Fol. 127-142. Le Testament
« C’est le Roumant de la Trinité, autrement le Testament maistre Jehan de Mehun..... Explicit le Testament maistre Jehan de Mehun suz Loire, qui parfina le Roumant de la Rose, que maistres Guillaumes de Lorris avoit commencié. Diex haït les ames d’eulz. Amen.
Le scribe qui a transerit les deux poèmes écrit ha (habet), a, fa (habeo, facio), aussis pour aussi, au pour aus — aux, souvent y pour £ ; il marque par une l'hiatus entree et w : ehuw, crehu, dehu ; il fait toujours-£ez d'une seule syllabe, et réduit-eor à - eur.
BIBL. NAT. fr. 1569 (anc. 7604)
Parchemin, 0,272 sur 0,188, fin du XIIIe siècle ou commencement du XIVe, 144 feuillets à deux colonnes de 40 lignes jusqu'au f. 136 inclus, de 43 à partir du f. 137 (nouveau cahier). Début du 2e feuillet : Ci raconte l'amant et dit. Miniatures.
En bas du dernier feuillet : « Robert des Esleu, bon garçon, et qui. faict la ribauderie ».
4°, — Fol. 1-139d. Le Roman de la Rose.
* Ci commenche li Romans de la Rose,
Ou l'Art d’Amours est toute enclose.
Maintes gens dient que en songes
Atant fu jor et je m’esveille.
Explicit le Romans de la Rose, Ou l'Art d’Amours est toute enclose.
La rubrique entre les deux parties du roman est: «Ci dit l'aucteur comment mestre Jehan de Meun parfist cest romans a la requeste mestre Guillaume de Saint Amor, qui le commencement en fist, si ne le pot parfaire. »
d,— Fol. 140-144. Le Jeu de Robin et Marion. Incomplet. Texte
qu'a reproduit paléographiquement M. A. Rambeau : Die dem Trouvere Adam de la Hale zugeschriebenen Dramen ( Ausgaben und Abhandlungen aus dem Gebiete der romanischen Philologie, LVIIL. Marbourg, 1886, in-8°) (1).
Manuscrit picard, d'un scribe inintelligent. Beaucoup de mots sont dénués de sens. De nombreuses surcharges du XVe siècle empéchent souvent de lire la leçon primitive. Nombreuses corrections aussi en marge. Formes intéressantes : /argue, larguesche, laidenguent,etc., boin, pume ; ls est généralement supprimée devant £: ef pour est, lrites pour tristes; souventaussi devant d'autres consonnes : ocure pour oscure ; ou employée devant des consonnes où elle n’est pas étymologique : mestre (metre), lestre. Le z est généralement employé à la finale après un e féminin : { donez, et souvent à l’article Lez ; hormis ces cas, le scribe écrit toujours s: donés. Engrans, jamais, aubespin sont écrits en un seul mot; le suffixe - er est remplacé par - er dans bacelier, seculier, et la rime où figurent ces mots à été modifiée conformément à ce changement : 07 {illorum) à pris ls du pluriel; graignor est remplacé par plus grant,; toutevoies par éout adés ; l'en par on.
Sur une feuille de garde en papier, on lit cette note, que je crois de Méon : « Cette leçon du Roman de la Rose, toute nette qu'elle paraisse, a été transcrite par un Copiste très négligent, qui à tronqué une foule de mots et passé grand nombre de vers. Elle n'est pas des plus anciennes, puisque l'on ytrouve corrompu le passage important relatif à Mainfroi roi de Sicile et à Charles d'Anjou. Toutefois elle est sans doute encore du XIII s., mais des dernières années. » Aux fol. 34v°, 88 vo, 44 vo, des variantes de la même main.
BIBL. NAT. fr. 1570 (anc. 1605)
Parchemin, 0,285 sur 0,210, XV: siècle, 166 feuillets à deux colonnes de 34 lignes (2). Début du 2° feuillet : Quant it ot chanter: sur la raime. Miniatures. Le 1° feuillet a un bel encadrement. Reliure aux armes de la maison de Béthune.
(1) Quelques corrections à cette reproduction sont données dans Le jeu de Robin et Marion, par Adam le Bossu, publié par Ernest Langlois, p. 11 (Paris 1895, in-12).
(2) En numérotant les feuillets, on a passé par inadvertance de 123 à 129, de sorte que le ms. paraît avoir 171 feuillets.
Sur une feuille collée en tête du ms., les armes de Guillaume Choul et sa devise : Souvenir el taire, avec cet eælibris : « Ce Romans est a messire Guillaume Choul, bailly des Montaignes du Daulphiné » (1).
Maintes gens dient que en songes Atant fu jour et je m'esveille.
Explicit hoc totum, pro Christo da mihi potum.
BIBL. NAT. fr. 1571 (anc. 7605?)
Parchemin, 0,255 sur 0,190, XIV: siècle, 146 feuillets à nb or nes de 54 lignes. Début du 2° feuillet ; Pourtret dehors et entaillié. Les miniatures sont enlevées.
Sur une feuille de garde sont collées les armes de Guillaume Bigot, conseiller au parlement de Rouen, vers 1647; sur une autre on lit : CMS. de M'° Bigot 326 ».
Trois copistes différents se sont succédé dans la transcription de ce ms.; les 113 premiers feuillets sont d'une seule main, du XIV* siècle; les feuillets 114-127 sont d'une écriture plus récente, peutêtre du XVe siècle; au feuillet 127 ve, l'écriture change de nouveau. La fin du ms. a disparu ; il s'arrête aujourd'hui-au vers 21622. Les feuillets 114-127 (2) n'avaient aucune miniature; les deux autres parties du volume étaient au contraire richement enluminées, mais toutes les miniatures ont été enlevées, et avec elles de nombreux
vers.
[M jaintes genz dient que en songes
Quant il vit Cacus desmembrer.
