‹ Les manuscrits du roman de la roseChapitre 113 sur 142 · TZ · texte numérisé non relu

TZ

Ke:

170 Descendoit l’iave clere et coie, Toute bruiant et aussi froide.

VASTE 180 Descendoit grant et roide l’eve,

Et venoit bruiant clere et bele,

LANDIS ELO Lo LC; TT Lo Di 9)" 0;

(1) ue, v. 109 clere au lieu de grant, v. 110 ert bien au lieu de estoit.

(2) B&, v. 109 fort au lieu de gran.

(3) Gé, v. 109 bele au lieu de grant, v. 110 Qui esloil granit cl aussi f.

(4) Ja, Jo : C. et b.; Je, Ju, Jb:C. b.

(5) N, v. 109 grant au lieu de clere.

(6) xw, v. 110 Fort et b.

(7) Ka, v. 109 Frote au lieu de Forte.

(S)EKo NEC Sel. A0 ba er.

(9) Di, v. 110 Qui o. au lieu de El v.

180 bis Descendoit grant, fort et isnelle, Et venoit bruiant clere et belle.

do, (£c) (4).

180 ter Descendoit l’eve clere et bele, Bruiant par dessus la gravelle.

Xe.

190 Descendoit grant et roide leve,

Et venoit bruiant, bele et clere.

Ma, Me, Mi, Lk.

200 Descendoit l’eve come cele Qui venoit bruiant, clere et bele.

(Lu), Le, Lj, Li, Lm, Lm*, Lm, Li, Lm, Lm8, Lt, u,ye, [y], Na, Ne, Ni, No, Nu, Ny, NC, Nd, Ng.

21° Venoit clere comme fontaine (2).

VE; [ra].

Le v. 109 est omis dans Zm$, qui a pour le v. 110 la 18° leçon ; les v. 109-410 sont omis dans Xuw, Lm; le feuillet où ils devaient se trouver manque dans Ro; Ld, Lh, Nb, No, yo, #1, de, w, De. Ces mss. seront réunis aux groupes auxquels les rattache la suite du poème : Æu et x à Æ (variantes 13 à 17), La, Lh, Lmÿ, Lmf à L variantes 18 et 20), Nb, Nov à N (variante 20) ; uw. aura sa place à la suite de M (variante 19), y» sera examiné en même temps que yo (variante 4), Ro en même temps que R1; De a déjà été rattaché à Da et 1x à Coc, parmi les représentants de I.

Le choix parmi ces multiples leçons n’est pas embarrassant ; c’est évidemment à la première qu'il faut s'arrêter. Et d'abord, pour le v. 109, elle est assurée à la fois par le groupe I et par de nombreux mss. du groupe Il ; la substitution dans Be et dans quelques mss. du groupe IT de c£ere, belle, rade à grant est sans importance et ne peut être cause d'aucune hésitation. D'ailleurs, les accouplements d'épithètes grant et roïde, clere et froide sont plus naturels que clere et roide, grant et froide. C'est encore le même vers qu'on retrouve dans les ieçons 18 et 19, avec une simple interversion, qui rejette le mot eve à la fin du vers et qui, en détruisant la rime,

(1) &a, v. 109 D. g. force e. «.

(2) Fusion des v. 1409-11 en un seul.

prouve que cette variante n'est pas du poète. Quant à la variante 20, il est visible qu’elle dérive de la variante 19.

La leçon du v. 110 n’est pas moins assurée. Si on laisse de côté les variantes 18-20, qui ne fournissent pas de rime à roide, un simple coup d'œil sur les autres suflit à montrer que le vers doit commencer par Clere estoil et se terminer par et aussi froide. La syllabe manquante est l'eve, donnée par les deux premières variantes, c'est-àdire par tout le groupe 1, moins Ga, et par quelques mss. du groupe Il. On à vu que Ga ne mérite aucune confiance ; il a pu du reste substituer lui-même mout à l'eve, qu'il était choqué de voir dans deux vers consécutifs. Car c’est sans doute à cette répétition quil faut attribuer la multiplicité des variantes du v. 110 ; la banalité de beaucoup de ces variantes sent la correction.

