‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 137 sur 144 · X I V" SIÈCLE · texte numérisé non relu

X I V" SIÈCLE

(Manuscrit de la bibl. do Rouen, reproduit dans U Livre, an. i8Sj.)

restait en dehors du manuscrit; c'est cette petite tringle

qu'on appelait la pipe. La vieille statue de Clovis, à Saint-Denis, en offre un échantillon, ainsi que celle du duc de Berry dans la cathédrale de Bpurges. Les Heures de ce dernier en avaient de très riches, dont les inventaires ne manquent pas de signaler la valeur : « Et est la pipe desdictes Heures d'or, esmaillée aux armes de monseigneur, garnie de deux perles, et au milieu un balay longuet. — Et y a une pipe de deux testes de serpent garnie de seignaux. — ■ Une pipe garnie d'un grain de ruby et de deux poinctes de dyament. » Etc. Dans les livres de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, se trouvaient aussi des pipes en or; celles-ci sont désignées simplement, sur l'inventaire de sa veuve, par le nom de « tuyaux à tourner les feuillets^ «.

Toutes ces parures ne suffisaient pas à satisfaire la passion des amateurs. Leur élégance même et l'extrême délicatesse de quelques-unes exigeaient qu'elles fussent protégées à leur tour. On en revint donc, sous un, autre forme, aux antiques capsœ du temps de Childebert. Les belles reliures furent d'abord enveloppées d'un voile d'étofTe, proprement appelé la chemise (camisia). Cette couverture mobile était quelquefois faite en toile, afin de pouvoir se laver facilement, mais plus souvent en soie ou en satin. Les comptes royaux mentionnent un exemplaire des Chroniques de France pour lequel Jacquette d'Espinoy, boursière, demeurant à Paris, avait brodé une chemise de soie, moyennant la somme de dix sols parisis -. Les livres des ducs

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