TRE
a c., doive quelque chose à celle de M, N : Avec lui ot .ij. ce. En somme, à partir du v. 2240 environ, il va alternativement de Æ à N:
* à perdu ses premiers feuillets et le texte de Guillaume de Lorris ne commence qu'au v. 1031. Le poème a été allongé de nombreuses interpolations ; à part ces additions, x suit alternativement Æ et Z. jamais il n’a la bonne leçon à la fois contre ces deux groupes.
Set fait partie de X jusqu'au v. 336 au moins, ensuite de Z, puis de N ; au v. 822, il est encore avec Z; au v. 1006, il est déjà avec N, qu'il ne quittera plus.
Variantes 18, 18bis, 18ter et partie de la variante 20 des v. 109-110 : Z
La différence entre les variantes 18 et 19 est minime : une simple interversion de mots, qui passerait inaperçue si elle n’était pas à la fiu du vers; et précisément, parce qu'elle est à la rime, et parce que dans les deux cas celle-ci reste incorrecte, cette interversion a pu, dans un sens ou dans un autre, se présenter à l'esprit de plus d'un copiste désireux d'améliorer l'assonance ; elle ne doit donc pas être considérée a priori comme une ligne de démarcation bien arrêtée entre les deux groupes. Et en effet ZA, bien qu'ayant bete et clere (groupe M), se retrouve dans la suite du poème avec le groupe Z, qui a clere et bele, et inversement Mo, qui a clere el bele avec LZ, fait partie du groupe M, qui a bele et clere. Cependant, ces restitutions faites, la distinction entre les deux groupes subsistera.
C'est le désir de procurer une rime à la variante 18 qui a donné naissance à la variante 20; il est évident que celle-ci procède de celle-là ; elle appartient à une partie du groupe Let à un autre groupe, N, qui, comme M, descend de Z. Cependant les relations de N avec ceux des membres de Z qui l’'accompagnent aux v. 109-10 seront exactement les mêmes qu'avec les représentants de la variante 18. Je réunis donc dès maintenant aux mss. qui ont la variante 18 ceux de la variante 20 qui n'appartiennent pas au groupe N. J'y joins encore La, Lh, Lmÿ, Lmf, à qui mangent les v. 109-10, et que la suite du poème rattache à Z. L est done essentiellement représenté par 20, Le, Lio, Lb, LC) La Lf)Lg) Lh, Li, Lk, Li, Lm, Le, Lim, Lim, Lm, LS, LmT, LmS, Li, Dij, Xe, he, do.
A la suite de Z seront examinés y, à (variante 20).
La plupart des variantes de Z se retrouvant dans les groupes J,K, M, N, il lui en reste peu en propre; en voici cependant quelques-unes : v. 352 floriz, pour flestiz; v. 356 mains, pour denx ; v. 1388 venir, pour faire; v. 1395-6 couche : moîste el douche (rime normanno-picarde), pour cote : douce el moïste ; v. 1856 endurer, pour deporter ; v. 2275-76 omis ; v. 2386 Soient tuil adès la entour, pour S'en reveignent par la e.: v. 2142 Que ses dolors oblit li cors, pour Q. li cuers o.s. d. (ils'agit d'ure blessure du cœur, el non du corps), etc. D'ailleurs l'individualité de Z ressortira aussi nettement de sa comparaison avec J, À, M, N que «les variantes qui lui sont Spéciales.
Tous les membres de Z ne sont pas constamment fidèles au groupe ; lorsque l'un d'eux lui oppose des variantes qui ne sont pas des fautes isolées, elles peuvent être considérées comme des corrections empruntées à d'autres groupes.
Lb a au v. 2061 commande, que je crois être la bonne leçon, au lieu de amende, variante de Z; mais l'aspect extérieur des deux mots, surtout lorsque com est abrégé, diffère si peu que je ne m'arrête pas à cette particularité.
£Ec a rétabli la bonne leçon aux v. 356 et 1395, mais ces corrections n'ont peut-être pas exigé le secours d’un autre ms.
La aussi a corrigé le v. 1396. :
Lf a la bonne lecon contre Z au v. 356; au v.1240 il a la leçon de J, et aux v. 1241-42 la bonne leçon, qu'il peut avoir empruntée à J.
Lh a perdu les 2747 premiers vers du poème.
LR se sépare assez souvent de Z; il a contre lui la bonne leçon aux v. 40 (1), 47, 71-18, 149-50, 352, 385, 2275-76, 2302, 2349-59 : il a la variante de G au v. 24; celle de Gi (se resmuet) au v. 76; celle de À, N aux v. 1395-96 ; une leçon spéciale au v. 3536: Gars tu as bien le Cuer failli, mais au v 3537 celle de M et de quelques mss. d'autres familles : Que acointié l'es d'un garcon.
Lg, EL, Lo, Dij, 1x, x omettent simplement les v. 1241-49 (2), sans les remplacer, comme les autres mss. de Z et ceux de M, par deux auires vers.
Lg est avec N au v. 101; mais en général il n’ajoute aux variantes
(1) Seulement pour le substantif; pour le verbe, il a une variante spéciale, ranonsotl, qui se retrouve dans J{.
(2) Il en est de même dans Fe et Ra.
de Z que des fautes individuelles, qui à la vérite sont nombreuses.
Lo a la bonne leçon contre Z seul ou accompagné de M aux v. 30, 96, 352, 385, 2164, 2743. 3592, 3649. IL interpole entre 674 75 deux vers qui se retrouvent à la même place, avec des variantes, dans Æ : Deçoivent genz alans par mer Si qu'a mort les covient aler (Lo), D. ceus qui sonten m. Qui vont nageant par mil'amer (K) (1)
Dij est très contaminé. Il a la bonne leçon contre Z seul ou accompagné de ÆX, M, N aux v. 77-78, 1395-96, 1720, 1856, 1919, 2533, 2681-82, 2804; il na pas les deux vers interpolés par Z, K entre 2836-37. Ce ms. devant être étroitement uni à 42 dans la seconde partie du roman, il est permis de ne pas attribuer au hasard sa rencontre avec ce groupe dans les quelques fautes suivantes : v. 110 Qui, pour Æt; v. 1505-6 intervertis ; v. 1631 pr'eisse, pour coillisse (L: retenisse) ; v. 1636 Parler, pour Peser (L: Passer); v. 1640 Et teus y ot, pour Et t. qui sont. I a aussi des leçons en commun avec y, ms. très contaminé: v. 1992-93 Faites faire si l’emportez Une clef et soit com ostages, pour F. à clef si l'e. Et la c.s. en leu d'o.
Liest avec N aux v. 109-10:il en sera de même aux v. 2391-99, mais dans ce dernier cas la variante est peu importante et la rencontre pourrait être fortuite. De toutes les autres fautes qui seront signalées pour l'établissement de N, aucune ne se retrouve dans Li. D'autre part, ce ms. a la plupart des variantes de ZL: v. 30, 717-178, 207, 111, 1006, 1344, 1388, 1389, 1395-96, 1400, 1940, 2386, 2459-60, 2749, les deux vers intercalés entre 2836-37, v. 3457-59 ; au v. 298, il a douleur avec M, au lieu d'envie avec L, mais envie faussant la mesure du vers, plusieurs correcteurs ont pa spontanément lu substituer douleur. C'est done au groupe Z que se rattache Z?, mais pas d’une façon constante; outre les deux exemples ci-dessus mentionnés où ilest avec AN, il a la bonne leçon contre Z aux v. 352, 2302, 2661-64, sans qu'il soit possible de dire s’il la doit à N, puisqu'elle est fournie par de nombreux autres groupes; sans compter que Lo et Lk l'ont de même au v. 359%, et que ZA l'a aussi au v. 2302. Au v. 2751, tandis que Z et N ont pluie pour poudi'e, LI a foudre, mais cette variante est peu significative. Il a modifié le vers 1240 en
(1) Aa : Fonl ceus qui sont dedens la mer Par leur dous chant cheoir en mer. Les deux vers de ÆÀ ont été ajoutés au XIVe siècle dans Ce et dans La.
" Sine fu oscure ne brune,mais cette leçon, qui est aussi celle du ms. contaminé »+, paraît en remplacer une autre qui aurait été graltée.
En somme, Z{ représente le texte de Z, altéré par des leçons empruntées à d'autres groupes.
Lm, Lm?, Lm, Lm*, Lmÿ, Lm$ ont aux v. 109-10 la 20e variante (4), qui est aussi celle de N'; ils suivent Z jusqu'au vers 1850 environ, puis du v. 2830 environ jusqu'à la fin du poème. Du v. 1850 au v. 2830 ils font partie de I, dont ils reproduisent certaines fautes: v. 2077-86 omis; v. 2459 Je voudroie estre par couvent (2), pour Jou v. p. covenant ; v. 2121 Bien près de li, pour Près des teues ; v. 2162 Quatre biens (3), pour Qu'autres b. Ces mss. ont des fautes qui leur sont spéciales : v. 1939-40 preus (4) Qui je ainsi a homme espeus, pour frans Cilque j'einsi (Da, Ha: Qui je e) a h. prens ; v. 2352 s’en art plus asprement, pour s'en vait plus apressant, etc.
Lm? suit L jusqu'au v. 2460 au moins ; ensuite il fait partie de I jusqu'au v. 2830 environ, et en a les mêmes variantes que Zn aux v. 2791, 27692, puis il revient à Z.
Lms suit L jusqu'au v. 850 environ (5), puis du v. 2830 environ à la fin du poème, dans les mêmes conditions et avec les mêmes corrections que Zin?. Son texte, comme celui de Zm?, a pour base le texte de Z entre les v. 850 et 1850 et celui de 1 entre 1850 et
2830; mais entre 850 et 2300 environ, il substitue très souvent la |
bonne leçon aux fantes de Z ou aux variantes de Lm?. Il a les mêmes variantes de [ que Zn? aux v. 2459, 27921, 27692 ; au v. 2352, sa lecon s'en art plus espertement dérive de celle de Zm?; mais il n'a pas la variante de Zm? aux v. 1939-40 ; il n'omet pas avec lui et certains mss. de Iles v. 2077-86. ZmS place les v. 1679-1790 entre 963-4. probablement par suite d'une interversion de feuillets dans son original. Ce déplacement n'existe pas dans Zm?. Le copiste de Zr? a omis les v. 881-921, en laissant une ligne en blanc; ZmS n'a pas cette lacune.
Liestavec N aux v. 109-10, mais c’est la seule faute qui lui soit spécialement commune avec ce groupe. En général, il fait partie de
(4) Sauf probablement Lm6, qui a omis le v. 109, et qui au v. 110 donne Et de la variante 18, au lieu de Qui de la variante 20.
(2) Lm omet sstre.
(3) Leçon de La. L.m3 a la bonne leçon; Lm£ : autres b (Qu a été gratté) (4) Lm6 : peus.
(>) Avec Lm2 il a la bonne leçon contre L aux v. 380, 803.
L jusqu'au v. 2392; ensuite ilse rattache à Æ. Cependant, contre Z, outre la variante des v. 109-410, il a les v. 77-78 (peut-être empruntés à N); au v. 205 il a la variante, à la vérité insigniliante, qui distingue M de ZL: a pour de; v. 680 il a la bonne leçon contre 7, À, L, M, N. Sauf ces exceptions il a jusqu'au v. 2392 toutes les fautes de Z, eusuile toutes celles de A. | à. a la variante de N aux v. 4109-10 ; il en est de même au v. 298 ; comme il a perdu les v. 121-219 et 322-434, il n’est pas possible de savoir s'il avail en ces passages des fautes spéciales à N; mais avant le v. 109 et'après le v. 43%, lorsqu'il fait partie de IE, c'est à Z qu'il est uni et non plus à N; aussi n'a-t-il pas au v. 101 la faute de N. Sa variante racontoit du v. 30 (X, L, N), celle du v. 76 (J, K, L, M, N), celles des v. 47, 1946-47, 3592 (X, L, M, N) etc., ne nous apprennent pas sic'est Zou N qu'il suit ; mais ce renseignement nous est fourni par les variantes des v. 77-78, 1241-42, 1517-18, 1544, 3457-59 (L, M), par la faute conte du v. 30 (7, X, 1), par celles des v 1940, de deux vers internolés entre 2836-37 (X, L), par celle du v. 2834 (Z£), ete. Si x fait souvent partie des groupes J, À, L, M, N, Souvent aussi i! a contre eux la bonne leçon, par exemple, aux v. 744, 711, 881-82, 2302, 2391-92, etc. Il mêle en effet aux leçons de Il celles de 1, comme le prouvent les fautes qu'il a en commun avec des mss. de ce groupe : v. 2459 avec I ; v. 2077- 86 omis avec Be, Da, Ha ; v. 2943-60 déplacés avec Be, Da, H, Bd. y, téuni à une partie de Zet à AN sous la variante 109-10, élait avec Z et M aux v. 11-18 (omis) et y sera de nouveau aux v. 141-42, 356, etc. Au v. 777 il est encore avec L (et M); au v. 1006, il est avec N (guignier, au lieu de tifer de L, M); au v. 1063 avec Æ (Mout, au lieu de Fu de L, M, N): maisilestavec L, M, N au v. 1186, avec L, M aux v. 1241-49, etc.
Il ometles v. 1708-840 et les v. 2077-86. Cette dernière omission sttrès significative, parce qu'elle se retrouve dans Be, Da, Ia, lrois représentants de I, et dans y:, qui mélange les leçons de I à celles de IE. Voici quelques-unes des fautes qu'il a en commun avec y:: v. 1996 /5 baise Le pié, pour voi baisier son p.; v. 2099 Soies simples, pour S. entres ; v. 2107-8 omis ; v. 2158 Dont faire le dois (M, N: D. f. le puez), pour Quel puisses f., etc. Cette dernière variante de ya, y< dérive de celle de M, N'; l'interversion des vers 2187-88 est commune à y«, y: et à M, N. Peut être y«et y:ont-ils juxtaposé des
éléments empruntés à Let à I pour le v. 2169: Ton chief et tes cheveus bien pigne, au lieu de Cous tes manches, t. c. (I et ton chief) p. Quoiqu'il en soit, y, comme y:, est inutilisable.
à a la leçon de IT aux v. 2834-37, 2859-62 (omis), 2867, et celle de Faux v. 2863-64. Il en est exactement de même dans y Cet accord entre les deux mss. n'est pas fortuit; ils ont d'autres fautes communes, par exemple, v. 2721 Près des rives el (1), pour P. 4. teues pour ; v. 2915-18 réduits à deux vers (aussi dans 0, ; v. 2924 Le vis, pour Le nés (aussi dans y); v. 2927 En ceslui pourpris, pour Entour ces rosiers (aussi dans y»), etc. y sera étudié en même temps que y», à quiil est très étroitement uni.
Si y} a de nombreuses variantes de y», ».il est loin de les avoir toutes. Lorsqu'il ne suit pas ce groupe, il fait surtout partie de Z, dont il reproduit un grand nombre de variantes : v. 77-78 (omis), 207, 298, 356, etc., mais aussi de N, dont il a les leçons aux v. 1040, 1325-26, 2604, etc.
Variante 18°bis, — 7, et & ont en commun d'autres fautes que la variante des v. 1409-10 : v. 49 Que nus par raison ne S'esmaie, pour El tens ou tote riens s'esgaie; v. 80 desireus, pour doucereus ; ... V. 1940 Zi hons que je aime et aprans, leçon quisemble combiner celle de N : L. h. q. j'a. e. que je prens, avec celle de
L: L.h.Q.Jje ainsi aprens (®), pour C7 que j'ainsi a h. prens, etc.
Cependant, à part ces variantes, )o suit régulièrement Z, tandis qu'après le v. 2768 & le quitte. Au v. 163, où £c a la bonne leçon, x a la faute de Z.
& a été classé dans le groupe I.
Variante 18°ter, — Aux v.109-10, ilest difficile d'affirmer auquel des groupes Z,, M, N se rattache la leçon de2:. Ce ms. a les fautes communes à ces trois groupes aux v. 47 (3), 76, 166, 298, 665. 668, 680, 881-82, 1061-64, 1317-18,1408, 1946-47, 35929, 3536. Quand du peloton se détache M, au v. 744, ou N, au v.777, il lui reste fidèle. IlLest spécialement uni par une même variante à J,L, Nau v.1385:à ZM, Nauxv. 163, 1077 ; à À, L aux v. 30, 348, 1940 et par l'interpolation de deux vers entre 2836-37 ; à L, M aux v. 71-18, 1941-49, 1317-18, 1344, 1589, 5457-59 ; à L, N aux v. 141, 149-50, 351. Z étant seul à figurer
(1) yo Tes amours près pour.
(2) Il en est de même dans Ko : Li honz que j'ainz si et aprenx. (3) %e OT om. dm.
dans tous les exemples qui viennent d'être mentionnés, c'est done à lui que se rattache plus particulièrement x:; en effet, tous deux ont des fautes spéciales aux v. 205, 356, 1388; 1395, 1515-16. Mais, d'autre part, x: a la bonne leçon contre Z aux v. 552, 1856, 2275-76, 2386, 2742 ; contre L, M aux v. 230%, 2391-99, 2459-60, 2661-64. A la vérité, cette situation de X: vis-à-vis de ZL n'implique pas nécessairement une contradiction de sa part; on pourrait en effet supposer qu'il oceupe dans la famille, non pas le rang d'un des membres de Z ou de M, mais un rang égal ou supérieur à celui de Zet M: lorsqu'il a la bonne leçon contre Z et M ou contre Z seul, on admettrait que cette leçon existait encore chez l'ancêtre des trois groupes ; lorsquil est avec Z seul, M aurait emprunté sa leçon à un autre groupe. Ces hypothèses, outre qu'elles sont compliquées et peu probables, n'expliqueraient pas les situations suivantes : 2: est spécialement uni par des variantes à M, N au v. 1578; à Æ seul au v. 1006 (ici la faute est par elle-même peu caractéristique, mais, dût-on la considérer comme insignifiante, elle n'en sépare pas moins x de Z, M, N, qui ont au même vers une autre variante commune) ; à À, M, N,et plus particulièrement à Æ, aux v. 1551-59 ; à ÆÀ, N'au v. 1400 ; à /, K au v. 2250 ; à M et à des mss. d'autres familles au v. 3537. Bieu plus, 1: a la bonne lecon contre Æ, Z, M, N réunis aux v. 2349-59, 2731. Ces deux derniers exemples sont bien caractéristiques ; le suivant l'est davantage encore : au v. 2721, non seulement x: n’a ni la faute de Z, M, N, ni celle de X, mais il en a une autre : Bien près de lui, empruntée à des mss. de I (voir p. 259, 282).
De l'exposé qui précède, il ressort avec certitude que à: est de même origine que Z, À, L, M, N, quil est plus spécialement apparenté à Z, mais qu'il a en outre des leçons empruntées à des mss. d’une autre famille.
Variante 19° des v. 109-110 : M
J'ai dit déjà (page 279) que ZA doit êlre séparé du groupe M, auquel, en revanche, il faut adjoindre Mo et wi; M est donc représenté par Ma, Me, Mi, Mo et partiellement par wi. Voici quelquesunes des variantes qui lui sont spéciales : v. 28 Car (Mi: Or), pour Mais; v. 198 Ella riviere, pour Tot le rivage; v.149 Hisdeusement iert toailliee, pour Hisdeuse estoit et roeilliee ; v. 150 Car (Mi:
Or) ele, pour Æt si; v. 161 Et despiteuse et, pour Et sembla bien estre ; v. 207 Et s'estoit laidement, pour Zert ele povrement;
v. 210 P. tert la c. et trop e., pour P. estoit la. c. et e. ; v. 218 la
pane .xæ. ans, pour sa robe .æ. à.; N. 298 la douleur, pour li esmais ; v. 338 moul, pour dui ; v. 353 el beaus, pour s0és ; v. 395- 98 omis ; un vers intercalé entre les v. 1045-46 : Et si loent les destoez, et un autre entre les v. 1046-47: Et de leur oneur reculez ; v.1046 vaillant ome, pour preudomes; v. 1395-96 coule : tert mole sans doute, pour coite : douce et moistle ; vV. 1719-20 omis ; v. 1731-39 omis : v. 1940 C5 de qui tel servise prens, pour CÀ que Jj'einsi a ome prens ; v. 3260 Avis m'est que vos le grevez, pour Sachiez que vos avilenez, etc. On en trouvera d'autres aux v. 30, 298, 1940 dans l'étude du groupement J, X, L, M, N:; aux v. 205, 1720, 3537 dans l'étude du groupement X, L, M, N; aux v. 11-78 dans l'étude du groupement Z, M; aux v. 1441-42, 207 dans l'étude du groupement ZL, M, N.