Du commencement au vers 16798, où j'ai cessé ma collation, à cause du changement d'écriture, les vers suivants ont été enlevés en partie ou totalement : v. 29-98, 99-103, 142-148, 163-169, 198-204, 999-934, 242-253, 804-310, 323-3929, 406, 418-483, 503-512, 525-615, 622-650, 689-755, 791-1280 (4 feuillets manquent entre les feuillets actuels 7 et 8), 1421-1498, 1794-1801, 1829-1835, 1851-1857,1934-1940, 1963-2094 (un feuillet manque entre 12 et 13), 2817-2823, 3005-3012, 3120-3196, 3277-3283, 3218-3579 (2 feuillets manquent entre 21-22),
(1) Cf. L. Delisle, Cabinet des Manuscrits, I, 355. (2) Le feuillet 114 ne commence pas un cahier.
3639-3645, 3709-3717, 3808-3809, 3965-4062 (un feuillet manque entre 24-95), 4930-4933, 4958-4966, 4855-5126 (2 feuillets manquent entre 30-31), 7229-7280, 8996-9059 (1 feuillet manque entre 59-60), 9728- 10119 (3 feuillets manquent entre 64-65), 10213-10218, 10247-10362 (1 feuilletmanqueentre 65-66),10420-10426, 10578-10585, 11065-11128 (1 feuillet manque entre 71-72), 11297-11532 (2 feuillets manquent entre 72-73), 12198-12203, 19267-12273, 12395-19399, 12639-19644, 13195-13246 (1 feuillet manque entre85-86), 14755-14769, 14856-14862, 14903-14907, 15213-15218, 15226-15343 (1 feuillet manque entre 101-102), 15591-45596, 15721-15730, 15760-15765, 15866-15871, 16750-16756.
En outre, de nombreuses corrections, dont il n’est pas possible de déterminer la date, ont été faites en surcharges ou sur grattage. Plusieurs de ces corrections, sinon toutes, sont d'un Normand; témoin celles des vers 3890 Of soudoiers de Normandie, 10724 O ses Normanz, et 19374 Trestouz les soudoiers Normanz, Mmodifiés en Of s. 4. Picardie, O s. Francheis, T. ls. Flamenz. Quelques additions marginales sont du XVe siècle.
Voici quelques formes intéressantes habituelles aux copistes : don devant un mot commençant par une consonne et dom devant un mot commençant par une voyelle (fr. dont), miauz, viaus, orgueaus, solaus, etc.: aus (pron.), oncore, ovec, dou (art.), po (adverbe), sanz (prépos.), consoïl, resin, eve, poair, joail, paine, duell, vuell, abaesse, querole, cisne (cygne), fos (fou): la %e pers. plur. du futur esten -oëz ; ls est distinguée du 3 ; la nasale représentée par nr devant b, p.
BIBL. NAT. fr. 1572 (anc. T605 #)
Parchemin, 0,284 sur 0,200, XVe siècle, 183 feuillets à deux colonnes de 37 lignes. Début de l’ancien 2 feuillet, aujourd'hui le 4 : De chascune d'eux la semblance. Une seule miniature, en tête du Roman de la Rose ; encadrement du 4er feuillet, aujourd'hui le 3e : quelques grandes lettrines d'or (ef. la notice du ms. Bibl. Nat. fr. 800). Reliure aux armes de France.
Sur le {er feuillet blanc, cette note : « Des mss. de Mgr. l’archevêque de Reims, 29. »
Sur le 2° feuillet, les notes suivantes, toutes de la même main,
BIBBIOTHÈQUE NATIONALE 29
de la fin du XVIe siècle, ou du commencement du XVII: : « Ex-libris Johannis de la Pelonnve. J. Delapelonnye. »
Pyerides Nimphe, (nunc) nostrum servate libellum,
Ne rapida hunce Cacus vertat in entra manu.
Stet liber hic donec fluetus formica marinos Si bibat et totum testudo perenbulat orben,
Par maniere de passetemps, En luy quasi de rien ne faire, Pour contenter les escotans Et mon intension parfaire, Ay faict ceste translation ; S'il 1 a rien a refaire,
Je me metz a corection.
1°. — Fol. 3-151. Le Roman de la Rose.
Assit principio sancta Maria meo.
Maintes genz cuident que en songes
Alant fu jour et je m’eveille.
Au-dessous de ce vers, on a ajouté, au XVe siècle : Explicit.
Par la grant haynne diverse, Qui dedens Faulx Semblant converse, Cloppinel fut aux champs couvert, Pour ce que voir ot descouvert.
Ce quatrain se retrouve dans les mss. Bibl. Nat. fr. 19154 et
Laurentienne 153.
Entre les deux parties du poème, cette rubrique, qui est aussi celle du ms. Bibl. Nat. fr. 800 :
Explicit actoris primi tractatus amoris.
Incipit alter ibi, laus sit honorque sibi.
9, — Fol. 152. Les douze premiers quatrains du Testament. Le feuillet 153 est blanc.
BIBL. NAT. fr. 1573 (anc. 7605 #)
Parchemin, 0,253 sur 0,168, fin du XIIIe siècle, 182 feuillets à deux colonnes de 30 lignes. Début du 2% feuillet : Cele eve qui si bien seoit. Pas de miniature ni de rubrique dans le texte.
Tei comence le Roumanz de la Rose.
Aucunes genz dient qu’ en songes
30 j DESCRIPTION DES MANUSCRITS
Atant fu jorz et je m’esveille.
Explicit la fin du Romans de la Rose.
L'incipit probablement et sûrement l’explicit sont d'une écriture moins ancienne que celle du texte.
Les deux parties du roman ne sont pas de la même écriture. Il est très important de constater qu'elles ont été copiées séparément, et que l’une des deux tout au moins. la première, l’a été sans préoccupation de l'autre, c'est-à-dire par quelqu'un qui ne connaissait pas encore celle-ci. A la vérité, deux écritures différentes peuvent très bien sortir de la même main. Les exemples ne sont pas rares d'un copiste qui, dans une longue transcription, modifie peu à peu son caractère, de même que son orthographe ; c'est le cas précisément du copiste de la seconde partie du poème dans le présent ms. (1). Mais ces modifications se produisent graduellement, tandis que de la première à la seconde partie le changement est brusque et radical.
