BIBLIOTHÈQUE DE MUNICH
traduction de Chaucer, il pouvait «essayer de restituer à la première parte de l'ouvrage le dialecte dans lequel il a été écrit, et de concourir... à ramener le texte à sa forme primitive ». Max Kaluza a donné des variantes de ce ms. dans son édition du Romaunt of the Rose (1).
Suivant M. Püschel, ce ms., venu de Limoges à Berlin, est du XIVe sièele et contient 169 feuillets à deux colonnes de 32 lignes ; il à perdu dans la {re partie deux feuillets, l’un après le v. 1101 (v. 1102-1924 environ), l’autre après le v. 1731 (v. 1732-1850). A partir du v. 20625, la copie n'est plus de la même main.
MUNICH. BIBLIOTHÈQUE ROYALE Gall 17
Parchemin, 0,285 sur 0,202, second tiers du XIVe siècle, 139 feuillets à deux colonnes de 40 lignes. Début du 3° feuillet (2e du téxte)l: A regarder Le lieu plesant. Miniatures.
Vez ci le Rommanz de la Rose,
Ou l'Art d'Amours est toute enclose.
Maintes genz dient que en songes
Atant fu jour et je m’esvoille.
Explicit le Rommanz de la Rose, Ou l'Art d'Amours est tout enclose.
En face du premier vers de l'interpolation qui suit le v. 11299, en marge : « Nota que toute] ceste partie falult] en pluseurs [livres] jusques à Ffaus} Semblent d'es] » (fin du XIVe ou XVe siècle) (2).
MAIHINGEN. BIBL. OTTINGEN-WALLERSTEIN
La bibliothèque princière Ottingen-Wallersiein à Maihingen (Bavière) possède deux mss. du Roman de la Rose et un fragment du même poème. Le Dr G. Grupp, qui a publié la première partie
(1) The Romaunt of the Rose, from the unique Gla<gow ms., parallel wilh is original Le Roman de la Rose, edited by Max Kaluza Londres, 1891, in-8o.
(2) Le relieur a enlevé les lettres que j'ai placées entre [ |. « Faus Semblant des confessions » est la rubrique qui précède le v.1ix de l'interpolation; celle que l'annotateur aurait dû donner est celle qui précède le v. 11223, « Amours a Faus Semblant ».
164 DESCRIPTION DES MANUSCRITS d'un inventaire de cette collection (1), m'a communiqué les renseignements qui suivent :
I, 4, fol. 2
Parchemin, 0,28 sur 0,20, XIV: siècle, 156 feuillets à deux colonnes de 31 lignes. Une miniature en tête du texte.
Sur le plat intérieur de la couverture, la date de 1814, et au-dessous la lettre M. M. Grupp pense que le prince Louis d'Ottingen- Wallerstein acheta ce ms. à Reims.en 1814 (2).
J'ai dit ailleurs (8) que Méon avait connu la rédaction de Gui de Mori par «un manuscrit de la fin du XIIIe ou du commencement du XIVe siècle » que lui avait prêté l'abbé de Tersan; d'après le passage suivant du ms. de Maihingen, comparé au passage correspondant d'un ms. de Méon (4), je crois qu'on peut identifier le ms. de l'abbé de Tersan avec celui de la bibliothèque Ottingen-Walierstein; quelques différences orthographiques sont imputables aux copistes
modernes, surtout à Méon.
Ms. Ottingen-Wallerstein
Et je m'en part et pren congjiet.
C’est le songes que j'ai songiet.
Enssi fine li Romans maiste Guille de Lorris, comment il mena ses amours a fin.
En l’an de l’incarnalion Jhesu Crist par dupplation De’.vit. de v: et .xl.,
Le jeudi devant ce €’on cante Resurrexi fu terminés...
Ms. de Méon
Et je m'en part et pren congiet.
C’est li songe que j'ai songiet.
fine li Rommans maistre Guille de Loris, comment il mena ses amours à fin.”
En l’an de l’incarnacion
Jhesucrist par dupplacion
De six cent, de eineq et quarante (5), Le jeudi devant ce e’on cante
Resurrexi fu terminés...
