‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 136 sur 144 · I. Philobiblion, c\\. xvii · texte numérisé non relu

I. Philobiblion, c\\. xvii

d'utilité s'était transformé en objet d'art, et, à lui seul, coûtait souvent fort cher. On en conserve une foule de spécimens; un des plus remarquables appartient aux Heures attribuées à Charles V qu'on admire à la bibliothèque de Rouen.

La reliure comportait encore deux petits accessoires, dont le luxe finit par s'emparer également : le signet et la pipe. Le signet ou sinet, dont chacun connaît la destination, consistait en un galon de soie de couleur variable, auquel se mêlaient quelquefois des fils d'or. Le psautier de Charles le Chauve a gardé un débris du sien, composé de ces deux éléments. Une quantité de manuscrits plus récents sont encore munis de cet appendice. Son usage était tellement répandu, que Richard de Bury recommandait aux étudiants de se laver soigneusement les mains afin de ne pas tacher les signets de leurs livres. Quelques-uns, à la vérité, les remplaçaient par des indicateurs mobiles et plus rudimentaires. « Ils "distribuent à différentes places, dit le même auteur, une multitude de fétus de paille avec les bouts en vue, de manière qu'ils leur rappellent les passages que leur mémoire ne peut retenir. Ces pailles, que le ventre du volume ne digère pas et que personne ne retire, font sortir les feuillets de parchemin de leurs joints habituels, et ensuite, laissés avec insouciance dans l'oubli, ils finissent par se pourrir'. » Il y avait dans beaucoup de livres, surtout dans ceux qui servaient aux offices, plusieurs signets à la fois. Dans ce cas, ils étaient tous rattachés à une même tige de métal, qui

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