D'autre part, bien que les formes dialectales soient en général les mêmes dans les deux parties, et bien que l'orthographe d'un copiste soit variable, certaines formes sont constamment différentes d’un poème à l'autre ; par exemple, à la graphie, à peu près invariable, dans la première partie, des mots {ot jorz, encore, vers (prép.), S'opposent dans la seconde partie les formes également constantes {ouwrjorz, oncore, ver. Il est fait dans la seconde partie un plus grand usage que dans la première des signes de ponctuation. Le texte de la seconde est bien supérieur à celui de la première. Si quelques-unes de ces différences peuvent être attribuées à un changement de modèles suivis par le copiste, d’autres s'expliquent mieux par un changement de copistes.
La disposition matérielle même du ms. prouve qu'on a bien affaire à deux copistes. A la vérité, pour les deux parties, le nombre des lignes à la colonne est le même; les lettrines paraissent être d'un rubricateur unique. Mais la première partie finit à la colonne c du feuillet 34, tandis que la seconde ne commence qu'au haut de la colonne «a du feuillet 35. Les 34 premiers feuillets forment 4 cahiers,
(1) Il est curieux de le voir aux fol. 39, 40, tracer encore des m et des n de sa première manière, puis se reprendre et les réformer. Au fol. 81v° seulement, il rend le mot est par deux virgules superposées, séparées par un trait horizontal; peu à peu, ce signe devient fr. équent, puis il finit par être constant.
dont les trois premiers sont de 4 feuilles, et le quatrième de cinq (1-8, 9-16, 17-24, 25-34). Ce cahier de cinq feuilles devait bien, dans la pensée du copiste, être le dernier ; autrement, il n’aurait pas craint, après le feuillet 32, de faire un nouveau cahier. La seconde partie commence au feuillet 35, qui est le premier d’un nouveau cahier. Dans la seconde partie, à la fin de chaque cahier, un appel donne les premiers mots du cahier suivant; ces appels n'existent pas, ou n'existent plus dans la première partie; s'ils ont été supprimés par le couteau d'un relieur, c'est qu'ils étaient placés plus bas que dans la seconde partie, et cette particularité dénote de part et d'autre deux habitudes différentes.
Je crois donc que la première partie du ms. Bibl. Nat. fr. 1573 a existé isolément.
Jules Doinel a publié les mille premiers vers du ms. (1). D'après Doinel, ce ms. aurait appartenu à Agnès du Bey, sœur d’Alain du Bey, prévôt d'Orléans au connmencement du XIV° siècle. « Cela », dit G. Paris, «donne assurément de la valeur à ce manuscrit au point de vue des formes » (2). Mais les formes d’un texte ne tirent pas leur intérêt du nom d'un possesseur d'un ms. ; d'autre part, Agnès du Bev n’a rien à voir en l'occurrence. Voici la seule note que contienne le ms., celle par conséquent où Doinel a cru trouver le nom de cette Orléanaise; elle est au verso du dernier feuillet, d'une encre très pâle, du XIVe siècle : « À noble demoïzele asz. sage et puisant deinoizele Alis du Bohz». Je ne garantis pas ma lecture du nom Zohz, dont seuls le B et le z sont assurés; mais le prénom Alis n’est pas douteux. Est-ce un ex-libris ou un simple essai de plume ?
Le ms. n’en est pas moins d'origine orléanaise, et ses formes dialectales sont très intéressantes; j'en signalerai quelques-unes :
re partie : voair, choair, pour veoëir, cheoir; la syllabe ai est écrite aÿ, e et surtout ei; la 2e pers. plur. du futur est en -oëz ; piart pour pert (de perdre).
2% partie : poatr, voair, choair, soair, benoaïl; imparf. pouit, mais voiet, saiel, (veoit, seoit), saif (soif), sair (soir), saie (soie); boevwre, poevre, moestes, boesles, mirouer ; 0, u sont devenus souvent 07, ui devant ch, j : boiche, aproiche, loïge, druige,
(1) Gui Fabi et Guillaume Rebrachien. Orléans, 1887, in-8". (2) Romania, XVI, 628.
refuige, deluige, juigié, etc.; cruieuse; lourjorz. Oncore ou onquores, emprès pour après, ainsinc, ausinc, iglise, occierre, desierre sont des formes constantes: l’7 est tombée devant 7: paler, etc.; les préfixes a et es se substituent l'un à l’autre : esteler (ateter), ete.; dont est le plus souvent remplacé par dom à partir du fol. 43 environ; £estes est souvent pour estes; l's est supprimée devant { et c, même dans joultice, Atenance, occurcCie ; mais dans beaucoup d’autres mots elle indique l'allongement d'une voyelle : mestre (lat. mittere), traïstres, veust, vistoier, etc. (1).
BIBL. NAT. fr. 1574 (anc. 1605 °- Baluze 80)
Parchemin, 0,951 sur 0,172, XIVe siècle, 159 feuillets à deux colonnes. Début du % fêuillet : Quant j'oy un poy avant alé. Des espaces ont été ménagés pour des miniatures qui n'ont jamais été exécutées. Les huit premiers cahiers (fol. 1-64) ont 36 lignes à la colonne, d’une belle écriture régulière, avec des rubriques dans les marges et en tête des feuillets, et des appels numérotés à la fin de chaque cahier. Les feuillets 65-82 (deux cahiers de 8 feuillets, et un de deux) sont d’une autre écriture, le parchemin est de qualité inférieure ; le nombre des lignes varie de 34 à 36. Plus de titre en haut des feuillets ; les rubriques sont du copiste; les appels ne sont plus numérotés. Les premiers mots du feuillet 65 : Voire neys, ne répondent pas exactement à l'appel du feuillet 64 : Voëre moins. Avec le feuillet 83, nouveau changement d'écriture et réapparition des titres au haut des pages. Un blanc, au bas du feuillet 82, semble indiquer que les feuillets 65-82 ont été écrits après le feuillet 83. L'appel du feuillet 82 se rapporte au feuillet 123. Enfin, les feuillets 115 et 199, feuillets extérieurs d’un cahier, sont de la même main que les 62 premiers. Le volume a donc été constitué en utilisant les débris d’un manuscrit plus ancien.
