‹ Les manuscrits du roman de la roseChapitre 108 sur 142 · RÉPARTITION DES MANUSCRITS EN DEUX GROUPES · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DES MANUSCRITS EN DEUX GROUPES

Le passage compris entre les vers 2835-67 est un des plus importants pour la classification des mss. Le poète, après avoir parlé de Danger, « garde de touz les rosiers », ajoute, d’après un groupe de mss. :

Ne fu mie seus li gaignons,

Ançois avoit a compaignons

Male Bouche, le jangleor,

Et avuec lui Honte et Peor.

La miauz vaillanz d’eus si fu Honte (v. 2833-37).

C'est à la requête de Ghasteté, nuit et Jour attaquée par Vénus, que Raison lui envoie en aide sa fille Honte :

Et, por les rosiers miauz garder,

I fist Jalosie venir

Peor. qui bee durement

À faire son comandement.

Or sont as rosiers garder quatre,

Qui se lairont avant bien batre

Que nus bouton ne rose emport (v. 2859-65).

Et les quatre gardiens sont rappelés en ces termes au v. 2867 : Se par eus ne fusse agaitiez.

Dans un autre groupe de mss., Peur ne figure pas parmi les gardiens de la rose, dont le nombre est réduit à trois. En conséquence, les v. 2835-37 sont différents :

’ Ançois avoit a compaignons Une fame et un vilain ome ;

Li ons Male Bouche se nome (1) Et la fame si ot non Honte.

Les v. 2859-62 sont omis. Les v. 2863-65 sont modifiés :

Or sont as roses garder troi, Por ce que nus senz lor otroi :

Ne rose ne bouton n’emport.

(1) Après ce vers, des mss. en intercalent deux autres, dont il sera parlé plus tard. .

Univ. de Lille. Tran. et Mém. Droit-Lettres. TOME VIL.—" 10.

Et le nombre {rois se retrouve dans le*v. 2867 : Se d’eus trois ne fusse agaitiez.

De ces deux leçons, quelle est la bonne? Le v. 2867 parle en faveur de la seconde ; en effet, la suppression d'un gardien n'impliquait nullement la modification de ce vers, Se par eus convenant aussi bien à trois personnes qu'à quatre ; au contraire, si l’on ajoutait un nouveau gardien au nombre primitif, la correction de Se d'eus trois s'imposait. Logiquement donc, si l'on n'avait pas d'autres éléments d’information, on devrait attribuer la priorité à la leçon qui ne connaît pas Peur. Ce serait une erreur.

Peur doit figurer au nombre des gardes des rosiers. La suite du récit le prouve. Lorsque, moins de deux cents vers plus loin, Raison conseille à l'amant de renoncer à la conquête de la rose, elle lui dit :

Car mout te bee durement

Dangiers li fel a guerroier ;

Tu ne l’as mie a essaier.

Et de Dangier noient ne monte

Envers que de ma fille Honte,

Qui les rosiers defent et garde,

Con cele qui n’est pas musarde ;

Si en dois avoir grant Peor,

Car a ton ues n’i voi peor.

Et avuec ceus est Male Bouche (v. 3024-33).

On peut contester qu'ici le mot Peor doive être considéré comme un nom propre, désignant un personnage ; mais aux vers 3638 et suivants, Peur discute avec sa cousine Honte et avec Danger, et tous trois s'entendent pour mieux surveiller les roses. Lorsque la tour est construite où doit être enfermé Bel-Accueil, l'une des quatre portes, celle de l’est, est gardée par Danger (v. 3868-73), celle du midi par Honte (v. 3874-78), celle du nord par Peur (v. 3879-88), la quatrième, celle de derrière, par Male-Bouche (v. 3889 et ss.), qui « as autres {rois va souvent et vient ».

Les quatre portiers se retrouvent dans la seconde partie du roman :

Dangiers, Honte et Peeur m’encombre, Et Jalousie, et Male Bouche (v. 4100-01).

Après la mort de Male-Bouche, les trois autres portiers restent à leur poste jusqu'au moment où Vénus embrase « tout le porpris » : alors seulement Danger .

S'en fuit plus tost que cers en lande {v. 21269). k Fuit s’en Peeur, Honte s’eslaisse (v. 21273).

Done, aucun doute n'est possible ; ils « sont as rosiers garder quatre » ; el tous les mss. qui disent {rois ont une faute commune. La substitution de la rime #ot : olroi à la rime quatre : batre, n'ayant pu être commise indépendamment par plusieurs scribes, doit être attribuée à un ancêtre commun de tous les mss. où elle se trouve.

Font partie du groupe [, qui a la bonne leçon, les mss. Be, Ca, Ce, Da, De, Ga, Ha, He, Za, Lu, LS, z0, 1u, ta, Coc. Le groupe IT, beaucoup plus nombreux, comprend la plupart des autres manuscrits.

Dans ÆXa les v. 2857-64 sont remplacés par quatre vers qui ne rappellent pas plus la leçon d'un groupe que celle de l'autre, mais les v. 2835-37 et 2867, et le reste du ms. le rattachent au groupe I. Le feuillet de Ma qui contenait les v. 2853-982 a disparu, mais les v. 2835-37 sont du groupe IT, et de plus les mss. Me, Mi, Mo, qui lui sont intimement unis, sont du groupe IT. Deux feuillets, comprenant les v. 2842-3192, manquent de même à Fa, mais ce ms. est apparenté de très près à d'autres, Fe, Fi, etc., qui font partie du groupe IT.

Dans le passage même qui m'a paru le plus distinctif de I et de IT, plusieurs mss. combinent les deux leçons; ils forment un 3° groupe, qui comprend Ba, Bà, Tou, Ge, Gé, Gé, Gi, Go, Gu, Gü, 9€: ©, 7).

Cette répartition en trois groupes semble offrir un plan naturel et commode pour l'examen des mss. en vue de leur classement. Il en serait ainsi si les groupes étaient homogènes, mais toute autre est la réalité. Le groupe IT seul est constitué sous une faute commune, mais il se divise en sous-groupes qui se croisent, non seulement entre eux, mais avec ceux de Letde III. L'amalgame des leçons de I'et de Il n'est pas le même dans tous les mss. de IT ; ce n’est pas une faute commune qui les réunit tous aux v. 2835-67 ; dans l’ensemble du poème, ils ne sont pas plus composites que beaucoup de mss. de I et surtout de IT; il n'existe donc, en réalité, aucune raison essentielle de les étudier à part. Chacun d'eux sera joint aux mss. de l'un des deux autres groupes, auxquels ils se rattachent plus particulièrement : Ba, Bd, Tou dans le groupe I, les autres dans le groupe I.

» 2 A + 1 Ce n'est qu'après bien des tâtonnements que je me suis arrété à ce plan comme au plus logique, et surtout au plus clair.