L a peu de fautes qui ne se retrouvent dans M; M, au contraire, en a beaucoup que Z ne connaît pas; très vraisemblablement M dérive de Z, dont il a parfois corrigé le texte à l'aide d'une ou de plusieurs versions, et à qui il a ajouté de nombreuses fautes personnelles. Il est évident qu’en plusieurs endroits M a combiné la leçon de Z avec une autre; les vers 11-42 en offrent un exemple. La bonne leçon est :
Sembloit bien estre moveresse.
Et corroceuse et tenceresse, Celle de Z (et de X, N):
Corrociee ert el mout perverse ; Bien sembla estre tenceresse.
Celle de M :
Sembloit bien estre moveresse, Bien sembla estre tenceresse.
L, M ont en Commun le v. 142 ; quel que soit celui des deux qui ait changé le v. 141 de l’autre, le correcteur a dû avoir à sa disposition un tiers ms.; en effet, Z ne trouvait pas dans M corrociee, qui dérive de la leçon originale, et M ne pouvait pas tirer la bonne leçon de la faute de Z. Mais pour quelle raison aurait-on corrigé M? et comment un correcteur ayant à sa disposition M, dont la rime est
Er ce
exacte, et une autre version, dont la rime était identique, n’auraitl su tirer de ces deux textes qu'une assonance ? On comprend bien mieux le contraire, à savoir qu’un lecteur, choqué par l'assonance de Z, ait remplacé le vers qui faussait la rime par le vers de la leçon commune, emprunté à un autre ms.
L'exemple des v. 3536-37 n'est pas moins caractéristique dans M : Garz, pour quoi as le cuer failli, Que l'es acointié d’un garçon ?
Le premier de ces vers est celui de Æ, Z, N'; le second vient de C, à qui il a été emprunté, probablement par un intermédiaire (1). M à des fautes en commun avec Gi, yo, et d'autres mss. qui leur sont apparentés (2), avec le groupe @& (3) ; avec Zo, il omet les v. 2311-12; avec ue, manuscrit très mauvais, il a aussi des fautes communes: v. 17 des maus, pour as genz ; V. 256 El n'a ami, pour N'ele n'a parent : v. 458 soil ore, pour puisse estre, ele. Mais il ne m'est pas possible de dire si c'est M qui est allé à ces mss. ou si, au contraire, Ce Sont ces mss. qui sont venus à M. u Suit M jusqu'au v. 2312 au moins; à partir du v. 2403 au moins, il fait partie de N.
Variante 20° des v. 109-110 : N
Du groupe N, auquel ils se trouvent réunis aux v. 109-10, j'ai disjoint précédemment (p. 279) Le, Lu, Lj, LI, Lm, Lm?, Lnw, Lim, Lm8, Lnv, Lt, Lu, }, pour les rattacher à Z ; en revanche, on peut incorporer au groupe Nb et No, à qui manquent les v. 109-106, et à partir du v. 680, N/ et Nk. y, y ont élé examinés à la suite de Z.
N comprend donc Na, Ne, Ni, No, Nu, Ny, Nb, Nc, Na, Nf, N9, NR, N©.
Voici quelques fautes spéciales à ce groupe: v. 101 Qui en chantant, pour Q. de chanter ; v. 298 tristece, pour destrece ; un vers interpolé entre 1195-96: Ses entrieuz ne fu pas peliz, etun autre entre 1196-97: Bouche vermeille, denz petiz ; v. 1389 S1 faisoil l'eve en son courant, pour S'en aloil l'e. aval faisant; v. 1602 descrit, pour espons ; V. 2253-86 omis v. 2391-92 votes: dotes,
(1) Voir 6&.
(2) Voir 6x et yw.
(3j VoirGet F.
pour {rueves : doeves ; v. 2489-90 omis : deux vers interpolés entre 2949-48 : Si vous en estuet a aler À fouir ou «a reculer, elc.
On trouvera d'autres variantes particulières à N, lorsqu'il sera comparé à /, À, L, M, aux v. 141-249, 149, 907, 1006, 1536, 1551-59, 1995-96, 1940, 2100, 2240, 2502.
L'individualité de ce groupe ressort non seulement de ces
variantes, mais aussi de sa situation vis-à-vis de 7, À, L, M.
IL est évident que N procède de Z, dont il a gardé le v. 110, tout en modifiant le v. 109, pour substituer une rime à l’assonance. Il a pu du reste trouver cette modification déjà accomplie dans quelque représentant de Z.
Les représentants de-N sont en général très unis. Cependant Nc omet les v. 57-58 avec quelques mss. de Z (Di, Lo) ; avec ZL, M les v. 7117-78, qui existent dans les autres imss. de N.
Nf'et Nk font au début du poème partie de Æ (voir p. 275).
Ng suit la leçon de ZL, M aux v. 2391-92.
Nu et Nov, qui sont spécialement unis l’un à l'autre, accompagnent encore N aux v. 2349-50 ; mais aux vers v. 2391-92 ils l'ont quitté et dès lors suivent M.
Ny a, contre N, la bonne leçon au v. 1536 ; il n'a pas les deux vers interpolés par N (1) entre 2942-43: en les supprimant, il se rencontre avec Nu, et ce peut être une coïncidence fortuite ; mais ce
n'est probablement pas par hasard que ces deux mss. se sont déjà.
trouvés ensemble dans une autre correction : v. 1395-96 coute : si estoil moiste (N : coute : esloil moisle toute), pour coite : esloit douce et moïste.
Relations de parenté entre les cinq groupes /, X, L, M, N
Les cinq groupes 7, X, L, M, N, qui ont en commun bruiant au v. 109, sont unis par d’autres variantes : v. 76 s’esverlue, pour se deduit; v. 665 De voir, pour Et bien; v. 668 d'ome vivant, pour d’o. mortel; v. 680 Je me pris lors a merveillier (J, K, L, M),J.m. p. a esmerveillier (N), pour /. m. p. mout à esgaier (rimant avec verdoier) ; v. 881-82 À losenges et a oïisiaus, À floretes a lionciaus
(1) Ne, très mutilé, n’a plus nile v.1536, ni les v. 2942-43; mais aux v. 1395-96, il est avec Nu et Ny.
(faute contre la rime) (1), pour À {. a escuciaus, À oiselez a L.; x. 1317-18 Mout me grevera malement(J, K, N), Il m. g. moul forment(L,M), Je qui de ce ne soi(ou n.s.d.c.)noient, pour Je qui de ce ne soi noient M'alai adès esbanotant (ni matement ni forment ne peuvent rimer avec noient) (2); v. 3413 ne prier, pour n'angoissier.
C'est encore une faute commune qu'il faut voir comme point de départ des différentes variantes de tous les groupes au v. 298 : l'envie (J, L, N), la douleur (M), ti ahans (K) (3), pour lé esmais. Avec l'envie le vers est faux en français, et ce peut être pourquoi K et M ont changé ; maisil serait exact dans un texte picard où l'article ne se Serait pas élidé ; or précédemment on a vu déjà une faute reposant sur des formes picardes dans le groupe Z (v. 1395-96) (4).
Au v.1940 les cinq groupes s’écartent de la bonne leçon, mais il est difficile d'affirmer que leurs variantes soient sorties d'une même faute : Celui que je a ome prens (J), Lions que je ensi aprens (ÆX, L), Li ons que j'aime et que je prens (N), Ci de qui tel servise prens (M), pour Ci que j'einsi a ome prens.
La variante des v. 109-10 semble établir une répartition chronologique entre les cinq groupes : J est celui qui se rapproche le plus de la leçon originale : ilen a gardé grant au v. 109 et clere au v. 110 ; ilne peut dériver d'aucun des quatre autres groupes ; il a conservé la leçon de l'ancêtre des cinq groupes ; Æ a substitué clere à granit dans le v. 109 : comme il avait déjà ce mot au v. 110, chacun de ses représentants l'a supprimé dans le second cas ; ainsi s’explique la variété de leurs leçons au v. 110; Z, M, N, avec l'adjectif bruiant de J, ont gardé grant au v. 109 et clere au v. 110; ils ne procédent done pas de X. Il est difficile d'affirmer quelle est la plus ancienne des deux variantes Z et M, qui ne diffèrent que par l'interversion des deux mots, mais j'aimontré(p.286)qu'aux v.141-42,
(4) G. de Lorris ne fait pas rimer s sourde, ni à plus forte raison s sonore, avec c ; par conséquent, l'accouplement oësiaus: lionciaus n’est pas de lui; d'autre part, les floretes étant mentionnées au v. 879 ne peuvent l'être de nouveau au v. 882. D'ailleurs, la leçon fautive trouble l'ordre dans lequel l'auteur semble avoir voulu énumérer les ornements : fleurs, figures géométriques, oiseaux, quadrupèdes.
(2) 11 est possible que l’auteur de la faute initiale ait voulu éviter la rime ant : ent.
(3) Ko : li enchans.
(4) P. 280; cf. aussi la note 2 de la présente page.
Univ. de Lille Trav. et Mém. Droit-Lettres. Tome VII — 19
c'est M qui à changé la leçon de Z. Quant à la variante de N, elle descend visiblement de celle de Z, dont on a voulu remplacer l'assonance par une rime. |
Suivant l'ordre des variantes tel qu'il se présente aux v. 109-10, ilreste possible ou que 7 et X aient des fautes communes, tandis que Z, M, N ont la bonne leçon, ou que X partage les variantes de L, M, N contre 7; il suffit, dans le premier cas, que /, Æ aient un ancêtre commun, descendant de l'ancêtre des cinq groupes ; dans le second cas, que X, L, M, N aient un ancêtre commun, descendant de celui des cinq groupes ; mais l'une des deux combinaisons exclut naturellement l’autre ; et néanmoins toutes deux existent. En voici les preuves:
J, K ont des fautes communes : v. 954 Qu'il ne doit pas estre esmatez (J), Sien doit mieuz e. e.(K), pour Ses maus si est bien emplotez ; v. 1002 banc, pour cler ; v. 1305 Trestout voyant moi (J), Tout par devant moi (K), pour Trestout maintenant ; V. 2046 apareilliez, pour encoragiez. À ces exemples on pourra joindre les variantes qui unissent /, X, N, lorsque j'aurai montré dans quelles conditions N accompagne Æ. A l'alliance J-XÆ fait pendant l'aliance Z-M-N dans les v. 163 faire, pour poindre; v. 207 Et s'iert trop (L, N), Et s’estoit (M), pour Zert ele ; v. 385 desconfira, pour envieillira ; NV. 1077 D'une pierre estoit, pour D'u. autre HPaTersre
K, L, M, N ont des fautes communes, pendant que J a la bonne leçon : v. 50 racontoit (X, L, N), recitoit (M), pour recensoit; v. 4T Que el mois de mai je sonjoie, pour.Qu'en mai estote ce $.; v. 166 De douleur et de despit pleine, pour Bien sembloit estre d'afiz p. (la douleur el le despit n'ont rien à faire en la circonstance, ’afil au contraire est tout indiqué) ; v.365 Que 11 estoit, pour Qu'il s'arrest ; V. 1408 Pimpelotee estoit et peinte, pour Qu'ele e. pipelee et p.; v. 1946-47 D'Amors porte le gonfanon, De Cortoisie la baniere, pour Qu’A. p. 1. g. D. C.etl. b. ; v. 2131 pluie, pour poudre ; V. 3522 À espier, pour À encuser (il ne s’agit plus ici pour Male-Bouche de surprendre les amants, dont elle connait les sentiments, mais de les dénoncer ; cf. v. 3516 ne se pot taire, V. 3018 Si ot la langue mout punaise, v. 3596 {ant palla).
Il arrive aussi que X et ZL, M, N ont des variantes qui différent, mais qui n'en supposent pas moins une faute commune : v. 205 Fai/
de lessive fort et aigre(L, N), F. a l.f.e. a. (M), À l. pestri et a.(K), pour Pestri a lessu fort et a. (lessive est commun aux quatre groupes ; À se rapproche de la bonne leçon par pestri, que n'ont pas Z, M, N, ceux-ci s'en rapprochent par fort, que n’a pas À. Une faute initiale telle que Pestri à lessive fort et aigre expliquerait bien les deux variantes).
Dans les deux exemples qui suivent, les quatre groupes sont encore réunis, à l'exclusion de 7, mais la variante de Æ s'éloigne moins de la bonne leçon que celle des trois autres groupes : v. 1006 Derjardernmenfaiier(K)\D.lfn. ae tifer (LM), DL fn. guignier (N), pour De soi tifer ne afaitier (le vers doit rimer en -tier ; quignier de N, préférable à difer pour la rime, mais encore insuffisant, en est sans doute une correction ; afaitier dans Æ peut être une autre correction de tifer, faite soit spontanément, soit par emprunt à une autre version, mais il peut aussi remonter directement à la leçon originale) ; v.1061-63 À noiaus d'or au col fermee D'une bande d'or neelee Mout(L, M, N: Fu) richement la chevecaille, pour D'une bande d'or neelee À esmaus fu au col ollee M. r. 1. c. (le v. 1063 dans Æ est celui de la leçon originale ; on peut croire que l'ancêtre de Z, M, N y a remplacé spontanément Moul par Fu, parce que le besoin de ce verbe, supprimé au vers précédent, était sensible ; cependant le contraire, la substitution de Mout à Fu par X, n'est pas impossible).
Pour expliquer la contradiction qui apparaît dans les deux groupements 7, ÆÀ et À, L, M, N,il faut admettre ou que J ne fait qu'irrégulièérement partie des groupes Æ, Z, M, N, ou que Æ va alternativement de / à Z, M, N. Les deux hypothèses sont également plausibles ; en fait je crois qu'elles sont vraies toutes deux.
D'autre part, au lieu du groupement X + Z, M, N qu'on vient de voir, on peut avoir aussi À, N + ZL, M dans la reproduction d'une même faute : v.1400 Zi Zeus qui estoit (ou iere) delilaire (L, M), L. L. q. delitable estoit (K, N), pour Z. L. q. e. de lel aire (delitaire, qu'on ne rencontre pas ailleurs, est sans doute un barbarisme, employé comme dérivé de delit; c'est en tous cas un solécisme, car il devrait être terminé par une s, qui l'empêcherait de rimer avec afaire. Choqué, non par le solécisme, mais par le barbarisme, un correcteur a remplacé delitaire par delilable, et, pour avoir une rime, a rejeté à la fin des v. 1399 et 1400 les imparfaits qui se trou-
vaient à l'intérieur ; d’où l'afaire embelissoit: delilable estoil ; cette rime pèche contre la poétique de Guillaume de Lorris et le solécisme n'a pas disparu, mais ce sont fautes qui échappaient à la plupart des lecteurs). Dans cet exemple, il est certain que la leçon de À, N dérive de celle de Z, M ; c'est le contraire qui paraît être le plus probable dans l'exemple suivant : les v. 2349-50 sont omis dans X, N, les v. 2349-52 dans L, M; sansles v. 2349-50, les deux suivants n'ont plus de sens, et c'est sans doute pourquoi ceux-ci ont été supprimés dans Z, M.
L'alliance de X, N dans les deux exemples précédents et dans un autre qui a été donné antérieurement (v. 1317-18) ne peut pas se concilier avec la situation de N aux v. 109-10 ; elle ne se comprend que si l’on admet que l’un des deux groupes s’est déplacé. Aux v. 1317-18, où N est avec J, K, c'est lui qui semble être allé à X. Cette impression ressort plus clairement encore des cas où 7, X, N, ou seulement X, N, ont, soit des fautes communes, tandis que Z, M ont la bonne leçon, soit la bonne leçon, tandis que Z, M ont des fautes communes; ces cas sont nombreux; j'en citerai quelques-uns.
J, K, N ont une faute commune, tandis que Z, M ont la bonne leçon : v. 1802 Lez l’espinoi, pour L. La haïe ; v. 2031 Adonc seras hors de trislece, pour Atent et suefre la destrece ; v. 2299 estuet, pour est droiz ; v. 2631 confortera, pour garantira ; vV. 2647 pleure, pour plaint ; v. 2648 peine, pour duel. Le v. 2490 est dans J, K: El me paist tout et replenist (répétition du v. 2454), pour Gueriz fustl qui or la veist (il manque dans N, ainsi que le précédent). La faute initiale paraît être l'omission du v. 2490 ; pour ne pas laisser le v. 2489 sans rime, l'ancêtre de 7, Æ a comblé le vide en y reproduisant le v. 2454, N a supprimé le v. 2490.
X,N ont des fautes communes, tandis que Z, M ont la bonne leçon : v. 1377-78 Qui par ces arbres s'en couroient(K), Q. p. cele erbe $'e. C. (N), pour Q.p. c. a. gravissoient ; v. 1833 Si fort que ne soi esperance, pour Si que je n'ai mais e.; v. 1995-26 Lors st me sui agenoillié El voloie baisier son pié (K}), L. s. m.s. a genouz mis Il me dist lieve sus amis (N), pour Et par tel covent me rent gié A cest mot voil b. s. p. Dans le second de ces deux vers, quelques mss. de X ont son pié baisier, variante qui détruit la rime; Xa a sans doute cru la rétablir en changeant le premier vers: Lors en alai sans demourer; il est possible que la
variante de N doive s'expliquer par la même cause ; quoi qu'il en soit, elle dérive certainement de celle de X.
Aux v. 1395-96, il n’est pas possible de dire si la variante de XÆ, N, couste : moiste toute, provient de la bonne leçon ou de celle derZ4): :
Voici, d'autre part, quelques cas de fautes spéciales à Z, M que n'ont pas 7, XÀ, N°: v. 71-78 omis (faute évidente, puisque dans le v. 11 se trouve le sujet des verbes du v. 76, et dans le v. 78 le sujet du verbe du v. 79); v. 1241-42 Est envers les aulres estloiles Ressem- . blent petites (M : Qui ne r. que) chandoïles {(L, M)(2), pour Le vis avoit cler et luisant Je ne sai fame plus plaisant; v. 1344 gingembre, pour anis; v. 1389 Si venoit, pour S’en aloil ; v. 2302 Se ele est loing que je ni vois, pour Quant la ou mes cuers estne v.; V. 2391-92 S'il avient que tu aperçoives T'amie en leu que tu la doives, pour S’& a. chose que tu trueves La bele en point q. t. 1. d.; V. 2459-60 omis (quoique nécessaires à l'intelligence des deux vers suivants) ; les v. 2665-66, qui contiennent la conclusion de ce qui est dit dans les v. 2637-64, sont placés entre les v. 2660-61 (le pronom icestui, du v. 2667, qui se rapporte à Doux- Penser, nommé au v. 2665, se trouve par ce déplacement éloigné de ce qu'il désigne); v. 3457-59 S'ele nel deignoil aaisier D'avoir un savoureus baïisier Ne li doit pas estre notez (3), pour S'ele faisoit de lui dangier Ses cors ne fait pas a changier Se Le baisier li olroiez.
Deux des cas qui, tout en réunissant À, L, M, N, opposent cependant XÀ, N à L, M, fournissent une autre indication particulièrement intéressante : dans Z, M, les v. 1515-16 sont omis ; dans X, N, ils sont intervertis, eten outre placés après le v. 1518, sous cette forme : El commencai a esgarder Ne dedenz n'osai regarder. Quelle est des deux fautes la plus ancienne ? Rien dans la leçon de XÀ, N plus que dans la leçon originale ne provoquait la suppression des v. 1515-16. Si donc la faute de Z, M était postérieure à celle de X, N, elle en serait indépendante. Mais il est plus simple de supposer que les deux
(4) Voir p. 280.
(2) La forme du premier vers est flottante dans L : En env. (La), Tout eno. (Lb), Env. (Le, Li), etc.; ces variantes, ainsi probablement que celle de M au second vers, tiennent à ce qu'on n'a pas vu dans Ressemblent un participe présent, que le sens exige.