Quelques notes latines marginales aux feuillets 63, 111, 415, 131, sont de la même main que les appels des rubriques, probablement du copiste de ces feuillets. :
L'appel au bas du cinquième feuillet est suivi du nom « Hugo »,
. (1) Les formes de ce ms. seront étudiées en détailen même temps que les dialectes des deux auteurs.
de la même écriture. C'est peut-être le nom du rubricateur des 64 premiers feuillets.
Une bande de parchemin, collée sur une feuille de garde, porte cette mention : «Ce livre du Romant de la Rose est à M° Hurauit, conseiller du roy et maistre des requestes ordinaires de son hostel, et a cousté cent livre » (XVI: s.). Sur la même feuille de garde, le nom de «J. B. Hautin » (XVIE s.) (1).
Ci commence le Romans de la Rose.
Premierement: Vautteur ce pose.
Maintes gens dient que en songes
Alant fu jour et je m’esveille.
Explicit.
Ici fenist li biaus Roumans
Que nommer dois, je le commans,
Le joliz Roumans de la Rose,
Ou l’Art d'Amour est toute enclose, Explicit. ,
Particularités graphiques : le pron. on, les temps du verbe avoir, la préposition 07° sont toujours écrits avec une X initiale ; les participes présents sont en -ent; la terminaison -aut est écrite -auwst; de mème veust pour veut; les groupes ai, ain, Sont écrits ei, ein; de même deivent, receivenl; el (en le) est écrit w; à noter aussi poair (pooir), oesiaus, suef (soif), teint, veint (int, vint), chescun, dues (deus), ligier, pichier; el (pron.) est remplacé par elle, iert par estoit, estuet par couvient, l'hiatus éw, chèoir, etc., est Supprimé, de mème la déclinaison n'existe plus. Beaucoup de vers faux.
BIBL. NAT. fr. 1515 (anc. 7629 2?)
Parchemin, 0,255 sur 0,177, première moitié du XIV° siècle, 171 feuillets à deux colonnes de 32 lignes. Début du 2° feuillet : À wne perche mout gratlete. Quelques miniatures, en général salies ou effacées : toutes les initiales sont d’or sur fond bleu ou rouge.
Un feuillet (v. 121-212) a été enlevé entre les feuillets actuels 1 et 2, et un autre (v. 323-434) entre les feuillets 2 et 3. Le texte présente
(1) De nombreux mss. grecs de la Bibliothèque Nationale ont appartenu à Hurault. Hautin est un collectionneur dijonnais, mort en 1640; une cinquantaine de volumes provenant de sa collection sont à la bibliothèque de l'Université de Cambridge (Romania, XV, p. 239).
Univ. de Lille. Trav. et Mém. Droit-Lettres. Tome VII — 3.
d’autres lacunes importantes, celles, par exemple, des vers 1387- 149% et des v. 1709-1830, qui paraissent correspondre à des feuillets manquant au ms. sur lequel a été copié celui-ci.
Maintes genz dient que en songes
Atant fu jour et je m’esveille.
Explixit le Roumans de la Rose, O V’Ar d'Amour est toute enelose.
Les feuillets blanes qui précédaient et suivaient le poème ont été enlevés ; on n'en a laissé qu'un à la fin du volume. Au recto de ce feuillet on a dessiné à l'encre un homme, qui, guidé par le dieu d'Amours, s'avance pour cueillir une rose. Au verso, une main du XV: siècle a écrit les vers et l’ex-/ibr'is Suivants :
Est sine virtute quem decipit f. silicet v.
Christus nos tute defendat ab f, et ab v.
Omnis homo domum debet amare suam, Qui se vult subiei taxillis et meretrici, Norma sibi datur quod dives non moriatur.
Entre vous qui par ci passez,
Priez pour les trespassez;
Car vous mourés certainement,
Et ne sarez quant ne commant.
Amen.
Hoc pertinet J. E,
BIBL. NAT. fr. 1570 (anc. 16295)
Parchemin, 0,261 sur 0,180, première moitié du XIVe siècle, 109 feuillets à deux colonnes de 50 lignes. Début du %e feuillet actuel : Ainz sont delereuses el tristes; du feuillet qui devrait être le second : Sembloil bien estre mouverresse. Miniatures sans grande valeur et détériorées. Devant chaque colonne, un ornement, formé d'une ligne et de longues virgules, va du haut en bas de la page.
Les feuillets ont été intervertis par le relieur ; des renvois en provençal, dans le genre de celui-ci, du 1e” feuillet : « Gerqua apres à XCV carlas en aital senhal », indiquent les erreurs. Voici dans quel ordre ils se trouvent : 1,95, 13, 3,2, 19, 94, 4-11, 44-98, 96-109.
Au recto de la première feuille de garde, un compte, en latin, daté du 22 février 1499.
La devise Sans ly fathir, accompagnée de la signature Nogaret (XVe siècle), se lit au recto de la première feuille de garde et au verso de la dernière. Dans le premier cas, le nom de Nogaret recouvre celui de Secret, répété au-dessus, effacé, mais encore lisible. On a effacé également cette mention : Zste Liber est mey Francissi de Robiano, qui moror in domo domni Petri de Robiano, patris iney. 1463 ; el une autre signature que je n'ai pas pu déchiffrer.
Sur la dernière feuille de garde, on lit encore ce blason du cheval (XVe siècle) (1) :
En un cheval a xv condicions, c'est assavoir iij de feme, iij de lievre, ïij d’asne, ii] de buef et ïij de raynard.
Premierement les ïij de feme : gros cul, beaus crins et legiere volunté.
Les ïij de levre : maygre teste, gros veux et vitesse.
