‹ les manuscrits de roman de la roseChapitre 73 sur 141 · ROME. BIBL. DE LA MINERVE B. III · texte numérisé non relu

ROME. BIBL. DE LA MINERVE B. III

Ce ms. a été plusieurs fois décrit, en dernier lieu dans mes

Notices et Extraits des Manuscrits français el provençaux de Rome, p. 301. J'ajoute ici simplement quelques remarques relatives au texte du Roman de la Rose. Le scribe a laissé çà et là des lignes en blanc, quelques-unes seulement ont été remplies plus tard. Le texte a subi des corrections à plusieurs reprises. Le copiste était picard. Il écrit bos (bois), pume (pomme), dieuesse (déesse), viel (vil), plueve (pluie), ceviaus (cheveux), boîn, roinses (bon, ronces), reube, leuwe, ceuwe (robe, louve, couve), foivle, foivlece, honeraviement, amiavlement; 1wans, waignons (gants, gagnons) ; ciunch (cinq); vregier ; dou (du); larmes; -aisse ; on pour le pron. indéf. en, l'en; daarrains; l'é latin entravé est ie à l’atone et à la tonique : fier (fer), tierre, viertu, siervice, siermonné, hiermile, ierminne ; et de même ciercle, descierclé, cierkier, gielee; Ô diphtongué est écrit oe et non we.

ROME. BIBL. CORSINI Coll. 55, K 4

Ce ms. est décrit dans mes Notices et Extraits des Manuscrits français et provençaux de Rome, p. 313-315. Il contient :

4°. — Fol. 1-144. Le Roman de la Rose.

2°, — Fol. 144-170. Le Testament.

FLORENCE. BIBL. LAURENTIENNE. Ashburnham 120

Papier et parchemin : la feuille extérieure et la feuille du milieu de chaque cahier sont en parchemin, les autres en papier; le premier et le dernier cahiers sont de 12 feuillets, les autres de 14; 0,402 sur 0,216, XVe siècle, 104 feuillets à deux colonnes de 50 à 55 lignes. Début du 2e feuillet : Couvortise de l'aulrui prendre. Pas de miniatures, ni de rubriques.

Dans la marge, au bas du feuillet 48 ve, on a gratté une ligne ; entre ce même feuillet et le suivant se trouve un petit carré de papier avec cette note : Monsier V. a Estithac, 19 avril 1348. Estce la transcription de la note effacée ?

FLORENCE. BIBL. LAURENTIENNE. Acq. et Dons 153

Parchemin, 0,242 sur 0,077 (1), commencement du XIV: siècle :

(1) Ce ms. est le seul du Roman de la Rose que je connaisse dans ce format curieux.

989 feuillets à une seule colonne de 45 lignes. Début du 4° feuillet (jadis le 2%): Lor esteutjovenes gens entendre. Nombreuses miniatures.

Fol.1v°:«Æanc romanensem de Amore fabulam,a Guillelmo de Lorris, jurisconsulto et poeta, gallicis versibus, anno circiter 1260 exaratam, ex hereditate Jo. de Menabuonis adquisitam, Ferdinandus III, A.A.M.D.E., Laurentianae bibliothecae muneri dedit, die XV sept., a. 1194, curante Angelo Maria Bandinio ». Fol. 2v°, dans un encadrement moderne, le titre, également en Caractères modernes : « Gy est li Rommant de la Rose, ou tout l’art d’amours est enclose. Manuscript. »

Fol. 3-257. Le Roman de la Rose.

Maintes gens cuident que en songes

Atant fu jours et je m'esveille.

Par la grant hayne diverse

Qui dedens Faux Samblant converse Fu Clopinel aus champs couvert, Pour ce qu’il out voir descouvert (1).

Voici quelques particularités de la graphie du roman : traitement normanno-picard du c et du g latins; ü + consonne > au: faus (fots) ; foit (foi), preut (preu); pleuve (pluie); aubre (arbre); maingier,jovenes, -aige;juige, boiche, aproiche, etc.; dou(du), pau (peu), loursignios (rossignol); que est souvent écrit ques; pour que est toujours remplacé par puisque; l'en par on; iere par estoil; el (pour elle) est évité autant que possible; l’initiale est tou-

. jours majuscule.

Le texte n'a subi que quelques rares corrections, au XIVe siècle. Une correction intéressante est celle qui remplace le mot commencier au v. 1040 par « Ve ». En face du vers 9131, où est mentionné : « Saint Arnoul le signeur des cous », une note marginale, du XVI° ou du XVII: siècle : « Gengoul ». On sait que saint Arnoul et saint Gengoul se partageaient le patronat des maris trompés.

A la suite du roman, on a écrit, au XIV: siècle, le texte qui suit

(fol. 257 vo) : NEA Ceste ewangile ei après De Faux Samblant par mos exprès Le voir raconte et bien le point,

(1) Sur ces quatre vers, voir p. 155, n. 1.

Qui regarder y veut a point.