GROUPE I Be, Ba, Bä

Be a quelques variantes en commun avec des groupes de II : v. 1194 Et les (Be : ses) granz despens (avec L, J, K, M, N), pour E. ses despenses; v. 1197 assise (avec L, K, M et Ja, Tou), pour prise: v. 1186 Mainte bele chevalerie (avec L, M, N) (1), pour M. joste et mainte envaie; v. 1501 guise (avec L, M), pour fin; v. 9345 Car qui plus aime (avec N), pour Qui ce qu'il a.

Ba et Bà amalgament, aux v. 2835-67, de façons différentes, les lecons de I'et de II. Ba mentionne aux v. 2835-37, 2859-65, avec I, quatre gardiens des roses, mais au v. 2867, avec IL, il n'en compte plus que trois : Se d’aus trois, au lieu de Se par eus. Cette contradiction provient d’un oubli qui trahit l’utilisation de deux versions. Peut-être faut-il voir le résultat d’une semblable contamination dans la leçon du v. 2592: La bele en leu, qui combine celle de I : La bele en point, avec celle de certains mss. de Il: T’amie en leu. Bd mentionne avec [, aux v. 2835-37, 2859-62, 2867, les quatre gardiens, mais 1l à les v. 2863-65 de IT, où les gardiens ne sont plus que trois.

Ba et Bä sont cependant apparentés depuis le début du poème : v. 2735 de si haut pris, pour si bien apris ; N. 48T Je meismes, pour J. endroit moi; v. 1383 ailleurs, pour par leus ; x. 1540 Aënst comme je vous dirai, pour Mais une chose ©. d. ; v. 1542 Tantost comme, pour Maintenant que; V. 1510 Aussi con s'el i fust pourtraile, pour Con s'el iertes cristaus p.; v. 1631 Que mout volentiers en, pour Ne cremisse estre j'en, etc. Les variantes communes à Ba et B& cessent momentanément après le v. 2360 ; comme les relations qui existaient avant cette séparation entre eux et Za continuent entre Ba et Za, il est légitime de croire que c’est Bü qui est sorti du groupe.

Ba est avec Z(de IT), seul ou accompagné de quelques groupes congénères, aux v. 157 qui ert(L, K, NN), q. est(Ba), pour revi ; v. 1882 Zi dieus d'Amours (L, K), pour À. vers mot; v. 2144

(1) Aussi dans Ga.

les genz (L, K), pour home ; v. 2169 et ton chief(L, K,M, N) (1), pour ées cheveus;v.2210 Ce teporra(L,K,N),C.t. porroit(Ba, M), pour Par ce se puet; v. 2516 Qui sera espoir (L, K, M, N) (2), pour Q. ses. bien.

On peut attribuer au hasard la rencontre, tout à fait isolée, de Ba avec M dans l'omission des v. 673-4, et avec N au v. 4411 : Ne veuil pas faire longue fable, pour N. vous tendrai p. L. f.

Ba et Ba sont avec les mêmes groupes aux v. 9360 partir (L, À, M, N), pour movoir; v. 3287 plus (L, J, K, M, N), pour trop; v. 3288 folie (L, K, M, N), pour felonte. Je noterai encore v. 1534 Qui pour l’eve vient fresche (J, K), pour Q. ©. p. l’e. espesse.

. B& seul, mais pendant une lacune de Ba, est avec J, K, N au v. 2051 Adonc seras hors de tristesse, pour Atent et suefre la destrece. En compagnie de Ri, Ra, il est avec 7, X, N au v. 1452: avec J, Æ au v. 1496 (voir Ri).

Bû, au début du poème, est avec Touw aux v. 102 Por le temps douz que à (Tou : t. serin qu'il) sentoient, pour P. les vergiers qui florissoient; 143-4 intervertis (3); 161-2 intervertis (4).

Une partie seulement des variantes qui unissent Ba à d’autres mss. de I se retrouvent dans Bd; à part les passages où Ba est lacéré, et où, par conséquent, sa leçon n'est pas connue, B& n'a qu'une variante de T qui ne soit pas donnée aussi par Ba: le déplacement des v. 2943-50 et cette variante viennent précisément peu après le passage où l'on a vu Ba emprunter des leçons de IT. Il est donc très légitime de supposer que la faute des v. 2943-50 existait chez l'ancêtre commun de Ba et de B&, et que Ba l'a corrigée d'après un autre ms.

Les variantes spécialement communes à Be, Ba, Bd, sont :

Be-Ba : v. 2171 garces, pour dames ; V. 3215 moult bien apris, pour 6. esprové; v. 3926 Par signoier, pour Ne de signier (à).

Be-Ba-Bd : V. 2152 lu ieres esgarez, pour je le vi esgaré ; v. 3844 C'estune pierre (Ba : goume) d'aïmant (B& : diamant), pour Si est dure come a. ;v. 3932 Car la vieille forment redoute, pour Por la v. que Ur.

) Et Da.

) He : Espoir qu'’else sera.

) Aussi dans Da, dans Æi, Mon, Mas et d'autres manuscrits contaminés. )

Aussi dans Æ, 84. Les v. 161-2 n'existent plus dans Ba. 5) Vers omis dans Bà.

Be-Bà (1) : v. 1163 ot une robe fresche, pour 0. r. tote f.

Ces fautes sont peu nombreuses (2), même si l'on tient compte des grandes lacunes de Ba, mais dès le début de la seconde partie du roman elles deviendront beaucoup plus fréquentes et plus importantes : Ba et Be marcheront étroitement d'accord, et B& suivra Ba ; cette circonstance constitue une forte présomption en faveur de la même association pour la fin tout au moins de la première partie et ajoute à la valeur des variantes qui viennent d’être signalées. On peut donc supposer que Ba (seul ou accompagné de Bü) et Be, n'ayant au début du poème d'autre lien de parenté que celui qui les unissait au groupe I, se sont rapprochés au moins à partir du vers où l’on constate leur première faute commune (3) ; qu'en cet endroit encore l’un des deux mss. peut représenter différentes leçons, et que peu à peu il s’est plus étroitement attaché au texte de l'autre.

Ca, Ce=C | Ca et Ce, qui sont picards, descendent d'un ms. perdu, ©, qui luimême était picard, ainsi qu'il ressort de certaines rimes (v. 1535-36 morir : cheir ; v. 3133-34 coureche : maneche). Quelques variantes paraissent bien n'avoir été introduites dans C que pour écarter des formes ou des rimes étrangères au dialecte picard {v. 2352 present remplace apressant, qui en picard ne rime pas en en).