(3) Ces trois vers ne sont que la répétition des v. 3443-45.
vers de la leçon originale ont été d’abord'accidentellement omis par un ancêtre des quatre groupes ; qu'un correcteur, les empruntant à une autre version, les a rapportés en marge d'un ms. où ils manquaient ; que cette correction à été ensuite introduite dans le texte à une place qui n’était pas exactement la sienne, et que de ces mss. corrigés dériveraient Æ et N, qui contiendraient ainsi des leçons de plusieurs familles.
Cette hypothèse est appuyée par le fait suivant. On a vu que les v. 1240-49 de la bonne lecon: Zle fu une clere brune Le vis avoit cler el luisant Je ne sai dame plus plaisant, sontremplacés dans Z, M par El fu clere come la lune Envers cui les autres estoiles Ressemblent petites chandoiles; ces trois derniers vers sont simplement empruntés au portrait de Beauté (v. 996-98); Æ, N réunissent le premier vers de Z, M aux deux derniers de la bonne leçon: El fu clere comme la lune, Le vis avoit cler et luisant Je ne sai(N: Ne vi mais) dame tant plaisant. Quel rapport faut-il voir entre la leçon de Z, M et celle de X, N? Peut-on supposer qu'elles soient indépendantes l'une de l'autre, c'est-à-dire que deux copistes auraient eu spontanément la même pensée d'emprunter des traits au portrait de Beauté pour les substituer à d’autres dans le portrait de Courtoisie; mais que l'un se serait contenté d'y prendre un seul vers, tandis que l’autre en aurait pris trois? Gette coïncidence, sans être absolument impossible, est infiniment peu vraisemblable. Il est . beaucoup plus rationnel d'attribuer une origine commune aux deux leçons. Mais alors quelle est la plus ancienne ? Supposer que celle de Z, M procéde de celle de Æ, N serait une hypothèse plus compliquée que de supposer l'indépendance des deux versions, puisque ce serait encore admeltre qu'on a recouru deux fois au portrait de Beauté. Il semble bien plus naturel d'admettre dans X, AN le concours de deux leçons.
Done, non seulement N fait alternativement partie des groupes K et L, M, mais encore Æ, N réunis combinent plusieurs versions. En outre, N peut avoir des leçons empruntées à d’autres sources : v. 111 La carole qui ert {ou qu'iert si) plaisant (J, K, L, M), L. c. en mon eslant (N), pour ZL. c. tot en estant; il est évident qu'ici la correction que N a faite au texte de son groupe n’a pu être spontanée.
J'ai montré déjà que M réunit des leçons de différentes familles :
ainsi peut s'expliquer le groupement Z, N: v. 149 Hisdeuse iert et entortlilliee, Et si estoit encor liee, pour A. estoil et roeilliee E.s. e. entortilliee ; v. 351 amorliz, pour anoientiz.
Rien n'autorise à suspecter l'unité d'origine de Z; les groupements dans lesquels sa présence ou son absence pourraient surprendre s'expliquent d’une façon plausible par les irrégularités de X, M ou N. En voici différents exemples :
K, L:v. 348 Par Dieu granz morz ne fust ce mie, pour Ce ne lust mie granz morie; deux vers interpolés entre les v. 2836-37 : Nez fu sachiez de (ou en) Normandie, C'est uns vilains que Dieus maudie ; on peut supposer que Æ a emprunté à Z des fautes qui lui étaient personnelles, ou encore que M et N ont corrigé ces passages d'après une autre version. Il est possible que ces deux groupes soient d'origine normande et que leur auteur ait de lui même supprimé les deux vers qui le froissaient (1).
M, N : deux vers interpolés entre les v. 1157-58 : Car par amis deffait l'en guerre Par ses biaus aons amis aquierre ; V. 1578 le metra, pour l’a tost mis ; v. 1788-89 remplacés par quatre vers: Si couvient il qui que S'en mesle Et estuel pour voir que j'i aille Et je trai vaille que vaille N'en poi tenir que n'i alasse, au lieu de Aussi espès come la gresle S’esteüst il que j'i alasse; v. 2834 Avuec lui ot .ij. compaignons, pour Ainçois avoit a c. Ges fautes peuvent provenir de l’un des deux groupes à qui l’autre les aurait empruntées, ettrès probablement le débiteur serait M, mais elles peuvent provenir aussi d'un ancêtre commun à M, N, ou à À, M,N.
K,N,M : v. 1551-52 Arbres et flors et la (K : f. tote) verdure Apert a cil quii met(K : A.c. q. it m. sa) cure, pour À. e. f. et quanqu'aorne Le vergier à pert tout a orne.
Ayant classé les mss. réunis par les variantes 11 à 20 des v. 109-140, j'examinerai successivement ceux du groupe IT qui ont les variantes ! à 10 et 21.
Leçon 1° des vers 109-110 : Urb, Ji, Mon, Max, Z0, u«
Urb. — Il n'est pas rare que Urb réuuisse des variantes manifestement contradictoires, dont le rapprochement prouve que ce ms. amalgame les leçons I et IT. J'en citerai deux exemples typiques :
(1) Cf. p. 265.
\ Pour les v. 1240-49 il a gardé la leçon de Z, M, mais entre les v. 1240-M de cette version, qui cependant ne peuvent être séparés, il a inséré les v. 1241-42 de la leçon originale :
El fut clere comme la lune, (v. 1240 de Z, M)
Le vis avoit cler et luisant,
Je ne sai dame plus plaisant,
Envers cui les autres estoiles (v. 1241 de Z, M)
Resemblent petites chandoïiles, (v. 1242 de Z, M)
Une juxtaposition aussi évidente, quoique moins maladroite, des deux versions, se retrouve aux v. 2391-92. UrD a adopté, pour le premier, la bonne lecon et pour le second celle de Z, M (1):
S'il avient chose que tu trueves T'amie en leu que tu la doives.
Des fautes signalées dans les groupes 7, X, L, M, N, un cinquième environ se retrouve dans Urb : v. 166, 1946-47, 2731 avec K, L, M, N;v. 205 (a avec M, au lieu de de avec Z, N), 1077 avec L, M, N; v. 1790 avec X, L, M; v. 1317, 1344, 1589 avec L, M: v. 1940 avec X, L; v. 1388 avec L ; aux v. 1005-6, la variante Car de li farder ne bifer N'estoit mestliers ne de tifer a sans doute été suggérée par le désir de corriger la rime de Z, M, mestier : tifer. En négligeant, comme insignifiante, la variante a du vers 205, on pourrait, d'après les exemples cités ci-dessus, conclure que c'est par Z. que Urb se rattache à ces groupes ; mais aux v. 1515-16 c'est la variante J, À, N qu'il a, et non celle de Z, M. Il omet les v. 3369- 70 avec J (et Tou, Ri, yo).
Urb a des variantes spéciales à F, G, dont quelques-unes très caractéristiques (2). Il est quelquefois avec 9 : v. 181 Embler, pour Rober ; v. 192 Et si ne puel a riens (654 aillors) entendre, pour Covoilise ne set e.; tous deux ont la faute de Be, C, Da, Bà, Ha au v. 23 (voir p. 259). J'ai signalé précédemment (p. 278) une interpolation commune à Urb et à Xo.
Dans le groupe [, Ur» se rattache surtout à Be, comme le montre la variante des v.109-10 ; on vient de le voir avec lui au v. 23: il y est de même aux v. 3615 (Be, Da, H) et 3900 (Be, Da, Za); il est
fa?
avec Ba, Ba au v. 273 ; c’est peut-être par l'intermédiaire de B que
(4) On retrouvera la même combinaison dans Ge, Gé. () Notamment celle des v. 645-60 (voir p. 321).
PARLE y û L
Urb et 64 se rencontrent. La même explication pourrait s'appliquer à quelques fautes communes à‘Urb età Ra : v. 2898 à ai (Urb : a) commencié a dire, pour là ai dit: Sachiez, biaus sire ; v. 2903 ne m'est bailliez, pour n. me b. ; v. 2910 trahir, pour honir.
Je ne pense pas qu'on doive tenir compte de l’interversion des v. 881-2, commune à Urb et à C,nide la variante de Urb, Da au v. 2893 : decopez, pour depeciez.
Ji. — Si Ji est avec IT aux v. 2835-67 et avec I aux v. 109-10, c'est que son texte est constitué de leçons alternativement choisies dans l’une ou l’autre des deux familles. Dans I il suit C, dans Ilil suit J. Il a les fautes de J aux v. 577, 589, 682, 699, 1305, etc. Lorsque J se divise, il reste avec Ja et Je, par exemple aux v. 149, 168, 314, 526, 848, 954, 2562, 2591-99, 2648, etc.
D'autre part, /5 est aussi très souvent uni à C, du groupe [, par des variantes dont je donnerai quelques exemples pris dans différentes parties du poème : v. 111 Come de puch ou de fontaine, pour C. p. ou come f.: v. 119 Mon vis ai freschi, pour M. cv. rafreschi ; v. 352 fientis, pour flestiz ; v. 393 Ne vigueur, pour Ce cuil je; v. 454 angliet, pour coignet; v. 501 lieu, pour onc; v. 5921 Aurtai, pour botai; v. 621 tantost, pour tores ; v. 844 plein, pour blanc ; v. 1546 coses, pour colors ; v. 3016 se folie, pour fait folie ; v. 3064 nuire et nient valoir, pour vivre el non v.: v. 3346 N'en fui de noient, pour Ne se fu de rien; v. 3467 merde, pour teigne ; v. 3988 el mont et sousmet, pour a m. ou sommet ; v. 4019 Refaites li agait, pour Faites li engrestié.
Non seulement /7 a de nombreux liens d'attache avec C, mais il lui arrive parfois d'avoir des fautes en commun avec Ca, l'un des deux représentants de cette famille, pendant que Ce, l'autre membre, a la bonne leçon, par exemple, v. 88 Qu'il iert matin moult durement, pour Qu'il estoit ma. d.; v. 1504 Ensi eut de la medecine, pour Æ. si ot de la meschine; v. 2034 Tu lourneras, pour Tu seras traiz; vV. 2152 esmatié, pour esgaré. I] à aussi quelques fautes avec Ce seul, mais alors Ca a une autre faute : v. 3519 Et mal puant (Ca : flairans), pour Et moult poignant. D'où l'on peut conclure ou que Ce a été corrigé, lorsqu'il a la bonne leçon contre Ca et Ji, ou que Ji a utilisé un ms. qui n’est ni l'ancêtre de C, ni Ca, mais un ms. intermédiaire entre cet ancêtre et Ca.
Ainsi /5 est tantôt avec un groupe de I, tantôt avec un groupe
" de IL, et l’on a vu que ce dernier groupe est lui-même trop hétérogène pour être utilisable ; il serait denc sans intérêt de mentionner ici des variantes communes à /4 et à d’autres groupes que Cet J. (1)
Mon, Max. — Mon et Maz sont unis par de nombreuses fautes, dont il me suffira, pour établir leur parenté, de donner d'abord quelques échantillons typiques ; on en trouvera d'autres plus loin dans la comparaison de ces mss. avec ceux des familles auxquelles ils sont alliés : v. 601-2 intervertis ; v. 666 Durement m'en esbanoÿ, pour Mout d. m'en esjoi ; v. 668 Ne fu veüe ne oîe (2), pour À. f. d'ome vivant o.; v. 8172 Et sans ferir et sans manaches, pour Quant il les trueve trop engresses ; v. 991 grant parentez, pour près ajostez ; v. 1459-60 farouche : louche, pour ferasche : lasche ; v. 1585-86 intervertis ; v. 1724 Emplastres ne trouvai ne mire, pour Ne de ma plaie ou trover mire ; v. 2099 souef, pour entres ; v. 2199-200 omis, etc.
Cependant ces mss. peuvent se séparer : v. 30, Maz a racontoit avec À, L, N; v. 1009, il est avec 7, Æ ; v. 1395-96 avec L ; v. 1536 avec L, M et Jo, Ju (toutefois ce vers pourrait avoir été écrit dans Maz d'une autre main que le reste du ms.); dans ces cas, Mon a la bonne leçon. Au v.23, Mon a une faute précédemment signalée de Be, C, Da, Ha et de J, tandis que Maz a la bonne leçon.
Ces mss., dans IT, se rattachent plus spécialement à J; ils sont avec J'aux v. 1240, 1940, 2100 ; ils omettent les v. 1193-24 avec Ja. (lacune dans Ju) ; ils ont les fautes de Jo (lacune dans Jb, Ju) au v. 1179 : De valor qui Artur ot non, pour De v. et le gonfanon; de Jo et probablement de Jw au v. 1377 : rampissoient (Max), rampoioient (Mon), rampotent (Jo), randissoient (Ju), pour gravissoient; de Ja et Ju au v. 1878; de Ja et Je au v. 2502; de 7, Æ aux v. 2046, 2080, 2253 (3); de J, À, N au v.2522; de 7, K, L au v. 30 (conles); de J, X, L, N au v. 744; de J, KX, L, M, N aux v. 76, 2303, etc. Is ont cependant au v. 47 la faute de Æ, L, M, N à l'exclusion de J. Aux v. 2591-92, tandis que 7, Æ ont la rime esmai : esmai, pour esveil : merveil, Mona esmai : merveil.
Très souvent aussi les deux mss. ont la bonne leçon contre Z,
(1) Par exemple celle de Ba et yo, yw au v. 3004.
(2) De même dans ua, ue.
(3) De même avec J, K, v. 1658 celui avisai, pour l'oi bien avisé ; avec J, K, N, v. 2137 Cointise sin'e., pour Coinlerie n'e.; v. 2216 cès, pour ons.
par exemple, aux v. 135, 149, 665, 668, 680, 777, 881-82, 1317-18, 2031, etc.
D'autre part, Mon et Maz ont aussi des fautes spéciales à des mss. de I. Le v. 161 Et sembla bien fole(Maz : fele) el crueuse (1), pour Æ.s. b. estre outlrageuse, paraît combiner la bonne leçon avec celle de Z7Z : Fole et crueuse et outrageuse. Au v. 182 la parenté avec Æ n'est plus douteuse : Æn nul pris n'en puet nus (I : p. en) monter, pour Et bescochier et mesconter.
Les relations de Mon, Maz avec la famille C paraitront sans doute aussi assurées : v. 210 Povwre iert la cote el moult esrese, pour P. estoil la c. ete.; v. 858 æxxix au lieu de ææxiæ ; le v. 1241 Le vis ot vermeil et luisant, pour Z. v. avoit cler et luisani, rappelle, avec le mot vermeil, la leçon de C : Bele, vermeille et reluisant. À la vérité, les deux premières de ces fautes ne sont pas irès caractéristiques, et l’origine de la troisième peut être contestée ; mais d’autres sont plus probantes : v. 977 As autres et nuïsans senz doute, pour- As a. cinc orent s. d.; entre les v. 2462-65, une interpolation : Qui .ij. nuiz ti porroil gesir (Maz, Ca : le p. tenir) Nul maine li porroil venir (Maz : devroit v.)
Mon et Maz étant, comme on l'a vu, très étroitement unis, c'est apparemment un de leurs ancêtres qui a fait ces emprunts à C; croire que chacun de ces mss. a indépendamment pris à chacun des membres de la famille C la précédente interpolation semblerait déraisonnable. Cependant, coïncidence curieuse, difficilement explicable, et qui montre combien il est laborieux de chercher le fil conducteur dans l’enchevêtrement des lecons, les variantes de Maz et de Mon pour le premier des vers interpolés se retrouvent exacte- . ment dans les deux représentants de la famille C (2).
Parmi les fautes citées précédemment comme communes à Maz, Mon et J, deux, celles des v. 2080 et 2100, se trouvent également dans Za de I. |
La perte d'un feuillet dans Maz empêche d'affirmer qu'il avait les deux fautes suivantes de Da et Mon : deux vers interpolés entre
(4) ua fole el yreuse.
(2) Peut-on croire que l'interpolation primitive faisait rimer gestr avec venir, et qu'ensuite, pour avoir une rime plus riche, conforme à celle du poème, deux copistes aient, chacun de son côté, remplacé gesir par tenir ? C'est bien peu probable.
9592-83 Envie est de lel corage Quant biens avient à po n'enrage (Mon: n'esrage); v. 335 joer, pour dancier. Voici deux autres rencontres, à la vérité peu significatives, des trois mss.: v. 475 chose, pour joie ; v. 666 Durement m'en essaboï (Da), D. men esbanouï (Mon, Maz), pour Moul d. m'en esjoÿ.
J'ai déjà signalé en notes quelques variantes communes à Mon, Maz, et à d’autres mss.; j'aurai l'occasion d'en signaler encore.
Il est donc certain que dans les deux mss. Maz et Mon des lecons de plusieurs familles ont été mêlées, les unes du groupe I, les autres du groupe I.
Zo.— Zo a alternativement les variantes de Z, ou la bonne leçon contre ZL; par exemple, il a les fautes aux v. 881-82 de J, X. L, M, N ; V. 1061-64, 1408, 1946-47, 3522, 3536 . L, M,N; v. 2191 de L, M, N; v. 30 (racontoit), 3531 de K, L, N; v. 135 de J, L, N'; v. 2836-37 de Æ, L; v. 1240. 1317-18, 1344, ns, 2459, 3457-59 de L, M; v. 1395-96 de Z seul, etc. ; il n’a jamais les fautes des groupes apparentés à Z en l'absence de celui-ci, mais il a souvent contre Z seul ou uni à ces groupes la bonne leçon, par exemple aux v. 1006, 1241-42, 1388, 1389, 1400, 1719-20, 2386, 2661-64, 2731, 2742. Ces contradictions proviennent évidemment de ce que Zo réunit les leçons de différentes familles ; et la preuve tangible en est fournie par les fautes communes à ce ms. et à Za : v. 201-2 omis ; v. 4354-35 Por le (Za : C'ierl du) mal que (Za : qui) son cueur enhorte Ice m'estoit il bien avis, pour À li et as siens iert la porte Deveée de parevis ; V. 457 boutee, pour honteuse ; v. 955-56 intervertis. Aux v. 1326 et 1719, Za et Zo ont des leçons spéciales, qui diffèrent très peu de celles de l'original, et qui par leur rareté même attestent la parenté de ces deux mss. : v. 1326 Nus arbres qui (Zo : a. ne) soit qui fruil charge (1) ; v. 1719 Ans remest ens ou cors li suns. d'estime donc que c’est à sa parenté avec Za que Zo doit, au moins en partie, les bonnes leçons qu'il a en opposition avec le groupe Z, en particulier celle du v. 109. Le même ms. a aussi d’autres leçons isolées en commun avec d'autres groupes, par exemple le v. 344 avec Ri et F (2).
ua. — On verra ce ms. allié à différents groupes très contaminés
(1) Seul Ba, parent de Za, a cette leçon, avec la variante nest au lieu de soit. (2)Voirpus19 ne. 1
aux V. 86-87 (1), 204 (2), 298 (5), 668 (4), 85% (5), 1408 (6), 2721 (7); la variante de ce dernier vers, empruntée à I, suffirait à prouver le défaut d'unité de tous les mss. de IT qui la reproduisent. Avec le groupe Mon-Maz, outre les variantes des v. 298 et 850, qui viennent d'être rappelées, il en a d'autres, notamment celle du v. 461, qui procède d’une faute de Z7 (8). Avec Gé : v. 47 Qu'en mon lit iere(9), pour qu'en mai estloie.
u« à quelques-unes des fautes signalées dans J, Æ, L, M, N : v. 16, 881-892 (7, X, L, M, N); v.1946-47, 3522, 3536 (K, L, M, N); v. 1720 (X, ZL, M); v. 3537 (K, L, N); v. 1400, 3457-59 (L, M); v. 2834 (M, N).
Je ne crois pas qu'il soit utile d'insister sur les variations de ce ms., qui ne mérite aucune confiance.
