Cabinet des Mss., I
2. Franklin, les Anciennes bibliothèques de Paris, I, 297. Ces deux manuscrits existent à* la Bibl. nat. sous les n<" 16265 et 16268 du fonds latin.
Tautrc n'avait lu assurément les vers de certain moine de Nieul-sur-Auiizc, qui, sept ou huit cents ans à l'avance, a donné à leur assertion un curieux démenti. Ce religieux, répondant à la notification du décès d'un de ses frères, a inscrit sur le « rouleau des morts » celle amère réflexion :
Vilior est Itumana caro quam pellis ovina. •
Extrahitiir pcllis et scribitur intiis et extra; Si moriatiir liomo, moritur caro, pellis et ossa '.
« Plus vile que la peau de la brebis est la chair de rhomme. La première, au moins, on la détache, on s'en sert pour écrire dessus et dessous. Mais, si l'homme vient à mourir, on n'en garde rien, ni os, ni chair, ni peau. » Il faut le reconnaître, d'ailleurs, à l'honneur de notre espèce, on manquerait tout à fait de termes de comparaison pour établir que la matière d'un manuscrit a été découpée sur un corps humain, à plus forte raison pour spécifier qu'elle provient d'une femme.
Une fois la peau choisie et nettoyée, on la dégrossissait avec un rasoir, on la dégraissait et on la polissait à l'aide de la pierre ponce ou d'une dent d'animal, de façon à n'y laisser ni poils, ni taches, ni rugosités. Chacune de ces opérations assez délicates occupait des ouvriers spéciaux-. Mais il y avait des artistes universels qui, à l'instar du doyen dont parle la chronique de