La leçon primiive des v. 109-10 fermement établie, j'examinerai d'abord les variantes les plus caractéristiques, qui constituent des groupements avec lesquels les mss. qui aux v. 1409-10 s'éloignent moins de l'original ont cependant des affinités certaines.

Les leçons 11-12 (/) introduisent dans le v. 110 l’épithète bruiant, Sans modifier le v. 109.

Les leçons 13-17 (Æ), outre l'introduction de bruiant dans le v. 110, substituent dans le v. 109 clere à granl, d’où l'obligation de remplacer clere au v. 110 par un autre mot.

La leçon 18 (Z), avec l'adjectif bruiant, introduit aussi dans le v. 110 le verbe venoit et l'adjectif bete, et, en outre, par un déplacement de mots, altère la rime primitive.

La leçon 19(M) ne se distingue de la précédeute que par l'interversion des mots clere et bele ; mais cette transposition, affectant la rime, est plus importante que si elle se présentait à l'intérieur du vers.

La leçon 20 (N), par une modification du v. 109 de la leçon 18, refait une rime.

Les leçons 11-20 se ramènent donc à cinq groupes (7, Æ, L, M, N), qui ont en commun le mot bruiant au v. 110.

Je passerai en revue successivement chacun de ces cinq groupes, puis j'essaierai de déterminer quelles relations existent entre eux. Ensuite j'examinerai les autres mss. de IT, en suivant l'ordre dans lequel j'ai donné leurs variantes des v. 109-10.

Variantes 11° et 12° des v. 109-110 : J

Le groupe J est très peu homogène; chacun de ses membres, groupés aux v. 1409-10, sous les variantes 14 er 12, le quittera plus ou moins fréquemment, sauf peut-être Jb. D'autres mss. qui ne l'ont pas suivi aux v. 109-10 et qui, pour cette raison, seront examinés à part, le rejoindront plus tard : Jÿ (variante 1) se rattachera spécialement à Ja, Je; Jé (variante 6) sera plus intimement uni à Je, et J4 (variante 7) à Ja. Mais il serait impossible de citer üne variante, particulière à /, qui groupe tous ses représentants.

Pour plus de clarté, j'examinerai d'abord Ja, Je, Jo, Ju, Jy.

Outre la variante du v. 110, ces cinq mss. ont en commun les fautes suivantes : v. 577 doucement, pour bonement; v. 589-90 Pour ce sui amie et acoînte À (Ju : De) Deduit, pour Privee sui moult et ac. De D.; v. 682 Plus gais que, pour LL g. con; v. 1305 votant moi, pour maintenant, etc:

Ja, Je, Jo, Ju, Jy (1) se partagent en deux groupes : Ja et Je d'une part, Jo, Ju et Jy d'autre part; v. 149, tandis que Ja et Je ont Laidement iert apareilliee, pour Æisdeuse estoit et rouilliee, les trois autres ont la leçon de Z, N'; v. 150 Et si estoilt entortilliee dans Ja, Je (bonne leçon), Et si estoit entour liee dans Jy, Et si estoit estroit liee dans Jo, Ju(L, N:E.Ss.e. encor L.) ; v. 163, pour Mout sol bien peindre et bien pourtraire, Ja,Je ont M. fu sage el bien sot p. (sage, Sans s finale, est contraire à la langue du poète), Jo, Ju. Jy ont la leçon de L, M, N : M:s.b. faire et b. p. Dans les exemples suivants, Ja, Je ont des fautes spéciales, tandis que Jo, Ju, Jy ont la bonne leçon : v. 374 arrester (rime trop pauvre), pour sejorner ; v. 526 Qui mout iert avenant et bele, pour Q. assez esloit gente el bele; v. 848 bouche par covenañt (rime insuffisante), pour bouchete par covent: v. 954 Qu'il ne doit pus estre re ie Ses maus si est bien emploiez (Jo: S. m. lie. mieux e., Ju : Cis m. li e. b. e.): v. 2562 CONOÏSSANZ ee. Rte pour bien voillanz ; v. 2591-92 esmai; m'en esmai (avec X, N), pour esveil : me merveil; v 2648 peine, pour duel ;: v. 3369-70 omis, ete. Au v. 2762, la variante

