ba-C-He : v. 966 pere celestre, pour biaus rois c. — Be-C-He : V. 8146 en mon (Ca : ou mien) cuer viveriez, pour ou mien revivriez ; V. 11015 Leur, pour Les. — B-C : v. 4198 face (1i), pour Zaisse ; v. 4288 fouir s’en veuille, pour f. Le v.; v. 211 Si court (Ca : com, Ce :: Cois) sous piez les lient (Ba, Bä, C), S. c. le 1. s. p. (Be), pour Souz p.s.c.l.t.; v. 6843 ou soit a faire, pour 0. chose a f.; v. 8509 pelez, pour parez; v. 15001 pourrez, pour pourront. — Be-C : v. 5496 dedens (Ba, Büû, He : des deus), pour d'andeus; v. 8103 par dehors monstrent, pour d. demonstrent; v. 8989 Et si seust, pour Seust neis; v.
(1) Ba a la bonne leçon, mais Bâ est avec Be. (2) Aussi dans Ca, L.
(3) Lavune dans Ba.
(4) Lacune dans Ba.
(5) Lacune dans Ba; la variante est aussi dans Z. (6) Ca a la bonne leçon.
(?) Aussi dans partie de L et dans X, M, N.
(8) Aussi dans Tou, M.
(9) Aussi dans Tou, L. | (10) Changement introduit dans différents mss. par des copistes qui ne connaissaient pas l’imparfait en -ot.
‘ (41) Aussi dans X, M, N.
10736 sorent, pour sol; v. 11548 trestouz les plument, pour Touz vis L. p. — B-Ca : v. B361-62 omis (1); v. 582 bones gens, pour povres g.:v. 6817 Si n’est, pour N' n’e. — B-Ce : v. 5685-88 omis dans 2, v. 3685-90 omis dans Ce. — B-Eb-He : v. 8318 se set, pour se peut; v. 8353-54 omis (2); v. 8517 pensans (Be, Eb), pesans (Ba, He) (3), pour presenz ; v. 8108 À (He: Par) conscience bone et ferme, pour Qui redit par sentence f.; v. 8109-16 omis (4): v. 8141 Ses, pour Les; v. 8152 S'onques fame prise n'eüsse (à), pour S’onc f. espousee n'e.; v. 8831 Certes, pour Ceste; v. 9199-200 omis (6); v. 9551 J'abaesse, pour La deesse; v. 19881 Et quant (1), pour Que q. — Be-Eb-He : v. 1498 amant, pour larron; v. 9565 se corurent, pour s’escourserent; v. 15995 la premiere, pour L. commune; v. 16404 remuer, pour revirer. — Ba-Eb-He : v. 5316 Tant soit (Eb omet soit) haut homme debonnaire (Ba, Eb), T.s. haus hom ne d.(He), pour T.s. as omes d.: v. 5659 domages (8), pour d'outrages ; v. 11911 en so’, pour en foi. — Bd-Eb-He : \. 4144 par li mes biens ne cr'ut, pour p. L. b. n. me €. — B-Eb : v. 5463-64 omis; v. 8052 quatre vins, pour q. cenz; v. 11519-80 interverlis ; v. 15362 as fu, pour as ore. — Ba-Büà-Eb : v. 1181-84 omis ; V. 10604 (9) Que nus n'i savra (Eb: sache) que repondre, pour Q. riens ne s’i porra 7". ; V. 12004 Cuidiez que de mal, pour Que d. m. faire; v. 14990 Trestouz, pour Tantost. — Ba-Eb : v. 16576 n'acure d’angles, pour ne quiert pas a.(vers changé dans Be, Ce).— Bd-Eb : v.10135 Lessez / B&), lassés (Eb),pour alez ; v. 10139 chanve, pour chaume (10): v. 15968 (11) enserre, pour enterre ; v. 16178 porroient, pour se porroîit.-— Be-Eb : v. 1809 avant, pour au meins; V. 12014 S'agenouille et si l’en, pour Si s’a. et l'en; v. 12947 Meïismes cele quit pense, pour Meismement C. q. p.;
(1) En se reportant au texte, on verra combien cette faute était facile à commettre.