Variante 2° des vers 109-110 :
5 a les fautes signalées dans les groupes J, À, L, M, N aux vers 665, 881-827, Æ, Z, M, N); v. 365, 1408, 1946-47, 2731, 3536 (X, L, M, N); v. 1720 (X, L, M); v. 1071, 272 (ZL, M, N); v. 1241-42, 1317-18, 1344, 1389, 1515-16, 23092, 9349-59, 9391-99, 2459-60, 2661- 64, 3451-59 (L, M). Il est encore avec L, M aux v. 900, 1072, 1533, 1655-64, 1710, 1829, 9394, 2:19-%0, 2493, 2588, 2646, 2711, 2720, 2733, 2144, 2116, dout on trouvera les variantes dans l'étude de ‘0, et aux v. 1075 prodome, pour riche ome ; v. 1893-24 omis ; v. 2345 Ce qu'il aime qui plus esgarde, pour Qui ce qu’il a. p. regarde ; v. 2522 iras, pour vendras ; v. 2524 ouverture, pour serreure ; v. 2533 Avoir d'ome quant il, pour À. de celui qui; v. 2592 Certes durement me, pour St m'aïst Deus mout me ; V. 2625 Tanz maus que nus n'en sél, pour Les m. dont nus ne s.; v. 2681-82 omis; v. 2689-90 omis ; v. 2695-96 omis ; v. 2712 Que d'avoir, pour Quant l'en a ; v. 2131 entroublier, pour r'assoagier ; v. 2143 trislesses,
(1) Étude de G, p. 325.
(2) lbid., p. 325.
(3) Ibid:, p. 326.
(4) Voir: p. 298,1n.2:
(5) Étude de G, p. 327.
(6) Zbid., p. 324.
(7) Voir p. 320.
(8) Moir p"299;"n. 1"
(9) C'est aussi la leçon de pe.
pour {eniebres ; v. 2149 assez mains se, pour de rien ne se, elc.
D'autre part, % oppose la bonne leçon à une faute commune à Z et à M, non seulement aux v. 109-10, mais encore ailleurs, par exemple aux v. 77-78, 142, 205, 385, 680, 1475-76, 1536, 3522, dont les variantes ont été signalées dans l'étude de ces groupes. De même il n'a pas les fautes suivantes de Z, M : v. 122 qui tert bele, pour grant et b.; v. 1581-82 intervertis et modifiés : Z sont (L : est) lost pris et agailiez N'en puet nus (L : Qu'il n'en p.) eslre respitiez, pour Li plus preu li miauz afaitié I sont lost pris et aguailié ; v. 3375-176 intervertis ; v. 3465 Qu'il a les levres, pour Car L. L. sont; v. 3482 Qui en a trail, pour Q. en gila, etc.
Ainsi tantôt 9 est uni à Z, M, et c'est le cas le plus fréquent, tantôt il les quitte. Lorsque ZL, M se séparent, 5, suit L, à l'exclusion de M, aux v. 744, T11 (J, K, L, N); v. 998 (J, L,N); v. 1395 (K, L) ; v. 1388, 9275-76, 2386, 2742 (L), dont on trouvera les variantes dans l'étude des groupes indiqués entre parenthèses ; et de même aux v. 822 S’estoit mout(1) richement, pour Fusescorsr.; v. 2321-22 intervertis ; v. 2380 {uv as la bele veüe, pour {u avras cele v.; v. 2494 Quant ne voi ce, pour Q. jé n'aice; v. 2801-2 intervertis. Mais les fautes communes à 9: et M, à l'exclusion de Z, sont plus nombreuses encore : v. 1756 Qui mieuz flaire, pour Q. oloit m.; v. 2990 fout proprement, pour demainement ; v. 2999 Ont mis lon cuer en tel esmai, pour T'o. mis en poine et en e. = v. 3079-80 omis; v. 3350 metre, pour mener ; v. 3355-56 omis ; v. 3496 Espoir, pour Por ce; v. 3474 boulon, pour brandon ; v. 3485 Mout sui gariz mout m'i aaise, pour Onques mais ne fui si a., etc. Beaucoup d'autres exemples de l'union M-57 seront donnés dans l'étude de »o.
Relativement aux rapports de 6: avec Zet M, on a pu remarquer qu'il est plus spécialement avec Z jusqu'au vers 2802 et plus spécialement avec M à partir du v. 2990 ; mais un point précis où se serait accompli ce changement ne peut être déterminé entre ces deux limites, puisque déjà au v. 1756 on trouve 6: avec M à l'exclusion de Z. L'union intime de 6 et de M dure jusqu'au v. 3598.
9, a deux fautes de Æ qui n'existent ni dans Z ni dans M: interversion des v. 161-2 ; v. 409 affublé, pour abrie. Ki fait en ce
(1) yo Estloil m.
passage partie du groupe Æ ; pendant qu'il aura plus tard quitté ce groupe, pour se joindre à Z, 64 se retrouvera deux fois avec lui, hors de Z: v. 1400, avec la faute solitaire, correction probable du barbarisme delilaire de L, M (1), et v. 1719-20 (2). Le rapprochement de ces deux dernières fautes, communes à XŸ? et à %, avec celle des v. 161-62, commune à % et à tout le groupe X, auquel appartient Ki, autorise à croire que, s’il y a eu relations d'emprunts entre Xù et 6, c'est ce dernier qui est l'emprunteur, et que le prêteur est, non pas Æ%, plus jeune que 6, mais un de ses ancêtres (3).
Les fautes communes à 64 et à des mss. de [ sont les suivantes. Avec Da et d’autres mss., qui combinent les leçons de LI et I, ül intervertit les vers 143-44 (4). On peut n'attribuer qu'une importance secondaire aux variantes des v. 109-10 communes à 9% et à Be; il ne faut cependant pas oublier que tous les mss. de IT qui aux v. 109-10 ont la bonne leçon sont des mss. contaminés, et que le prototype de IT n'avait probablement plus la leçon originale pour ces deux vers. La variante du v. 3791 paines, pour pointes, dans les deux mêmes mss.. vaut à peine d'être signalée. La leçon de 9x aux
. 3930-37, Gars noîienz trop a cuer failli Qui liés acointié d'un garçon (5), ressemble singulièrement à celle de C: G. mauvais bien as C. [. Quant las a. un g., et toutes deux proviennent évidemment d'une même source ; M, dont on sait la parenté avec 0x, a gardé pour le premier vers la leçon de X, ZL, N, et pour le second il a adopté celle de 5. Cette particularité semble prouver que c’est M qui est venu à % et non 54 qui est allé à M ; mais 9% ne gagne rien à cette constatation; sil n'est pas ici débiteur de M, il l'est probablement de C.
Variante 3° des v. 109-110 : Ai La situation de R£ dans le classement des mss. est diflicile à pré-
(1) Voir page 291.
(2) Voir p. 319.
(3) On verra, plus loin (p.316), 64 uni à Maur ; j'ai déjà signalé des fautes communes à ba et à Urb (p. 29,6).
(4) Voir aussi (p. 296), une variante commune à 04 et au groupe I. Je néglige comme insignifiante la variante du v. 3368, les places, pour la place, commune à 6% et à Da.
(5) Le premier de ces deux vers est dans Mar: G, mauvais {. as ce. f., dans Jy: G. tu as trop le c. f., dans Lk : G. lu as bien le c. f.; le second est dans Jy et M identique à celui de 6x, dans Mar et Lk: Q. a. l'es d'u. g.
ciser. Sa leçon aux v. 109-10 peut s'expliquer par quelques variantes qu'il a en commun avec F, G, Ga. Avec #: v. 258 Car (F: El) sachiez qu'el (1), pour C. certes el: v. 34% Qu'el sembloitl estre assoulee (Ri), Qu'ele estloit toute rassotee (F), pour Mout estoil sa biauté gastee; avec Ga seul ou accompagné de Æ, G: v. 322 De felonie (aussi G), pour D. mautalenl; v. 333 Car cil qui a le cuer dolent (aussi F, G), pour C. quil. c. a bien d.; v. 342 À grant peine se pooil p. (aussi partie de G&) (2), pour À p. qu'el S. D. p.; v. 356 Et trestoules les denz (aussi F, G), pour Æ. lotes L. d. si; v. 468 Et fu bien (Ri: b. f.) clos el bien barrez (aussi G), pour Sien estoit c.e.b.
IL est tantôt avec Jet Z,, tantôt avec J en l'absence de Z, tantôt avec Z en l'absence de J. Je donnerai des exemples des deux derniers cas, le premier ne permettant pas de voir si Rj suit J ou L.
Avec J, en l'absence de LZ, il accompagne le plus souvent quelque ms. del: v. 1452 Tant l'en seüst cele prier (aussi Æ, N et Bü), pour Ne por plorer ñne por p.; v. 1496 La fin de cesle chose (aussi K et Bd), pour La somme de la c.; v. 2080 Courloisie lestuet aprendre (aussi Za) (3), pour Se {u ne viaus vers moi mesprendre; v. 2149 Soliers a laz ou a noïaus (aussi C}(#), pour S. & {. ow estiviaus : v. 222% Doner son cuer (aussi Ra), pour D. l'avoir ; v. 2458 je esloie (aussi À, Da), pour je pensoie ; v. 3264 donques (aussi Tou), pour por ce; v. 3369-70 omis (aussi Tou, M\.
Avec Z en l'absence de 7: v. 582-83 Je me faz apeler Oiseuse Dist ele (aussi À, M, N), pour J. m. f. ce dist ele O. Apeler; v. 1072 garde n'uvoit (aussi X, M, N), pour riens ne dotoil: v. 1075 prodome (aussi M, N), pour riche ome; v. 119% soufrir (aussi À, M, N, Ra, Bû, Za), pour furnir ; v. 1970 que il vouloil (aussi Æ), pour qu'il li plaisoit ; v. 2432 Come cil qui (aussi M), pour C. ome q.; v. 2493 Je n'aim mie (aussi M), pour Je ne pris guieres ; V. 3649 Peor (aussi M), pour Æonte.
Ri et Ra sont très souvent ensemble : v. 447 mourust, pour acorast; v. 552 Onques plus bel pucele n'ot (Ra), N'onc p. bele p. n'ot(Ri), pour O0. nule pucele n'ot: v. 860 mignotement, pour
(1) Ra: Si sachiez qu'el.
(2) F'et l'autre partie de G: À p. s. p. mais p.
(3) Pour cette leçon, voir p. 251.
(4) La présence de C ici pourrait être une rencontre fortuita.
estroilement; v. 567 n'iert pas, pour estoil poi, etc. La dernière des variantes communes à A? et à Ra que j'ai relevée est du v. 3291 : amant, pour chelif. En général, ces variantes sont peu importantes; il en est cependant qui ne permettent aucun doute relativement à leur communauté d'origine : -v. 1068 Où à t ot (Ra : ül ot des) ymages maint, pour Par dessus cele porpre ceint ; v. 1090 Z estoit cler (Ra : biaus) et jour et nuil, pour Zi cercles fu d'or fin recuil ; v. 1981 Poi estoient embesoignie, pour Qui e. de lor maisnies ; V. 1540 Se vous conterai et dirai, pour Mais une chose vOS d., etc.
Ri et Ra ayant, indépendamment l’un de l’autre, des fautes communes avec F#, avec Ga, avec L, lorsque tous deux ensemble sont réunis à l'un de ces groupes, il n'est pas possible de déterminer à quel titre ils figurent dans ces associations. Tous deux sont avec F' au v. 258 (voir ci-dessus, p. 304); avec Ga v. 1529 Qu'en lieu du monde, pour En tot le m.; avec 7, K, L, M, N, ils intervertissent les v. 2303-4.
Ri, Ra Se rencontrent quelquefois avec Bd : v. 159 Com cele, pour Con ces deus ; V. 802 en terre, pour entre gent; v. 854 irote devisant, pour t.je disant; v. 899 ZI, pour Qu’il. Ces variantes sont insignifiantes et je ne les aurais pas signalées si elles ne m'avaient semblé appuyées par celle du v. 950 C'ert trestoute la moins nuisant, pour Ce fu lole l. m. grevanz (1).
Ri seul se trouve avec Tou aux v. 3571 maintes gens, pour maint preudome : v. 3639 El si fu si assouploie, pour Mais ele fu Si esbaie.
Les rencontres de Ri avec des mss. de I sont peu significatives. Avec Da, outre la variante du v. 2458, déjà vue, il intervertit les v. 4143-44 (2); v. 538 Ou menton ot (3), pour S'ot ou m.; \. 154 Jjugleresses, pour fimberesses; v. 903 tous jours (4), pour tot droit; v. 1187 bon hiaume, pour vert h. Avec Za, outre Îles variantes des v. 855, 2080, v. 1356 omis (5); v. 1361 Que vous irote
!) Les v. 802, 854, 899 n'existent plus dans Ba, qui a la variante du v. 159. (2) Aussi d’autres mss. Voir p. 256.
(3) Aussi dans Ra.
(4) Aussi dans Ra.
(5) Ce vers manquait très probablement aussi dans l'original de Ha et de Ja (voir p.273). La parenté de R1 avec Ja a été prouvée plus haut ; on verra plus loin ses attaches avec Ha.
Univ. de Lille Trav. et Mém. Droit-Letires. Tome VII — 20
je notant, pour Qu'i. je ci arestant; v. 1436 Ou boul (1), pour Ou bort ; v. 2116 Et au servir, pour En aus 5.
J'ai déjà noté la présence de Ri dans le groupe Ba-Za-Ga, au v. 172 ; dans le groupe Ba-Za, aux v. 1193, 2106.
De commun entre Riet Ja, je ne puis citer, outre la faute du v. 1356, déjà mentionnée, que quelques autres variantes, qu'on trouvera sans doute bien insignifiantes: v. 1 Awcunes, pour Maintes ; v. 1532 cleres et parfondes, pour crueses et p.; v. 2032 te nuit (2), pour te cuil; v. 2605 Que l’en, pour Ne qu'en.
On a vu Ri avec C au v. 359.
Si les rapprochements qui précèdent n’indiquent pas clairement quelle place il convient d’assigner à R£2, du moins elles affaiblissent considérablement son autorité lorsque le choix devient embarrassant entre les leçons des différentes familles.
Ro ne possède plus que les 260 derniers vers environ de la re partie du roman (v. 3796 à la fin); on y trouve de très nombreuses fautes de R5 : v. 3801 charpentier, pour pionter ; v. 3803 teus, pour uns; v.3806 sont lasus et font, pour sus Les fossez f.; v. 3813 Le mur, pour l’uevre ; v. 3814 El si est si bien, pour Li murs si est si, etc. La plus importante de ces variantes est une interpolation de 6 vers entre les v. 4046-47 : Bon garder se (Ro : s'en) fet qui poist. Ha beau douz Cuer, qui vous veist Au mains une foiz la semaine, Assez en fust maindre la (Ro : sa) paine. Mes or (RO: je) ne sai sante (Ro : sentier) ne voie Par quoijamès nul jor vous voie (Ro : P. q. nul jour jamais vous raye).
Variante 4° des vers 109-110 : Ra
Ra, au début du poème, est étroitement uni à Ga : v.5 Ainçois sont puis bien (Ga :$. b. p.), pour Ainz s. après b. ; v. 6 omission de bien; v. 9 Icüs espont, pour Ainçois escrist; v. 30 du songe me menbroit, pour lis. recensoil; v. 34 se nus est qui (Ga : ge) me demande, pour s.n.ne nule d.; v. 46 Aussi biau tamps ne vil on muis, pour I! a ja bien Cine a. ou mais ; v. 80 Le biau tamps et delileus, pour {. {. b. et doucereus. Ici cessent les fautes exclusi-
(1) Aussi dans Le, Lo.
(2) Aussi dans Je, Jé, K ; Da : t’'osmuet.
vement spéciales à ces deux mss. (1), mais pendant quelque temps encore ils en auront d’autres en commun avec des groupes parents de Ga : v. 89, 139, 161 (2). Après ce vers, les relations de Ra avec Ga et les groupes auxquels on vient de faire allusion semblent cesser (3). Cependant tous deux se retrouvent ensemble au v. 385 avec desconfira (faute de ZL, M, N\), pour envieillira, et au v. 1338 avec Et si ot (faute de Z, M, N) (4), pour Que l'en ot.
Ra a quelques autres fautes de Z, M, N, ou de leurs congénères J, K; en général, elles n'ont pas grande importance et la plupart se retrouvent dans quelqu'autre ms. de I : v. 359, avec 7, ZL, N, Ri et C (voir p. 247), v. 454 avec J, L, Net Za (voir p. 250); v. 1193 avec X, L, M, N, Ra, Bd, Za (voir p. 250) ; v. 1906 ne vous puet eschaper, pour que je nel puis muër ; v. 2349-50 omis (avec X, Net Za) ; v. 2131 pluie (K, L, M, Net Da), pour poudre.
L'omission des v. 1289-90, commune à Ra età M; celle du v. 1344, commune à Ra et à AN ; la variante du v. 1440, commune à Ra et à L, M : linrent en lor, pour tint en ses, peuvent être imdépendantes de part et d'autre. Peut-être aussi la variante du v. 2450, commune à Ra et à À: Qu'est ce dont (Ra omet dont)? Ou ai je esté? pour Qu'est ice? Ou estoie gié ? Mais il ne peut en être de mème des deux vers interpolés par Ra, X et ZL entre les v. 2836- 31 (5).
S'il était certain que cette addition appartint originairement aux deux groupes X, Z, ou à l'un des deux, c'est à dire n'existât pas déjà dans le prototype des quatre groupes Æ, L, M, N, il ressorürait que Ra«, faisant spécialement partie de Æ, Z, n'aurait pu éviter les fautes communes aux quatre groupes congénères qu'en suivant un ms. d'une autre famille. Mais il est possible que les vers interpolés remontent à l'ancêtre de X, Z, M, N, et que M, Ales aient supprimés. Dans ce cas, on pourrait concevoir que Ra, sans réunir plusieurs leçons, eût cette faute en commun avec l'ancêtre de ces groupes. C’est cependant très peu vraisemblable.
(1) Je ne tiens pas compte, au v. 510, de £n nul lieu, pour Æ. n. sen. (2) Voir p. 325.
(3) Cependant au v. 2468, dans le groupe Be-Ba-Ga-Ha-Za, c'est de Ga que Ra se rapproche le plus (voir p. 259).
(4) Aussi dans Be.
{5) Voir p. 29%.
Ra intervertit les v. 2303-4 avec Ai et TRS LM LE Mon, Max.
Ra et Tou omettent les v. 7137-38.
Ra est avec Ba aux v. 487 (voir p. 244); v. 1063 Fu (Ra: Et) tout entour, pour Mout richement; v. 3690 Le blasme, pour La noise.
Ra et Za sont associés aux v. 454, 1193, 2349-50, déjà cités, et aux v. 2189-94 omis; v. 3883-84 omis: v. 3906 nicement, pour fotement; v. 3980 Et torne (Ra : lorna) ce dessus (Ra : desous) desseure, pour Quant je cuidai estre au d.; v. 3982 Qui mel une genz en rancune (Za), Q. m.u. heure en gieus r. (Ra), pour Q.m. ou cuer des genz r.; v. 4041 Sien ai duel, pour St ai peor.
Ra et Da ont en commun, outre les variantes des v. 2731, 3900, 3615, déjà vues, celles des v. 538, 903, 1940, notées dans l'étude derrr
Ra et C : v. 2620 Z1 (Ra : Et) cuide avoir, pour 1. espoire.
Ra figure encore dans les groupes Ba-Za, au v. M2; Ba-Za-C, au v. 1844 ; C-Za, au v. 2690 ; Be-Da-H, au v. 3615 (plus particulièrement uni à Be); Be-Ba-Ha-Ga-Za, au v. 2468 (1).
Variante 6° des vers 109-110 : »°, Je, Mar, #0
Les variantes 6e et 8 des v. 109-10 ne se différencient que par la substitution, au v. 109, du mot beze dans l’une au mot grant de l'autre ; bien que w ait granit, je le rangerai à la suite des mss. qui ont bele.
A 0 sera joint 4w, qui n'a pas les v. 109-10.
La leçon de et de Jé aux v. 4109-10 s'explique le mieux par la parenté de ces deux mss. avec Ga et G: mais cette parenté avec un tiers n'implique aucun lien direct entre > et Zé, et chacun d'eux sera examiné indépendamment de l'autre.
7o.— Dans l'étude de G, je signalerai en notes de nombreux vers Où yo partage des fautes de ce groupe; on remarquera que yo est rarement avec &, Sans que Ga fasse partie du groupe ; ilest moins rare que y accompagne Ga en l'absence de G (2). Après les cinq ou six cents premiers vers du poème, tout rapport entre » et & semble
(1) Voir p. 262, 261, 258, 259.