Les iij d’asne : patience, bons piez et fort eschine.
Les üj de buef : gros boyel, bien mengant et bas en jo[ilnte.
Les 1j de renard : grosse queue, petites oreilles et souef trotent.
D'autres lignes, sans doute des ex-libris, ont été grattées.
Maintes genz dient que en songes
Atant fu jor et je m’esveille.
Explicit i Roumanz de la Rose, Ou l'Art d'Amors est tote enclose.
Ce ms. est l’œuvre d'un copiste de FEst et contient de nombreuses particularités dialectales qu'on attribue généralement à la. Lorraine, bien qu’elles puissent être de la Bourgogne ou de la Franche-Comté. Les plus remarquables sont les suivantes. Régulièrement par est remplacé par por, mout par mont, nus (nullus) par nuns, Comment par comme; ai final perd son 2: j'a,je fera; on trouve de même #as (magis), pasible, brat(bragit), /assast (pour /aissast), masnies, plaroït, fasoient ; quand il n'est pas à la fin du mot, ai est le plus souvent représenté par e; a n’est remplacé par ai, en général, qu'à la 3° ps. sg. de l'ind. pr. du verbe avotr, et à la même personne du futur de tous les verbes; a& atone, quelquefois a tonique, entravé devant 7 ou devant s, est remplacé par e : Mercel, ferdeaus, ergent, couerdie, lerderez, berre, peller,
(1) Ce blason a été imprimé plusieurs fois, en dernier lieu dans le Recueil de poésies françaises des X Ve et XVIe siècles, VI, p. 197 (Bibliothèque elzevirienne). Le texte imprimé diffère beaucoup de celui de ce ms.
pelleiüre (parler, parleüre), vellet (varlet), quer (constamment pour car), ete.; bes, besse (bas, basse), pes (négation), pesse, pessent (passe, passent), les, lesse (las, lasse), lez (laz), messe (masse), amesse (ind. pr. de amasser),-est,-essent (finales de l'impf. du subj.)(1), btesme, blesiner, chestioil, esseimbler, essaut (dans ces derniers mots, on pourrait voir le remplacement signalé plus loin du prélixe a par le préfixe es). De même yrece pour grace; quelquefois aussi la 2° pers. sg. du futur est en -es:; aw provenant de al est remplacé par a : chace, chacier (caleceat, calceare), atre, Juvenas, solaz (soliculus), a (ad illum), atel, atant, assi, savage, mavès, samon, salier, roialé, loialé, fascetlé, etc., et inversement aucourul (pour acourul); -aut, -auble remplacent -al, -able; a atone est souvent remplacé par e; et e atone souvent remplacé par a: melade, jemés, perole, sevrez, sechiez, regier., frepons, cheperons ; d'autre part: saront, faroil, flachir, ravance (revenche) (2); une fois sas (suos); — e provenant de €, i entravés est remplacé quelquefois par &« : memale (mameles), arbelaste, apalez. — Le prélixe es est remplacé par à et le préfixe a par es : aperdue (pour esperdue), alection (pour eslection), mais esgrandissent, esperance (aparence), esperillier (apareillier), espernez (aprenez). — L'’h initiale est souvent supprimée : onte, air, ardement, ysdeus, estent (hastent), aut; en revanche, elle est souvent ajoutée à certaines personnes du verbe avoir. — L'r est assimilée à l’Z qui la suit dans peller, pelleüre (parler, parleure), vellet (vartet). — Le t final de dont, quant, mont (pour mout) est quelquefois, mais rarement, supprimé. — L'r mouillée linaie est souvent rendue par g simple : besoig.— La première 7 est tombée dans abre. — Le pronom ou adjectif Lor, leur est le plus souvent terminé par une s.
BIBL. NAT. fr. 1665 (anc 7653)
Parchemin, 0,270 sur: 0,210, fin du XIV* ou commencement du XV: siècle, 163 feuillets (3) à deux colonnes de 36 lignes. Début du 2e
(4) On trouve aussi alaist, parlaist.
(2) Mais aussi ligier pour legier.
(3) En réalité, le ms. n’a que 161 feuillets; en paginant, on a passé par erreur de 57 à 59 et de 100 à 102.
feuillet : Que j'oy yrès d’illecques bruire. En tête du der feuillet, une miniature à compartiments. Des blancs avaient été ménagés dans le texte pour d'autres miniatures, qui n'ont pas été exécutées. Reliure aux armes de Béthune.
Maintes gens dient que en songes Atant fu jour et je m’esveille.
BIBL. NAT. fr. 219% (ane. 1998 ©)
Parchemin, 0,242 sur 0,156, XIVe siècle, 121 feuillets, dont le dernier est blanc, les 43 premiers feuillets sont à deux colonnes de 43 à 46 lignes: à partir du feuillet 44 (v. 8204), qui commence un cahier, l'écriture est différente et les colonnes ont régulièrement 44 lignes. Début du 2e feuillet : Hayne. Droit ow mi lieu vi Hayne. Aucune miniature.
Un blanc ménagé pour une miniature, en tête du premier feuillet, s'étendant aux deux colonnes, n’a pas été utilisé. En haut de ce feuillet, une invocation du scribe :
Ne scribam vanum, duc, pia virgo, manum.
Aucunes gens dient qu'en songes Atant fu jour et je m’esveille.
Explicit le Romans de la Rose.
Deux feuillets, contenant les vers (304597), manquent entre les feuillets actuels 2 et 3; deux (v. 5523-5868) entre 30-51; un (v. 7545- 7713 £entre 40-41 ; un (v. 20795-20974) entre 115-114. Le feuillet 117, contenant les vers 18868-19043, devrait être entre 104-105, et le feuillet 118, qui contient les vers 20447-20622, devrait être entre 1192-1143.
La colonne 4 du feuillet 35 est restée en blanc, sans que le ms. présente en cet endroit une lacune ou un changement d'écriture,
BIBL. NAT. fr. 2195 (anc. 1998 *)
Parchemin, 0,20 sur 0,14, daté de l'an 1361, 196 feuillets, dont les 146 premiers sont à deux colonnes de 40 lignes. Début du 2e feuillet : Et sembla bien estre orgueilleuse. Miniatures.