(2) Bourdon occasionné par le mot jadis, en tête des v. 8353 et 8355.
) Aussi dans Ac.
) Écrits en marge de 4e.
] Aussi dans Z.
] Aussi dans Ac.
) Lacune dans Be.
0) C, He :esteule.
1) Lacune dans Ba.
v. 14589 mot semble, pour leur s.; v. 14136 Li valet, pour Zi vassal; V. 15289 & leur plaisl, pour à Li p. ; v. 1994 l'estoire sainte, pour l’estroite sente (1). -- B-He : v. 5469 Honnissent, pour Ou nuisent; v. 1314 bone renommee, pour male r.; v. 9465 quant se sont entrespousé, pour qg. sont puis e.; v. 9471 Zi demande, pour Zi commande ; v. 13290 desrouz, pour {ouz rouz.— Be-He : v. 909 (2) s'en esbahist, pour s'en esjouist ; v. 12405 offrons, pour ofrir. — Ba-Bû-He : v. 6691-98 omis (3) ; 26 vers interpolés entre
6916-17 (4). — Bä-He : v. 17363-70 omis (5).
Des variantes qui viennent d'être signalées, celles qui sont spéciales à Z, C ne méritent pas d'être prises en considération ; mais parmi celles qui unissent B à Eb, He, seuls ou accompagnés de C, il en est qui ne peuvent s'expliquer sans qu'on admette entre ces groupes quelque relation semblable à celle qu'on a constatée à propos de l'interpolation placée entre les v. 4304-5.
Voici les variantes communes à C, Eb, He, à l'exclusion de B: elles semblent dénoncer une parenté plus directe entre C et Xe qu'entre Cet Eb. On se rappellera cependant que la continuation anonyme existe dans Ce et Eb, et pas dans Xe:
C-Eb-He : v. 6644 li vrais rois (C, Eb), li rois (He), pour li veraïs (6) ; v. 11304 Dou pain pour voir (Eb), D. p. espoir (Ca, He), D. p. pour Dieu (Ce). pour De plein pouer ; v. 11602 Marci(C, He), Marc chi (Eb), pour Mact (1) ; v. 11861 vueil (8), pour veut ; v.12079 pensee (9), pour fumee; v.16131-32 omis ‘10).— Ce-Eb-He : v.4951 renvoiasses, pour renotasses ; V. 10678 le chastel, pour leur c.; v. AAA ouvrer, pour owrer. — Ca-Eb-He : v. 10498 fait chi tenir, pour bee a t.:; v. 10577 nuls hons (Ca, Eb), h. n. (He), pour pas h. -C-He : v. 4332 cendaus, pour buriaus ; v. 5252 Povres el las (He: les) maleürés, pour Peeureus et m.;v. 5656 le vaut envoier, pour Z. fist e. ; v. 5674 as plaintes, pour as plaintis ; v. 5697 Certes
5) Lacune re Ba.
6) Tous ces mss. sont picards, et la rime ois : ais répugnait à leurs copistes. 7) La forme Maci (lat. Mathaeum) était étrangère aux copistes picards.
8) Aussi dans Bû.
9) Aussi dans Tou.
10) Omis aussi dans Ac.
