I. Zonar., Annal., XIV, 2; Géraud, op. cit., p
de papyrus par l'inimilicdu roi d'Kgyptc, y supplccrcnt par ce nouveau produit et lui donnèrent le nom de leur cite, pergamenum ; d\)u le nom de parchemin. Mais, si le parcliemin lit son apparition dans le second siècle avant notre ère, il ne Ht que bien plus tard la conquête du monde. Par sa solidité, par sa souplesse, par la ditîusion universelle de la matière première, il offrait une grande supériorité sur le papier d'Egypte. Et pourtant il ne le détrôna qu'au prix d'une longue lutte, après les invasions barbares, pour régner en maître jusqu'à la fin du moyen âge, et mênie au delà, si l'on veut tenir compte des diplômes, des contrats solennels et des livres de choix écrits ou imprimés jusqu'à nos Jours sur vélin *. 11 est vrai que les premiers essais de fabrication tentés par les Romains réussirent assez mal. Leur premier parchemin était d'un jaune sale et fatiguait la vue. Ils trouvèrent bientôt le moyen de le blanchir. Le goût du luxe leur suggéra même l'idée de lui donner des teintes pourprées, azurées, ayant pour but de rehausser l'éclat des caractères d'or ou d'argent des manuscrits somptueux. Cette teinture, usitée au temps de Pline, fut réservée, dans les siècles chrétiens, pour les livres sacrés; on la rencontre au moins jusqu'à l'époque carolingienne. Plusieurs volumes de la bibliothèque de Catherine de Médicis, d'après ses catalogues,
I. Los plus anciens manuscrits sur parchemin ne remontent pas au delà du m" siècle. On cite une Republique de Cicéron et un Virgile de cette époque, à la bibliothèque du Vatican, En France, les actes du pouvoir exccutit, et en gênerai tous les actes destinés à recevoir un sceau pendant, furent expédiés sur parchemin jusqu'à ce qu'un décret, rendu le 11 octobre 1792, en eût disposé autrement.
étaient encore sur « parchemin azuré » ; mais M. Delisle, frappé sans doute du caractère anormal de cette particularité à une époque aussi moderne, pense qu'il s'agit simplement ici de parchemin réglé en bleu ^ Lorsque la page entière n'était pas teinte, on appliquait quelquefois la couleur de pourpre ou d'azur sur de larges bandes ou sur des compartiments encadrés.
La peau que Ton prenait pour fabriquer le parchemin était ordinairement la peau de mouton; mais Tépiderme était laissé de côté : on n'utilisait que la pellicule moins rude située entre la chair et lui. Un parchemJn de luxe, plus tin et plus blanc, se faisait dès Porigine avec le veau; aussi a-t-il conservé, comme chacun sait, le nom de vélin. Des produits d'une finesse plus grande encore ont été fournis par la peau des agneaux mortnés. Faut-il croire que Ton ait poussé la recherche plus loin, et qu'on ait été jusqu'à profaner pour cet usage la dépouille de l'homme? Un ancien bibliothécaire de la Sorbonne, le digne Gayet de Sansale, signale un exemplaire des Déci'étales exécuté, d'après lui, sur peau humaine. Dans un autre de ses manuscrits, une Bible latine du xiii" siècle, il a cru reconnaître l'agneau d'Irlande; mais telle est la blancheur et la pureté du vélin de ce même volume, qu'un autre critique, l'abbé Rive, ne craignant pas d'enchérir, a voulu y voir de la peau de femme -. Ce sont là, suivant toute probabilité, propos de bibliophiles amoureux de leurs trésors. Ni l'un ni