(1) Dans l'examen de Ri (variante 3), je signalerai aussi des liens de parenté unissant ce ms. à J, en particulier à Ja, Je. CÉ. aussi Mon, Maz.

de Ja : Autres trois, pour Qu'a. biens, ne se retrouve pas dans Je, mais elle existe dans son succédané 7e, dont il sera parlé plus tard().

Jo, Ju, Jy peuvent avoir, d'autre part, des fautes spéciales que n'ont pas Ja, Je : v. 1958 jardin, pour vergier. Au v. 1062, au lieu de ollee, Ju à fermee, Jo a Sernee; c'est apparemment la même faute ; /y a neellee, qui est une répétition du dernier mot du vers précédent. Est-ce pour éviter cette répétition que /o et Ju ont changé (2)? Il est à remarquer que la rime fermee : neelee se retrouve dans la variante de À, ZL, M, N.Auv. 1719 Jy a Ainz remest enz ou cuer li sans, leçon très rare, qui paraît être la bonne ; Jo et Ju: Ainz r.e. el cors luisans, leçon unique, qui se rattache directement à la précédente ; Ja : Ainz est remeiz li fers dedens (3), Je : Ains demorau cors dedens (4).

Jo et Ju peuvent aussi avoir des fautes communes, à l'exclusion de /y, qui alors se retrouve avec Ja et Je: v. 80 recitoit, pour recensoil ; v. 63 D'indes, de jaunes el de perses, pour L'erbe et les flors bianches et p. ; v. 16 s'esjoist (Ja, Je, Jy ont s’esvertue, avec K, L, M, N), pour se deduit ; v. 207 faute de L ; v. 210 ro5e, pour cote ; v. 312 enforcié (avec Ha), pour commencié; v. 588 Et a mes biaus Cheveus trecier, pour Et a mot peignier et t.; v. 657 par lieus, pour aillors ; deux vers interealés entre les v. 926-27 : Richement estoient ouvrees Les saietes embarbelees ; v. 1030 Pour sa grace mieuz desservir (avec H), pour ?. l'amor de li 4.

Mais les groupements des mss. de J peuvent être aussi tout différents ; par exemple, Ja et Jx peuvent être unis, à l'exclusion des autres : v. 1452 blandir (5), pour plorer (Jo a la bonne leçon, Je est avec À, N); v. 1578 Dont Amours l'ont lost mis en voie, pour Qui d'amer la t. m. e. v. (Je avec Q. ti. l’a m.d'a.e. v:, et Jo avec Q. d'a. l'estuet m. e.v.représentent la bonne leçon). On peut avoir aussi Ja, Jo, Jy, contre Je, Ju : pendant que ces deux derniers ont, pour les v. 1317-18, les variantes de X, L, M, N, les trois autres ont à peu près la bonne leçon :

Je, qui de ce ne soi noient, M’alai tout seul esbanoïant. (Jo)

(1) De mêmé dans J£, Jl.

(2) Ja a la bonne leçon, Jé : fermee, Je : encoleree, Ji : encoulouree (pour au col orlee).

(3) JL: Ainz remest toux li fers dedenx. j

(4) Cette leçon, qui est aussi celle de Jé, parait provenir de celle de H : Ainçois remestou cors (Ha : encor) dedenx.

(5) Aussi dans Mon, Max.

Je cuis que de ce ne soit noienf, Je m’aloie adès abenoïant. (Ja) Je croi de ce ne soi noient, M'aloie adès esbanoient. (/y)

Aux v. 2349-59, Je, Ju, Jy ont la bonne leçon; Jo a, on verra plus loin pourquoi, la faute de Z, M; Ja a celle de X, N.