dame bien, pour D. c. b.; v. 5102 estalufree, pour esbaulevree ; v. 3939 brouchon (Ca), brochon (Ce). brocon (He), pour bourjon ; v. 3960 jlourettes (C), flories (He), pour flesties ; v. 6085 con puist soufrir, pour puissent ofrir (passage qui a embarrassé les copistes) ; v. 6091 Les durs, pour Des d.; v. 6634 franches, pour fresches ; v. 6889 onques ne crut, pour onc ne cremut ; v. T4Tl li bouleeur, pour maint b.; v. 1536 En vostre, pour Par ©.; v. 1614 abroiant, pour aspreiant; v. 1181 Coussin (Ca, He), coussins (Ce), pour quarrel ; v. 1184 seoir, pour choeir ; v. 1856 Je li, pour aëinz li; v. 8009 £Æf tant fui, pour Tant con fui ; V. 8506 foles, pour putains ; v. 8561 Creophastum (Ca), Creophastus (Ce), Creophatus (He), pour Theofrastus ; v. 8659 as cans se baillent, pour par eus s. b. ; v. 10139 d’esteule (1), pour de chaume ; v.10341 mes lais, pour mon L.; v. 11066 mainlieigne, pour contieigne : v. 19217 embrachier, pour embacler ; v. 11539 Faus monnoier et (Ca omet et) termineeur, pour Faussonier et termeieeur ; v. 11571 pers, pour bers; v. 12116 elle venoit d'autre gré, pour el v. d'a. degré; v. 13118 La La tendra, pour Lors la t.; v. 13151-52 seduire : a refuire (Ce, He), sa duile : a refuite (Ca), pour sa druige : a refuige ; v. 13241 de Troie, pour de terre; vx. 13294 de femme toule morte, pour de quelque f. m. ; v. 13466 Brisoient, pour Brisant : V. 13552 qu’ait le pié si delivre (Ca, He), qu'elle ail p. si d. (Ce), pour que si le p. d.; v. 1159 d'escorgie (Ca, He), de corgie (Ce), pour de cuir rouge ; v. 14315 l’uevre emprendre (2), pour l'erre e. : v. 14406 Cicide (Ca), Cicile (Je), chertes (Ce), pour Circé. — Ca-He: v. 6392 T'ont tout en caleur (3), pour T’o. lon athanor.— Ca-Eb: v.6359 el es hautesses, pour es granz h.; v. 1878 vostre, pour cest ; v. 8396 Lait tempesté, pour l'air t.; v. 8407-8 en leur latin : chascun matin, pour C.m.:e.l.1.;v. 81789 ensi (Ca), issi (Eb), pour ël si; v. 10641 mes, pour n0z ; V. 14365 jalous, pour vilains.— Ce-Eb : v. 4275 entendist, pour en apreist.
Tou L'auteur du texte conservé par Touw a fait subir au poème de : (1) Bâ, Eb : de chanve.
(2) L : l'uevre prendre.
(3) Ce a une autre faute,
Jean de Meun des remaniements beaucoup plus considérables qu'à celui de Guillaume de Lorris ; en outre, la seconde partie du ms. a perdu 15 ou 16 feuillets ; pour ces deux raisons, pour la première surtout, ce ms. ne peut concourir que dans une mesure extrêmement restreinte à la reconstitution du texte original. C'est d'autant plns à regretter que Gui de Mori avait à sa disposition, selon toute vraisemblance, une bonne version ; la date où il écrivait (1290) autorise à le supposer et les vers de Tow qui ne sont pas du remanieur confirment cette hypothèse. A
Les vers 8115-91 ayant été modifiés, il est impossible d'affirmer que le ms. connu de Gui n'avait pas les deux vers interpolés par IT entre 8178-79; mais on peut inférer qu'il ne les contenait pas du fait qu’on retrouve dans Tow un certain nombre de fautes de I, mais très peu de II.
Tou remplace les v. 4303-4 par les suivants :
C’est descordance ki s’acorde,
C’est pités sans misericorde,
C’est sens ke nus ne poet savoir,
C'est possessions sans avoir,
C’est paine ki trop est joieuse,
C’est felonnie la piteuse,
C’est cartre ki prison souhage,
C’est servirs a poi d’avantage.