Dès le début, les leçons spécialement communes à Ca et à Ce se présentent nombreuses : v. 79 estre jolis, pour À estre gais; v. 84 Au tamps joli et d. (Ca), Au joli tans et d. (Ce), pour En icelui lt. d.; v. 86 Sonjai un songe, pour S. une nuit; v. 90 mon vis lavai, pour mes mains L., etc. Il serait fastidieux d'énumérer ici les 350 variantes qui décèlent l'étroite parenté des deux mss. ; quelquesunes, choisies parmi les plus caractéristiques et dans les différentes parties du poème, la mettront suffisamment en évidence : v. 2925-6 Avant k'ele euist robe faite Ki li demande il le deshaîte, pour De robe noeve et grant disete Avant qu'ele eùust autre faite ; v. 992 fientis, pour flestiz ; v. 418 Car des oiselès, pour Car li leus d'oisiaus; v. 687-8 intervertis ; v. 134 Ce vous di je se Dieus m'eïst, pour À chanter merveilles li sist; v. 842 la char fendre,

(4) Lacune dans Ba.

(2) On en verra quelques autres, communes à Be. Ba et à d'autres mss. (3) Peut-être antérieurement, lorsque Be change d'écriture.

pour toute f. ; v. 1014 ÆEle estoil (vers faux), pour Briement el fu : v. 1016 Cuisse, pour Grasse; v. 1362 Car de divers fruis, pour De d. arbres ; NV. 1391-1410 omis ; v.1460 de cuer, pour d'amor ; v. 1693 Quant cele m'eut ensi souspris, pour Q. cele rage m'ot seurpris; v. 1992 Faites helas (Ca), F. les las (Ce), pour F. à clef ; v. 2352 plus se met en present, pour s’en vail plus apressant : entre 2410-11 sont interpolés les v. 2553-56, qui se retrouveront à leur place ; deux vers interpolés entre 2462-63 ; v. 2569-70 omis ; v. 2640 {esmoing, pour te doing ; v. 2163 greignors maus aras avant, pour g. avras ça av. ; v. 2978 vieille, pour juene ; v. 3175 douterai, pour contendrai ; v. 3435-36 intervertis ; v. 3413-74 Bel Acueil se senti lîier Du brandon sans plus detriier, pour B. A. qui senti l'aier D. b.s. p. delaier ; v. 3133-34 si se coureche : de maneche, pour les ieuxz roeille : de roeille ; v. 3904 li criee, pour lecherie ; v. 3909-10 qui maudis soil : quoi ke soit, pour qui rien n'esperne : quelque herne ; v. 4019 Refaites li agait, pour Faites li engrestié, etc.

Dans les chapitres suivants, on verra plus d’une fois C associé à des groupes de IT. Je signalerai seulement icile v. 359 sans doutance (avec Ri, Ra&, J, L, N), pour {a montance.

DU RDESD

De ne contient que les v. 1911-2096 et 2747-2868; il a quelques variantes en commun avec Da: v. 1930 C’onques voir teus (De : tel) respons, pour O. {. response; un vers interpolé entre 1973-74 : Des ores mais point ne l'avance (1); v. 1974 De faire, pour Ne f. ; v. 1996 adès, pour assez.

Peut-être n'y a-t-il pas à tenir compte, pour l’appréciation de De, de quelques variantes par lesquelles il se rencontre avec des manuscrits de IT : v. 1962 je puis estre (avec Ja), pour j'ai p. esté; v. 1965 Dont j'ai (avec ZL, N), pour D'eus ai; v. 21716 savoie tout de voir (avec Z, K, M, N, etc.), pour s. bien d. v.; v. 2801-2 intervertis (avec L).

On verra plus loin Da spécialement uni à Touw. Il est avec des groupes de IT au v. 516 qu'un huisselet\K, L, N), pour que un huisset, mais cette variante est sans aucune importance.

(1) De en ajoute un autre entre 1974-75 : Tien moi loiaument covenant, qui remonte probablement à l’ancêtre commun de Da, De.

Ha, He = H

He reproduit quelques additions de Gui de Mori (24 vers entre 138-9, 164 vers substitués aux v. 971-84, 146 vers substitués à 995- 1016, 38 entre 4506-7, 258 entre 2764-63) ; entre les v. 984 et 995, c'est-à-dire entre deux de ces additions très rapprochées l'une de l'autre (4), il a suivi le texte du remanieur (v.987-88 omis, v. 991 Mout iert près de li acostés, pour Se fu de m. p. ajostez) ; il hu a encore emprunté 20 vers, correspondant aux v. 2077-86, qui manquent au groupe de mss. dont on va voir qu'il fait partie. Mais il n'a pas d’autres variantes de Tou (2); on peut donc ne pas tenir compte de ces additions dans le classement de Ze.

D'un tout autre caractère sont les fautes communes à Ze et à Ha; elles sont nombreuses et plusieurs ne peuvent être imputées au hasard : v. 194 nette, pour belle ; v.161 Foleet(He omet et) crueuse el outrageuse, pour Etsembla bien estre 0.; v. 165 Qui sembloit estre mout vilaine, pour Qu'el s. bien chose ©. ; Y. 182 En nul pris n'en puet on monter, pour Et bescochier et mesconter ; v. 192 A nule riens ne veut entendre, pour Covoilise ne set e.; v. 216 Ainz fu (He: À. tert), pour Mais mout ; v. 327 desciroit, pour desrompoiît. Voici quelques autres variantes choisies parmi les plus probantes : v. 540 La char plus souef que loison (He : s. d'unne her-mine), pour Gros assez ellons par raison; x. 560 Pour estre plus apertement (Ha), P. plus testre joliement (He), pour Bien et bel et estroitement; v. 692 Tout l'afaire vous conterai, pour Vous conterai comment j'ovrai; deux vers ajoutés à la suite du v. 892 : Ne fleur jaune, ynde ne perse Ne nule fieur tant fust (He: soit) diverse ; V.1045-46 omis; v.1068 Onc fame plus riche ne ceint(Ha), Onques f. metllour n.c.(Ie),pour Par dessus cele porpre ceint, etc.

He, plus jeune que /Za, ne peut pourtant descendre de lui,

(1) On pourrait considérer ces deux additions comme n’en faisant qu'une seule, dans laquelle Gui aurait introduit sept ou huit vers de l'original.

(2) A noter cependant, v. 101, s’esjoissoient (aussi dans Ra, L, M, N), pour mout s'engoissoient (Da : m. s'esjoissoient). Les variantes substituées dans les mss. au mot esmais du:v. 298 sont très nombreuses, et je n'attache aucune signification à la rencontre en cet endroit de He avec Tou (et Ma) dans la leçon doulors (Ha: corroz).Le v.3216 Par sofrir felon et refraint n'a pas toujours été compris et beaucoup de mss. l'ont modifié; il n'est done pas certain que la même variante n'ait pas des sources diverses : P. s. felon que on craint (He, Tou,. Urb), P.s. celui que on craint (C et des mss. qui l'accompagnent parfois), P. s. J. et qu'en craint (Mon), Felon mesdisant que l'on craint (Ri), P. s. et-ce sovent maint (Ha).