(2) Il est avec Be, Da, Ga, Za aux v. T41-2, 752. Voyez ci-dessus, p. 257.
avoir cessé. J'ai signalé dans l'étude de Ga quelques variantes communes à ce ms. et aux groupes Æ,Z,M,N; on retrouve dans %# celles des v.955 (avec Z, M, N), 1006 (avec N), 1042 (avec L, M, N), 1072 (avec X, L, M, N), 1090 (avec J, XÀ, L, M, N), 1186 (avec L, M, Net Be), 1838 (avec L); mais il est possible que dans ces cas Ga et yo ne se soient rencontrés que par l'intermédiaire d’un tiers, auquel chacun d'eux serait apparenté. Voici quelques autres variantes communes à yoetà X,L, M, N,etquine sont pas dans Ga : v. 680 Forment me pris a merveillier, pour Je me pris moult a esgaier (Forment me pris est la leçon de Ca, Tou; a merveillier celle de J, K, L, M, N); v. 186 Et ele n’estoit pas vilaine, pour Elsin'e. mie v. (avec J, X, L, M, N) ; v. 822 avec M (voir p. 302); v. 827 detrenchies, pour decopez (avec M, Ca); v. 900 De lorsignos de papegaus, pour D. p. d. rossigniaus (avec J, K, L, M, N):; v. 1207 s'aucuns, pour se nus (avec ZL, M, 64) ; v: 1997 biaus estoit se ül, pour b. iert et genz s’il (avec L, M) ; v. 1240 de Z, M unis aux v. 1241-49 de la leçon originale (voir p. 293) ; v. 1256 Car c’est cele qui la bonté, pour C. ce fu €. q. b. (avec Æ, L, M, N, 64); v. 1995 moult avoient bone vie, pour com menoient b. v. (avec L, 64); v.1309-10 intervertis (avec Æ, ZL, M, N, 6x) ; v. 1312 d’aler loin prestes, pour de traire p. (avec X, L, M, N, W:); v. 1339 Et mainl figuier et maint datier, pour M. f. et m. biau d. (avec X, L, M, N, 6») ; v. 1369 Mais moult furent et lonc et, pour M. li rain f. L. et (avec L, M, 62) ; v. 1316 Et mout grant, pour Si ot g. (avec X, L, M, N, 62) ; v. 1389 S5 venoit (9: I venoit), pour S'en aloit (avec Z, M, 9:); v. 1505-6 intervertis avec M (au v. 1506 Le... la, pour Son. sa, avec M, 62); v. 1515-16 omis (avec Z, M; déplacés et intervertis dans Æ, N); v. 1536 La mer, pour l'eve (avec ZL, M, Tou) ; v. 1719- 20 avec 6- et F (voir p. 319) ; v. 1755 D'aler tous jours, pour T. j. d'a. (avec X, L, M, N, 42) ; v. 1829-30 dont je où tant : maintenant, pour maintenant : en un tenant (avec L, M) (1), etc. On trouvera plus loin (p. 311, 312) d'autres exemples, en grand nombre, de fautes communes à yo, y et à M, seui ou accompagné de Æ, Z, N. yw.— À partir du v.1835 où il commence, y» se trouve intimement uni à yo. yo, de même que G, amalgame les leçons de T et IT dans le dénombrement des gardiens des rosiers, mais comme il a perdu ses
(4) Æ: mout durement : maintenant.
premiers feuillets, il est impossible de savoir ni s'il était avec G au début du poème, ni depuis quand il est uni à 7°. Je donnerai d'abord quelques-unes des nombreuses fautes que y, et y» ont en commun, à l'exclusion d’autres mss., auxquels on les verra ensuite apparentés (1): v. 1879 me nuist, pour me cuil; v. 1988 Ne vous en puet nus, pour Nus ne v.enp.; v 1991 £ta tout, pour Etsor £.;v. 1995 Ce dit, pour Respont ; v. 2039 de bon gré, pour d. b. cuer ; . 2085 faus, pour fel; v. 2159 Car, pour Maïs ; v. 2323 Ains, pour Si; v. 2339 vourras, pour iras ; v. 240 Le (yo en) chemin, pour La vote ; v. 2617 esperance, pour cheance ; v. 2619 Vit cit, pour À cit; v. 2657 Après la bouche, pour Et la bochele ; v. 2158 Li ueil comme, pour Car li u. con ; v. 2831-32 omis ; v. 2876-78 Si m'en dona (9 M'en d. il) une vert fueille Et pour coule (70 p. cela) m'a il donee Que près du (yo Lez le) bouton estoit nee, pour Si a coillie u. v. f. Lez le boton qu'il m'a d. Por ce que près ot esté nee; v. 2899 malement, pour durement; v. 2915-18 réduits à deux, par. la suppression de 2915 et de 2918 et la modification de 2917 : Ne le voudroie deserter, pour Now v. avoir deserté ; v. 2959 Que n'osoie, pour Q. je n'osui ; v. 2988 Faire femme, pour Uevre faire; v. 2991 biauté, pour semblance ; v. 2996 comme me (yo je) pourpensoie, pour con je me dementoie ; V. 3060 xomage, pour folage; v. 3069 paine, pour force ; v. 3087 tout coi, pour trestot (aussi C, Ha); v. 3101 Car ne savoie aulre chevance, pour C. de moine soi chevissance ; v. 3227-98 intervertis : Mais n'ai talent que riens (y« q. je) mesface, Car je redout trop sa menace, pour Mais j. r. tants. m. Que n'ait. q. lim.; v. 3232 vient (y«), vint (yo), pour torne ; v. 3254 Car bien sevent qu'il est (2), pour Qu'il voient qu’il en est; v. 3272 De faire li (yo a li) cele (yo lele) grevance, pour D. L. f. enui et g.; v. 3298 C’est la chose, pour Car c'est la riens (aussi Ra) ; v. 3435 Du chapel, pour Ne de fermail ; v. 3487 si odoranz, pour bien olanz ; V. 3489 m'en membre, pour m'en sovient: v. 3501 mai menez, pour moult grevez:; V. 3612 espine, pour auwbe espin: v. 3696 s'engreslé non, pour se enut n. ; v. 3102 L'en (yo C'en) ne porroil, pour Ne l'en ne puet.
7° et y ont de nombreuses fautes en commun avec M, seul ou
(1) Pour plus de simplicité, je laisse de côté yx, qui a beaucoup des fautes communes à yo et yw, mais pas toutes ; il a été examiné plus haut (p. 284). (2) Ca, He, Za: C. b. voient qu'il est.
accompagné de Z, N,X, J; ils en ont très rarement avec ces derniers en l'absence de M, de sorte qu'ils semblent devoir ces fautes à M. 9x en même temps que M est souvent avec yo, yo; il est souvent aussi avec eux en l'absence de M, de même qu'il est souvent aussi avec M, en l'absence de v, yo. M, 0e, yo, yw sont ensemble aux v. 1848 D'un precieus oignement, pour D'u. 0. p. (aussi L) ; v. 1952 ZI ne peut en ti demorer, pour Dedenz l. n.p. d. (aussi X, L, N); v. 1962 mout, pour puis (aussi À, L, N); v. 1998 71 (yo, yo Chil) est fous qui plus en demande, pour Outrageus est q. p. d. (aussi Z, N); v. 2065 et v. 2067 Zivre, pour songe (aussi. À, L, N, Tou) ; v. 2210 Ce te pourra (Ba, M, 6: pourrotl), pour Par ce se puet. (aussi X, L, N); v. 2218 Mais qui d'amor (ou d'amer) se veut, pour Se nus $. v. d'a. (aussi ZL); v. 2394 Couleur te couvendra, pour Lors l’estocra color (aussi Z) ; v. 2419-20 omis (aussi Z) ; v. 2432 Come cül, pour C.ome(aussi L); v.2484 Dont(-0 Ou) je ne puis avoir nul preu, pour D.j, n'avraijoie ne pr. (aussi L); v. 2493 Je n'aime mie, pour Je ne pris guieres (aussi L); v. 2515 a La, pour vers la (aussi K, L, N); v. 2646 La pensee, pour Esperance (aussi L); v. 2720 Or Le lo et vueil que te liegnes, pour Mais je le lo que tu te t. (aussi L, N); v. 2731 pluie, pour poudre (aussi À, L, N, Da), v. 2738 bon, pour droit (aussi X, L, N, Tou, C); v. 2716 Car (yo Que) je savoie tout de voir,pour Aëinçoëis s. bien de v. (aussi X,Z, N) ; v. 2804 Je ne m'en ferai pas (yo mais), pour Jane m'en quier faire (aussi X. L, N): v. 2850 assaillie, pour envaie (aussi ÆX, Z, N) ; v. 3015-14 omis ; v. 3082 C’est folie que vous me dites, pour Ce ne puet estre que v. d.; x. 3107 souvint, pour porpensai; v. 3243 ne (M:n'a) point de fausselé, pour ne de desloïiauté ; v. 3245 ne deigne son cuer refraindre,pour ne se d. encor 7. ; V. 3290 Onques n'iot plus (M, 6:), 0. p. n'i ot (yo, y), pour N'i otonques p.; v. 3260 Avis m'est que vous l'avilés (yo, 02: dv. mesprenez, M : v. le grevez), pour Sachiez que vos avilenez; V. 3296 Puis (M : De; Be : Dés) cele eure, pour Dès lors en ça; v. 3321 Ce seroil trop, pour Que t.s.; v. 3345 devant iriez, pour vers mot t.; V. 3433-4 omis ; v. 3539-41 Bien pert(M, 9: : voi) que tu croiz de (M: 0.1. c. trop de) legier, pour B. p. q.t. c. les losenges De legier as garçons estranges. Ne me vueil plus en toi fier ; v. 3598 Mais or, pour M. je.
Le fait que dans ce groupement M est accompagné de ses con-
génères À, Z, N prouve que ce n'est pas lui qui est venu à y0, Jo, mais l'ancêtre de yo, y» qui est allé à M. D'autre part, 6: étant souvent allié à M en dehors de y°, yo, on pourrait supposer que c'est par l'intermédiaire de M qu'il se rencontre avec yo, y»; mais ces derniers peuvent avoir les mêmes fautes que 5: en l'absence de M: v. 1853 Qui est trestoz, pour Q. estoit toz ; v. 1857 IZcele fleche a, pour ZI a cele f. (aussi Tou); v. 1887 Com plus, pour Quant p.; v. 1951 De li, pour À Li (aussi L); v. 2734 Et li ueil sont (70, yo E. s. L. u.) si entreduil, pour Z! sont si apris el si duit (aussi L); v. 3070 Quant tes cuers a folie pense, pour Encontre ce que Les cuers p. ; v. 3086 mise, pour faite ; v. 3158 À lui m'en vois (6: ving), pour Je tin vers lui; v. 3192 Tant li ai dit et sermoné, pour En la fin tant l'ai s. (aussi Tou) ; v. 3216 Par: (y» Por) soufrir Celui (6x P. bien s. ce) que on craint, pour RP. s. felon et refraint (1) (aussi C, Mon); v. 3234 Car à voit souvent, pour 1! v. maintes foiz (aussi C); v. 3288 Si est folie, pour C’est felonie (K, L, M, N: Ce est folie); v. 3821 toul coiement, pour cortoisement ; v. 3410 Ne l'osai, pour Je nou voil (aussi Tou) ; v. 3519 Mout(54 El) felenesse, pour Et m. poignant; v. 3520 Mout en (yo Ele) ressembla, pour Bien en retraioit.
Faut-il conclure de ces exemples que c'est à un membre de la famille de 4: que yo, yw ont emprunté les variantes de M ? Mais yo, yo Sont aussi parfois avec M en l'absence de 62: v. 1885 De l'estordre, pour Dow destorner (aussi Tou); v. 2300 Que se l’amie est trop, pour Q. l’a. le. t.; v. 2362 Trestout le jour, pour Tot le j. puis (aussi L) ; v. 2711 bone, pour plaisanz (aussi X, L, N); v. 2820 Et sachiez que, pour Si vos di q. (aussi Za); v. 3034 Qui avant que l'en 1 (yo a. chou que on) atouche, pour Q. ne suefre que nus à d.
Si dans les exemples qui précèdent 8: a la bonne leçon, on peut supposer qu'il à corrigé la variante de M qu'avait son ancêtre : mais il est permis aussi de supposer le contraire, à savoir que quand M n'est pas avec 6, yo, yw, C'est que ses représentants ont subi des corrections.
On à vu plus haut quelques rencontres de yo et y avec Tou; en voici d'autres : v. 1867 Cinc en i ot, pour S'en t ot c.: v. 1993-24
(A) M : Par bel parler fel et refraint. Cf. p. 248, n. 2.
Encore avrai en aucun tens Ce (yo Je) croi la merci, pour Æ. ce cuile. a. t. Avrail. m.; V. 1940 Zi ons qu'ensi a ome pr'ens (1), pour Ci que j'einsi à 0. p. ; v. 2034 mis, pour frais (aussi Be, He); v. 2635 c'on meine pendre, pour que l'en viaut p.(aussi X,N,Mon, Ra). Ces variantes sont peu toncluantes ; elles le sont d'autant moins que Tow manque d'unité.
Quelques rencontres de yo, y» avec d’autres mss. de I sont encore moins significatives, et je me dispense de les mentionner. Il n’en est pas de même de certaines fautes communes à 70, y» et à C: v. 2078 je te commant, pour vueil et c.; v. 2195 preuz, pour viste (aussi N); entre 2410-11 interpolation des v. 2553-56, qui se retrouveront à leur place (2) ; entre 2462-63 deux vers interpolés (aussi dans Mon, Maz) (3); v. 2669-70 intervertis; v. 2697 Ton estre tout, pour Tot ton e.; v. 2783 flairant, pour qui taut; v. 28517 li pria en sa, pour li presla à sa: v. 3467 merde, pour {eigne ; v. 3096 Gars mauvais, pour G. noîtenz (aussi Mon, He). On remarquera qu'aucune de ces variantes ne se retrouve dans 6; ni dans M. On verra plus loin que pour le poème de Jean de Meun Ze, yo (devenu £b) et C ont eu un ancêtre commun: il en a été probablement de même pour le poème de Guillaume de Lorris.
7°, outre la continuation de Jean de Meun, a la conclusion anonyme qui l'avait précédée. Dans celle-ci, yo a quelques fautes en commun avec Da et Ce : v. 10 a fait lié, pour a f. haïlié (avec Da; Ce : avoit flekié) ; v. 12 conforter, pour deporter (avec Ce); v. 72 Se cuer avez bon (Da : fin) et entier, pour Se mon servise avez si chier (avec Da, Ce). yo ne peut avoir emprunté son texte à Da, dont il ne reproduit pas plusieurs autres variantes bien caractéristiques ; il se rapproche beaucoup plus de Ce; ilne peut cependant pas en dériver. Mais si yo et C descendent d'un ancêtre commun, on peut supposer que c’est à cet ancêtre que yo et Ce doivent la continuation anonyme que Ca aurait supprimée. Je dois cependant signaler une particularité qui, sans être en contradiction
(1) Cette leçon combine, peut-être fortuitement, la première partie du vers de L, À : Li hons que je ensi aprens et de N : Li hons que j'ains et que Je prens, avec la seconde partie du vers de la bonne leçon.
(2) Sauf dans yo, qui ne donne à leur place que les v. 2553-54, supprimant 2555-56.
(3) Voir ces vers p. 299.
avec cette hypothèse, lui est néanmoins défavorable : tandis que la continuation anonyme se trouve dans Ce exactement entre les deux parties du roman, elle est placée dans y entre le second et le troisième vers de Jean de Meun (1).
Avant le v. 3718 yo et y se séparent rarement; il arrive cependant que l’un a la bonne leçon, tandis que le second reproduit la variante d’autres mss. Voici des fautes de yo que n’a pas yo: v. 1838 avec Ga, Ra, L (voir p. 250); v. 1888 Et tu plus tost merci avras, pour Etp. {. a m. vendras (avec L) ; v. 1946-47 avec KÆ, L, M, N; v. 2005-6 omis (avec Za) ; v. 2349-50 omis (avec Za, K, N); v. 2361 mouvoir, pour partir (avec Mon, Maz); v. 2643 qui ciaus soulace, pour qui solaz face (avec M, N) ; v. 2647 pleure, pour plaint (avec J,K,N, He); v. 2159 Douz Pensers, pour D. Parlers (avec Ce); v. 3172 Merci, pour Pitié (avec M, 6;). Voici d'autre part quelques fautes de y que n'a pas yo: v. 1930 parole, pour response (avec K, L, M); v. 2148 cloans, pour vestanz (avec.6:); v. 2680 Quant Jj'ot de mon ami parole, pour Qui de m. a. me p.(avec X, L, M, N, C); v. 3004 La clef de la premiere porte, pour L. c. dont el l'ovri [. p. (avec Ba, Ji).
La plupart de ces fautes, considérées isolément, ne sont pas très significatives, parce qu'elles pourraient avoir été commises dans plusieurs copies indépendantes les unes des autres, mais quelques-unes s'opposent à cette explication. Et en tous cas, dans le passage relatif aux gardiens des roses, lorsque y reproduit le texte de IT, tandis que y» unit des vers de [ à des vers de IF, il est certain que l’un des deux mss. a modifié l'original commun en se servant d'une autre Copie.
7° et y Sont encore ensemble au v. 3718 avec male, pour fiere (aussi dans N, 6>) (2), après quoi ils se séparent : + n'a plus que de rares fautes de IT, lesquelles peuvent avoir été commises indépendamment de part et d'autre : v. 31759 pertuis, pour sentier ; v. 3160 sentier, pour pertuis ; V. 3804 deniers, pour argent ; v. 3805 granx, pour lé. Il parait s'être rapproché de 77, si tant est qu'on doive tenir compte des variantes suivantes : v. 3875 À bien trente sergenz a conte, pour À {. s. tot a c.; v. 3885 Si ne l’'uevre pas mout
(1) Voyez la description de yo, p. 89.
(2 M : fele.
souvent, pour El sin. l'u. p. s.; v. 3927-36 omis dans Ha et y(l); v. 9942 mout grant (Ha : bon) confort, pour g. reconfort ; v. 3910 Qu'il Le voil meüre trop tosl(yw), Qui le voit muër t.{. (Ta), Quant 1. v. metüreir 1. t. (Ja), pour Qu'il avoit eùe t. t.; v. 4005, 4014, 4021 se viaus. pour au moins; v. 4033 a taire feisl, pour a celer f.; v. 4049-50 omis (aussi dans Ja). Gette omission est peutêtre un bourdon, les v. 4049 et 4051 commençant tous deux par Æt.
70 a encore quelques variantes de IT: v. 3825 Un en à a, pour Z! en a un (J, K, L, N); v. 4019 Faites li ennui el encontre (yo), €. li e. a l'e. (L,N, &), pour F. li engrestié enc. ; v. 4020 Et de l'ennui, pour Et dou dangier (avec L, M, N, 6%); v. 4027-28 Aëns criens quem'en sachiés maus grés Amis pour ce qué (y0), À. crot que mal gré men savez Au moins (He: Ami) p.c.q.(K, L,M,N, 64), pour Car se devient vos me savez Mal gré de ce que. I a en même temps que différents autres mss. quelques fautes trop peu caractéristiques pour qu'on en fasse état; mais des variantes qu'il a avec C, une au moins ne peut être attribuée au hasard: yo et C sont ensemble au v. 3835 Ci qui le firent furent, pour C. g. dou faire fu. ; v. 3839 lancier, pour getier (aussi Za, La); v. 38173 Trente sergens trestout par conte, pour À £. s. tot a c. (aussi Ba); v. 3909-10 Male Bouche qui maudis soit Treuve seur chascun quoi que so, pour M. B. q. riens n’esperne T. a chascune quelque herne ; v. 4016 blamer, pour Mmesamer (aussi Tou).
Jé. — Je signalerai en notes dans l'étude de G des fautes communes à Jé et à G et Ga (2). Ces relations durent peu de temps; bientôt Jé s'unit à Je, d'abord d’une façon intermittente, puis plus tard, à partir du v. 1990 environ, définitivement. Voici quelques fautes qui appartiennent exclusivement à Je et Jé : v. 133 À dis mout riches, pour À maintes r.; v. 210 Route, pour Povre; v. 326 ne feist, pour n’en preist; v. 311 a cui, pour vers C.; v. 404 Car, pour Ou; v. 468 Bien, pour S2; v. 508 Si fui destroiz, pour D. f. mout; v. 510 {emps, pour sens ; v. 544 Jolis, pour Poliz; v. 565 OÙ (Jé : El) lignolee, pour Cosue a lignel ; v. 603-4 pour lui ombroier S'i vient Deduiz el solacier, pour por esbanoier Se v. en cest leu ombroier ; v. 606 Toul, pour Qui; v. 669 bons, pour doux ; v. 670 ne resembloil pas d'oiseaus, pour ne sembloit pas
(1) He n'a pas cette omission.