Un signe, en marge du ms., prévient que le 2 et le & vers sont de Gui; le 5°, le 6° et le 7° ne sont autres que les v. 4317-18 et 4329 de la leçon commune, omis à leur propre place ; le 1°, le 3° et le 4e proviennent d'une interpolation de 6 vers, commune à B, C, Eb, He (voir p. #12, n. 2). J'ai déjà noté une rencontre de Tow avec B, C, He (et ZL) au v. 9250 (p. 413, n. 9); avec C, Eb, He au v. 12079 (p. #15, n. 9); avec Ca, Eb (et L) aux v. 20893-24 omis {p. 409, n. 1); il est encore avec Ze au v. 20785 Venus s’est adont escourcie, pour Lors s'e. V. haut secowrciee (1).
Tou est avec B aux v. 5328 munimens (Tou), manemens (B), pour {enemens ; v. 6413 Qu'il dit, pour Et d.; v. 8244 fame pour dieu ; v. 12466 Jamais, pour Sachiez ; v. 13711-80 omis ; avec Be seul au v. 13595 Aut as festes (Tou), Voil as f. (Be), pour A geus a f. ; v. 15389-90 intervertis ; avec Ba seul au v. 1890 fondre, pour rompre.
(1) escourcie est aussi dans Eb, Ca, Ce.
Univ de Lille. Trav. et Mem. Droit-Lettres. ToME VII. — 27.
Une rencontre de Tow avec Ca se présente dans des conditions qui prouvent qu’elle est due au hasard : v. 11057 wne escaloïigne, pour un coulel troine (1). Les autres représentants de C (Ce et Min) ont un coup de roigne ; d'autre part, l’auteur du texte de Tow avertit, par un signe conventionnel, qu'il a changé la rime de ce vers.
Mar
Mar suit d'abord N jusqu’au v. 5670 environ ; il a encore de ce groupe les deux vers interpolés entre 5648-49. Ensuite, il fait partie de I.
Ila quelques variantes caractéristiques de B. D'abord aux v. 5793- 98 il fond habilement la leçon commune avec celle de Z (voir p. 375, n. 1). Cette variante n’existe ni dans Bé, ni dans Bi; au contraire les suivantes sont spéciales à Mar et Bé, à moins d’indication contraire : v. 15344 Au villain droit par mi la pance (Mar, Pé),; A, vtoutd. en l:p.\(Ba, Br Bu) D-d0 D mp PE) pour Æt contre le vilain la lance ; v. 15462 Qui mout fu belle (Bé: boine) et bien, pour Belle et bien faite ; v. 15472 preuxz, pour forz; v. 15491-94 omis (avec Be, Bé, Bi); v. 15563-92 omis (avec Be, Bé, Bi); v. 15636 À x jours ou a xx entiers (Mar), À &x j. OU à XXX e.(Bé), pour Entre x j. et xtÿ e.; v. 18643-46 avec Bé, Ba (voir l'étude de J) ; v.15667 et 15670 omis ; v. 15669 À fait son principal concire, pour Fist la s. p. maneir ; v. 15711-12 omis (avec B) ; v. 15772 fist soy (Mar), distsoy (Bé), pour ce dist ; v. 15715-76 omis (avec B); v. 15719 Sa mesnie fist apeler, pour Lors f. s. m. à. ; v. 15803 gietent (avec B), pour drecent; v. 15804 Cü leur en regiettent arriere (avec Be, Bë, Bi), pour Granz chaillous de pesanz prieres; vV. 15805-18 omis (Be omet 15803-10, Ba 15809-10, Bi 15805-26) ; v.15821-26 omis; v. 1839-76 omis ; v. 15877 En l'ost ont fait, pour Lors font en l’o.; v. 15961 Rasin, Costentin, Davienne (Bé : de Vienne), pour Rasi, C.,Avicenne; v.16011-12 intervertis; v. 16132 Sus la desiree tainture, pour Pour blanche oupour rouge t. ; v. 16200 et 16203 Gensius (Mar), Gentius (Bé), pour Zeusis; v. 16244 N'est ne (Bé : pas) si belle ne, pour N'e. si vermeille n.; v. 16263-64 intervertis ; v. 16400 Si J'acole aplaine, pour Si l'ap. et l'ac.; v. 16404 remuer (avec Be, Bé), pour revirer. Cette union
(1) Be : un rain de troine. Cf. p. 419.