POÈME DE GUILLAUME DE LORRIS 249 puisqu'il lui arrive d’opposer de bonnes leçons à des variantes de Ha : les deux mss. ont donc un ancêtre commun.

Dars Ze, les formes, les mots, les rimes étrangers au dialecte picard ont été soigneusement remplacés ; cel arrangement à introduit dans le texte une grande quantité de variantes : que dans le nombre on puisse en relever quelques-unes qui se retrouvent dans d'autres mss., ce sont des coïncidences dont on se rend facilement compte, sans supposer enire ces mss. et Ze des relations particulières. Je signalerai cependant les rencontres suivantes de Ze avec C, v. 1466 qui sont refusé (aussi dans Z, M), pour que l'en refuse (Ha : Qui les r.); v. 1546 coses, pour colors (voir aussi p. 248, note 2) ; avec Ca, v. 1504 Ensi eul de la medechinne, pour Æ. si ot d. l. meschine ; avec Ce, v. 3119 Lors a pris a parler, pour L. a après parlé (Ji, qui ne fait qu'irrégulièrement partie de €, a toutes ces variantes ; je n'ai cependant relevé aucune aütre faute commune à Ji et à He) ; avec Ga, v. 1647 c'est drois, pour tuil frois) ; avec Jo, v. 3164 rubestre, pour iraistre ; avec L, v. 1395-96 couche : douche, pour coile : moiste (Ha : coute : moute).

Je n’attache aucune importance aux rencontres suivantes de Za: avec J, ÆÀ, Let d'autres, v. 30 contes pour songes ; avec plusieurs mss. de Z et avec M, v. 1545 coulor, pour clartez ; avec Ga, v. 3463 a nature, pour a estuire (He : pour rire).

La simple omission des v. 2695-96, commune à A et à L, M,ne peut être considérée comme un lien de parenté entre ces deux groupes.

Ga

Ga à des variantes en commun avec plusieurs groupes de IT: avec Ra au début du poème ; avec G et en même temps avec F'; enfin avec L seul ou accompagné de ses congénères 7, X, M, N.

Les fautes de Ga-Ra (1) ne prouvent rien contre l'homogénéité de Ga, parce qu'elles peuvent provenir d'un ancêtre appartenant à I.

Pour la même raison, la parenté de G avec Ga (2) ne fournit pas une preuve certaine que Ga ait réuni des leçons empruntées à des familles différentes. Gependant, au v. 1006, la leçon De lui farder ne de guignier, pour Ve soi tifer ne afailier, commune à Ga, G,F, et aussi à N, parent de Z, semble bien dériver de celle de ce dernier

(4) Voir Ra.

(2) Voir G.

groupe : De lui farder ne de lifier, dont on aurait remplacé le mot tifier, parce qu'il choquait en rime avec mestier. Il est vrai que le mot farder, qui se trouve à la fois dans Ga et dans Z, est aussi donné par Be : De soi farder ne d'afailier ; mais en supposant qu'un ancêtre de Ga l'ait eu déjà indépendamment de Z, on ne voit pas pourquoi guignier aurait été substitué à afailier, tandis qu on comprend très bien pourquoi il a pu l'être à tifier (1).

C'est sans doute par hasard que Ga se rencontre encore avec N dans l'omission des v. 2489-90 (2).

Des variantes communes à Ga et à Lque je vais donner. les deux premières au moins ne peuvent être attribuées à une simple coïncidence : v. 149 Hisdeuse iert et entortillee (EL, N), pour 77. estoit et roeilliee ; v. 385 desconfira(L, M,N, Ra, partie de G), pour envieillira ; v. 955 merci(L,M, N), pour santé ; v. 1042 paroles(L,M,N)(3), pour osenges ; V. 1072 garde n'avoit (I, K, M, N), pour riens ne dotoit ; v. 1090 Car ü fu touz (L, J, K, M, N; Ga omet {ouz), pour Li cercles fu ; v. 1195 l'avoitl (L, K, M, N), pour ot nés : v. 1838 Je n'en puis par autre partir (L, Ra), pour J. ne m'en p. p. el p. : v. 2135-36 omis (ZL, M); v. 2308 chose qu'il (L), pour quant que il: v. 2310 alter (L, K, M, N), pour aüllent ; v. 3926 Ne pour parler ne pour guignier (J, K, L, N), pour N. de signier n. de g.

Za

Les variantes communes à Za et à Ri ou à Ra, à l'exclusion des autres groupes de Il, ne prouvent rien contre l'homogénéité de Za, parce qu’elles peuvent provenir d'un ancêtre appartenant à I; mais il n'en est pas de même des fautes communes à Za et à certains autres groupes de Il : v. 30 racontoit (K, L, M), pour recensoit : v. 63 indes (L, M, N, partie de G), pour blanches : v. 146 sembloit estre(L, M), pour s. fame ; v. 454 Con chiens honteus (K, J, L, N et Ra, Bâ), pour C. povres c.; v. 1077 D'une pierre (L, M, N), pour D'u. autre p.; v. 1193 sou/rir (K, L, M, N, et Ri, Ra, Bâ&), pour

(1) La succession des variantes a pu être celle-ci: Ne de tifer ne de farder, puis, peut-être pour rétablir la rime, on aurait iuterverti les deux verbes : Ne de J'arder ne de lifier (il semble, en effet, que ti fer ait eu quelquefois la terminaison ier ; Macé de la Charité fait rimer tiffees avec nuncees, d'après Godefroy), puis un lecteur, que la forme tifier choquait, a remplacé ce verbe par guignier.

(2) Omis aussi dans Tou.

(3) Da : parole.

fornir ; v. 14925 m'arreslai (K, L, M), pour arrivai; v. 1711 Et la commençai a (TJ, K), pour Æ. c. fort a; v. 2080 Courtoisie l’estuel aprendre (Jet Ri, Bd, Ga){(1), pour Se lu ne viaus vers moi mesprendre; NV. 2100 estables (J), pour raisnables; v. 2349-50 omis (X, N, Ja et Ra) (2); v. 2819 Puisqu'ül (K, L, N), pour Et quant ; v.3375-176 intervertis (J, X,2,, M, N). Il n’est pas vraisemblable que l'ancêtre de J, A, L, M, N dérive de Za ; s’il est possible que quelques-uns de ces groupes aient fait des emprunts à Za, ce fait ne peut rendre compte de la parenté des cinq groupes avec Za ; c’est plutôt ce dernier qui est allé à IT.