Lectio vulgates prophetie

Insurget gens que comedent peccata populi, tenentes ordinem mendicum, ambulantes sine rubore, invenientes nova mala, ut sapientibus et Christi fidelibus ordo perversus maledicatur; fortes et sani cessabunt a laboribus et vacabunt occio, assumentes presens exemplum mendicandi. Studebunt enim vinti à (sic) qualiter doctoribus incautis perverse desistant ct cum potentibus innocentem destruant et potentiores seducant. Propter necessitatem vite et mundi delectationem dyabolus radicabit in eis quatuor vicia : adulationem, invidiam, ypocrisim, et detractionem. Adulationem ut eis largius detur; invidiam quin datur aliis et eis non: vprocrisim ut placeant per simulationem ; detractionem ut se ipsos commendent et alios vituperent. Propter laudes enim hominum et seductionem simplicium sine devotione et sine exemplo martirii predicabunt incessanter principibus secularium, abstrahentes sacramenta a vestris pastoribus, rapientes helemosinas pauperum, infirmorum et miserorum, trahentes in multitudinem populi, contrahentes familiaritatem mulierum, instruentes qualiter maritos et amicos blande decipiant et res proprias eis furtive tribuant; tollent enim res infinitas et male acquisitas et dicent : « Date nobis et nos orabimus pro vobis », ut animorum fsic) vicia tergant et suorum obliviscantur. Heu et tollent res miserorum à raptoribus, spoliatoribus, predonibus, furibus, latronibus, a sacrilegis, usurariis, feneratoribus, fornicatoribus, adulteris, hereticis, scisma- Licis, apostaticis, a mulieribus luxuriosis, perjuriis mercatoribus, faisis judicibus, a militibus tyrannis, a principibus contra legem viventibus et a multis perversis ; propter suasitionem {sic) dyaboli et dulcedinem peccati, et vitam delicatam et breve (ransitorium in societatem et dampnationem elernam, omnia erunt eis aperta ; populus vero de die in diem durior erit eis et nequior et expertus erit seductiones eorum, cessabit dare, et cum cessabit dare, tune ibunt cirea domos, fameliti sicut canes rabidi, submissis oculis, contrahentes services sicut turtures ut pane sacientur. Tune clamabit super eos populus dicens : « Ve vobis, filii meroris, vos mundus seduxit, dyabolus infrenavit ora vestra, caro vestra publica, corda vestra sine sapore, mens vestra fuit vaga, oculi vestri delectabantur in vanitatibus, venter delicatus duleia fereula peciit, pedes vestri veloces ad ecurrendum in malum. Mementote eum eratis beati emulatores, pauperes divites» simplices potentes, devoti adulatores, sancti ypocrite, mendici superhi, petitores offerentes, doctores instabiles, martires delicati, confessores lueri, humiles elati, pii duri, dulces calumpniatores, pacifici persecutores, amatores mundi, venditores indulgentiarum, ordinatores commodi, suspiratores crapulosi, desideratores honorum, mercatores domorum, seminatores discordiarum, edificatores in altum, et cum alcius ascendere non poteratis, tune cecidistis sicut Symon magus, cujus per orationem appostolorum (1) ossa contrivit et plaga crudeli pereussit. Sic ordo vester contractus est propter seductionem et iniquitates vestras. Ite doctores perversitatis, patres pravitatis, filii iniquitatis, scientiam viarum vestrarum scire nolumus. » Et reliqua omelia, etc. ;

(4) Il faut sans doute ajouter ici Deus.

Fol. 259r°, des ex-libris effacés et illisibles. Fol. 959vo, des essais de plumes insignifiants, et, de la même écriture, du XV* siècle, les deux « ventes » qui suivent :

Je vous vent le pré qui fueille,

Si pri a Dieu du ciel, belle, qu’il vueille En vostre cuer metre et escrire

Ce que le mien ne vous osse dire.

Je vous vent la pierre de l’ambre, Vostre nature, belle, li resemble, Qui trait la busche et tire a soy, Si faites vous, belle, le cuer de moy.

Au-dessous, d’autres vers, ou des ex-libris, grattés et illisibles. FLORENCE. BIBL. RICCARDIENNE 27175

Parchemin, 0,260 sur 0,184, XIVe siècle, 142 feuillets à deux colonnes de 38 lignes. Début du 2% feuillet : Si com mot vient en remembrance. Une seule miniature, en tête de la première page.

La copie est de deux mains différentes; les scribes, tout au moins le second, travaillaient sur un texte picard.

Le texte finit avec le feuillet 140 ; il est suivi d’une table.

Ci se commencent les rebriches du Rommant de la Rose.

I. De printemps, ou quel touz frans cuers s’esgayent. Avis m'estoit. IL. Des diz ymages la figure Des quex li dieu d’Amours n’a cure. £nz en lemi.

Aucune de ces rubriques, les unes en prose, les autres en vers, ne se retrouve dans le texte.

Au verso du dernier feuillet, un ex-libris effacé. On peut lire encore, du XV: siècle : « Gest libre est a Robert de Becchys (?) de le donfation| ffrere] Joh{an| de Nichole » (de Lincom).

Quelques annotations en italien, du XVe siècle, prouvent que déjà à cette époque le ms. était en Italie, par exemple, Ocio, en face du nom d'Oiseuse (f. 4). Au début de la % partie, un Anglais a écrit en marge celte note : « Ici comencet l'overe mestre Jon de Meoun pour ceo que mestre Gyliam cy cessa son ovére pour ceo q'il ne pout plus fere ou ne vout plus fere. » (XIVe ou XVe s.)

Il manque un feuillet (v. 5947-6098) entre les f. 37-58.

Les corrections et additions sont rares ; le second copiste avait laissé çà et là des lignes blanches, qu'on a remplies plus tard.

188 DESCRIPTION DES MANUSCRITS Aueunes gens dient qu’en songes

Atant fu jours et je m’esveille, Ci faut li Romans de la Rose, Ou l'Art d’Amours est toute enclose.

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