(2) Lacune dans Bä.
momentanée de Mar avec Bé peut expliquer quelques autres variantes qui leur sont communes, par exemple celle -du v. 41037 une eschaloïgne (1), pour un coutel troine. Gependant, la rencontre dans ce cas et d’autres analogues peut être fortuite.
Vers la fin du poème, Mar a de nouveau des leçons de B, et cette fois c'est de Bÿ qu'il se rapproche le plus : v. 20955-61 remplacés par un vers nouveau : Pour sembler de gentil lignaige (voir p- 385) ; 6 vers interpolés entre 21082-83 (voir p. 392, n. 6); omission des v. 21087-92 dans Mar, des v. 21085-96 dans Be, Bi; v. 21114 Pour alegier (avec Be, Bi), pour Prest de faire en; v. 2111516 omis (avec Be, Bi); Be, Bi remplacent les v. 21193-98 par les deux vers 21151-32, ainsi modifiés : Li vallez et plus l'esgardoit Et plus et plus lousjours ardoit (Be : Et t. j. p. et p. a.), Mar a les v. 21193-98 de la bonne leçan, suivis des deux vers de Be, Bi, et donne encore à leur place les v. 21131-32, ce que ne font ni Be ni Bi (2) ; v. 21185-$6 La bele Paphos (Be : Pauffos, Mar : Phamos) en fu nee, Par qui bele fu si nommee (Bi), Dont fu l'isle (3) Pasmos nommee(Mar), Qui de beauté fu renommee (Be), pour De Paphus dont ditrenomee Que l'isle en fu Paphos nomee; Y.21187-90réduits à deux (voir p.393, n. 1) ; deux vers interpolés entre 21262-63 : N'est riens (Be, Bi : nus) qui le feu rescousist Se bien rescourre le voulsist; deux vers entre 21270-71: Tant soitnebon(Be,Bi:s.bone) ne couvenable Tout ont commandé aw deable. Ges variantes ne sont pas dans Bé, de sorte que Mar semble être venu à B au moins par trois intermédiaires différents ; cette constatation n’est cependant pas absolument certaine, à cause du manque d'unité des représentants de Z. Hors des passages, relativement peu étendus, où Mar suit B, il reste encore parmi les groupes de I ; il a en effet très souvent la bonne lecon à la fois contre B et contre les différents groupes de IT. mais souvent aussi sa leçon a été modifiée par des emprunts faits à différentes familles, de sorte qu'elle ne peut fournir aucun renseignement sûr lorsque le choix entre deux leçons est embarrassant. Voici des preuves des emprunts faits par les ancêtres de Mar à des groupes autres que B. Une interpolation de deux vers,
(1) Aussi dans Ca, Tou. Cf. p. 418.
(2) Bi omet en outre les v.-21133-34, dénués de sens après le déplacement des v. 21131-32.
(3) L'isle paraît avoir été récrit par le copiste sur belle.
qui se trouve dans M,N et d’autres groupes entre 9156-7 (voir M,N), est placée dans Mar entre 9158-59 ; c'est apparemment une addition transcrite après coup en marge d'un ancêtre de Mar (1). Entre les v. 9894-95 sont intercalés les v. 21435-538, disposés dans l’ordre suivant : 21451-538, 21435-50. Gette interpolation ne provient pas d’une erreur involontaire, par exemple d’une transposition de feuillets; elle s'adapte trop exactement au cours du récit les vers précédents indiquent les moyens de tromper une jeune amie ; les vers rapportés recommandent de s'y prendre autrement avec une femme d'expérience, d’ailleurs, le rejet des v. 21435-50 à la suite du v. 21538 ne s'expliquerait pas par une interversion des feuillets ; il répond au contraire à un plan préconçu. Cette interpolation est donc l'œuvre d’un arrangeur. D'autre part, les v. 21455-538 se retrouveront à leur place, en bon ordre, mais avec des variantes qui prouvent que les deux copies proviennent de deux exemplaires différents.