Lu

Lu ne fait partie de I que du v. 2460 environ au v. 3660. Il omet encore avec Z (et M, N) les v. 2459-60 à leur place, mais il les donne entre les v. 2462-63 ; il les a sans doute empruntés au ms. de I qu’à partir de là il va suivre. Il est dès lors intimement uni à Ga. Je ne citerai que quelques-unes des nombreuses variantes communes à ces deux mss. : v. 2465 Mais si ja pour (Lu: se ja jor) avoir pooie, pour M.se lant fait Amors que j'aie ; v. 2468 Las, je mens, Jj at trop haut pensé (pensee dans Ga, qui donne ce vers à la place de 2467), pour L.je demant trop chier cheté (Cf. Ra: L.j. mens j'ay trop fourpensé) ; v. 2414 preudome, pour plus preu ; v. 2489-90 omis ; v. 2513-14 hastivement : ou par vent, pour en recelee: soit par gelee; v. 2548 l'i aesmes, pour l'essaimes ; v. 2582 donques, pour Lores ; v. 2605 Ne plus qu'en espuseroit (Lu), Plus c'on espucheroît (Ga), pour Ne qu'en puet espuisier ; v. 2612 Ow ü n'a fors tai et ordure, pour En verminier et en 0.; v.2617 Encor par dons ou par proiere, pour E. p. aucune cheance ; v. 2618 maniere, pour beance ; v. 2625-26 omis, etc.

Les v. 3661-878 sont omis dans Ga; lorsque s'ouvre cette lacune, Lu et Ga sont encore ensemble ; lorsqu'elle se clôt, Lu est déjà depuis quelque temps, depuis le v. 3722 au moins, rentré dans le groupe Z, qu'il ne quittera plus.

Ca.

zu, dont le texte est très corrompu, fait partie du groupe [ aux v. 2835-67, mais depuis peu de temps seulement ; jusqu'au v. 2770

(1) Ga : À c. le. prendre ; passage omis dans Be, Da, H. (2) L, M omettent les v. 2349-52

environ, il reproduit toutes les fautes de F3 (1), souvent en les aggravant, et à ces fautes il en ajoute de nouvelles en grand nombre.

Après le v. 2770, ce ms. a des leçons caractéristiques desc v. 2960 Pour le vilain qui trop m'esmaie, pour Nus n'a mal qui amors n'essaie ; v. 3463 (2) a droiture, pour a estuire ; V. 3473 se senti lier, pour quis./l'aier ; v. 3536-37 Gars malvais bien as cuer fali Quant l'as acointielt un garchon. Mais il a en même temps les deux vers (3) ajoutés par N entre 2942-45.

Pour les relations de £z avec 0, voir l'étude de 20.

LS

Ls a perdu les v. 139-812 et 1576-874; il a de nombreuses fautes individuelles ; mais ce sont d'autres raisons qui m'ont empêché de l'utiliser. Jusqu'à sa première lacune, c'est-à-dire pendant les 198 premiers vers, rien ne s'oppose à ce qu'on le considère comme faisant réellement partie de I, malgré l'omission des mots /’eve au v. 410 (voir cette variante plus loin). S'il se rencontre avec quelques mss. isolés de I (Urb, Nf, Nk) dans l'nterversion des v. 49-50, ce peut être par hasard (4); deux rencontres avec des représentants du groupe 7, lequel d’ailleurs associe les leçons de I et IF, sont peu significatives : v. 76 se desceuvre (avec Gi), pour se deduit; v. 80 qui est doucereus (avec Gi, Go, Gu, Gu, et Jé), pour bel et d. D'autre part, deux variantes qui l’unissent à des représentants de T sont insignifiantes : v. 96 chantent par mi, pour chantoient par (avec C, et aussi J, L, N); v. 122 gente (avec Be, et aussi Ge, Gé), pour grant. à

Après la première lacune, il est possible, mais pourtant pas certain, que Zs fasse encore, pendant quelques vers, partie de 1, mais dès le v. 881, il appartient au groupe Z (de Il), qu'il ne quittera pas avant le v. 1947, probablement même pas avant le v. 2062 (5). Au

(4) Cependant au v. 163 il a la bonne leçon peindre (L : faire).

(2) Les v. 3457-62 sont omis.

(3) En substituant lost à a dans le premier vers.

(4) Li et (ré ont omis le, v. 49; cette omission s'explique par la similitude du début des v. 48-49 (Et teus) ; d'autres copistes ont pu commettre la même erreur, puis s'en apercevoir dès qu’ils avaient écrit ‘le v. 50, et pour la réparer transcrire le v. 49 à la suite du v. 50.

(5) Cependant il n'a pas la faute de Z aux v. 1395-96, mais peut-être la correction a-t-elle été faite sans le seeours d'une autre leçon.

v. 2080 il n'est plus avec Z, mais il s’y retrouvé au v. 3457 et y restera jusqu'à la fin du poème de Guillaume. Pendant qu'il est séparé de ZL, il peut être considéré comme faisant partie de I; même alors il ne mérite aucune confiance ; il omet les v. 2349-50 avec Za del et Ra, À, N, Ji de II, tous mss. sans autorité, parce qu'ils amalgament les leçons de plusieurs familles.

COC, x

Coc a changé la rime des v. 2863-64, qu'il a ainsi modifiés : O7 sunt au rosier garde cilz Qui laisseroient bien envis ; mais il est évident que cette leçon dérive de celle de F, à laquelle appartiennent aussi les v. 2854-67.

Ce n'est qu'après le v. 1459 qu'il peut prendre rang dans I;

- auparavant il fait surtout parte de IL.

Jusqu'au v. 1459, lorsque Coc reproduit les variantes communes à X, L, M, N, il est impossible de dire auquel de ces quatre groupes il doit être plus spécialement rattaché ;: mais comme il est souvent tantôt avec L, M, tantôt avec Z, N, plusieurs fois aussi avec L, K (v. 822, 1459), on peut en conclure que dans la plupart des cas au moins c'est à Z qu'il doit la leçon de IT; il a d'ailleurs avec Z seul V. 300 Mains, pour denz ; v. 1388 venir, pour faire. Il a cependant aussi quelques rares variantes Spéciales soit à Æ, soit à M, soit à N, à l'exclusion des autres groupes de IT ; avec #, v. 200 verdecomme GC, pour vert. c, une C5; v. 954 St'en dott (la suite du vers arrachée dans Coc) meins estre esmaiez, pour Ses maus;.si est bien emplotez ; avec X, J (et Be), v.1006 De li farder ne afailier, pour D. {. tifer ne a.(L, M, N ont aussi furder, mais pas afaitier); avec Æ, N, v. 653 Fussent de chanter, pour D. c. f.; avec M, v. 298 douleur, pour esmais (K : enhans; J, L, N: envie); avec N, un vers interpolé entre 1195-96 et un autre entre 1196-97. Ces rencontres avec X et M peuvent être considérées à la rigueur comme des coïncidences fortuites, mais il n’en est pas de même de la variante de N aux v. 1193-97. Il arrive aussi à Coc d'opposer la bonne leçon à la fois à Z et à N; dans la liste des variantes des v. 109-10 qui sera donnée plus loin, on verra qu'il n'est avec aucun des groupes de IT. Au v. 4400 il n'a ni la bonne leçon, ni celle de L, M, ni celle de Æ, M, mais qui fu de tel afaire avec Fe.