(2) Page 325, n. 2 (v. 24), p. 325, n. 1 (v. 86-87), p. 322, n. 3 (v. 123).
chanz d’o.; v. T18 Quant, pour Car ; v. 129 Une noble dame chantoit, pour Et une d. lor c.; v. 829 S'amie li ot, pour Li ot s'a.; v. 882 À fleurs de lis, pour À floretes de la leçon 7, Æ, L, M,N, que suivent ici les deux mss.; v. 924 Tinl en ses mains cinc en la destre, pour Z! ent. c. en sa m. d. D'ici il faut aller, pour trouver une faute significative et spéciale aux deux mss., au v. 1602 Com vous ferez je lose dire, pour Quant j'avrai espons le mistere ; v. 1605 Zces, pour Et as ; v. 1607 male, pour fort; v. 1669 La grant savour, pour La soatume ; v. 1672 esloignier, pour repairier, etc. Les fautes communes sont désormais très nombreuses. Aux exemples qui viennent d'être donnés, il faut joindre ceux ou Jé se trouve avec J, dont Je fait partie.
Dans l'intervalle compris entre les v. 924 et 1602, les deux mss. sont souvent séparés et Jé suit L: v. 1061-64, 1077 (Z, M, N); v. 1408 (K, L, M, N); v. 1317-18, 1344, 1400 (Z, M); v. 1388, 1395-96 (L) ; mais cependant pas d'une façon constante; c'est ainsi qu'il a la bonne leçon contre Z aux v. 1240-49, 1389, et qu'il est avec le groupe J, dont fait partie Je, au v. 4305.
À partir du v. 1990 environ, Je et Jé ne se quittent plus, et ce qui dans l'étude de J'est dit de Je s'applique à Jé.
Lorsque Je et Jé se trouvent réunis, quel est celui des deux mss. qui est venu à l’autre ? Le fait que cette union a lieu très souvent dans le groupe J dont Je fait partie semble indiquer que c'est Zé qui est venu à Je; cependant, au v. 24, les deux mss. ont la variante des groupes (voir p. 325) auxquels Jé appartient au début du poème. Quoi qu'il en soit, Jé ne peut avoir aucune autorité pour l’établissement du texte.
Mar.-- Mur est de date trop récente pour n'avoir pas reçu de ses ancêtres un texte déjà diversement contaminé. Si l'on voulait indiquer tous les éléments dont il se compose, il faudrait le suivre vers par vers; mais cette exposition serait sans intérêt. En restant dans les grandes lignes,on peut dire que, pour la première moitié du poème de Guillaume de Lorris, il est allié surtout à %, et qu'ensuite il se rattache plus spécialement à N. Il a donc d’abord des fautes spéciales à 64 : v. 1653-66 Bien sembloit estre felonnesse El de lençons esmouverresse, pour Qu'el s. bien chose vilaine Bien sempvloil estre d'afiz pleine, etc. (1). Mais 94 est déjà très altéré ; il
(4) Voir p. 319, n.5, un autre exemple.
s'unit alternativement à différents groupes ; Mar l'accompagne souvent dans ces va-et-vient ; c’est ainsi que, d'une part, tous deux sont avec J, K, L, M, N aux v. 660, 668, 803, 1186, etc.; avec J, Æ, LZ, N aux v. 744, etc. ; avec Æ, L, M, N aux v. 1408, etc. ; avec L, M, N aux v. 1061-64, 1077, etc. ; avec:L, M aux v. 1344, 1388, 1389, 1515- 16, etc.; d'autre part ils ont la bonne leçon contre 7, X, L, M, N aux v. 777, 1940, etc. A ces éléments hétérogènes, Mar en ajoute individuellement de nouveaux: il a la bonne leçon contre 7, K, L, M,Net6aux v. 881-892, contre X, Z, M, N et 84 au v. 1400, contre K, L, Net 64 au v. 1395-96.
Pour la seconde moitié du poème de Guillaume, le texte de N est la base principale de celui de Mar.Mar, en compagniede N,peut naturellement se rencontrer avec 6% : v. 2299, 9721, 2731, 2835-36, 2859-62; mais il a aussi des variantes de N qui n'existent pas dans 64 : v. 2591-99, 2489-90 omis, 2591-99, 2637, 2647, 2648, 2834, deux vers intercalés entre 2942-43, 3522. D'autre part, il peut avoir la bonne leçon à la fois contre N et 64 : v. 2309, 9349-59, 9361-64. Enfin, il peut se retrouver avec 64 en l'absence de N : v.3536-37 (voir p. 305, n. 5).
Variante 7° des vers 109-110 : 77
C'est probablement au groupe F'et à ses congénères que J7 doit sa leçon des v. 1069-10 ; il a en effet des mêmes groupes une autre variante au v. 24 (1). Mais en général, et dès le début du poème, il fait partie du groupe 7, dans lequel il est plus spécialement apparenté à Ja, qu'il accompagne même quand celui-ei quitte Z. Il a donc la plupart des leçons, bonnes ou mauvaises, de Ja, mais il ne . les a pas toutes ; par exemple, il n’a pas au v. 163 la variante de Ja, Je; ila la bonne leçon au v. 668 contre J, À, L, M, N ; au v. 1002 contre J,Æ ; au v. 1061-64 il a la leçon de X, L, M, N contre Ja et une partie du groupe J'; aux v. 1317-18 et 1344, il est avec Z, M contre J, ce qui n'empêche pas qu'entre ces deux passages, il soit avec 7, ou tout au moins avec Ja, contre Z, M, par exemple aux v. 1326, 1338; v.1940, avec Ci de cui je hommage prens, il semble se rapprocher plus spécialement de M, peut-être a-t-il réuni les leçons de J et de M: Cil de cui tel servise prens (M), Celui que je a
(1) Voir p. 325.
homme prens (JT), pour Ci que j'einsi a ome prens. Ce chassécroisé entre plusieurs versions se continue jusqu'à la fin du poème de Guillaume de Lorris et se reproduira dans celui de Jean de Meun.
Variantes 8° et 9° des vers 109-110
Une étude simultanée de tous les mss. réunis par la 8° variante des vers 109-140 serait trop compliquée pour être claire; je les examinerai par séries : d'abord Fa, Fe, Fi, Fo —F (1); ensuite, successivement #7, »:, #1, @t 90, qui à la 6° variante; puis Gi, Go, Gu, Gù, auxquels je joindrai Ge, Gé, Gé, de la 9° variante. Je n'ai eu de Fo que les 830 premiers vers publiés par M. Püschel et des variantes données par M. Max Kaluza (2); on devra donc, dans les lignes qui suivent, n'attribuer qu'hypothétiquement à Fo les variantes qui ne se rapportent pas aux 830 premiers vers, à moins que je ne les signale expressément d’après le livre de M. Kaluza (3).
Fa, Fe, Fi, Fo ont de nombreuses fautes communes ; les deux premiers surtout se tiennent tres étroitement; les deux autres sont souvent séparés d'eux. Par suite de nombreuses mutilations, Fa présente de fréquentes lacunes, mais son union avec Fe est assez intime pour qu'on puisse lui attribuer les fautes de ce dernier, lors même que ces lacunes empêchent d'en produire les exemples. Le doute, en tous cas, n'est pas permis lorsque Fe est d'acord avec Fi et Fo. Voici d'abord quelques variantes des quatre mss. choisies dans les passages que Fu à gardés : v. 178 douleur, pour pechiez (4); v. 202 desfiguree, pour entangoree ; v. 2%58 Si (Fo: Et) sachiez, pour Car certes ; v. 299 pensee (5), pour pesance ;
(1) Je signalerai en notes les variantes de F, qui se retrouveront dans 9x, que j'examinerai ensuite.
(2) Voir ci-dessus, p. 162.
(3) Si l’on compare avec Fa les leçons données par M. Kaluza, on constate que les deux mss. vont ensemble jusqu'au v. 2360; après quoi ils se séparent, et Fo se trouve avec 6x et yo, yw. Mais il ne s'ensuit pas que Fo ait quitté Fa après le v. 2360, pour suivre 0x, car avant ce vers, et depuis longtemps, les fautes communes à Fa et F'o sont aussi dans 6c, et il arrive même avant le v. 2360 que Fo, sans Fa, ait la leçon de 64, par exemple aux v. 1075, 1260, 1299, 1359-60, 1564, 1885, 1962; si bien qu'après le v. 2360 c’est Fa, et Fe, Fi, plutôt que Fo, qui semblent avoir quitté le groupe, auquel était venu se joindre 6x.
(4) Gi, Go : damages.
(>) Même leçon dans Go.
v. 344 Qu'ele estoil toute r'assolee (1), pour Mout esloil sa biautez gastee ; V. 364 Si soutillement, pour Si celeement ; v. 368 Si qu'a peines puel l'en, pour Que l'en ne puel neis ; v. M5 douce (2), pour sainte ; v. 433 La color avoit (3), pour S'a. ta c.; v. 462 Ne chier tenuz, pour N'À n'est amez, ete. Plus loin : v. 604 S'en vient Deduiz par (Fo : en) cel vergier (4), pour Se vient en cest leu ombroier.
Voici maintenant quelques fautes communes à Fa et Fe qui ne se retrouvent ni dans Fi ni dans Fo: v. 127 Contre, pour Contreval; v. 166 despit, pour affiz ; v. 216 mal, pour povre ; v. 220 souvent atardir, pour a art enhastir; v. %33 pensant (rime insuflisante), pour beant ; v. 3% Il ne fust nus, pour Nus tant fust durs, ete. Et plus loin : v. 1719-20 Ains remest li fers en mon cors Si n'en issi point de sanc hors (5), pour À. r. enz ou Cuer li sens El sin'en issi onques sans.
F peut avoir les mêmes variantes que Z, par exemple aux v. 803 truissiez (ou frouviez), pour votez (J, K, L, M, N); v. 1317-18 (6), 1544, 1389, 1515-16, 2309, 9349-52 (ZL, M); v. 1388, 2275-76 (L); deux vers entre 2836-37 /X, L). Plus souvent peut-être il a la bonne leçon contre Z, par exemple aux v. 454, 668, 680, 744, 771, 829, 881-82, 1006, 1061-63, 1077, 1395-96 (7), 1400, 1408, 1946-47, 2459-60, 2661-64, 2731, 2741-42 (8).
Il arrive aussi que Fa et Fe sont avec Z pendant que Fi a soit la bonne leçon: v. 2386 (L); v. 2302, 3457-59 /L, M); v. 3522 (K, L, M, N), soit la leçon d'un autre groupe: F5 fait suivre, comme X, le v. 1240 de Z, M des v. 1241-49 de la bonne leçon (9); v. 2391-99, il a
(t) Même leçon dans Zo ; Ri: Qu’el sembloit estre assoutee.
(2) Même leçon dans Gi; Fo a simple, mais il l’a déjà au v. précédent avec les mss. qui ont ici douce.
(3) Même leçon dans Go.
(4) Même leçon dans Go.
(5) Même variante dans Go, et dans yo, Ü«, Mar, po et Ki, tous mss. très adultérés. Fi a la lecon de A, dont le premier vers est certainement altéré, tandis que le second est bon; il en est de même de va; les deux vers sont omis dans M, Ge, Gé, Gé, Gi.
(6) Avec une nouvelle variante : Que (ox Car) mout (Fi: Q. il) me g.f. (F), Ilme g. moutf.(L, M).
(7) V. 1396 souple et m. (F), simple et m. (ox), pour douce et m.(L: m.el d.). È (8) Dans tous les exemples qui viennent d'être cités, ox est avec F.
(9) Dans les cinq exemples qui précèdent, ox est avec Fi.
la leçon de N, qui se rapproche beaucoup de la bonne (1), et de plus remplace, comme Z, M, en point par en leu; dans ces deux exemples, Fa et Fe sont entièrement avec Z, M.
Pour expliquer ces oppositions intermittentes, il faut admettre que l’un des deux groupes au moins, quand il quitte l'autre, utilise une seconde version. ÆFé fournit aux v. 3536-37 (2) la preuve qu'il agit ainsi. Ces deux vers, formant une seule phrase, sont étroitement unis; et cependant Fi à pour le premier la leçon de X, ZL, M, N, avec Fe(Fa manque), et, pour le second, la leçon de Da et Be (de I), et de quelques autres mss. contaminés : Que tu soies (Da, Be : fusses)(3) bien d’un garçon. Il réunit done ici deux leçons.
En revanche, Fa et Fe ont des variantes de [ (4) que n'a pas Fi : v. 2762 avec Za (5); v. 2721 avec Be, Da, Ha, Za (6). Gette dernière faute, empruntée par des mss. de IT à des mss. de I, est tout-à-fait probante.
On trouvera plus loin (7) de nombreux témoignages des relations qui existent entre F d'une part, et d'autre part Ga et le groupe G, qui fusionne les leçons de Let IT aux v. 2835-67.
De tous ces rapprochements, il ressort avec évidence que le texte des mss. Fa, Fe, Fi (8) est composé de leçons empruntées à différentes familles. Ils ne peuvent être d'aucune utilité pour la reconstitution du texte original; il est done inutile d'insister davantage sur les concordances et les divergences alternatives qu'ils présentent soit entre eux, soit avec d'autres groupes.
92. — Le copiste de avait probablement à sa disposition, sinon dès le début de son travail, du moins avant de l'avoir terminé, plusieurs mss., dont il comparait les leçons. C'est ainsi que je m'explique le mieux les particularités suivantes :
1° Entre les v. 602-3, un signe renvoie à une addition de 26 vers, transcrite de la même main, si je ne m'abuse, que le ms., sur un
(4) ox a la bonne leçon.
(2) Il en est de même de pa.
(3) va a aussi f'usses.
(4) Ges variantes se retrouvent dans tout un groupe de Z. Voir p. 282.
(5) Même variante dans ye et rx, qui amalgament les leçons de I et IT. Fi: Autres deus. ox a la bonne leçon.
(6) Même faute dans ox, et dans Gi, Go, Gu, Güû, ke, ua. Fi a la bonne leçon.
(1) Pages 322 et suiv.
(8) Et très probablement Fo.
fragment de parchemin qui a été relié à la suite du feuillet suivant ; ces vers se retrouvent dans Tow accompagnés du signe qui indique qu'ils sont de Gui de Mori. Aux v. 645-568 d'une leçon, le copiste a ajouté deux vers d’une autre leçon (1). D’autres additions sont de même intercalées dans le poème de Jean de Meun.
2 Le texte contient des corrections faites sur grattage, ou en surcharge, de la main encore du copiste; par exemple, les mots Zaësil (v. 205), souciz (v. 298) (2), quatre (v. 360), guingnier (v. 1006), etc., remplacent d'autres mots effacés ; ces corrections ne sont pas empruutées au texte de Gui de Mori ; il est à présumer qu'elles proviennent d’un tiers ms. |
Abstraction faite de ces additions et corrections apparentes, le texte du ms. en renferme certainement d'autres, faites antérieurement. Les variantes qu'il a en commun avec les groupes F et @, outre celles des v. 109-106, ont été déjà (3) ou seront (4) signalées ailleurs. La liste en aurait pu être allongée : v. 76 se destent (os, Fi), se destort (Fe)(5), pour se deduit ; v. 256 Si n'a, pour N'el n’a, etc., mais sans profit, puisque, parmi les variantes déjà relevées, deux montrent la juxtaposition de versions différentes (v. 1240-42 et 3936-37), et deux au moins (v. 1719 et 2721) sont des leçons empruntées à des mss. de I par des mss. de IT : elles suffisent pour permettre d'apprécier le manque d'autorité de w.
os. — #: fait partie du groupe F durant plus du premier tiers du poème; pour ne citer que quelques exemples, il a les fautes de ce groupe aux v. 298, 646-60, 803, 854; avec Fe (lacune dans Fa),ila le vers 1240 de L : El fu clere comme la lune, mais omet les v. 1241-49 ; avec F, il a les fautes de Z, M aux v. 1317-18, 1388, 1389, 1515-16 ; mais aux v. 1715-16 il n’a pas la variante spéciale à Fa, Fe. Aux v. 2459-60, 2661-64, 2781, il a les variantes de Z, tandis que F a la bonne leçon ; au v. 2791 il est de même avec Z, tandis que F a une leçon spéciale. Il a donc quitté ce groupe pour se joindre à Z ; cependant il n’a pas toutes les variantes de Z, à qui il oppose la bonne leçon aux v. 2741-49, 2836-37, 3522, etc.
(1) Voir. p.327, n.2,
(2) 11 semble cependant que le ms. aurait dû avoir primitivement ce même mot, qui appartient aux groupes dont il fait partie (voy. p. 326, n. 11).
(3) En notes dans l'étude de F, p. 319, 320.
(4) En notes dans l'étude de G, p. 322-217.
(5) Même leçon dans Da de I. Fa fait ici défaut.
Univ. de Lille Trav, et Mém. Droit-Lettres. Tome VII. — 21,
En somme, ce ms. est très adultéré.
gs. — w Suit fidèlement F#, en particulier Fi, jusqu'au v. 1480 environ ; il n’a cependant pas les variantes de Æ aux v. 364, 433. Après le v. 1480, il introduit dans le texte de ## de nombreuses leçons de X,
90. — 90 fait partie du groupe F, mais pas régulièrement ; il a, surtout après les 2400 premiers vers, de nombreuses variantes de Z que n'ont pas les autres représentants de F; ilestavec N au v. 1006; avec lui encore il interpole un vers entre 1095-96, et un autre entre 1096-97, On verra plus loin (p. 327, n. 2) comment, entre les v. 646 et 660, il fond la leçon de F, G& avec une autre.
Gi, Go, Gu, Gù, Ge, Gé, Gé (1). — Ces sept mss:, bien qu'ils soient souvent réunis par des fautes communes, n'associent pas de la même façon les leçons de I et de IT dans le passage où sont énumérés les gardiens des roses.
1° Gi est avec I aux v. 2835-37, 2867; avec II aux v. 2859-62 (omis) et 2863-64. ;
2 Go est avec I aux v. 2835-37, 2859-62, 2867 ; avec II aux v. 2803-64.
3° Gu, Gu sont avec I au v. 2867 ; avec II aux v. 2835-37, 2859- 62 (omis), 2863-64.
4 Ge, Gé, (fé sont avec I aux v. 2859-62; avec II aux v. 2835- 31, 2863-64, 2867 (2).
Giet Go,bien que séparés entre les v. 2035-67, ont des variantes qui leur sont communes à l'exclusion de Gu, Gü et de Ge, Gé, Gé:. 193 Et au (Gi), Au (Go)(3), pour Tresqu'au ; v. 198 Et les oisillons escoultant (4), pour Tot te rivage costoiant; v. 118 dumages, pour pechier ; v. 1175-76 intervertis ; v. 202 Que bien (Go : Adès) sembloit qu'el fut iree, pour Qu'el s. estre enlangoree, etc. Il est inutile de multiplier les témoignages de cette union, qui va ressortir suffisamment de la comparaison des deux mss. avec d'autres groupes.
(1) Le ms. suivi par l'auteur de la traduction anglaise attribuée à Chaueer (fragment À de l'édition Skeat) avait de nombreuses variantes du groupe G; je citerai notamment celle du v. 287 envie, pour ire, et celles qui seront données plus loin des v. 645-60 et 854.
(2) Ge omet les v: 2861-62, mais il a les v. 2859-60.
(3) Gu, Gà, F, pa, Jé : Qui au; vers omis dans Ge, Gé et Ga.
(4) Même leçon dans F.
Gu et Gw sont unis en un groupe particulier par de nombreuses fautes : v. 76 crie en haut, pour se deduit; v. 19 chief, pour pié ; v. 159 nature, pour faiture ; v. 167-68 placés entre les v. 161-62; v. 182 El hoqueler el bareter, pour Et bescochier el mesconter ; v. 196 Z{euc dejouste, pour Coste a coste ; v. 250 Ce est la riens, pour C’est La chose, etc.