Mar a le chapitre interpolé sur Faux-Semblant d'après la même version que Ca, AC, Jl, LR.
Il omet à leur place les v. 19209-10, puis les donne entre 19216- 47, mais avec la variante de ZL : Aîns me repens dont je le fis, pour Mout m. r. dont ome f.; or, jamais le ms.ne suit Z; donc les deux vers ont été omis par un ancêtre de Mar, puis rapportés en marge d’après un ms. de Z, et enfin incorporés au texte.
Des variantes de détail, provenant des différents groupes de Il, se trouvent isolées parmi des leçons de I; plusieurs peuvent être attribuées au hasard, mais les autres représentent certainement des emprunts : v. 1006 Tousjours (K, L, M, N), pour Tencier ; v. 1013 Se autrement (Ja), pour Secreement; v. 1029-30 intervertis (X, Ja, Jo) ; v. 1084 ceste (K, L, M, N), pour taire ; v. 8204 aideroient (A), pour secourreient; v. 8313-14 force : enforce (K), pour fourme: enfourme ; V. 8827 Qu'onc (L), pour Qu'il; v. 8936 delices (X, M, N), pour devices ; v. 9726 voie (K, L, N), pour aie ; v. 104144 De fain(K, L, N), pour Dont Faïns ; v. 11014 vueïl (K, L, M, N), pour vais, etc. Il en est ainsi jusqu’à la fin du poème.
(1) Dans Mar lui-même les deux vers ont été de nouveau ajoutés en marge par un correcteur (écriture contemporaine de celle du ms.), qui n'a pas remarqué qu'ils existaient dans son texte deux lignes plus loin ; cette nouvelle addition provient de N, et a la variante {elles pour putes du ms. Nb.
Le copiste du ms. a laissé quelques lignes et l'emplacement de quelques mots en blanc : c’est une preuve qu'il n'avait pas plusieurs modèles à sa disposition et que les altérations qui viennent d’être signalées dans le texte remontent à ses prédécesseurs.
Ki
Le texte de X7 est très bon entre les v. 5442 et 8824 (il omet cependant les v. 6771-72 et 6927-7204) ; malgré qu'il se rencontre avec Ze au v. 6566 (preaus, pour putiaus) et avec Ba, Be au v. 8395 (El es chesnes creus se boutoient, pour Des c. c. s. reboutoient), il n'a pas les autres variantes de ces groupes ni celles de C. Il a aussi la bonne leçon contre les mss. de IT entre les v. 13339 et 14458. Mais il est avec X depuis le début du poème jusqu'au v. 5449, du v. 8824 au v. 13359 et du v. 14458 à la fin du poème. Même dans les parties où il suit X, il peut lui arriver, mais c'est très rare, d'opposer la bonne leçon aux variantes de ce groupe.
Lo
Lo suit le plus souvent Z (du groupe Il); ilen reproduit les fautes dans la proportion de 7 sur 8 : 1l ne les a pas aux v. 4627, 4855, 5010, 5179, 7054, 8055, 8118, 8256, 8645, 8654-55, 9792, 9897, 14003-4, 14134, 14169-73, 14316, 15015-16, 15447, 16184 (1), 16761-692, 19945, 19952, 20183, 20198, 21080.
Il a quelques fautes de X (aussi dell) : v. 8313-14; v.8501-2 inter-vertis; v.15963-64 N'i a cil qui tant puisse courre Qui de mort les puisse rescourre, pour Et ceus q.ne pueentt. c. Nes repuel riens de mort r.; v. 11318, 17333, 17345, 11346, 17349 ; de À, M, N: v. 18999, 18936 : de X,M,N, Be : interpolation de 52 vers entre 20810-11 ; de À, B : interpolation de deux vers entre 21754-55.
Mais ce rapprochement avec Æ ne peut expliquer toutes les corrections faites par Lo à Z, puisque celles-ci portent souvent sur des fautes communes à Z et à X.