Après le v. 1459, Coc n'a plus que de très rares variantes

spéciales à Il: v. 1947 avec Æ, L, M, N; v. 2349-50 omis avec K, N; v. 2647 pleure, pour plaint avec J, À, N; v. 2731 pluye, pour poudre avec Æ, L, M, N (mais aussi avec Da). Des fautes de T, il a v. 1536 Ne l'eve(Coc:leans) sechier ne tarir,pour N.quel'e.ne pue t. (avec C, Ha); v.AT19 dedenz, pour Li sens avec A (et aussi Æ); v. 2459 J'i vourroie eslre par couvent(avec Be, C, H, Za, Ga); v. 2490 qu’un poi, pour qui or (avec C, H); v. 2791 Bien près de li, pour Près des leues (avec Be, Da, H, Za). Mais il n'a pas les autres fautes de I. Il a d’ailleurs de nombreuses variantes qui lui sont individuelles. Dans le v. 2762 Quatre autre biens, pour Qu’'autres b., il a peut-être fondu deux variantes : Quatre b. (Za) et Autres b. {la plupart des mss.).

12 a les vers 2835-37 et 2871 de I ; il en a aussi le v. 2859 ; il lui manque les v. 2860-62 (dans I, les v. 2859-62 sont omis) ; mais cette omission parait être accidentelle. Les v. 2863-64 se présentent sous la forme suivante :

Or sont au rozier gardes. quatre,

Qui se laisseroient a vent batre Que nulz...

Le point qui suit gardes, à en juger d'après la couleur de l'encre, est du copiste ; les mots en italiques sont d'un correcteur ; se est écrit au-dessus de la ligne ; quatre, a vent batre remplacent des mots enlevés au grattoir. Si le texte primitif avait déjà quatre : batre, pourquoi l'aurait-on effacé, puis reproduit ? Il est plus difficile encore de croire que les mots disparus étaient roi; senz leur otroi de IT, parce que la première moitié du v. 2864 Qui laisseroient et le vers suivant, appartenant à la leçon I, ne pourraient se combiner avec la rime de Il. Quelle était donc la leçon primitive de 24? Évidemment celle de Coc, qui, lui aussi, a garde pour garder au v. 2863, et Qui laisseroient pour Q. se lairoient au v. 2864 (1).

D'autres corrections de fautes de Coc se retrouvent dans z : le vers 354, ajouté ultérieurement dans 14, manque dans Coc; au v. 1326, ne dans )4 est écrit sur grattage ; il remplace probablement la faute fant de Coc; les deux v. 3536-37 sont dans Coc :

Di Honte pour quoy m'as defailli Que tu t'iés mis bien d’un garçon.

(4) Voy-ces vers, p. 255.

IS sont dans 2: (je souligne les mots écrits sur grattage).

Gars mauvais cuers faillis Quant tu liés mis bien d’un garçon.

A part les corrections ultérieures de 24, les deux mss. sont à peu près identiques, et tout-ce que j'ai dit de l’un s'applique à l'autre. Voici toutefois une particularité de à: que Coc n'explique pas. Dans Be, Da, A, les v. 2951-64 sont placés entre les v. 2942-43 ; dans +, un blanc de 14 lignes a été laissé entre les v. 2942-43 (1); sans aucun doute, cet espace a été ménagé pour les v. 2951-64, bien que ceux-c1 se trouvent à leur propre place comme dans Coc.

x» a perdu de nombreux feuillets ; il lui manque les v. 670-81, 909-1008, 1227-439, 1684-2018, 2864-66, 3307-418. La plupart de ces lacunes marqueront des divisions dans le classement du texte.

Jusqu'au v. 450 environ, x est tantôt avec M, par exemple aux v. 28, 46, 115, 216, 256, 353, 384 ; tantôt, et plus souvent, avec X, par exemple aux v. 109-140, 115, 133, 153, 161-692, 175, 983, 285, 919 ; il a la bonne leçon contre Æ et M au v. 313. II a aussi quelques fautes en commun avec ze, par exemple v. 197 Aussi com (u4 que) toul seul esbatant, pour Contreval l'eve esbanoiant.

Outre les variantes communes à x et à Æ qui viennent d’être signalées, x» en a d’autres qui se retrouvent à la fois dans Æ et dans Mon, Maz ; c'est avec ces deux derniers, à l’exclusion de X, qu'il se rencontre le plus souvent du v. 430 au v. 670.

Des v. 781 au v. 909, il n'est plus avec aucun groupe caractérisé de II, mais ses ieçons de [ peuvent avoir été empruntées à un représentant perdu du groupe Mon-Maz.

Du v. 1008 au v. 1227, il suit fidèlement Z.

Du v. 1439 au v. 1684, il a encore la plupart des variantes de Z, mais pas toutes.

A partir du v. 2018, il n’est plus avec Z, ni avec aucun groupe de IE, sauf au v. 2648 ‘poine avec J, À, N, pour duel), et au v. 3536 (avec Æ, L, M, N). Il doit probablement plusieurs de ses leçons au groupe Mon-Masz ; c'est ainsi que sa rime aux v. 2591-92, en esmay :

(4) Ce vide a été rempli depuis par un correcteur, qui ÿ a transcrit les v.

2951-64, suivant un texte bien meilleur que celui des mêmes vers donnés quelques lignes plus bas.

me mervoy, comme celle de Mon, en esmay : me merveil, fond la lecon de IlLen esmai: m'en esmai, avec celle de [ en esveil : me merveil. Je ne crois pourtant pas qu'il doive à Mon-Maz sa rime des v. 3473-74 senti la chalor (avec He, y»; Mon, Maz:s. l'ardor ; K:s. l’odor): de demor (avec He, y», Mon, Maz, K), pour senti l'aier : delaier. Dans cette seconde moitié du poème, il est surtout avec I ; il reproduit au v. 2721 la variante de Da, Be,

Ha, Za.

Touw

Tow, qui n’est pas à proprement parler une copie du Roman de la Rose, mais celle d'un remaniement de ce poème, modifie les v. 2835-38 de II, pour y introduire le nom de Peur, emprunté au groupe I, de façon à concilier les deux leçons, puis les fait suivre du v. 2839 de I :

.Il. femes et .j. vilain home :

Li hom Male Bouche se nomme, | Qui Dieus doinst vergoingne et aaui.

Honte et Paour ot avoec lui ;

Mais la mieus vaillans ce fu Honte.

Avec II il omet les v. 2859-62, mais il revient à 1 aux v. 2863-65 et 2867.

Tou a d'autres fautes de I et de I.

Dans l'union ZZe-Tou, c’est Je qui est emprunteur (1).

