GROUPE I
Ab est sans doute le plus ancien, c'est en tous cas le meilleur des mss. de la seconde partie du roman: une édition du poème de Jean de Meun faite exclusivement d'après cette copie serait bien supérieure à toutes celles qui ont paru jusqu'à ce jour.
Ac est tres proche parent de Ab; mais les fautes de ce dernier mss. Sont si rares et si peu importantes que les liens par lesquels
(1) JL a les deux vers interpolés, mais ajoutés en marge par le copiste. Dans Ce, ils ont été ajoutés en marge, mais plus tard.
d'autres mss. s'unissent visiblement à lui ne peuvent être que peu nombreux et mal assurés. Des variantes communes à 4 et à Ac, les moins contestables sont v. 5035 vostre (1), pour nostre : v. 5197 travail de querre, pour {ravaus d'aquerre; Vv. 5416 ont, pour onc (Ab : Qu'it ont en dit, AC : Qu'il o. e. ail, pour Qu'it onc en ait); v. 5838 ZZelhe (Ab), Elho (AC), pour Echo (2); v. 6684 eschave (3), pour esclave; v, 6848 T'ant dit leui (Ab), T. ail be (Ac), pour T. ait lei; v. 8233 Bons, pour Biau; v. 922% entremeismes, pour entreveismes: V. 9239 qu'eus (Ab), qu'ets (Ac), pour qu'il; v. 10084 desmiens (4) (Ab), de esmiens(Ac), pour d'Amiens ; V. 10173 point dou (B), pour p. de: v. 14165 veiñe, pour venue; v. 1534 de va bonemant (Ab), de dabonement (Ac), pour d'abandonement ; V. 15837 Qui saudront luit par noz (faute certaine) sentiers (6), pour Qu'il s. t. p. voz s.; v. 16266 Sè je (Ab), Sai je (AC), pour Sui je; v. 17248 feroit (faute certaine), pour seroël; v. 18817 falsiz (corrigé dans Ab), pour farciz ; v. 18892 Gaugain, pour Gauvain, qui est assuré par la rime au v. 18699; v. 19434 lost prendre (la première 7 exponctuée dans les deux mss.), pour {out pendre (T); v. 19698 entedir (8), pour enrotdir, v. 19916 es (corrigé dans Ac), pour Le ; v. 20213 voudront, pour voudrent (9); v. 20604 Lesquex rendent (10) (faute certaine), pour ZLaquele rent; v: 20799 Une ymage (1) en leu de chaasse, pour U. ymagete e. l. d. chasse; v. 21938 Et que n' (12), pour Que je n';: v. 21526 grevable (faute certaine), pour greable.
La présence de plusieurs de ces fautes dans d'autres mss., que j'ai signalés en notes, peut être attribuée tantôt au hasard, tantôt à la parenté de ces mss. avec Ab ou Ac.
1) Aussi dans Bû@.
2) B@ : Hecho.
3) Aussi dans Büù. 4) Aussi dans Lo. Ce pourrait ètre simplement une reacontre entre des copistes parlant le même dialecte.
5) dou pourrait être la bonne leçon.
(6) nos aussi dans Bu, (7) Bu : prendre. ; 8) entedir aussi dans 64, Urb, Li, K ; Bù, Lo : atedir. La vraie leçon n'est pas absolument assurée.
(9) Aussi dans B& ; Büù: veulent.
(10) Aussi dans Bû et Jo.
(11) Ce, Eb et quelques mss. de IT ont aussi ymuge. (12) Aussi dans B&, Büû.
Univ. de Lille, Trav. et Mem. Droit-Lettres, Tome VII. — 93,
A ces fautes, on peut ajouter de nombreuses particularités graphiques qui semblent provenir d'un original commun ; je ne parle pas ici de graphies ou de formes spéciales à certaines régions, ou à certaines écoles, qu'on pourrait à la rigueur, malgré leur nombre expliquer par des habitudes communes à deux copistes : telles v. 6693 arismetique; v. 1970, 10870, etc. vistoier, pour viloier ; v. 8940 ardefices, pour artefices; v. 10185, 18915 dagrons, pour dragons; v. 11626 agranlissent, pour agrandissent; v. 21053, etc. espingue, pour espringue, etc. (1). Je fais allusion à des formes qui paraissent être accidentelles et qui se retrouvent à la même place dans les deux copies : v. 7468 palperes, pour paupiei'es ; V. 8405 mout (ailleurs #01) ; v. 8991-92 contrelier : conqueslier, pour contrester : conquester ; v. 10134 hours (Ab), hors (Ac), pour ours; v. 11402 prioaient, pour prietent; v. 15661 Citheron, mais v. 11663 Cytheron; v. 15939 veust (Ab, st exponctué), vousl (AC), pour veu; v. 15975 feniæ, mais v. 15977, 15985 preniæ; v. 16065 alkemie (Ab), atkamie (Ac), mais v. 16084 atkimie (Ab), alkymie (AC); v. 16853 À brief moz, pour a bries m.; v. 18184, 20320, 20604 aigue, aigues, mais partout ailleurs eve, eves; v. 19835 Alletho, pour Alecto; v. 21977 Ez tes vos (Ab), Eztes vos (Ac), pour Estes ©.
Dans Ab et Ac, une main est dessinée entre les v. 11479-80, sans aucune explication dans Ac, avec la légende manus corporalis dans 46. Entre les v. 11480-81, le copiste de Ab et celui de Ac ont figuré une « main spirituelle ». Ces deux mains existent aussi dans Jon (2); voici comment la seconde est figurée dans chacun de ces trois manuscrits :
(1) Voir aussi dans la description des deux mss. les particularités orthographiques des deux copistes.
(2) Dans Jon, la main corporelle a été tracée par le miniaturiste dans un petit encadrement à fond d'or ; elle n’est accompagnée d'aucune légende.
Dans Bu et Bû, le copiste a écrit, entre les v. 1480-81, sans aucun dessin :
In principio creavit Deus celum et terram.
Manus corporalis.
Terra autem inanis erat el cacua.
Cette disposition, avec, entre chaque ligne écrite, une ligne laissée en blane, est celle de Bà ; dans Bu, la note est en deux lignes, qui se suivent sans intervalle; manus termine la première ligne et corporalis commence la seconde.
On ne trouve trace des deux mains dans aucun autre ms.