La rencontre de Zo avec Be en même temps qu'avec Æ dans deux interpolations qui viennent d'être citées, rencontre qui s’est déjà produite, peut-être fortuiement, dans omission des v.12455-56 (Be, Bé, Bi), ne suffit pas davantage à expliquer toujours la présence
(1) Les v. 15449-696 ont disparu. :
de Lo dans I, car. aux v. 14169-74, Lo est avec I sans .avoir les variantes de B.
Il est inutile d’insister sur la diversité des leçons de ce ms., dont on ne peut tirer aucun parti.
Coc
Le texte de Coc est extrêmement complexe ; il serait très long d'entrer dans le détail de ses variations ; je resterai dans les grandes lignes.
4°. Jusqu'au v. 8745 environ. C'est dans cette partie du poème que se trouvent les deux vers d’après lesquels Coc a été rattaché au groupe [, et cependant on va le voir presque exclusivement dans le groupe IE. Il a pour les v. 4301-2 une leçon qui existe dans différents mss., mais surtout dans des mss. apparentés à B et dans J; comme J, il accompagne souvent Æ, mais, d’une part, il n’a pas toutes les variantes de Æ qui se retrouvent chez les autres représentants de 7, et d'autre part, en certains passages, par exemple du v. 4156 au v. 4250, il a presque toutes les fautes de Æ, le plus souvent en absence de 7. Ces alternances ressemblent beaucoup, pendant les 600 premiers vers, sans être toutefois exactement les mêmes, à celles de Urb. Coc reproduit, entre les v. 4420-21, deux vers de B
- (aussi dans Urb), et quelques autres variantes de la même famille ; c'est peut-être à B qu'il doit de faire partie de I.
2. Du v. 8715 environ au v. 144000 inclusivement, Coc suit assez fidèlement Z.
3°. Du v. 14000 environ à la fin du poème, le texte de Z a servi de base à celui de Coc. Au v. 14134 Coc n'est plus avec Z; dès le v. 14169, il est sûrement avec B ; mais il substitue de temps à autre aux leçons de Z celles de Z, et quelquefois aussi celles de X, M ou N. Le poème se termine avec les 24 derniers vers spéciaux à N.
JD
Jb, bien qu'il n'ait pas les deux vers de Il entre 8178-79, fait cependant partie du groupe 7 jusqu'au v. 11170, ou environ; il y est étroitement uni à Ja, abstraction faite des très nombreuses fautes individuelles de ce dernier ; on relèverait difficilement dans Za une vingtaine de variantes de J qui ne se retrouveraient pas dans Jp.
Du v. 11170 environ au v. 18880 environ, puis du v. 19960 environ
à la fin du poème, il fait partie de Z, avec cependant un certain nombre de corrections. Entre les v. 18880 et le v. 19960, il oppose la bonne leçon aux variantes de II (Cf. Zm?).
Jl
Le copiste de J7 avait d'abord omis, puis a transcrit en marge, les deux vers interpolés entre 8178-79 ; cette particularité me porte à croire qu'il suivait en ce passage un ms. de I, mais qu'il a connu aussi un ms. de IT, auquel il a emprunté les deux vers ajoutés.
Le chapitre apocryphe des privilèges de Faux-Semblant, placé dans de très nombreux mss. de IT entre les v. 11222-93, existe dans Jt entre les vers 11006-7; il ne se trouve à la même place, qui ne lui convient pas, que dans Zæ ; il a les mêmes variantes dans ces deux copies. Que 7 l'ait emprunté à Zæ, ou à un ms. qui le donnait à sa véritable place, il n'en est pas moins l'indice d'un mélange de deux leçons.
En général, J/ suit le groupe J (de IT) et c'est dans ce groupe qu'il sera classé.