Ces chassés-croisés entre Ja, Je, Ji, Jo, Ju, déjà très compliqués, le seraient bien davantage encore si j'avais réuni dans un examen d'ensemble tous les représentants de /. Il est certain que tous, à des doses diverses, réunissent différentes leçons.

Jo et Ju, dans les trois cents premiers vers du poème, ont alternativement soit la lecon des autres mss. de J, comme au v. 1409-10, soit, contre eux, la leçon de Z, par exemple aux v. 4149-50, 163, 207 déjà cités. Du v. 300 environ au v. 1307, ils n'ont la leçon de Z que lorsque les autres mss. de J l'ont également, mais ils peuvent avoir la bonne leçon à la fois contre ceux-ci et contre Z, par exemple, aux v. 881-82. Au v. 1030 ils reproduisent une variante de ZZ (voir p. 271; de sorte que la rencontre de Jo, Ju avec ÆZa au v. 312 (voir p. 271) pourrait n'être pas accidentelle. D'après la faute /a mer, pour leve, qui réunit Jo, Ju à L, M, au v. 1536, et d'après les v. 3457-59, où ils se retrouvent avec les mêmes groupes à l'exclusion des autres mss. de /, on pourrait croire que leur ancêtre a recommencé ses emprunts à Z ; mais comme déjà à partir du v. 14307 environ Jo est à peu près complètement séparé des autres mss. de J et presque toujours uni à Z, cette rencontre peut s'expliquer différemment. On retrouve toutefois encore Jo avec J et quelques mss. de I, contre Z, aux v. 1850, 1857. Dans le v. 1878 il semble Combiner les leçons de 7 et de L': Mais mout m'assouaja l'ointure (J), Mout m a. cele o. (L), Mais m'asouage chele 0. (Jo), pour Si me ras. l’o. Je crois qu'il faut voir une simple coïncidence dans le fait qu'il omet, avec Ha et Ja, les v. 4049-50, il s’agit ici d'un bourdon. Je signalerai encore, sans en tirer aucune conclusion, deux variantes de Jo et Ra: v. 1344 machic (Ra), masis (Jo), pour anis: v. 1709 Quant vi la plache, pour Ainz fu laplai e.

Du rattachement de Jo à Z, il résulte qu'à partir du v. 4307 environ ce ms. se sépare des autres mss de 7, non seulement quand ceux-ci n'ont pas les fautes de Z, mais aussi quand ils ont des fautes que n’a pas Z. Voici quelques-unes des fautes de Z qui, pour cette

raison sans doute, ne se retrouvent pas dans Jo Lv. 1658 je celui avisai, pour je l’oi bien avise; v. 1802 Lez l'espinoi (avec X, N), pour ZL. {a haie; v. 2031 Adonc seras hors de lristece (avec K, N), pour Afent et suefre la destrece ; v. 2187 Coëintise si, pour Cointerie ; v. 2200 dois bien faire We : d. f. b.), pour puez f. moult; x. . 2216 cis, pour ons; v. 29240 Te pri, pour Veil je; v. 2299 estuet (avec X, N), pour est droiz ; v. 2637 confortera (avec Æ, N), pour garantira, etc.

Ea outre, /0 peut avoir la bonne leçon à la fois contre Z et ZL,par exemple, v. 2046 J alavec À) apareilliez (rime insuffisante), pour encoragiez, tandis que Z omet ce vers et le précédent ; v. 2522 J, K, Nont El puis vendr'as, L': Après iras, pour Après vendras; dans les deux cas, Jo à la bonne leçon.

Chacun des autres mss. peut se trouver de même isolé contre le reste du groupe, non seulement par des fautes qui lui sont spéciales el qui n'ont aucune importance, mais soit avec la bonne leçon, soit avec des variantes empruntées à d'autres groupes.

Jy à au v. #7 la leçon de X, ZL, M, N, tandis que J a la bonne leçon ; au v. 3537 il a la faute de M et de quelques autres mss. de différentes familles.