Tou est avec B4 aux v. 102, 161-62 (2) ; avec Bd el Da aux v. 143-44 (3). Il est avec Da aux v. 834 Je cuit qu'il n'avoit pas sept ans, pour Qui dès qu'el n'a. que s. &.; v. 1643 sont prestes . (Da), s. tout prest (Tou), pour s'aprestent; v. 1690 enteche (Da, entece (Tou), pour en coiche; v. 1168 Qui fu richement empenee, pour La plaie fu parfonde et lee; v. 2386 Soient toutes foiz La (Da), S. adès iluec (Tou), pour S'en revieignent par La ; v. 3083-86 omis ; v. 3158 Je ving, pour Je lin. Ces deux mss. ont la continuation anonyme ajoutée au poème interrompu de Guillaume.

Je noterai plus loin la présence de Tow dans les groupes Da-/e au v. 101, Be-Da-Za au v. 802, Be-Da-Ga-Za aux v. 1741-49, C-He au v. 2873, C-H-Ga au v. 691, C-Ba-Za au v. 1844.

(4) Voir p. 247-8.

(2) Voir p. 245.

(3) Voir p. 245, n.3.

On trouvera dans les chapitres consacrés à Rt, à Ra, à 40, yo, du groupe IT, des variantes communes à ces mss. et à Tow, dont plusieurs se retrouvent dans 7, À, L, M, N: il est encore avec ZL, M, N'au v.963 : Felonie, pour Vilenie; aux v. 1893-94 omis.

Je n'insisterai pas davantage sur le départ des lecons de I et de IT que le remanieur à réunies ; il me paraît suffisant d'avoir montré la fusion des deux versions.

Groupements des mss. de I

dv, £u, LS, COC, Xe. x» Sont inutilisables et je n’en tiendrai aucun compte dans le classement des mss. de [. J'indiquerai en notes seulement quelles variantes de ce groupe le remanieur a laissées à Tou. Les autres mss. se groupent suivant des combinaisons très : variées, que je vais passer en revue :

Be-Da (1) : v. 19258 L'uis dou guichet, pour L’u. d. vergier, du groupe [ (2); v. 2571 Qui a (Da omet à) estoignier te contraigne, pour Que ile. t. covieigne.

Be-Da-Ga-Ie : VX. 1650 Onques mi (Be : nul) oeil si bel ne virent (Be, Da), Ains mais mes e08 plus biaus n. v. (Ga), O. p. L. m. 0. n. v. (He), pour O. plus bel nul leu ne crurent (3).

Be-Da-Za (4) : v. 802 en nul lieu (Be, Za) (5), e. tel L. (Da), pour entre gent (6); v. 3900 A$ (Be: En) chalumiaus de Cornouaille (Be, Da) (1), À ses c. fez a taille (Za), pour As esfives d. C. On retrouvera le même groupement pour les variantes du v. 1241.

Be-Da-Ga-Za (8): v. 141-42 uns mestiers Qu'ele faisoit moult volentliers (9), pour Li mn. Qu'e.f. plus v. ; v.152 cointes, pour beles.

Be-Da-Ga-Za-Ba (A0) : v. 3537 Que tu fusses (Ga : fus si; Za:es si) bien dou (Be, Za: d'un) garçon, pour Sens q.t./f. d'un g.

(4) Ba n’a plus le v. 1258.

(2) Groupe II : Le guichet dou vergier flori.

(3) Cette variante est peu significative, plusieurs correcteurs ayant cherché à

remplacer la forme insolite abelurent à la rime du vers précédent par abelirent.

(4) Ba n’a plus les v. 802, 1241.

(5) Aussi dans Tou.

(6) Bâ : en terre; Ga a complètement changé le vers.

(7) Aussi dans Ra, avec la variante de Be.

(8) Lacune dans Ba.

(9) Aussi dans Tou.

(10) Lacune dans Ba.

Univ, de Lille. Traw.et Mem. Droit-Lettres. Tome VII, — 17.

Be-Ga (1): v. 1186 Mainte bele chevalerie, pour M. joste el mainte envaïe. Gette variante se retrouve dans Z, M, Niiln'est donc pas impossible que Be et Ga ne se rencontrent ici que par l'intermédiaire de ces groupes de IL. Cependant, on reverra plus loin le groupement Be-Ga dans les variantes du v. 1934.

Be-Za (2) : v. 877 gw'entrepris, pour qu'encombrez.

Be-H : v. 1736 Une saiele, pour U. autre floiche. Da donne simplement U. f., faute contre la mesure du vers, qui pourrait avoir provoqué la variante de Be-H ; ce groupement ne devrait donc peutêtre pas être séparé du trio Be-Da-J1.

Da-H : v.3168 grevance, pour pesance ; V. 3234 Il vient mainles foiz (Da, Ha), M. f. avient (He), pour J. voit m.f.; Da-Ha: v. 3249 Et lie il n'a (Ha), Et lie n'a (Da), pour Et qu'il ni a; v. 3991 garder, pour guelier ; Da-Ie : v. 250910 omis.

Be-Da-H : v. 2077-86 omis (3); v. 3437 seurement (4), pour certainement ; v. 3615 conduit, pour garde. L'omission des v. 2077-86 est une faute certaine ; ces vers exposent le premier des commandements d'Amours, celui de « guerpir vilenie », qui est immédiatement suivi des autres : ne pas médire, saluer les gens avec empressement, etc. Si avec Be, Da, H on supprime le premier précepte, il n'en restera que neuf: or, plus loin (v. 10396 et suiv.), Amour demande à l'amant de lui «recorder » ses « dis comanz »; et l'amant commence : «Vilenie doi fouïr ; et que ne mesdie ; salus doi tost doner et rendre... » (v. 10403-5). Dira-t-on que cette allusion n'est pas une preuve irréfutable, que les vers 2077-86, auxquels elle se réfère, ont pu être introduits dans la première partie du poème par l’auteur de la seconde? L'hypothèse en elle-même est bien invraisemblable ; elle le paraîtra davantage si l’on observe que ces vers n'ont pas la rime léonine habituelle à Jean de Meun; qu'ils se trouvent dans les mss.qui ont lafinale anonyme de la première parüe, c'est-à-dire dans les mss. qui paraissent remonter à un original n'ayant pas la continuation de Jean de Meun. D'ailleurs, l’omission se présente d'elle-même comme une lacune évidente : c’est le dieu d'Amours qui expose en personne ses commandements à l'amant :

(1) Lacune dans Ba.

(2) Lacune dans Ba.

(3) Lacune dans Ba.

(4) He a la leçon commune

il faut donc que l'auteur, qui parle en son propre nom dans les vers précédents, annonce qu'il cède la parole à un autre :

« Vilonie premierement », Ce dist Amors, « vueil et commant... » (v. 2077 etsuiv.).