Le passage compris entre les v. 2835-67 n’est pas le seul où se manifeste dans Ge, Gé, Gé la combinaison de deux versions. Les v. 2391-92 en fournissent un autre exemple. La bonne leçon est:
S'il avient chose que tu trueves La bele en point que tu la doeves.
Des copistes, choqués par cette rime, étrangère à leur dialecte, l'ont changée en truisses : puisses, ou votes : doïes, sans modifier autrement les deux vers. Dans certains groupes de IT (Z, M), l'altération n'est pas confinée à la rime : |
S’il avient que tu aperçoives T'amie en leu que tu la doives.
Ge et Gé ont accouplé le second vers de ces groupes avec le
premier de la leçon originale :
S'il avient chose que tu troeves T’amie en leu que tu la doives.
Et Gé est allé plus loin :. S'il avient chose que tu truisses T’amie en tel lieu que la puisses.
Voici, d’ailleurs, dans quel rapport se tiennent entre eux ces trois mss. Dès le début du poème, Ge et Gé ont de nombreuses fautes communes, à l'exclusion de Gé; v. 9-10 omis; v. 22 Ow temps (1), pour Ow point; v. 30 s'en voit, pour recensoit ; v. 32 Pour vous plus faire agraïier (Ge) (2), P. v. f. p. esgaier (Gé), pour P. voz Cuers p. f. esg.; Y. 39 voire, pour nueve; V: 44 dame (3), pour rose; v. 61-62 omis (4); v. 63 rouges (5), pour blanches ; v. 86 Songe mesmut, pour Sonjai une nuit; v. 88 trop (4) Aussi dans F, M, Tou, 6x, 0x.
(2) 6a P.v. f. mieus aggroier.
(3) Aussi dans 6.
(4) Omis aussi dans Ga et dans Gà.
5) Aussi dans 64.
forment (1), pour durement; v. 110 (2); v. 118 Tant estoil bel, pour De l'eve clere ; v. 129 gente (3), pour grant ; v.193-24 omis (4); v. 129 aval un poi (5), pour wn pot avant ; v. 131 Bien clos (6), pour Tot c.; v. 134 figures (1), pour pointures; v. 142 menteresse, pour tençoneresse ; v. 149 reboulie (8), pour roeillie; v. 165 Bien ressembloil (9), pour Qu’el sembloilt bien.
Dès le v. 166, à ces deux mss. se trouve réuni Gé, mais peut-être indirectement, par une variante commune à plusieurs groupes ; 1l se joint ensuite à eux directement dans des variantes spéciales : v. 218 lente (10), pour dis ; v. 233-34 intervertis (11) ; v. 251-52 remplacés par les v. 267-68, qui se retrouveront à leur place dans Ge et Gé(12); v. 265-66 omis (13) ; v. 275 amenuisier (14), pour Lui desprisier ; v. 311 Que elle avoit trop courroucié (Gé : Car ele l'a. t. corcié), pour Trop &.son Cuer c.; v. 33% certainement, pour qu'il n'a talent; v. 3543-44 Tant est (Gé : fu) sa beauté reculee Mout ert (Gé : est) vieillece radotee, pour T. estoit vieille et radotee M. esloit sa biautez gastee ; v. 363 Et qui nous envoie (Gé : n. envellist) ce semble, pour Et qui de nos se part et emble; v. 111-12 De nul mal faire ne se garde Mais devant la gent bien s'en garde (Gé n'a pas cette variante), pour Quant nus ne s’en puet prendre g. De nul mal faire n'est coarde (15), etc; et plus loin, omission des v. 8841-86 (16), 1057-66 (17), 1238-50, 1317-20, 1333-52 ; V. 1408 si pueplee (18), pour pipolee ; v. 1940 Li hom a qui je m'en
1) Trop forment aussi dans Güù et dans F; mout forment dans Ga, 6x, yo. 2) Voir p. 261.
3) Aussi dans 6x, Be.
4) Omis aussi dans Ga. Cf. p. 322, n. 3.
5) pa: avant u. p.
6) Aussi dans Ga, 6a ; yo a la bonne leçon.
7) Aussi dans Gu et dans oa; Gû : faitures.
8) Go : mout bullee, Gi: escouillie.
9) Aussi dans Gi.
10) Aussi dans Ga ; yo : cent.
11) Aussi dans Ga.
(12) De même dans Ga. 6x a à la fois 251-52 et 267-68 placés entre 250-51 ; il répète 2617-68 à leur place.
(43) Gé n'a ni 267-68 à leur place, ni 265-266. (14) Aussi dans Ga, 6a, yo.
(15) L'interversion des deux vers se retrouve dans Gi, Go, Gu, Gà. (16) Aussi dans Ga.
(17) Aussi dans Ga.
(18) Même leçon dans pa, pe.
atens, pour Ci que j'einsi a ome pr'ens ; V. 2302 Quant ele est loing et je n'ivois,pour See.e.l. quej. n'iv. de IT (1 Quant la ou mes cuers est ne v.), etc.
Voici quelques exemples de fautes communes soit aux quatre groupes de (, soit à plusieurs d’entre eux (1): v. 24 En mon lil (Gé, Gi, Go, Gu, Gù) (2), pour Une nuil; v. 46 Bien puet avoir v ans ou mais (Ge, Gé) (3), Etp. à. v a. 0. m. (Gi, Go)(4), Et p. a. v a.etun mois (Gu), Et p. à. ææ à. el mais (Gù), pour 4 a ja bien v a. ow mais (5); v. 68 ver (Ge, Gé), l'iver (Gi, Go) (6), pour Le froit; v. 86- 81 Dedenz mon lil ou me gisoie (Gi, Go), D. m. l. 0. m. dormoie (Gu), En m. 1. 0.je m. d.(Gu) Sonjai un songe en mon dormant (Gi, Go, Gu, Gu), pour Sonjaiune nuit que j'estoie Lors m'iert avis en m. d. (1); v. 89 matin (Ge, Gé, Gi, Go, Gu, Güù) (8), pour tantost; v. 139 En haut ou milieu (Ge, Gé, Gi, Go, Gu, Gu) (9), pour Enz en le m. ; v. 161 orgueilleuse (Ge, Gé, Gi, Go, Gu, Gu) (10), pour owfrageuse ; v. 166 Et de grant affit estre pleine (Ge, Gi, Go) (M), E. 4. granz affis e. p. (Gù) (12), E. d. g. despit e. p. (Ge) (13), E. d. grans courous e. p. (Gu) (14), E. d. trés g. mal e. p. (Gé) (15), pour Bien sembloit estre d'affiz p.;v. 181-82 mesconter : bareter (Gi, Go, Gu Gu) (16), pour bareter : mesconter ; v. 193 Fors sanz plus l'autrui(Ge, Gé, Gi, Gü}, F. l'a. s. p. (Go), S. p. [. l'a. (Gu), pour F. que a l'a.; v. 204 Qui ne vesquist (ou ne vivoil)
1) On se rappellera que Gé ne fait partie du 4° groupe que depuis le v. 218. 2) Même leçon dans F, Ga, yo, Ra, 6x, Je, Jé, JI, Lk. (3) 6x B. p. a. cv a. en may.
(4) Même leçon dans dé.
©) Ga change : Aussi bel temps ne vil hom mais. (6) Même leçon dans Ga et M.
(7) Ge, Gé, Gé ont la bonne leçon, sauf, au v. 86, une al que j'ai donnée ci-dessus. La leçon de Gi, Go, Gu, Gà se retrouve re F, ainsi que dans quelques autres mss , dont Mon, Max, ua, Jé.
(8) Même leçon dans Ga, Jé, Ra, N, 6.
(9) Même leçon dans Ga, Ra, 64, Wa, yo.
(10) Même leçon dans Ga, Ra, F, 6x, yo.
- (11) Même leçon dans px, wc.
(12) Même leçon dans Mon; Mas: E. d. g. deffis e. p.; yo Et estre d. grant afil p.
(43) Même leçon dans F#.
(14) 6x E. d'annui et de courrous p.
(15 Ga: Ed mal afatre ep.
(16) Même leçon dans F et Urb.
fors que de p. (G) (1), pour Q.. seulement de p.; v. 229 Et l'enfermoi (Ge, Gé), Tien fermet (Gé), Et la fermoit (Gi, Go, Gu, Gù)(2), pour £t ta nooût (Il Ete cremoit) ; v. 241 Com mesfait et (Gé, Gi, Go, Gu, Gù) (3), pour C. fait maus et.; v. 251 Sachiez que tantost (Gi, Go, Gu, Gù) (4), pour Car s. q. moult; v. 275 Rien abalre ne (Gi, Go, Gu)(5), pour 46. ne lui; v. 280 Avoïil laide regardeure (G) (6), pour À. frop lL. esgardeure ; v. 285 Nule rien regarder de plein (Gi, Go, Gu, G) (1), pour Reg. rien de p. en plein; v. 287 d'envie (Ge, Gé, Gé), derriere (Gi), de duel(Gu, Gù) (8), pour d'ire ; v. 289 Qui iert(Ge, Gé, Gé, Gi, Go, Gu)(9), pour Estoit ; v. 297 Ne de paleur (G) (10), pour de palelé; v. 298 soussis(Gé, Gi, Go, Gu, Gü) (M), pour esmais ; v. 301 L'avoit forment(G) (12), pour L’avoient mout; v. 313 bien chose dolente (13), pour 5. estre d.; v. 322 De (Gé : Par) felonie (G) (14), pour De mautalent, v. 334 Je vous di bien (Gé, Gé,G1,Go) (15), Je Le ©. d. (Ge), pour Sachiez de voir ; v. 360 verges (Gi, Go, Gu), pour toises ; v. 362 Sans reprendre (Gi), Et san prendre eure (Go), Et s. rep. (Gu), S. reposer (Gù), pour S. repos prendre; v. 391 revenoit(G)(16), pour relornoit, v. 11-12 intervertis (Ge, Gé, Gi, Go, Gu) (17); v. 413 Et fait devant (Gi, Go, Gu, Gù) (18), pour £4f. dehors; v. 432 De
(1) Même leçon dans Ga, F, ça, M, ua.
(2) La fermoit est aussi la leçon de Ga, yo, F, J et de quelques autres mss.
(3) Même leçon dans dans yo, F; Ge, Gé: C. fait et.
(4) Même leçon dans F; Ge, Gé, Gé et Ga ont remplacé ce vers et le suivant par deux autres.
(5) Même leçon dans F ; Ge, Gé: Ne ab ne ; 6x: Ni ab. ne; Gé, Gû: Ab. ne (omission de lui).
(6) Même leçon dans Ga et Fi.
(7) Même leçon dans F.
(8) Ga, Fi: derriere; Fa, Fe, Fo : d'ardeur.
(9) Même leçon dans Ga et F.
(10) Même leçon dans Ga, F, Urb et M.
(11) Même leçon dans Ga, F, ga, pa, ue, Mon, Max ; Ge : forfais, Gé : douleur, yo : pensee.
(12) Même leçon dans Ga, yo, F, oa.
(13) Même leçon dans Ga, yo. -
(14) Même leçon dans Ga, yo.
(15) Même leçon dans Ga, yo et F.
(16) Même leçon dans Ga et F.
(17) Même leçon dans Ga et F.
(18) Même leçon dans Ga; F': Par devant fait.
jeuner sembloit estre lasse (Gé, Gi, Go, Gu, Gu) (A), pour Aëinz s. de jeüner L.; omission des v. 646, 649-50, 657 et intercalation des v. 658-60 entre 645-47, de sorte que les vers qui restent sont disposés dans l’ordre suivant: 645, 658-60, 6417-48, 6851-56, 661 (&) (2) ; v. 854 Je ne sai dame plus plaisant (Gi, Go, Gu, Gù) (8), pour Que vos iroie je disant.
Il ressort de ces rapprochements que les quatre groupes ont eu au moins un ancêtre commun, de qui procèdent aussi Ga(k)et F, et que chacun en a diversement altéré la leçon à l’aide d'emprunts faits à d’autres groupes (5). Il est également probable que cet ancêtre était déjà lui-même très hétérogène. Quelques autres témoignages de son existence et de l'incohérence de ses descendants ont été donnés dans l'examen du groupe F.
1) Même leçon dans yo et F ; Ga et Ge: De j. s. mout l.; Ge : De j. estoit moult L. -
(2) Même leçon dans F, 9, ve, Urb; 90 répète à leur place les v. 658-60, qu'il a déjà donnés avec F entre 645-47. L'origine de cette variante de F et G remonte, selon toute vraisemblance, comme dans plusieurs cas précédemment notés, à la faute de Ga. Ga omet les v. 646-57, de sorte que, comme les mss. dont il vient d'être parlé, il fait suivre immédiatement le v. 645 du v. 658; c’est un bourdon, qui a pour cause la similitude des rimes des v. 645-46 et 657-58. Ga n'avait d’ailleurs aucune raison de supprimer volontairement les vers intervertis dans les autres mss. de F, G, où ils offrent un sens très admissible. Un des ancêtres de ces mss., ayant la même lacune que Ga, aurait reçu en marge, d’un correcteur qui les avait empruntés à une copie meilleure, les vers omis, soit en totalité, soit plutôt en partie. Les v. 649-50, qui manquent aux mss. corrigés, manquent également dans yo (et dans Be), parent de G, et plus spécialement de Ga. La correction, faite d'après un ms. qui n’avait pas ces deux vers en marge du prototype de F,G, aurait été ensuite introduite dans le texte, suivant le désordre que reproduisent aujourd'hui les mss. fautifs. Le v. 645 En un leu avoit rossigniaus est devenu Æ. meins leus a. r. dans Go, E. mains lieus a. papegaus dans Gu, Gü, E. cel l. a. papegaus dans Gé, E. un l. a. papegaus dans vs, les autres mss. l'ayant gardé sans altération; au v. 658, devenu 646 : El mains oisiaus qui par ces gauxz, le mot oisiaus a été remplacé par autre dans Fa, Fe, Fi, wo, par mauvis dans Fo et Gé; le vers est devenu dans Gi: Et par ces leux et p. c.gq., dans a : Et menus autres par ces gais. Le copiste de ce ms. a ajouté en marge: D'autre part jais el estorniaus Et ailleurs avoil papegais ; ces deux vers sont le 646° et le 657e de la leçon commune; c'est une preuve que le copiste avait sous les yeux plusieurs leçons.
(3) Même leçon dans F, oc, we, ua, Mon, Maz ; Ge : Q. v.i. plus contant; Gé : Q. v. i. je contant ; Gé a la bonne leçon.
(4) Et yo au début du poème.
(3) C'est ainsi que G? a de nombreuses variantes de M, celles, par exemple, des vers 3013-14 (omis), 3172, 3243, 3245, 3250, 3260, 3296, 3332, 3345, qui sont mentionnées dans l’étude de yo, et beaucoup d’autres.
328 CLASSEMENT DES MANUSCRITS Variante 9° des vers 109-110 : :
ue ne peut être d'aucune utilité pour l'établissement du texte. ll a des fautes en commun avec et avec les groupes auxquels + est allié, par exemple v. 47 (1), v. 143-144 intervertis(2), v. 298 (3), v. 668 (4), v. 1408 (5), etc. Mais en même temps il fait partie de N, dont il altère souvent les leçons : v. 141-42 il adopte le texte de N, mais en gardant l’ordre des vers de la leçon commune : Sembla bien estre lencerresse Courrouceuse et moult perverse; v.2391-99, il suit N, mais en en modifiant la rime en votes : voies (N : voies : doies); v. 2834 il change Avec lui ot de M, N, en O4. avoit; entre 2942-43 il interpole deux vers de N, mais en altérant le premier : Si vous estuet de ci tourner (N: S.v. en e. a aler), etc. Il est encore avec N aux v. 166, 2751 (Æ, Z, M, N); v. 44 (JT, K, L, N); v. 1940-42 (X, Nj; v. 2791 (L, M, N), etc. Il a souvent aussi la bonne leçon contre N; contre lui encore il est avec Z au v. 1388; avec J aux v. 30 (association de la faute contes avec la bonne leçon recensoit) et 1940.
Variante 10° des vers 109-110 :
En examinant le groupe G&, j'ai noté de nombreuses variantes que 6 possède en commun avec lui: v. 22, 24, 39, 44, 46, 63, 88, 89, 122, 129, 131, 154, 139, 161, 166, 251-529, 275 (6). L'une de ces variantes est particulièrement intéressante : le groupe G, auquel est apparenté, remplace les v. 251-52 par les v. 267-68, qu'ii répète à leur place (7); 6 donne de même deux fois les v. 267-68, la première fois après le v. 250, maïs alors il les fait suivre des v. 251-592 ; c’està-dire qu'à la leçon de Gil a ajouté la leçon commune. Déjà précédemment une autre méprise prouve que son texte représente plusieurs versions : des mss. (Lo, Le, Dij, Nu, Nf, etc.) omettent les v. 57-58 ; 64 les place entre les v. 52-53 ; apparemment, un de ses ancêtres, qui d'origine ne les possédait pas, les avait reçus ultérieu-
() Voir p. 301.
(2) Voir p. 245.
(3) Voir p. 326.
(4) Voir p. 298.
(5) Voir p. 324.
(6) Voir l'étude des groupes Fet G.
(7) Voir p. 324.
rement d'une autre famille ; et un scribe n’a pas su introduire cette addition marginale à la place qui lui était assignée dans le texte.
Après les v. 275 je n’ai pas relevé d’attaches directes et certaines de 6 avec le groupe G; cela ne prouve pas cependant qu'il ne lui doive pas de bonnes leçons ou même des variantes communes à ce groupe et à d’autres. Il reste en effet très composite. Jusqu'au vers 1000 environ, il est généralement d'accord avec les groupes 7, X, L, M, N ou quelqu'un d'eux, par exemple, aux v. 351, 365, 665, 668, 680, 74%, 111, 803, 822, 838, 1006; cependant, même pendant ce temps, il n’est pas rare qu'il les quitte, par exemple, aux v. 38, 881. Après le v. 1000 il est plus souvent avec 7, mais parfois aussi avec d'autres groupes, et de temps à autre avec ZL, M ou À.
Variante 21° des vers 109-110: ;:, =
y: et rc présentent aux v. 109-10 la même variante, très caractéristique ; tous deux ont de très nombreuses variantes des groupes IT ; j'en citerai seulement quelques exemples : ils sont avec 7, X, Z, M, N aux v. 16, 665. 668, 680, 881-892, 1317-18 ; avec Æ, L, M, N aux V. 47,166 (1), 365, 1408, 1946-47, 3529, 3536 : avec Æ, L, N aux v. 30 (recontoit), 1720, 3537 ; avec L, M, N aux v. 205, 388, 1006; avec J, L, N au v. 155; avec X, L aux v. 2836-87 (interpolation de deux vers) ; avec Z,, N aux v. 149, 351 ; avec Z, M aux v. 71-178, 1844, 1389; avec ZL aux v. 356 (2), 1388, 1395-96. IIS se rattachent donc surtout au groupe Z. Cependant, tous deux ont la bonne leçon contre J, X, Z, M au v. 111 ; coutre J, À, L au v. 30 (songes); contre Z, M aux v. 2302, 2661-64 ; contre L aux v. 352, 2386, 2742 ; tous deux ont sub- Stitué la rime fr'uisses : puisses à la rime {ruweves : doeves des v. 2391- 92 (3) : tous deux omettent les v. 2077-86 avec Be, Da, Ha.
Cependant y: et +4 ne sont pas toujours unis dans les emprunts qu'ils ont faits aux différents groupes mis par eux à contribution : 7° a la bonne leçon pendant que +4 est avec L, K, N au v. 1720, avec L, M au v. 1400, avec le groupe [ au v. 2459 ; au contraire, c'est rc qui à la bonne leçon, tandis que y: accompagne 7, X, L, N au v. 144, K, L, M, N aux v. 14l, 2731. Au v. 207, = est avec Z, y: avec
(1) ye D. de. e. d. do. p.
(2) Dans ye, à la place de mains si, on a écrit ultérieurement reins ot. (3) Aussi Zo, ua, Gé.
N, mais la différence entre les deux variantes consiste en un simple changement d’adverbe.