Je a la bonne leçon quand les quatre autres mss. ont des fautes communes : v. 1146-47 est ele a devise Amee, pour ote. a. d. L'amoi'; N. 1161 Aulressi fail, pour Aussi alrait; v. 1181 (1) biaus contes, pour Les c. ; v. 1235 fole, pour nice ; v. 1240 Ele fut clere non pas brune, pour Æ. f. une €. b.; V. 1954 La façon bien dite, pour D. La f: D'autre part, Je, seul de J, a la faute de Æ, N aux v. 1517-18. Aux v. 3536-37, il réunit le premier vers de Be, Da au second de X, L, M,N: Gars pourquoi as [cuer] (2) si failly Que tu fusses bien du garçon.

Ja reproduit quelques variantes de ZZ et d'autres de a. De Æ : v. 1356 Avoit i! ou vergier adès (H), Y. avoit ou v. asseiz (Ja), pour Dont il n'a guieres ici près; v. 1438 Estoil morz, pour Se moru; v. 1526 bouloit, pour paroil,; v. 1819 cors, pour Cuer ; v. 1856 les miens maus deporter, pour

(4) Pour cet exemple et pour les précédents, c'est par hypothèse que j'attribue les variantes de J à Ju, qui a perdu les v. 1078-1234 ; pour Les exemples suivants, la faute est assurée.

(2) Le scribe a omis cwer, mais le mot est dans Jé, un succédané de Je.

Univ. de Lille. Traw. et Mem. Droit-Lettres. Tome VII. — 18.

lor maus miauz d.: v. 2062 commenñce (1), pour commande (rimant avec entende) ; v. 2108 le nuise (H) (2), {e muse (Ja), pour l'encuse. De Ha : v. 1317 Je cui de ce ne funoient{Ha), J.cuis que d.c.n. soit n. (Ja), pour J. quid. c. n. soi n.; v. 1870 de haut, pour d. chaut; v. 1466 Qui les refuse, pour Que l'en r.; v. 1665 La tige, pour L. queue; v. 1895 En felonie n'en, pour En folie ne en; v. 1938 porchier, pour bouchier ; v. 2259 Donc le done, pour Done le donc ; v. 2877 Vers, pour Lez ; v. 3970 Qui le voit muèr trop tost (Ha) (3), Quant le v. meir'eir Lt. (Ja), pour Qu'il avoil eue t. t.; v. 4049-50 omis (bourdon).

La contamination de /a étant suftisamment établie par ces exemples et par ce qui a été dit précédemment de ses rapports avec ses congénères, il serait sans intérêt de signaler les variantes que ce ms. partage avec d'autres de différents groupes, surtout quand ceux-ci sont eux-mêmes contaminés ; de noter, par exemple, l'omission des v. 349-650, avec ÆÀ, N'; celle des v. 3907-8, avec Ga; ou des fautes telles que celle du v. 1748 Mais li fers est remeés dedenz, pour M. la saïele remest enz, avec Mon, Maz, etc.

Lorsque les cinq représentants de J dont il vient d’être parlé se séparent, Jb accompagne tantôt l’un des groupes, tantôt l’autre ; parfois aussi il ne suit aucun d'eux. Au v. 149, il a la variante de Z, avec J0, Ju, Jy, tandis que Ja, Je ont une faute spéciale; au v. 150 Jo, Ju, Jy ont des leçons dérivées de celle de Z;: Jb a exactement celle de Jy, tandis que Ja, Je ont la leçon originale ; v. 163 c'est JD seul qui a la bonne leçon, pendant que 70, Ju, Jy reproduisent encore celle de Z, et que Ja, Je ont une variante spéciale. Aux v. 314, 954, 2591-92, 2648, etc., Jb a la variante de Ja, Je, et Jo, Ju, Jy ont la bonne leçon; aux v. 1317-18, Jb a la bonne leçon, que reproduisent à peu près /a, Jo, Jy, tandis que Je, Ju suivent L; aux v. 2349-52, il a encore la bonne leçon, mais cette fois avec Je, Ju, Jy, tandis que Jo suit L, et que Ja est avec Æ, N. Mais au v. 1578 c'est /b seul qui est avec Z, M, N, tandis que les autres ont soit des variantes spéciales, soit la bonne leçon, etc.