Au bas du feuillet 146 c :« Cest livre est a Massiot Austin de Rouen,
qui l’acheta le mois de jiung l'an mil Hite LXX, de ung libratier de Rouen nommé Gautier Neron; qui le trouvera si le raporte, et on lui donrra ung bon pot.de vin.» L'ex-libris de Massiot Austin est répété au recto du feuillet 196. ;
10, — Fol. 1a-146c. Le Roman de la Rose.
Maintes gens cuident que en songes
Atant fu jour, atant m'esveille.
Explicit le Rommans de la Rose,
Ou tout l’art d’amer est enclose,
Parfait le derrain jour de may,
En quel compaign out grant say,
L'an mil ,cce. soixante et un,
D'un clerc qui n’aimme point jeün.
Jai oy haultement amer
Noblez, mout veulent los oster
Tout d’eulz se prouesche n’y est,
Car loenge si leur desplest
Se proeische ne peuent avoir.
Et se le nom voles savoir
De cellui qui cest livre escript,
Et le sournom, sanz nul respit
En .1r. lignez lez trouverez,
Se esbatre vous y voulez,
Excepté une seule lettre
Qu'en la tierce ligne fault mettre.
En réunissant les initiales des mots de « deux lignes » et du
premier mot de « la tierce ligue », on a la clef de l'énigme : Johan
Muiot :
J'ay oy haultement amer
Noblez moult veulent los oster Tout...
Les feuillets 129 et 150 d’une part, et 133 d'autre part, sont en papier blanc et remplacent deux feuillets enlevés, qui contenaient, l’un les vers 19324-19474, l'autre les vers 19777-19850.
Le feuillet 147 est blanc.
2°. — Fol. 148a-169d. Les deux livres du Roman de Fauvel.
Sur cette Composition et sur les mss. qui nous l'ont conservée, voir l’article de G. Paris dans l'Histoire littéraire, XXXIAI, p. 108-
3°. — Fol. 170r0-196r0. Le Testament de Jean de Meun, en 512 quatrains.
BIBL. NAT. fr. 2196 (anc. 7998 1)
Parchemin, 0,228 sur 0,160, première moitié du XIVe siècle, 137 feuillets à deux colonnes de 40 lignes. Début du % feuillet : .Z. autre ymage d'autre taille. L'unique miniature que possédait le ms., à la première page, a été enlevée. Reliure au chiffre et aux armes de Colbert.
L'écriture du ms. est belle, régulière, mais les vers faux et les mots privés de sens sont nombreux ; des lignes, d'abord laissées en blanc, avec, en marge, la mention deficit, ont été remplies à différentes époques. Nombreuses corrections, nombreux no/a de diverses mains.
Particularités graphiques : multum est rendu par mont et mil ; mirotr est écrit mirouer; Charles est devenu Challes; saiele est écrit sotete, justice est écrit jostice ; oail, poaît, choair, poair et poer, soair et soer', voair et voer.
Les vers 7513-8034 ont été omis sans qu'il manque aucun feuillet au manuserit. Au-dessus du vers 8108 : Æ{ Les grasses pitances ont, on à écrit au XIVe siècle : « vec putains ». En regard du vers 8888, celte note : « Verte folium et incipe ad paragrafum Mes deniers» (v. 9079). C'est apparemment une indication pour un copiste qui devait omettre les vers 8889-9078.
Maintes genz dient que en songes Atant fu jor et je m’esveille.
Explieit le Roumanz de la Rose, Ou tout l’Art d’Amors est enclose,.
BIBL. NAT. fr. 3959
Dans ce recueil, en papier, du XVe et du XVIe siècles, 12 vers (4615-4628) du Roman de la Rose ont été copiés au XVIe siècle (fol.-42 vo) :
Extraict du Romant de lu Roze.
Tropt sont a grant meschiefz livrés
Sens, temps, chatel, corps, ame et los.
40 DESCRIPTION DES MANUSCRITS BIBL. NAT. fr. 9345 (anc. supl. fr. 123)
Parchemin, 0,376 sur 0,260, XIVe et XVe siècles, 72 feuillets à trois colonnes (1). Début du 2% feuillet (numéroté 8e) : Ne reconforter a nui fuer. Petites miniatures.
La devise Riens sans cela est répétée en haut du fol. 1r° et en bas du fol. 71v°. Au verso du fol. 72, la signature : À. Fourniere (2).
Au bas du fol. Tv° :
Nescio quid sit amor, nec amoris sentio nodum, Sed scio si quis amat nescit habere modum.
40.— Fol. 2r0-61 vo. Le Roman de la Rose. Sur trois colonnes de
62 lignes ; première moitié du XIVe siècle.
Veez ci le Romant de la Rose,
Ou l'Art d'Amors est toute enclose.
Maintes gens dient que en songes
Atant fu jours et je m’esveille.
Explicit li Romans de la Rose, Ou l'Art d'Amours est toute enclose.
2, — Fol. 62a-71 a. Les Sept articles de la foi, de Jean Chapuis, sous le nom de « Codicille de maistre Jehan de Mehun ». Sur deux colonnes ; XVe siècle.
30. — Fol. 71a-71 c. Le Godicille, de Jean de Meun. 4°. — Fol. 71d-72a. Le GCodicille en latin :
Miserere deffunctorum
Le texte de cette traduction sera donné plus loin dans la notice d'un ms. de Besançon.
BIBL. NAT. fr. 12587 (anc. supl, fr. 1276)
Ge ms. est dans un état lamentable : les marges de la plupart des feuillets ont été enlevées au ras du texte, puis rapportées, mais pas toujours à leur place ; les feuillets ont été réunis au hasard par le relieur et devraient se suivre dans l'ordre suivant : 85, 47, 24, 25, 50, 86, 87, 59, 22, 54, 93, 26, 55, 97, 69, 44, 50, 33, 83, 84.