:, après avoir donné les v. 2835-70 suivant la leçon de IT, les fait suivre d'une autre version des v. 2859-70; cette fois, les v. 2859-60 et 2863-64 sont de I, le v. 2867 est de IT, et les v. 2861-62 (de [) sont rejetés après le v. 2870. Il associe le v. 1240 de Z, M, N aux v. 4241-42 d'un autre groupe, probablement de T:
Si fu clere come la lune, Vis ot poli et avenant ; Je ne sai fame si plaisant.
De même aux v. 3457-59, ayant à choisir entre la leçon de F et celle de IL, il a pris les deux premiers vers de ITetle troisième de E.
Pour ces trois passages, +- est resté fidèle à Z.
Relations des groupes I et II entre eux
Les variantes des v. 2835-67 réunissaient tous les mss. du groupe IT (et IT) en une famille, descendant d’un même chef, moins ancien que le manuscrit original. Cette première indication se trouve pleinement confirmée par l'examen ultérieur auquel j'ai soumis chacun de ces mss. Si, en exposant les résultats de cette minutieuse investigation, je n'ai pas sigualé de nouveaux traits d'uniow groupant tous ces mss. à la fois, c'estque les croisements dont la plupart sont issus ont le plus souvent brisé ces liens de famille. J'en montrerai cependant quelques-uns dans les pages qui suivent. Mais. même à défaut de ces tares héréditaires communes à tous, les traits multiples par lesquels on a vu tous ces mss. reliés les uns aux autres, dans des enchevêtrements extrêmement compliqués, incessamment variés, ne laisseraient aucune place au doute relativement à leur communauté d'origine. La parenté des cinq groupes 7, Æ, L, M, N s'est révélée hors de conteste, et des rapports plus ou moins étroits entre chacun des autres mss. et quelqu'un de ces groupes ont été mis en évidence.
Tous Îles représentants de Il et de IT descendent done directement ou indirectement d'un ancêtre commun, que je caractériserai d'un trait précis en disant qu'il avait déjà réduit de quatre à trois, entre les v. 2835 et 2867, les défenseurs de la rose, et que j'appellerai ».
Précédemment, des relations d’une nature analogue ont élé constatées entre les représentants de I. Je désignerai par £ l'ancêtre commun de ce groupe.
Il ne reste en présence que deux familles : d'une part les descendants de £, d'autre part éeux de x. Le moment est donc venu de chercher s'il existe des fautes communes à ces deux familles. Il semble bien qu'on doive considérer comme telles kes leçons qui vont être disculées.
Oiseuse, en parlant de Déduit, son maitre, dit :
Ce est eil cui est cist jardins,
Qui de la terre as Sarradins
Fist ça les arbres aporter
Qu'il fist par le vergier planter (v. 591-9%),
Be, C, Za, Ji, Ra ont seuls (1), au v. 592, as Sarrasins ou as Sariadins (2). Au lieu de ces deux mots, tous les autres mss. ont Alixandrins, qui rend le vers inexplicable (3) :
Qui de la terre Alixandrins,
d'où je conclus à une altération.
Be, C, Za sont des représentants de [, 3 et Ra sont de Il, mais J'ai montré que /ÿ fait alterner les leçons de C avec celles d’un groupe de IT et que Ra fait partie, lui aussi, tour à tour de I et de IT, de sorte que la leçon as Sarrasins où as Sarradins appartient à quelques mss. seulement de I; c'est-à-dire que la faute AZixandrins est commune à Il, à IT et à Da, A, Ga. On peut laisser de côté Ga, qui est allié à des groupes de IT et de IT; mais il reste Da et A7, qui, bien que spécialement unis dans I à Be et à C, n’en ont pas moins Alixandrins avec IT. On pourrait donner de ce fait différentes explications, dont j'exposerai seulement les plus simples : ou bien Da et Æ auraient emprunté le passage où se trouvent le v. 592 à quelque copie de IT ; ou bien la faute A/irandrins était commune à I et à Il, et as Sarradins serait une correction faite par quelque ancêtre de Be, C, Za (4); ou bien Da, H et II doi-
4) Lacune dans Ba. Tou a complétement modifié ce passage. (2) Méon, ayant pris Za pour base de son édition, a imprimé d'aprés ce ms. as Sarradins.
(3) Je, Jé lui ont rendu un semblant de sens: De (Je A) la terre as Alixandrins.
(4) Ce qui n'empêcherait pas ces mots de représenter la leçon originale.
ù A vent Ativandrins à un ancêtre commun, tandis que la leçon as Sarradins serait venue directement ou indirectement du ms. original à Be, C, Za.
La première hypothèse n’est pas appuyée par d'autres emprunts de Daet Hà Il: elle est d'ailleurs en soi peu vraisemblable. La seconde, qui admet un ancêtre commun à I et à 11, ayant déjà la faute Alixandrins; est plus défendable. La troisième suppose entre le ms original et l'ensemble des mss. de [ au moins deux intermédiaires (1), dont l’un aurait gardé la leçon primitive as Sarradins, et dont l’autre l'aurait remplacée par Atixandrins : du premier desceudraient Be, C, Za; de l’autre Da, ZT et le prototype de IT. Des croisements entre les branches de I rendraient compte des rapports existant entre les représentants de cette famille. Malgré qu'elle soit la plus compliquée, cette dernière hypothèse est celle qui me paraît être la plus logique.
C’est une faute commune à tous les représentants de [, sauf Za, à tous ceux de IT et à tous ceux de II, sauf Ba et peut-être Tow, que J'essaierai de rendre évidente dans une autre partie du poème, dans la description du « miroer perilleus », dont voici les passages à examiner :
Ou fonz de la fontaine aval Avoit deus pierres de cristal (v. 1537-38).
Quant li solauz, qui tot aguiete,
Ses rais en la fontaine giete
Et la clartez aval descent,
Lors perent colors plus de cent
Es eristaus, qui por Je soleil
Devienent jaune, inde, vermeil ;
Si sont li cristal merveilleus
Et tel force ont que toz li leus,
Arbres et flors et quanqu’aorne
Le vergier, 1 pert tot a orne (v. 1543-52) (2).
(1 Je dis « au moins », parce que l'accord de Be, C, Za au v. 592 n'est pas une preuve de parenté entre eux.
: (2} Dans Tou les v. 1540-52 ont été modifiés par Gui de Mori : Car quant il avient que li rai Dou soleil en l’aigue descendent, Li cristal si grant clarté rendent C’aussi com en .j. mireoir I poet on toute riens veoir,
Trestot aussi vos di de voir
Que li cristal, senz decevoir,
Tot l’estre dou vergier encusent
A çaus qui dedenz l’eve musent ; Car toz jorz, quel part que il soient, L'une moitié dou vergier voient , Et s’il se tornent maintenant, Pueent veoir le remenant ;
Si n’i a si petite chose,
Tant soit repostle ne enelose,
Dont demostrance n’i soit faite,
Con s’el iert es cristaus portraite (v. 1559-70).
Au v. 1538, tous les mss. mentionnent bien « deux pierres de cristal », mais au v. 1547, Za seul a le pluriel Es cristaus (1); au v. 1548 Ba, Ra ont Devienent avec Za, tandis que les autres mss. ont Devient; aux v. 1549-50 Ra a repris le singulier avec Be, C, Da, H, Ga, Ri, L, M, mais en revanche Bd, Jé, Jé, K, NN, Urb, %, ete., ont le pluriel avec Ba, Za, Tou (2). Aux v. 1561-62 Be, C, Da, H, F,K, Ra ont le singulier (3), les autres ont le pluriel ; aux v. 1563-64, le singulier est donné, non seulement par les mêmes, mais aussi par Ga, L, M, N, Urb. Aux v. 1565-66 (4), ceux qui ont le singulier sont les mêmes qu'aux v. 1563-64, moins Be, Da, qui ont adopté le pluriel. Au v. 1570 Be et Za seuls ont le pluriel es cris-
Si sont li cristal mervilleus
Et tel force ont que tous li leus Qui arbres et flours avironne Dou cristal a veoir se donne.
Les v. 1553-54 sont omis ; les v. 1559-70 suivent la leçon commune, avec l'emploi du pluriel, sauf au v. 1570, où apparait le singulier dans el cristal. On n’oubliera pas que le texte de Tou est un remaniement dont l’auteur a pu substituer de lui-même le singulier au pluriel.
(1) Be, Ga: Dou cristal ; L, M, F, G, Mon, Maz : Li cristaus; les autres : Ou cristal. Pour Tou, voir la note précédente.
(2) Vers 1549, C, ÆH, Ri, Jo: Si est cil (C : Li) ©. (Jo : solaus) m.; Be : Sia cCec.m. 1: DasSvot crisialmoutm. Ga, L''MEStolurr cm Ra Sr esta crotrem.Ners 1550, Ha: Une t.f..a q.: He Teillef. a q.; Ce, Ri:ltel f. TAGS ER ECC igee be CT DIGG EE EM ENEESTIE (Ca ToOME tel; N : De lel) UE
C)VersMo02 HER MR A A CElU gente muse Be NAICelNGeCnMe musoi; C: Celui qu'en la fontaine muse; Da a le sujet au pluriel et le verbe au singulier : À ceaus q. d. l’e. muse.
(Vers 4566, CH JTE Porranc KL; M, CN Raï Sipuetrv.- FN Puel tout v.; Ga : Il puel v.
taus;: Ba, Bä et N (1) ont modifiéle vers; les autres, y compris Tou,
ont ow cristal (2).
Il y avait deux « pierres de cristal», donc deux cristaux. Ils sont
mentionnés au pluriel par tous les mss. au v. 1605 (3) : Et as cristaus qui me mostroient.
D'ailleurs, la rime au v. 1548 et la mesure au v. 1566 exigent lé pluriel. L'emploi du singulier est donc une faute commune à I, moins Za, à IT, I, et peut-être à Tou.
Dans les deux exemples que je vais encore citer, c’est la pauvreté de la rime qui me fait soupçonner une faute, commune à tous les manuscrits.
Guillaume de Lorris a visiblement cherché la rime riche; pour les polysyllabes masculins, et même, dans certains cas, pour les polysyllabes féminins, il fait commencer l'homophonie à la consonne qui précède la voyelle accentuée ; on ne découvrirait pas dans son poème plus de quinze exceptions à cette règle. Néanmoins, je ne suis pas arrivé à trouver dans les mss. une rime satisfaisante, mème pauvre, aux vers 2519-20.
Ami prévient l'amant que la nuit il ira rôder autour de la maison de celle qu'il aime,
Qui se sera bien endormie Et a toi ne pensera guieres.
Une eure iras a l’uis derrieres, Savoir s’il est remés desclos, Et jucheras ilec defors, Toz seus, a la pluie et au vent. Après vendras a l’uis devant, Et se tu trueves fendeüre,
. Ne fenestre, ne serreüre, Oreille et escoute par mi S'il se sont leanz endormi ;
(1) Ba, Bâ: Aussi com s'el if. p.; N: C. s'ele f. ilec P. (2) Ga: une.
(3) Jean de Meun, en rappelant ce passage, emploie le pluriel : Au fonz, ce dist, a cristaus doubles...
Si clers que cil qui les aguiete. ….
Tant sont cler, tant sont vertueus, Certes ainz sont trouble et nueus, Pour quoi ne font il demoustrance..….
Par foi, qu'il ne pueent, ce semble, Pour l'oscurté qui les onuble.... etc. (y. 20439-60).
Et se la bele, senz plus, veille,
Ce te lo je bien et conseillé
Qu’el t’oie plaindre et doloser,
Si qu’el sache que reposer
Ne puez en lit por s’amistié.,. (v. 2516-31),
Dans IT, Z se partage, pour le v. 2519, entre defors (ou de fors, dejfors, desfors) et desclos; K, M, N ont desclos, Ja: defors; mais avec des exceptions dans tous les groupes. Quelques manuscrits ont modifié le vers : Savoir s'ele vendroit de fors (La), S. s’ele estremese fors (Le), Veoir s'est remese defors (Ra); Savoir s’il est fermez defors (YX, yo) (1).
Les leçons de [ sont desfoirs : defoirs (Ha), desfors : defors (Da, Tou), desfers: defors (Ba, Zu) (2), S. s'el ert defors : defors (Ce), desclos : defors (Ca, Bd, Ga) ; Be omet les deux vers (3).
Desfers : defors ne riment pas; même en diphtonguant l'o de foris, ce à quoi on n'est nullement autorisé, on n’obtiendra pas encore une rime acceptable, non seulement parce qu'on aurait d’une part une monophtongue et d'autre part une diphtongue, mais surtout parce que desfers a un é et desfuers un ê; desfors n'a probablement jamais existé ; ni defors, ni de fors ne conviennent pour le sens au v. 2519 ; il ne reste donc que desclos : defors, et si l'on ne croit pas que Guillaume de Lorris se soit contenté d’une assonance il faut admettre une corruption du passage dans un ms. dont descendraient I, Il et II. |
Une difficulté analogue se présente aux v. 3731-32. Honte et Peur reprochent sa mollesse à Dangier, qui sommeille, étendu à l'ombre d'une aubépine :
Lors leva li vilains s'aumuce, Frote ses iauz, si s’esberuce, Fronce le nés, les iauz roeille (v. 3731-33).
(1) Je ne tiens pas compte de certaines leçons isolées, qui sont dues évidemment à des essais de corrections ultérieurs, telles fremés ou clos Et croupiras illuec com fols (He), desclox : toux sox (0x), overt Ileuc seras à descouvert (Gà). Coc termine le v. 2519 par owvert et omet le suivant.
(2) Aussi dans Pi]; yo a desfers : ilueques pres ; Ri, desfers Une heure sans (lire saus ou sains) autre heure enfers; vo, deffers Et lrembleras iluec com sers.
(3) gr aussi.
Le « païsant » est encore couché, tout au moins assis, car il est dit quelques vers plus loin :
Lors s’est Dangiers en piez dreciez (v. 3755).
Voici quelles sont les rimes fournies par les mss.(1):s'aumuce:sa berruce (Ha), l'aumuce : s'esberuce (Be) ; aumuce se trouve aussi dansquelquesmss. isolés dell, l'aumuce: ses beruce(Sel), l'aumuce : s'esbeluce (Ku, »), l'omuce : el sez beruce (Kl), l'aumuce (Là : s'a.): et se heruce(Dij, Lm?). Les autres mss. ont, pour le premier vers, sa hure (Ba, Urb : sa huce, Bû, Mon : la huce, Za : sa houce), et pour le second vers, soit s'esberuce, dans une graphie très variée (2), dont plusieurs formes proviennent probablement de ce que le copiste ne comprenait pas ce verbe, soit se heruce (a) (3), soit des mots terminés en -wre : si (ou et) s'esbehure (Xl, Jo et d’autres), ef ses behure (La), si s’esbrure (Coc), et ses brehure (Lo), si sa behure (Ri, yo), st s'esbherure (Max), si s'abellure (C, Jo), les dens tabure (He), et les ieuz hure (Je, Jé), et forment jure (Ma), jure et rejure (Ra), son nés escure (Jy), ne s'asseüre (Jb, Gu); soit des verbes d'une tout autre terminaison : ef se herupe (Gé), si (ou et) s'esvertue (N); La hure : Euvre ses piez el ses espiez (Lmÿ), etc. (4).
Si l’on met à part la rime aumuce : s’esberuce, il est évident que le prototype de toutes les autres est sa hure : si s'esberuce. Dans l'intérêt de la rime, mais en dépit du sens, un ou plusieurs copistes ont substitué Auce à hure; pour la même raison, un autre a remplacé s'esberuce par s'esbehure; d'autres enfin ont fait disparaitre l'inintelligible s'esbehure et ses dérivés et les ont remplacés de leur mieux.
Pour le sens, aumuce et hure conviennent également. Danger relève son bonnet, qui lui couvrait les yeux, ou dresse la tête (5).
(1) Je laisse de côté les variantes, également très nombreuses, qui portent sur les premiers mots des vers.
(2) s'eberuce (Bû), s'aberuce (yw), et ce emberuce (xw), et si s'esbruce (y:), et ses berusce (Ko), si ces beruse (Ja), si ses buruce (Go), et s’esbeluce (Ky), et s’esberouce (Za), sis'esbeluce (Ba), si se rebruce (ia), les ieæ esberuce ( Lm3).
(3) et se huruche (Lf).
(4) Le passage manque dans Tou, Fa, Ga, Gi.
@) La tête des vilains est souvent dans la littérature du moyen âge une hure,
et c'est précisément de Danger qu'il s’agit dans ce vers de la seconde partie du
roman :
Et li vilains crolle la hure (v. 15385).
Même si l’on estime que le second geste serait mieux en harmonie avec l'attitude du paysan, cette considération esthétique, de valeur toute relative, ne saurait prévaloir contre les exigences de la rime. Je crois donc que l'assonance Aure : esberuce n’est pas imputable au poète et doit être considérée comme une faute commune à 1 moins Be, Ha,età Il et III.
On peut même se demander si aumuce ne serait pas, lui aussi, dans quelques-uns des mss. où je l'ai relevé, sinon dans tous, une correction faite, comme les autres, pour substituer une rime à une assonance, mais plus intelligente, et en tous cas plus heureuse, puisqu'elle aurait rencontré la leçon primitive (1).
Il est possible aussi que la pauvreté de la rime aux v. 1471-72 ne remonte pas à l'original:
A la fontaine clere et pure
Se vint soz le pin ombroier, Un jor qu’il venoit de chacier (v. 1470-72).
Au lieu de chacier, qui est la leçon de tous les mss. que j'ai vus, Méon a imprimé archoter ; étant donné que le souci de la qualité des rimes n’a tenu aucune place dans l'établissement de son texte, on ne peut l'accuser, sans injustice, d'y avoir de lui-même introduit cette correction qui fournit une rime riche. Mais rien ne prouve que celte préoccupation n'ait pas été celle d'un correcteur plus ancien. Il faudrait être à même d'apprécier la valeur de la version où archoier apparaît d'abord, pour décider s'il représente la leçon originale, et si, par conséquent, chacier est bien une faute commune à Let I, HIT.
Le cas douteux de la rime omnbroier : chacier mis de côté, il reste les fautes des v. 592, 1547-70, 2519-20, 3731-32, qui sont communes à [, Il et II.
Mais cette conclusion n’est pas absolue ; elle ne peut pas être donnée comme telle, puisque, dans la plupart des cas dont elle est déduite, quelque ms: a évité la faute commune aux autres membres de son groupe. Répartir les mss. en deux familles, c'est bien théoriquement dire qu'ils remontent à deux archétypes £#, », autres que l'original ; constater des variantes communes à ces deux groupes, c'est, théoriquement toujours, reconnaitre que €, x dérivent d’un même ancêtre - qui avait déjà des fautes, et qui, par conséquent,
(1) On remarquera que Ha n’est pas accompagné de He.
Univ, de Lille. Trav. et Mem, Droit-Lettres. à Tome VII. — 22,
n’était pas l'original. Mais ces déductions ne seraient rigoureusement exactes que si chaque ms., chaque groupe, représentait la version de son ancêtre pure de tout emprunt à une autre version. Et l'on a vu que tel n'est pas le cas pour les copies du Roman de la Rose, qui amalgament des leçons de familles différentes, et dont les groupements s’entrecroisent et s'enchevêtrent les uns dans les autres, et passent alternativement d’une famille à l’autre. Il est donc certain que la filiation qui vient d'être indiquée comporte des restrictions. Si I a pour ancêtre 6, descendant de &, il peut néanmoins avoir aussi et a très probablement d’autres ancêtres +, à qui ne dérivent pas du même 4; autrement dit, chacun des représentants de I peut, tout en reproduisant des variantes de #, ne pas s'être approprié toutes ses fautes, parce que, n'étant pas homogène, il a substitué à des leçons de 6 les leçons correspondantes de - ou de 5. Les mêmes conjectures conviennent aux mss. de Il lorsqu'ils ne sont pas fidèles à leur groupe. Et de même les mss. du groupe HT, quand ils n’ont pas les variantes spéciales à I ou à II, peuvent représenter des copies e, £, indépendantes de celles dont dérivent les mss. de I et de II. Ainsi s'expliquerait bien le fait qu'aux v. 1547-70 la leçon originale est fournie uniquement par Za, qui a des fautes spéciales à I et d’autres spéciales à IL, et par Ba, du groupe III.