Enssi
(1) Ottingen- Wallerstein'sche Sammlungen in Maihingen, Handschriften- Verseichniss.1 Hälfte, herausgegeben von Dr G. Grupp, fürstl. Bibliothecar.
Nôrdlingen, 1897.
s (2) l'absence de ce ms. parmi les livres de l'abbé de Tersan vendus le 8 novembre 1819 et jours suivants à Paris vient à l'appui de la date indiquée par
M. Grupp.
Dans le Catalogue des objels d’antiquité et de curiosité qui composaient le cabinet de feu M.l'abbé Campion de Tersan, ancien archidiaere de Lectoure (Paris, 1819, in-80), figurent deux autres exemplaires du Roman de la Rose :
N° 1180. In-folio, sur vélin, du XV® siècle, relié en veau fauve, doré sur
tranches.
No 1181. Petit in-folio, en papier, du XV: siècle. couvert en velours. Dans le même volume, le 1er livre de la 3e décade de Tite-Live, traduite en français par
« Destample d'Orléans »..
(3) Biblivthèque de l'Ecole des Chartes, LX VIII (1907), p. 250.
(4) Décrit ci-dessus, p. 128.
@) Dans l'avertissement placé en tête de l'édition de Méon (p. IX), ce vers
est imprimé « De VI, de V et XL »; aux deux vers précédents
« dupplication »,
: Cincarnation »,
BIBLIOTHÈQUE ÔTTINGEN-WALLERSTEIN 165
Les deux premiers vers de cette citation sont les deux derniers de la conclusion anonyme qui fut ajoutée au poème de Guillaume de Lorris antérieurement à la continuation de Jean de Meun: la suite est de Gui de Mori.
En regard des vers de Gui de Mori, une note au crayon dit : « Endroit très remarquable et qui (comme l’a très bien vu Mons. Méon) indique au moins un copiste qui a ajouté, changé à sa volonté une grande partie du texte de ses deux auteurs, peut-être l'incognu était-il Picard » (1).
Le texte du roman commence au f. 2 et se termine au f. 455 :
Maintes genz dient que en songes
Atant fu jours et je m’esveille.
Explieit.
Les feuillets 4 et 156 sont blancs. Le ms. ne donne donc pas le curieux prologue de Gui de Mori placé en tête de la première partie du roman dans le ms. de Tournai; il ne connait pas davantage les signes diacritiques imaginés par le remanieur picard pour marquer les passages arrangés par lui.
E. 4. fol. 3
Parchemin, 0,304 sur 0,210, seconde moitié du XIVe siècle ; 120 feuillets à deux colonnes. Miniatures. Reliure française du XVIIe siècle.
Sur la feuille de garde de tête, la date de 1814; au-dessous la lettre N. D'une écriture plus ancienne : « p. 90, n° 1650 ». Suivant M. Grupp, ce ms. a été probablement acheté à Paris en 1814 par le prince Louis d'Ottingen-Wallerstein.
1°. — Fol. 1-119v°. Le Roman de la Rose.
Privee sui et bien acointe
Atant fu jor et je m'esvaille.
Explicit li Romanz de la Rose Deo gratias.
Les premiers feuillets ont disparu, le texte ne commence plus qu'au vers 589. Une partie du feuillet 8 actuel a été enlevée, à cause de la miniature qui l'ornait; une miniature au feuillet 19 a été de même découpée.
(1) Cette remarque est évidemment postérieure à l'édition de Méon, publiée
en 4844; elle semble cependant avoir eté écrite en France, par Consequent avant l'exportation du volume par le prince d'Ottingen-Wallerstein.
2, — Fol. 1149-20. Un petit poème dévot::
De par la mere Dieu cent mile foiz salu
Tuit cil et toutes celles qui aiment son salu.
De touz ceus qui ne l’aiment doit on dire adès fi; De Dieu et de sa mere et de moy les desfi.
Le salu nostre dame devons nous tuit amer;
De mort nous delivra et du morsel amer.
La rose ist de l’espine et la fleur de la ronce. I. 4. fol. 4
Un feuillet en parchemin, provenant d'un ms. du XIVe siècle, contient les v. 2429 -2570 du Roman de la Rose :
À tressalir, a demener Et se tu as si grans besoignez.