(1) Le premier feuillet est une feuille de garde : deux feuillets portent le numéro 22. Il ne reste du feuillet 72 que la colonne intérieure.
(2) Je ne suis pas certain de l'f initiale.
Dans la description qui suit, je suppose les feuillets remis en place. |
Parchemin, environ 0,280 sur 0,195, belle écriture du commencement du XIVe siècle, 103 feuillets à deux colonnes de 42 lignes. Début du {er feuillet, qui a été à l’origine le second : Æydeusement d'une touaille ; début du %, qui était le 3° avant la disparition du premier : Que sojfroit de jours et de nuit. Nombreuses petites miniatures dans tout le cours du poème.
Bien que des lacunes dans le volume aient été comblées à différentes époques, il lui manque encore aujourd'hui plusieurs feuillets : un au début (v.1-150), un entre les f. 31-32 (v. 5159-6329), un entre les F. 45-46 (v. 7757-1928), deux entre les f. 59-60 (v. 10383-10701), huit entre les f. 92-93 (v.16065-17400), Les derniers feuillets, comprenant les v. 18741 et suivants. Le dernier vers actuel est :
Or est li temps ad ce venu (v. 18740).
Vingt feuillets ont été ajoutés au volume, dont 17 à l'intérieur, pour remplacer des feuillets manquants,et 3 à La fin (f. 101-105), ‘ pour suppléer à des lacunes du texte même du premier copiste. En outre, des blancs, parfois très étendus, laissés par le copiste, ont été remplis. Enfin de très nombreuses corrections ont été faites au texte, soit dans les marges, soit sur le texte même préalablement gratté.
Les feuillets intercalés dans le volume sont de quatre mains différentes : f. 3-4, 33-88, 39-48, 95-98. Les plus anciens paraissent être les f. 95-98 (v. 17737-18409), dont l'écriture diffère peu de celle du premier copiste. Pour ces quatre feuillets on a adopté exactement la justification du ms.:; mais le scribe a répété au début du f. 95 les deux derniers vers du f. 94, et, pour arriver jusqu'à la dernière ligne du f. 98, il a dû reproduire les quatre premiers vers du f. 99. Si l’on compare les leçons fournies de part et d'autre par ces quatre vers, on constatera que la leçon du second scribe est meilleure que celle du premier :
1re main 2e main Lors si songeront ataine Couroux songent et ataynes Et corrois a leurs anemis, Et contens ot (1) lor anemis, Par qu’il sont en haïne mis, Qui les ont en haïne mis, En choses gerres contenables. Et choses a guerre ensivables.
Les quatre feuillets nouveaux n’ont done pas été transcrits d'après ceux qu'ils remplacent, mais représentent une version différente.
Les cahiers du ms. primitif étaient de 8 feuillets ; le feuillet 52, qui se termine au v. 5504, était le second, et le feuillet 44, qui commence au v. 7314, était le 6e du 5e cahier ; les 3 feuillets intermédiaires, qui ne pouvaient contenir, même s'ils n'avaient pas de miniatures, qu'un maximum de 504 vers, devaient présenter de grandes lacunes, puisqu'ils tenaient la place de 1830 vers. Ces trois feuillets sont aujourd'hui remplacés par onze feuillets nouveaux, qui se divisent nettement en deux groupes d'écritures différentes : d'abord 6 feuillets (f. 33-38) de même réglage que le ms. pri. mitif et comprenant les v. 5505-6517: puis à feuillets (f. 39-43, v. 6518-7313) d'un réglage et d'une écriture différents. Les quatre premiers de ces feuillets, formant un pelit cahier, ont 44 lignes à la colonne, au lieu de 42; pour le 52, comme il ne restait plus que 84 vers, on a élargi le réglage et laissé en blanc le bas de la 3° colonne et toute la 4e.
Les f.3-4(v.460-784), en caractères gothiques, sont moins anciens: que les deux groupes précédents. Les lettrines sont exclusivement en rouge, sans les arabesques qui ornent celles des autres feuillets du volume. Le nombre des lignes est de 40 pour le recto du 3e feuillet, de 41 pour le verso du même feuillet et pour tout le 4e, mais le scribe a dû laisser en blanc la dernière ligne de ce feuillet pour ne pas reproduire le premier vers du feuillet suivant.
Les v. 4683-4770 avaient été omis, sans indication de la lacune, par le copiste (F. 29 c): ils ont été transcrits plus tard sur un feuillet (F. 101) ajouté au volume. Le premier copiste avait omis les v. 7619- 1718 et avait laissé un blanc de 44 lignes (f. 45vo); plus tard les quarante-quatre premiers des vers omis ont été transcrits dans l'espace réservé par le copiste, et les suivants sur un feuillet spécial (£. 102).
(1) Il y a aujourd'hui a, mais un {a été gratté, et l'a surcharge un o.
De même, pour l’omission des v.10143-10230 (1), le copiste n'avait laissé en blanc que deux lignes {f. 5Ta); les deux premiers vers omis ont été ajoutés plus tard à la place réservée, et les autres sur un feuillet spécial (f. 103).
Les feuillets ajoutés 101 et 102 sont de la même main, mais le feuillet 103 est d'une autre main.
En outre, les feuillets 33-38 ne sont pas du premier copiste.
Outre les lacunes signalées plus haut, sciemment laissées par le premier copiste dans son texte, et pour la correction desquelles il avait ménagé un espace, je dois encore en mentionner une de deux vers, comblée ensuite par lui-même, au É. 8a; une de trois vers et demi (f.9), et une de quatorze vers (f. 18 a-b), comblées plus tard. Enfin, sans qu'il y ait omission d'aucun vers, et sans que je m'explique bien pour quel motif, le copiste a laissé en blanc la dernière colonne du f. 24 et la première du f. 95.