Ja et /b sont les représentants les moins infidèles de / : mais cette Constatation n'a pas grand intérêt, puisque J lui-même, lors-

(1) Aussi dans C, Ga.

(2) Aussi dans C, Da.

(3) He a changé le vers,

qu'il sera comparé aux autres groupes de IT, notamment à X, Z, M, N, apparaitra comme très hétérogène, par conséquent dépourvu de valeur.

Variantes 13° à 17° des vers 109-110 : X

Aux mss. réunis par les variantes 13-17 des vers 109-410, il faut joindre A, qui a omis ces deux vers, et z», à qui manque le feuillet où ils devaient se tronver, mais qui partagent la plupart des autres fautes communes au groupe. Les variantes de Æ sont nombreuses : v. 133 empreintures (Ko : enpaintures), pour escritures ; v. 148 El fame, pour Et pleine ; v. 16162 intervertis ; v. 188 Car mout courbes et moult, pour Recorbelees et, ete. Dans la comparaison qui sera faite de ce groupe avec J/, L, M, N, on trouvera d'autres variantes qui lui sont spéciales, notamment aux v. 141-492, 954, 1006, 1064, 1305, 1377-78, 1551-59, 1995-96, 27921.

Les variantes du premier mot du vers 110 correspondent à une subdivision du groupe, qui pourrait être confirmée par d'autres traits.

Nf et NR, qui ont en commun, au v. 110, la varisnte /resche, sont très souvent unis par d’autres fautes qui leur sont spéciales ; ils ont eu un ancêtre commun faisant partie du groupe X. (est pourquoi NR, ayant au v. 109, avec les autres mss. du groupe X, la variante clere pour gr'ant, je considère la présence de grant dans Nf comme une correction, à laquelle je n’attache d’ailleurs aucune importance (1). Voici quelques-unes des fautes spéciales à Nf et NR : v. 15 joie, pour noïse (faute contre la rime); v. 79 bel, pour gais ; V. 198 Ce beau, pour Tot le; v. 152 Mout par estoil d’'orrible taille, vers rattaché au portrait de Haine, pour Une. autre image d'autel taille, désignant Felonie; entre les v. 152-3, deux vers : Une autre ymage i ot assise, Pourtlraitle d'une pale guise; v. 153 S'estbit au senestre de lui, pour À seneslre avoil delez lui; entre 155-6 une addition de sept vers au portrait de Felonie : El de ceste pas je ne nie Que bien estoit a sa droiture Toule pourtraite a sa nature, Car felonnement estoit faite. Bien sembloit femme trop meffuile, Car au semblant qu'elle portoit, Com fame forsenee esloil; v. 933-834 omis; entre 252-3, deux vers : À nulle personne du monde. Ce pechie lrop en

(1) Plus significatif est le fait que N/f a la bonne leçon au v. 205 à la fois conter ÆÀ et Nk.

Lui habonde ; entre 268-9, deux vers : Auplus preudomme qu'elle.

cuide, Qui a bien faire met s'esluide, etc.

Dans la lecon de Nf, on a essayé de corriger quelques-unes des fautes les plus grossières de NA; par exemple, le v. 156, qui dans Nk est absurde : Une ymage entaillie aucte, est devenu dans N/: U. autre y. pas ne nie. Poar ce changement, il a suffi à N/ d'emprunter la fin du vers précédent.