Contribution de I à la reconstitution du texte
Mar étant laissé de côté, comme dépourvu de toute valeur, le groupe I comprend À, 2, C, Eb, He, Tou. La famille À est absolument indépendante des autres, et de plus elle n'offre que de très rares variantes individuelles ; c'est elle qui a le plus fidèlement conservé le texte original. Elle est représentée par deux membres : Ab, qui est une copie excellente, contemporaine du poète, et très probablement écrite dans sa patrie ; AC, qui a reçu d’autres groupes quelques contaminations, mais qui néanmoins corrige la plupart des fautes de Ab, ou appuie ses leçons dans les cas douteux. Le concours de Ab et de Ac permet de reconstituer leur prototype À, très proche de l'original. |
Les fautes communes à Z, C, Eb, He, que j'ai précédemment signalées, autorisent à considérer comme étant de même origine d’autres variantes qui sont communes à ces familles, et dont le caractère parait moins évidemment fautif. Il est en tous cas certain - qu'une leçon de À ne saurait être infirmée par le seul fait qu'une eçon différente serait fournie à la fois par 2, C, Eb, He; au con-
traire, une leçon commune à À et à l’un de ces groupes contre les autres peut être a priori considérée comme bonne.
Si les représentants de B sont nombreux, ils sont en général, mème les meilleurs, très peu sûrs. C’est Ba, l'un des moins anciens, qui est le plus homogène ; malheureusement, il a subi d'importantes mulilations dans tout le cours du poème, et son texte s'arrête au v. 16798. Bd ne peut qu'en partie corriger les fautes individuelles de Ba et combler ses lacunes. Be représente une autre branche de B, mais son texte est très hétérogène. Néanmoins, la confrontation de Be avec Ba et Bd permet de reconstituer assez approximativement un très ancien B ; pour cette restitution, le concours des autres représentants de B serait, sauf en des cas exceptionnels, aussi inutile qu'encombrant.
C'estau moins aussi ancien que 2 ;ilest en tous cas du XII sièele et, par conséquent, contemporain de Jean de Meun; ses deux représentants, Ca et Ce, permettent de le reconstituer très exactement jusqu’au v. 12376, puis du v. 12686 au v. 14492 (1). A partir de là, C n'existe plus : Ca n'offre plus qu'un secours peu utile ; Ce s'allie à Be, il peut alors, bien que irès altéré, aider jusqu’au v. 20788, où il s'arrête, à retrouver le texte de Be, que de nombreuses surcharges ont rendu presque inutilisable, mais il ne supplée pas à la disparition de Ba, parce que Be et Ce ne représentent qu'une branche de B, tandis que Ba et Be en représentaient deux.
Ed représente assez fidèlement une ancienne famille ; Ze est un autre descendant du même ancêtre, mais 1l a fait quelques emprunts à des tiers, et en outre beaucoup de ses vers ont été adaptés au dialecte et au goût d’un correcteur picard. L'accord entre £b et Æe permet cependant de retrouver dans la plupart des cas la leçon de leur prototype. Des relations certaines existent entre B, C' et Eb, He, mais il est difficile d'en déterminer la nature ; peut-être C procèdet-il du même ancêtre que £b, Ie, ou plutôt d’un intermédiaire entre cet ancêtre et Ze ; quant aux rapports de 2 avec ces groupes, ils pourraient bien n'être que ceux d’un emprunteur.
Tou a pour base directe un texte antérieur à 1290 ; mais j'ai signalé entre lui et B, C, Eb, He quelques traits d'union certains, qui amoindrissent son importance individuelle pour la reconstitution
(1) Dans quelques cas douteux, on peut consulter avec utilité Min, manuscrit qui combine la leçon de € avec celle d'un groupe de II.
du texte original. C’est là son moindre défaut: il a perdu de nombreux feuillets et, pis encore, son texte. a été en beaucoup d'endroits moditié par Gui de Mori. Malgré cela, comme le remanieur a pris soin d'indiquer les passages qu'il a retouchés, le témoignage de . Tou peut être souvent invoqué.
Je donnerai done au bas des pages de mon édition les variantes de Ab, Ac, Ba, Bt, Be, Ca, Ce, Eb, He, et occasionnellement celles de Tou.