Si l’on omet ces vers, l'interlocuteur n'est pas introduit. J'ajoute eufin que le nombre dix, pour les commandements du dieu d'Amours, est calqué sur celui des commandements du Dieu de la Bible.

Be-Da-H-B& placent les v. 2943-50 à la suite du v. 2964. C'est une faute évidente. L'un des deux passages intervertis relate un acte qui doit nécessairement précéder l'expression d'un regret contenue dans l'autre passage. L'amant avait franchi (v. 2814-16) la haie qui le séparait de Bel-Aceueil : l'arrivée de Danger l’oblige à la repasser (v. 2946), et c'est de quoi, aux v. 2958-59, il se désole. Suivant la leçon de Be-Da-H-Bd, il se twouverait à l'intérieur de l’enclos lorsqu'il se plaindrait de ne pouvoir y pénétrer.

Be-Da-Ha-Büä-C : v. 23 couchier m'aloie (1), pour couchiez m'estoie.

Be-Da-H-Bü-C-Ga (2): v.1934 Que tu me faces ci (Ia : tost; Be, Ga : lige)omage (He : Q. {. a moi f. 0.), pour Qu’orendr'oit MST AO:

Be-Da-H-Za : V. 272 Bien près de li, pour Près des teues (3).

Be-Ha-Ba-Ga-Za (#4) : v. 2468 Las, je ment, c'est trop chier chete (Be), L. j. m. j'ai t. haut pensee (Ga\(5), J. m. lrop ia-c.c. Pa, PAT 20) OUT LJCeMANtAINC |

C-H (6): v. 192 À nule rien ne (H), À autre r. n.(C), pour Covoilise n. (1); v. 954-55 Car ainz qu'il soit moult delaiez (He : esmaies\ Puet il (H:.P. bien) tost sa santé (He : lantost sante) alendre, pour Ses maus si est bien emploiez Car à p. t. santé &.; v. 1536 Ne l'eve sechier ne tarir (C: chetr) (8), pour

(1) He : alés m'estoie. (2) Lacune dans Ba. Il n'est pas absolument certain que la leçon du groupe ne soit pas la bonne.

(3) C : Prés de celle.

4) He a changé le vers.

5) Lu, qui accompagne Ga : t. h. pense; Ra : L. j. m. jJ'ay t. fourpense. 6) Les v. 954-55, 1234, 2071 n'existent plus dans Ba. 7) Be : Ele ne savroit en fin e.

(8) Æe, Be, Ga ont modifié le vers, chacun dans un sens différent.

Ne que l'e. ne puet t.; v. 1866 Porra, pour Pueent; v. 2071 Que je die et que je (Ha: j'en) commence (Ca: recommence), pour Q. j'espoigne e. q. j'enromance; V. 2246 mauvaise, pour petite ; v. 2490 qu'un poi, pour qui or ; v. 2826 Mout près d'iluec, pour P. d'ilueques ; v. 2873 qui estoitchargié (1), pour q. l'avoitc.; v. 2995 Pour tant qu’il, pour P. quoitt; C-Ha : v. 2990 el firmament (2), pour demainement ; Ca-H : V.1934 Tout maintenant que(3), pour Ainz que nule quant. On trouvera sans doute que beaucoup de ces variantes, considérées isolément, sont peu significatives, celles surtout qui résultent de simples et faciles substitutions de mots, sans altération du sens. Pour la plupart des autres, on pourrait aussi, à la rigueur, trouver quelque explication. Il est permis de prétendre qu'au v. 192, deux copistes, choqués par la répétition du mot covoilise, qui commence déjà le vers précédent, ont été naturellement induits à une correction faite à peu près dans les mêmes termes. Le v. 2873 pèche contre la déclinaison (chargie, nécessité par la rime, au lieu de chargiez) et par l'absence d'un régime du verbe (/e) : deux copistes étaient capables de commettre cette double faute (4). Il sera plus difficile d'expliquer, au v. 2990, la substitution de et jirmament à demainement. Cependant, si l’on observe que les mss. des différents groupes, sauf deux ou trois, ont ici une variante (Mmeesmement, tout proprement, nomeement, de maintenant), on admettra que les copistes de ÆZa et de C ont pu avoir, comme ceux des autres mss., une raison, quine nous apparaît pas clairement, de changer la leçon primitive ; si l'on considère en outre que le mot à remplacer était de quatre syllabes, qu'il devait, pour la rime, se terminer en -ment, et enfin qu'il a été dit quatre vers plus haut que Raison « fu faite en paradis », on admetira sans trop de répugnance que e2 firmament ait pu se présenter indépendamment à l'esprit de deux scribes. Mais si de pareils raisonnements sont licites pour rendre compte de quelques fautes communes isolées, ils perdent toute leur valeur dès qu’on est obligé d'en faire un usage trop fréquent, comme c'est ici le

(1) Aussi dans Tou.

(2) He : nommeement, avec Ba, Za; Be : de maintenant.

(3) Ce a la bonne leçon.

() Le changement dans H paraît provenir de ce que le copiste, ayant au vers précédent écrit es boulons au lieu de Le b., ne pouvait plus dire l'avoit ch., et de ce que les ac. eh. aurait faussé la mesure du vers. |

cas. Et de plus, si l’on veut attribuer au hasard toutes les variantes qui viennent d'être signalées, il faudra montrer pourquoi le même hasard n'a pas permis les mêmes erreurs dans d'autres manuscrits. Enfin il reste la variante des v. 954-5, qui, si elle ne représente pas la leçon originale, échappe à toute explication qui exclurait la dépendance de C et de Z7 à l’égard l’un de l’autre. Or, cette leçon a contre elle, comme d’ailleurs les autres variantes spéciales à ces deux groupes, son isolement, en face d’une autre leçon commune à tous les manuscrits, aussi bien du groupe I que du groupe IT. En outre, elle semble présenter une faute contre la déclinaison, dont on ne retrouve pas d'autre exemple dans le poème (1). Il me parait donc extrêmement probable ou que Æ et C sont unis par un lien spécial de parenté, ou que, dans les exemples qui viennent d'être cités, leurs congénères ont corrigé la faute commune (2).

-C-H-Bâ (3) : v. 993 Et bien dis, pour Jusqu'a d.

C-H-Ga (4) : v. 691 Dès or mais si (5), pour D. ore si; v. 1678 ronces cornues (6), pour r. crochues,; v. 2062 commence, pour commande. .

C-Za (T): v. 1045 Desloiautent (Za), Desloiaument (C), pour Et desloent:; v. 1522 m'en retournoie, pour m'en esmaioie (8) ; v. 2620 Z! cuide avoir (9), pour Z. espoire ; v.3392 remplacé par trois autres : Se vous me vouliiès cest don (Za: S.v. le me v. dons) Donner el du baisier l'otroi Pour Dieu sire diles (C : donnés) le moi, pour Por Dieu sire dites moi don.

Page 1