Ka, Ki, Ko, Kc (1), spécialement unis au v. 110 par la variante Forte, le sont encore ailleurs : v. 65 Tele (Ka : Cele) est la robe que (2), leçon qui se rapproche de la bonne, C'est L. r. q., dont s'éloignent les autres mss. du groupe avec Tel robe a com (a omis dans Nfet Nk); v. 1417-48 tous quatre ont la bonne leçon Rechignié avoil et froncié Le vis et le nés secorcié, tandis que N/, NA, Ke et Au ont une faute commune pour le premier vers : ReChigniee estoil el f., et pour le second, des variantes qui procèdent d'une faute commune: Avoil le v.et n. recourcié(Nh), A. le n. et secourcié (Nf; Ku, Ky), À. et le n.sec. (Ke); la faute initiale parait avoir été un vers trop long : Avoël le vis et Le nés secourcié ; v. 241 Mescheoir, pour Descheoir.

Ke, Ky sont unis à ÆXo, Nf et NA au v. €5 par s'esfroie, pour s’esjoie,; à Ka, Ki, Ko, Kc au v. 249, par aucune aventure, pour grant desconfitlure.

D'autre part, Nf, NR sont unis à X7 par l'interversion des v. 49-50 et par bele pour clere au v. 118.

Ku et XT n'ont pas les variantes suivantes de Æ : v. 173 baille, pour fail; v. 174 Et preste, pour Prester: omission des v. 179-80, etc. La bonne leçon qu'ils opposent à ces variantes ne peut prouver qu'il existe entre eux un lien spécial ; mais ce lien est attesté par la faute du v. 744 Dancier courtoisement baler, pour Et genz mignotement (K : mout noblement) b. -

Mais il serait d'autant moins intéressant d'insister sur ces subdivisions du groupe que celui-ci ne va pas tarder à perdre plusieurs de ses membres.

C'est d'abord Nfet Nk qui se séparent définitivement des autres mss. Fixer l'endroit précis où s'est produite cette scission serait

(1) xw à été examiné avec I; Se, qui ne fait que momentanément partie de K, et xv, qui a perdu ses premiers feuillets, seront examinés à la fin de ce chapitre. (2) Æo a la bonne leçon.

d'autant plus difficile que, d’une part, cet endroit coïncide, semblet-il, avec une lacune de NZ. et que, d'autre part, le texte de Nf, contaminé, n'offre pas de base sûre à semblable constatation. La lacune de NA s'étend du v. 30% au v. 657; au v. 298 il est toujours avec À; Nf y est encore au v. 432 : descharnee et lasse, pour de jeüner l. ;ilen était probablement de même de Nzk. Mais au v. 680, ce n'est plus la faute de ÆX : Je me pris lors a merveillier, mais celle de N : Je me pris a esmerveillier, que NR oppose à la bonne leçon : Je me p. mout a esgaier. Et depuis il a toutes les fautes de N, par éxemple aux v. 777, 10092, 1006, 1061-64, 1077, 1157-58, 1195- 97, 1305, 1377-78, 1395, 1536, 1551, etc., dont on trouvera plus loin les leçons; il n’a plus celles de X qu'autant qu'elles se retrouvent également dans N. N/, étant très intimement uni à NA, a dû quitter K en même temps que lui; et, en effet, aux v. 1195-97, 1305, 1377-78, 1536, 1551, etc. ilest avec NE et N contre Æ. Mais il lui arrive aussi de n'être ni avec Æ ni avec N, ni par conséquent avec NZ : au v. 680, il a la leçon originale à esgaïer, non seulement contre Æ et N, mais aussi contre les autres groupes congénères J, L, M. C'est assurément une correction empruntée à une autre famille. Au v. 777, il n'a pas la leçon de N'; il a celle de 7, À, L, M, mais avec la variante de J, L, M (qu'iert si), et non. celle de Æ j'qui ert); v. 954, il n’a, ni la bonne lecon avec N, ni exactement la faute de ÆX, mais une varante de cette faute, spéciale à 7; v. 1002 il n’a pas la bonne leçon avec N, mais une variante qui appartient à Jet à ÆX; v. 1006 il a la bonne leçon, aont s'écarte un peu J 1) (7: farder pour tifer) et davantage N; v. 1061-64, il a la bonne leçon, en même temps que J, contre les cinq autres groupes ; aux v. 1157-58, 1l se retrouve de nouveau avec NA dans le groupe N et y restera, sauf quelques écarts ; ainsi aux v. 1395-96 il aura encore la bonne leçon contre N et Æ. On pourrait croire, d'après les v. 95%, 1002, que c’est à J que Nf fait des emprunts lorsqu'il quitte NA, mais le v. 680 prouve qu'il n'en est pas ainsi. Quoi qu'il en soit, je n'ai rien tiré de ce ms. Quant à Nk, je ne le compte dans le groupe Æ que jusqu'au v. 290, et à partir du v. 680 je le range dans le groupe N.

