‹ Les manuscrits du roman de la roseChapitre 18 sur 142 · MUSÉE CONDÉ · texte numérisé non relu

MUSÉE CONDÉ

Est fine et pure verité.

Explixit le Romans de la Rose, Ou l'Art d’'Amours est toute enclose.

Immédiatement après le vers 11222 venaient les vers 11981- 12081. Ils ont été effacés et on°a ajouté un feuillet supplémentaire, contenant le chapitre des Privilèges de Faux-Semblant.

2, — Fol. 147a-173d. Le Testament, en 530 quatrains.

Le ms. figure dans l'inventaire de l'hôtel de Condé de 1654.

Parchemin, 0,290 sur 0,183, milieu du XIVe siècle, 148 feuillets à deux colonnes de 38 lignes. Début du %feuillet: Et pleine de grant cuvertaige. De nombreux blancs ont été ménagés pour des miniatures, dont les deux premières seulement ont été exécutées.

Sur la 1" page, les armes et le chiffre d'Antoine de Chourses et de Catherine de Coëtivy (2).

C’est ci le Romanz de la Rose,

Ou l'Art d’Amors est tote enclose.

Meintes genz cuident que en songes

Alant fu jor et je m’esveille.

Explicit le Romant de la Rose.

Dans les marges, quelques notes du XIV: siècle, dont les unes sont des interprétations dévotes du texte, et dont les autres indiquent des rapprochements d'auteurs latins ; elles ont été en grande partie enlevées par le couteau du relieur. Je rapporterai seulement

les vers suivants :

| Nobilitas generis, quam copia parturit eris, Morum ni frueris nobilitate, peris ; Nam nec avet genera neque regia recta nec era : Nobilitas vera mente locata mera.

Que preciosa solis a cordibus est sata solis Cardineso solis que caruere dolis.

A propos du passage où il est question de Robert d'Artois

(v. 17799-17804), on a écrit en marge :

(4) N° 480 du Cabinet des Livres.

(2) Voir lé Cabinet des Livres, I, p. XI et suiv.

Tant qu'il morut sans seJornänce

A Courtray, 0 la fleur de France

Des chevaliers, dont fu grans deux,

En l’an .M. cec. et deux.

Le ms. figure déjà dans l'inventaire de l'hôtel de Condé de 1654. Voici les plus notables particularités de la graphie du texte : le

pronom personnel féminin régime de la 3° personne est Ze (fr. 22); la diphtongue oi (< e) est toujours écrite 0e devant v : boevre,aboevre, aperçoevre, deçoevre, reçoevre, ramentoevre, poevre, boevent, aperçoevent, reçoevent, doevent;il en est de mème dans /oerre (leurre) ; à part ces cas, elle est généralement représentée par aë, quelquefois par ei ou oi: fai (foi), lai (loi), rai (roi), paires (poires), yaissons (poissons), {aile (toile), frais faiz (trois fois); * dolair, volair ne comportent pas d'exception. Entre 0, w et Ch, j s'intercale un 2: boiche, aproiche, roiche, loichier, juige, refuige. Sont constantes les formes ainsint, aussint (ainsi, aussi), oncore, oncor (encore), donc (dont, donc), jenne, jennece (jeune, jeunesse),empres (après), premelre, premesse (promettre, promesse), cheilif, huevre (opera, operat). Très fréquemment voi! pour tweil, queneistre pour conoistre.

Parchemin, 0,224 sur 0,169, commencement du XIV: siècle (2), 185 feuillets à deux colonnes de 30 lignes. Début du 2° feuillet : M'en vois ti'estous seus esbatant. Des espaces ménagés pour des miniatures, le premier seul a été utilisé, au X Ve siècle. Les rubriques, à l'encre noire, ont été écrites par le copiste même, dans les marges.

Au bas du 1‘ feuillet : Antonio Papilioni donavil Nicolaus fraler canonicus Turonensis. Turone, cal. Mart., an. Do. M. D. XXI. mention écrite sur un plus ancien ex-libris gratté.

Sur le recto d'un &es premiers feuillets de garde a été transcrite la Ballade des vins, de Pierre d’Anthe.

Le ms. figure dans l'inventaire de l'hôtel de Condé de 1673.

Le texte du roman contient quelques corrections et additions

(1) N° 479 du Cabinet des Livres.

(2) Daté de la fin du XIII* s. dans le Cabinet des livres. Il ne peut être en

tous cas antérieur à 1290, puisque le copiste a connu le remaniement de Gui de Mori.

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