Les nombreuses corrections du ms. sont de différentes époques ; les plus anciennes paraissent être du premier copiste lui-même, qui les aurait faites d'après un ms. autre que celui qu'il suivait ; c’est le cas, par exemple, pour celles des f. 2r°, 6r°, 8a, 44d; dans ces quatre corrections, l'écriture est identique à celle du texte, mais l'encre est plus foncée; or, il est facile de constater que l'encre du copiste devenait avec le temps plus noire dans son encrier ; c’est pourquoi elle n'avait plus la même teinte lorsqu'il a fait ses corrections; la correction du f. 8d a été faite sur un blanc ménagé à cette intention; apparemment, si le copiste avait laissé deux lignes en blanc, c'est qu'il ne pouvait pas les remplir d’après son premier modèle.
BIBL. NAT. fr. 12588 (anc. supl. fr. 2811)
Parchemin, 0,275 sur 0,178, première moitié du XIVe siècle, 138 feuillets à deux colonnés de 40 lignes en moyenne. Début du de feuillet : Rechignié avoit et froncie. Miniatures.
L'écriture change à chaque cahier: les cahiers n'ont pas une composition uniforme; ils sont de #, de 8, ou de 12 feuillets. Les f. 1-24, 29-248, 53-60, 69-72, 77-80, sont du même copiste; les f. 25-28, 49-59, 61-68, 73-76, 81-88, sont d'une autre main; peut-être les
{4} Voir l'explication de cette lacune dans la notice consacrée au classement de ce ms.
f. 89-138 sont-ils d'un troisième copiste; en tous cas, les trois écritures pourraient être contemporaines.
Sur une feuille de garde, en tête du volume, sont collées les armes de Rosambo et l'exæ-libris de la «Bibliothèque de Rosny ». Le ms. a été acheté par la Bibl. Nat. en 1837 (n° 2427 du catalogue de Rosny).
Au bas du dernier feuillet, on a écrit cette curieuse note : « Domine carissime, precor vos ut non habeatis pro malo quia retinui sex folias isti libri, ubi sunt fabule Ysopi, quia quando videbo vos, vobis satisfaciam de dietis sex foliis ad vestram voluntatem, et libenter emfem totum} (?) librum si videbam vos. »
BIBL. NAT. fr. 12589 (ane. supl. fr. 1083)
Parchemin, 0,292 sur 0,201, premier quart du XIVe siècle, 168 feuillets à deux colonnes de 32 lignes. Début du %e feuillet actuel : Mout ierl a duel faire ententive. Quelques miniatures sans valeur ; lettrines d’or sur fond alternativement rouge et bleu.
Sur le dernier feuillet est collé l’ex-Zibr'is de l’évêque d'Avranches, Huet, année 1692. Sur le 1er feuillet : Domus profess. Paris. Societatis Jesu. «Paraphé au desir de l’arrest du 5 juillet 1763. Hesnil.
Le texte du poème commence au v. 217, les deux premiers feuil. lets ayant disparu
D’aignaus noirs veluz et pesanz Atant fut jor et je m’esveille,
Ci faut le Romant de la Rose,
Ou PArt d’Amor est toute enclose,
Il manque en outre un feuillet (v. 3955-4065) entre les feuillets actuels 30-31, un (v. 7071-7191) entre 54-55, et un (v. 12105-12218) entre 93-94.
BIBL. NAT. fr. 12590 (ane, supl. fr. 189)
Parchemin, 0,32 sur 0,93, XVe siècle, 146 feuillets à deux colonnes
de 40 lignes. Début du 2% feuillet : À regarder te lieu plaisant.
Aucune miniature.
Le 1er feuillet est du XVIe ou du XVILe siècle.
Alant fut jour et je m'esveille.
Finit le Rommant de la Rose, Ou l’Art d'Amour est toute enclose.
Deo gracias. | Ce ms. contient des leçons empruntées au texte de Gui de Mori. Voir à ce sujet ma note dans la Bibliothèque de l'École des Chartes. 4907, p. 270.
BIBL. NAT. fr. 12591 (ane. supl. fr. 214,4)
Parchemin, 0,276 sur 0,207, XV°s., 143 feuillets à deux colonnes de 36 lignes. Début du 2° feuillet : Vers wne fontaine m'adresse. Les espaces ménagés pour des miniatures n'ont pas été utilisés. Reliure aux armes de Castagnères, marquis de Châteauneuf et de Marolles (1).
Le premier feuillet, du XVI siècle, a été copié sur l'édition de Marot. Il est précédé de deux feuillets non numérotés, qui contiennent le prologue äe cette édition ; et la table qui se trouve en tète de cette édition a été copiée à la suite du roman, sous le titre de « Briefve recolection des matieres contenues au present livre ».
Atant fu jour et je m’esveille. Explicit.
BIBL. NAT. fr. 12592 (ane, supl. fr. 4835)
Parchemin, 0,308 sur 0,246, fin du XIV: siècle, 64 feuillets à trois colonnes de 60 lignes en moyenne. Début du 2 feuillet : Le temps qui s'en va nuil et jour. Reliure aux armes de Caumont-la-Force (2).
Dans la marge du bas, surtout vers la fin du manuscrit, "de nombreux dessins et miniatures, grossièrement exécutés, mais intéressants pour l'archéologie ; en partie rognés par le relieur.
Maintes gens dient que en songes Atant fu jour et je m’esveille.
Explicit.
Explicit, expliciat, ludere seriptor eat.
Explicit.
Au-dessous du dernier explicit, une ligne a été grattée.
(4) Catalogue général des Man. fr., par H. Omont et C. Coudere. 2) Catalogue général des Man. fr., par H. Omont et C. Couderc.
BIBL. NAT. fr. 12593 (ane. supl, fr. 196)
Parchemin, 0,303 sur 0,210, XIVe siècle, 183 feuillets à deux colonnes de 36 lignes. Début du % feuillet : M'en vois lors tous seuls esbatant. Miniatures, dont la première, à quatre comparliments, paraît être celle que Michel a reproduite en tête de son édition du poème (1).
Un feuillet, contenant la fin du Codicille et le commencement du Testament, a été enlevé. Il en manque aussi un ou plusieurs à la fin du volume.