K1 est avec Æ aux v. 109-410, mais au v. 149, il est avec M. Aux v. 4149-50, sa lecon Æideuse est et assourchiüllie (2) Et si estoil

(1) Sauf Ja.

(2) Ce vers se trouve aussi dans Dij et pa.

ensourchillie paraît se rapprocher davantage de celle de Z, N. On a vu d'autre part qu'aux v.173, 174, 1717-80 il n'a pas la faute de X. Cependant, à part ces exceptions et quelques autres, il reste avec Æ jusqu’au v. 2240 inclusivement; mais à partir de ce point il se rattache à N: avec lui il omet les v. 2253-54, et toutes les variantes qui dans la suite seront signalées dans N se retrouvent dans ce ms. Toutefois aux v. 2490 et 2502 il est de nouveau, mais exceptionnellement, avec X.

Ki quitte Æ pour le groupe Z du v. 1100 environ au v. 2460 environ:; au v. 1064 il a la variante Mout qui fait à Æ une place à part dans le groupement X, L, M, N; au v. 1071 il a encore ia bonne leçon avec Æ contre Z, M, N; mais au v. 1172 il a la bonne lecon avec L, M, et non la faute de Æ : Et la gorge si descoverte ; aux v.1241-49 il a la leçon spéciale à L, M, à l'exclusion de X, et dès lors on le trouvera constamment jusqu'au v. 2460 inclusivement, soit avec L, M réunis, par exemple aux v. 1317-18, 1344, 1389, 1515-20, 2250, 2302, 2391-92, soit avec Z seul, par exemple aux v. 1388, 2386. Au v. 1400, au lieu de delitaire, faute de Z, M, il a solitaire, avec Dij, ms. peu sûr de Z,et6:, ms. très contaminé. Aux v. 2459-60 il a encore la faute de Z, M, mais au v. 2490 il se retrouve de nouveau avec X, et ne le quitte plus.

Ko interpole entre 974-715 un vers qui ne rime ni avec le précédent ni avec le suivant; ce vers se retrouve à la même place, mais accompagné d’un second qui rime avec lui, dans Urb : Fu cil ars desous el deseure, Et si estoit noirs comme meure.

Ku à aucun moment ne quitte son groupe complètement, mais il lui fait de temps à autre quelques infidélités: on a vu déjà qu'aux V. 173, 174, 1717-80 il oppose la bonne leçon aux fautes de Æ ; aux v. 3457-59, tandis que X a la boune leçon, Xw a celle de Z, M.

ÆC ne quitte pas Æ avant le v. 2240 ; mais il omet les v. 2253-56 avec N; il a de même de N les v. 2391-92, 2637, deux vers interpolés entre 2949-43 : il est avec ZL, M, N, à nou de Æ, au v. 2721 ; cependant il a encore des leçons spéciales à A: v. 2490, 2509: il interpole deux vers, avec À, L, entre 2836-37 (1), bien que sa leçon du v. 2834 Qu'o lui avoit .ij. compaignons, pour Ainçois avoit

4) Il a une leçon de L seul au v. 2742 : Que ses dolors oblil li cors . pour

Q. 1. cuers (lrès nombreux mss. cors) 0. s.«l.; mais il a pu de lui-même faire ce changement, à cause de la rime Lors : dolors.

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